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Michael R
138 abonnés
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3,0
Publiée le 4 mai 2023
Le film a le style du petit malin qui s'égare dans les effets (cadrage, split screen etc) au détriment des personnages (caricaturaux et mal joués, mention spéciale à Vincent Perez) et de l'histoire qui s'enlise jusqu'à l'ennui... Le salut arrive dans le dernier quart d'heure fiévreux et brutal, c'est finalement peu et beaucoup.
On ne peut pas dire que les thrillers en zone de guerre soient une spécialité française, et d'autant plus lorsque l'action se déroule à Djibouti à la fin des années colonialistes. L'Intervention narre la naissance d'une unité d'élite aujourd'hui connue sous le nom de GIGN : il s'agit en fait, et bien que l'histoire ait été largement romancée, d'une des premières opérations commandos pour répondre à un acte terroriste (en l’occurrence une prise d'otage). Après une première partie prometteuse où l'échiquier se met en place, vient le temps de l'action, qui est vraiment prenante, et qui contrebalance d'autres aspects moins flatteurs : un scénario pas forcément bien équilibré, un personnage principal insaisissable, certains dialogues un peu plats... Ceci dit, dans l'ensemble, j'ai été agréablement surpris par cette oeuvre ambitieuse dans sa forme.
Le 3 février 1976, des militants indépendantistes prennent en otage un bus de ramassage scolaire et ses occupants à Djibouti qui était alors un territoire français ultramarin. Ils forcent le conducteur à les amener à la frontière avec la Somalie. Le bus y est immobilisé tandis qu'une assistante sociale accepte de se constituer otage pour s'occuper des enfants. Le lendemain, un groupe de tireurs d'élite de la gendarmerie nationale commandé par le lieutenant Prouteau prend d'assaut le bus, élimine les ravisseurs et riposte au feu des Somaliens postés de l'autre côté de la frontière.
Réalisateur en 2015 d'un premier film passé inaperçu, Fred Grivois est allé tourné au Maroc cette reconstitution historique. Il veut l'inscrire dans l'histoire avec un grand H : histoire de la décolonisation française de ce dernier confetti d'Empire, histoire d'une époque où les deux Supergrands se livraient en Afrique une guerre par procuration, histoire de la naissance du GIGN qui allait bientôt se spécialiser dans la libération d'otages.
Il prend quelques libertés avec les faits réels : ainsi du personnage de l'espion de la CIA ou de celui d'Olga Kurylenko qui interprète une belle institutrice. Mais peu importe que le film ne soit jamais aussi maladroit que lorsqu'il essaie de se donner une envergure qu'il n'a pas : le public visé n'a pas fait sa thèse d’État sur "l'équation sécuritaire de la Corne de l'Afrique" (poke Sonia Le Gouriellec).
Unité de temps, unité de lieu, unité d'action. "L'Intervention" remplit sans se forcer son contrat. Même si on connaît par avance son issue, on suit cette prise d'otages sans regarder sa montre et on s'attache à chaque membre du commando, le petit jeu consistant à prédire celui qui y restera, à son sympathique commandant (comment peut-on être myope et tireur d'élite ?) et à la jolie maîtresse qu'il va sauver. Manifestement, la recette, pourtant efficace, n'a pas trouvé son public : au bout de deux semaines "L'Intervention" a déjà quasiment disparu des écrans.
Film surprise au sujet qui lui même est une découverte puisqu'il est inspiré de faits réels et traite d'un sujet qui semble avoir été effacé, gommé de l'histoire française et que j'ai personnellement découvert. En effet, après l'Algérie en 1962, il restait une dernière colonie française en Afrique et ce jusqu'à une époque assez contemporaine, 1977, grand territoire bordant la Somalie et l'Éthiopie. On n'en parle jamais de cette colonie de Djibouti et le film relate un événement réel de 1976, années Giscard, avec une prise d'otages d'enfants français dans un bus scolaire, 21 enfants bloqués à deux pas de la frontière somalienne, pour la lutte de l'indépendance des "terroristes " et une immobilisation entre le regroupement de forces armées importantes à la frontière somalienne préparant leur ex filtration et la légion française de l'autre côté, chaque partie restant dans l'attente d'éventuelles tractations diplomatiques et donc n'intervenant pas alors que 21 enfants sont otages en réel danger de mort. Du coup un groupe de 4 militaires d'une unité d'élite balbutiante et n'ayant encore jamais opéré débarque, sortes de baroudeurs atypiques, cheveux longs sans uniforme mais redoutables snippers et sur entraînés aux missions délicates. Ce sera le début du Gign avec le devenir que l'on connaît. Le film est centré sur leur action, leur intervention, après une interminable attente et surtout par une initiative de leur part, sans ordre d'intervenir, alors que les enfants allaient passer en Somalie et donc perdus pour la France et leurs familles. C'est en tension permanente, on ressent la chaleur, la sueur, la poussière, la violence latente qui peut se déchaîner à tous moments et qui finalement se déclenchera bien. Seule espace de douceur et d'humanité, le dévouement et le sacrifice de l'institutrice qui d'elle même se porte volontaire pour être auprès des enfants, les rassurer, les protéger comme elle peut. Olga Kurylenko apporte son incroyable présence, charisme, humanité à ce personnage incroyable et ce seul rôle féminin fait vraiment du bien au film qui si il s'appuie sur des faits réels et une odieuse opération terroriste fait la part belle au Gign et laisse un peu de côté la lutte des autochtones pour leur indépendance et de façon générale oublie de traiter politiquement et philosophiquement la réalité du colonialisme français en Afrique surtout en 1976, c'était hier. Au delà de ce parti pris c'est un film passionnant où on ne voit pas le temps passer et où tous les acteurs sont excellents.
Un film inspiré de la prise d'otage de Loyada survenue à la frontière entre Djibouti et la Somalie en 1976, opération à l'origine de la création du Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN). Pendant longtemps les revendications des terroristes sont nébuleuses : sont-ils somaliens ? Djiboutiens ? Que veulent-ils, l'indépendance ? Il faut par contre saluer la justesse du récit qui semble vraisemblablement coller à la réalité (la présence de la Maîtresse qui est en fait une assistante sociale, Jehanne Bru, le preneur d'otage parti du poste-frontière somalien qui réussit à entrer dans le bus, s'emparer d'un enfant, avant d'être tué et de vider le chargeur de son arme au hasard, le tir simultané exécuté sans ordre…). Le film est linéaire jusqu'à l'assaut décidé sans ordre et faisant fi de toute diplomatie sclérosante. Les combats sont fantaisistes : les français abattent à tour de bras à coup d'armes de poing alors que les somalis visent systématiquement à côté avec des kalashs.
Bien qu'un peu long à démarrer, cette histoire captive d'autant plus qu'elle est tirée de faits réels. C'est un peu long au début mais la deuxième partie du film captive un peu plus. Une histoire intéressante, un film rondement mené, des acteurs qui s'éclatent, "L'Intervention" est, en plus d'un bon film, une tranche de notre histoire à plus d'un titre : période méconnue qui a des conséquences sur les victimes aujourd'hui encore, des victimes non reconnues par l'état Français et la naissance d'une unité d'élite de la Gendarmerie qui n'est plus à présenter, sa réputation inébranlable suffisant à le justifier
L'intervention est un film d'action sous climat de guerre implanté dans les années 70, plutôt agréable à regarder. Certaines scènes sont too much, comme leur départ de France avec une musique rock. Les dialogues sont mal écrits et difficile à jouer,la bande son également souffre d'un manque de finesse.
En effet, ce film n'est pas "un long fleuve tranquille". Je le trouve tout à fait bienvenu, pour que justement on puisse apprécier des comédies ou des aventures, bien calé et au calme dans son fauteuil ! Pour cette sécurité de tous, sans mettre de la violence en avant, il y a lieu de comprendre la menace (tellement multiforme aujourd'hui) dans sa réalité et d'adapter une réponse au moins appropriée, pour protéger ou les éviter simplement. En cela ce film documentaire relate des évènement non fictifs, ayant donné naissance au fameux GIGN. C'est bien filmé, et tout à fait crédible. Sans chercher de polémique par rapport à une réalité plus ou moins bien relatée, peu importe, le mérite de ce film revient à la force et la précision dégagée par ce groupe, efficace, entrainé, déterminé, sans besoin de revenir sur des errements politiques. Pas mal !! **
Pour un film français, c'est pas mal. Perso, je me moque de savoir si c'est réaliste, si c'est conforme à la réalité, etc... C'est marqué "tiré d'une histoire vraie mais avec des modifications à des fins dramatiques", ou un truc du genre, et ça me suffit. L'histoire est prenante, c'est un bel hommage au GIGN, il y a de l'action, du suspens et mis à part l'institutrice qui est tout simplement insupportable avec ses grands airs, les personnages sont sympas.
Relatant un fait un peu perdu de vue fondateur du Gign - un enlèvement sur Djibouti contré avec succès -ce film relève surtout du film d actions adapté, quelques imprécisions nous le rapproche plus du film de cow-boy que de la rigueur militaire. Mais bon c est suffisamment bien réalisé pour le prendre pour ce qu il est ... un bon film d actions inspirées d un fait réel pas trop l inverse.