Loin d'être un mauvais film, faire de Nightmare Alley un chef d'oeuvre, un grand film ou juste une réussite tiendrait ou de la bienveillance, ou de la mauvaise foi. Qu'on aime ou pas Guillermo Del Toro, force est de constater que la manière dont il force son spectateur à entrer dans l'ambiance (noir) du film, avec la première heure de l'oeuvre qui se déroule dans un cirque itinérant peu chaleureux, est remarquable. Des frissons, des acteurs juste au physique atypique (les choix de Willem Dafoe ou de Ron Perlman, des acteurs fameux mais aux traits singuliers), une ambiance musicale envoûtante et une atmosphère mystérieuse. Seulement, la suite du film donne lieu à un scénario décousue, une histoire peu crédible à l'image du personnage interprété par Cate Blanchet (encore une fois rien à redire sur le jeu de l'actrice ni d'aucun autre comédien d'ailleurs), dont la fonction dans le film est très cliché. Les clichés sont malheureusement omniprésent dans le film. Ainsi, si le metteur en scène espagnole ne situait pas son histoire dans un univers unique et tristement magnifique, on aurait eu une immense impression de déja-vu tout le film. Enfin, la scène finale est d'une violence terriblement efficace, mais malheureusement injustifié, inutile, artificiel et qui donne l'impression de vouloir comblé on ne sait quoi. En somme, on nous livre un film esthétiquement beau, mené par de brillants acteurs, mais sur le fond d'une histoire un peu tiré par les cheveux, au schéma déjà vu (chez Scorcese notamment), et au personnage cliché. Sur 2h30 le film parvient tout de même à nous tenir captivé et saura séduire les amateurs de magie, de violence et de trahison, qui n'accorderont peu être que peu d'importance à la mise en scène et à la crédibilité du scénario (ils auront surement raison car c'est la meilleure manière d'apprécié le film).