Harvey Weinstein : ce nom vaut désormais à lui seul condamnation. Ils ne sont pas si nombreux ceux qui, dans l’opinion publique, ont atteint une si funeste réputation : Dutroux et la pédophilie, Papon et la collaboration, Lehman Brothers et la crise des subprimes…
Les innombrables viols et tentatives de viol dont ce magnat hollywoodien se serait rendu coupable ont provoqué une prise de conscience planétaire. C’est au lendemain de leur révélation par deux enquêtes quasi-concomitantes du "New York Times" et du "New Yorker" publiées en octobre 2017 que le mouvement #metoo a été lancé sur les réseaux sociaux – bientôt repris en France avec #balancetonporc.
Pas facile de faire le portrait d’un tel « porc ». Le documentaire de Ursula Macfarlane ne prétend pas à l’objectivité. Alors que le procès de Weinstein va se tenir et que le recueil des témoignages s’est probablement heurté au déroulement parallèle de l’enquête judiciaire, il ne donne guère la parole à la défense. Si l’ironie était permise, on dirait qu’il juge à charge plus qu’à décharge.
Aussi ne trouve-t-il guère de circonstances atténuantes au comportement prédateur du patron de Miramax sinon d’avoir été un outsider (« underdog ») avide de revanche sociale et un adolescent obèse et boutonneux dont les filles se moquaient. Si ce businessman de génie a, avec son frère, construit un empire et insufflé un grand courant d’air frais dans le cinéma des années 80 et 90 en produisant Soderbergh ou Tarantino, c’est en usant de méthodes inadmissibles. Rien ne devait lui résister. « C’était un homme qui n’acceptait pas qu’on lui résiste ». Dans les affaires… comme dans la vie privée.
"L’Intouchable" documente avec beaucoup de finesse l’hubris qui s’empare d’un homme ivre de puissance. Une hubris qui se caractérise d’abord par un comportement inadmissible avec ses collaborateurs, harcelés, humiliés, rabaissés. Une hubris qui se manifeste ensuite par un comportement sexuel prédateur : « ma puissance est si grande qu’aucune femme ne peut se refuser à moi ».
"L’Intouchable" documente aussi – c’est l’angle que le choix de son titre indique – l’omerta qui s’est installée autour de Weinstein. Shérif autoproclamé de la ville (Hollywood/New York), le producteur a, pendant vingt ans, fait régner sa loi sans que personne n’ose la dénoncer. Pendant tout ce temps, la rumeur est allée bon train ; mais personne n’a parlé, ni les collaborateurs terrifiés ni les victimes qui, lorsqu’elles faisaient mine de lancer des poursuites, devaient, sous la contrainte, monnayer leur silence en signant des accords de confidentialité.
Il a fallu un immense courage à ces victimes pour parler. Le point fort du documentaire est de les avoir retrouvées et de les avoir convaincues de témoigner. Sur une liste initiale de 600 noms, 400 personnes ont été contactées et 128 ont consenti à parler à l’équipe du film. Au final, 29 personnes ont été interviewées, nous indique le dossier de presse. Leurs témoignages sont étonnamment similaires. Pendant quarante ans, le modus operandi de Weinstein n’a guère varié. Il propose à une starlette, croisée dans une soirée, de le raccompagner dans son hôtel. Y voyant une opportunité extraordinaire pour sa carrière, elle accepte. Mais sitôt la porte de la suite refermée, Weinstein devient plus violent, usant de menace verbale et physique pour parvenir à ses fins. Certaines y concèdent, paralysées par la peur ; d’autres s’y refusent et réussissent à s’échapper.
Leur témoignage est glaçant : « J’imaginais qu’une femme violée se débattait et hurlait. C’est l’image qu’on s’en fait. Mais c’est faux. Je suis restée immobile. J’étais paralysée. J’avais peur de recevoir des coups. Je me suis dit que moins je bougerais, mieux ça se passerait. J’espérais que ça dure cinq minutes et que ce serait oublié. Mais je n’arrive pas à oublier »
Bien sûr, le documentaire de Ursula Macfarlane n’est pas sans défauts. On peut pointer le classicisme de sa forme, plus télévisuelle que cinématographique. On peut aussi lui reprocher son manque d’objectivité et considérer qu’il eût mieux fallu attendre la conclusion du procès de Weinstein pour dresser son portrait. Mais la stratégie de ses avocats étant de le faire durer au maximum – car espérer innocenter leur client est illusoire – il y a fort à craindre que la procédure ne s’éternise. Il y avait urgence à raconter Weinstein ; il y avait, plus encore, urgence à donner la parole à ses victimes. C’est chose faite. Et c’est tant mieux.
Très bon documentaire. J'ai appris pas mal sur cette affaire.... Très instructif sur les débuts de Miramax. Mais c'est curieux d'accepter des rdv d'embauche dans une chambre d'hôtel? Non? Ce n'est pas une raison pour les agresser sexuellement bien sûr mais les filles étaient naïves.
Très bonne prestation de cet acteur pour moi inconnu. Il est d'une grande efficacité. On arrive dans ce milieu très fermé du show biz on est effaré de ces magouilles sexuelles. Deroutant
Le film se concentre sur l'affaire et ses victimes. Les témoignages sont poignants, variés et on échappe au "show américain" très démagogique et larmoyant. Bien sûr, le film est volontairement à charge. Mais j'aurais aimé avoir une petite partie dédié à la biographie d'Harvey Weinstein: son enfance, sa relation avec son frère et approfondir comment ce dernier a réagi face à cette affaire, comment leur relation a évoluée depuis, etc. Petit sentiment d'inachevé me concernant.
tout le monde savait, mais tout le monde voulait profiter de ce que cet homme pouvait leur donner... les temoignages sont edifiants, mais tout cela reste pathetique... bon documentaire mais il arrive 20 ans trop tard...
Bon film, pas une seconde d'ennui, les faits à l'état brut, sans pathos, analyse psychologique, féminisme militant ou exacerbé, peut-être cependant intégrer aussi l'histoire dans le monde des stars installées d'Hollywood n'aurait pas été inutile.
J'avoue m'être endormie dans la première 1/2 heure car j'ai eu du mal à m'intéresser au début du documentaire. Après, cela s'arrange. Les témoignages sont glaçants et ont le mérite de dénoncer les agissements de ce monstre et la complicité de tous à Hollywood. C'est peut-être ça le plus terrible, tout le monde ou presque savait mais ne disait rien.
Faire du neuf avec du vieux, c'est difficile. Même si la facture est correcte, on n'apprend pas grand chose, hormis l'incident de New York non relaté par la presse, qui montre l'incroyable étendue du pouvoir de ce mec (En France,, Karl Lagerfeld contrôlait aussi le fisc ). Mais le film ne touche pas le vrai sujet : l'art est-il plus important que mon honneur ou mes sentiments ? Pour Maurice Béjart, il n'y avait aucune hésitation.
Documentaire très manichéen avec dans le rôle du très méchant le vieux Harvey (on se croirait dans un Walt Disney). Pourquoi toutes ces femmes outragées aujourd’hui à charge contre Harvey ne sont pas parties avant de passer à la casserole ? Au moins Patricia Arquette a eu ce courage. En fait, ce documentaire est tellement à charge contre Harvey que ce dernier en devient sympathique. Le seul point positif : on échappe à Marlène Schiappa avec ses discours anti-mec.
Le pouvoir et l'argent, les deux ingrédients qui font que certaines personnes, en général, des hommes, se permettent d'user, voire d'abuser, de cette situation pour dominer et obtenir, à n'importe quel prix, tout ce qu'ils désirent, sans se soucier de la situation qu'ils génèrent. Sans doute, le silence a fait que Harvey Weinstein a pu en toute impunité profiter de sa notoriété. Je ne sais pas si à Hollywood, les comédiennes sont encore assujetties à ce style là, mais heureusement les femmes de nos jours n'hésitent pas à parler, voire attaquer, et font appel à la justice. Ce documentaire n'est pas trop mal...et surtout a mis fin à la carrière de ce producteur.
Passionnant, j'y suis allée pour comprendre et j'ai compris. Les témoignages sont bouleversants. Mais une des actrices qui semble extrêmement perturbée dis que ça continue….Et ça rappelle d'autres " histoires" sur le pouvoir de l'argent.