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Un visiteur
5,0
Publiée le 11 septembre 2019
EXCEPTIONNEL Cette sublime Jeanne, de Bruno Dumont, si humaine, si preuse, si divine qu'on en ressort plein d'espoirs. Film brillant, merveilleux. finement réalisé avec plein de surprises au fur et à mesure de l'histoire que tout le monde connaît. Christophe y apporte une dimension angélique. Des personnages secondaires tout aussi riches que cette jeune comédienne née pour interpréter ce rôle. EXCEPTIONNEL de revisiter un mythe et d'apporter des éléments et des indices pour raconter que cette jeune fille nous a tous dépucelé. Grâce à sa générosité et son dévouement, elle finit par nous faire croire qu'on peut être meilleur.
Magnifique film ! Au-delà de la personnalité historique de Jeanne d'Arc, Dumont nous parle de nous, de la force de nos croyances et de nos convictions, de la part d'enfant qui reste en nous toute notre vie et qui nous donne de la force... Dumont ne s'attache pas à coller à la réalité historique, mais au final il transfigure le mythe par des choix audacieux, notamment celui de prendre une petite fille pour jouer le rôle.
Film sortant des sentiers battus se rapprochant d'une oeuvre théâtrale. Paris audacieux. Oeuvre surprenante. Loin de se qu'on a l'habitude de voir et loin des film précédant tournés sur le sujet. Dépouillement des décors et des costumes, Sobriété des acteurs. Sans fards et artifices
Dingue toutes ces critiques négatives ! c'est clair que si vous avez adoré Jeanne d' Arc de Luc Besson, passez tout droit ! ici on est en résonance avec Jeanne la pucelle de Rivette, autre vrai chef d' oeuvre ! avec Jeanne, ici, nous sommes dans un film de poésie pure, rien n'est montré, tout est évoqué ! certes ce n'est pas l' histoire racontée de Jeanne d' Arc, mais pas grave, je la connais déjà !!! par contre quelle puissance évocatrice, quelle beauté ! L' exercice équestre est somptueux d' harmonie, et les clins d' oeil avec l' époque actuelle sont forts .... une prison reste une prison, de tout temps, et voire Jeanne séquestrée dans un blockhaus en bord de plage fonctionne très bien. ( merci pour cette remarque que ça n'existait pas au 15ème siècle .. :=) on y avait en effet bien pensé ) Surtout on touche la complexité, la rigueur morale , l' autorité naturelle du personnage de Jeanne, et c'est là le vrai mystère de cette figure historique ! elle promet du sang et des larmes, et on la suit... Ce film m' a transporté, images et musique, et j' ai pris beaucoup de plaisir ! Merci !!! Quant à cette toute jeune fille, elle colle très bien au rôle, ça reste très juste dans l' esprit !
Année 1429. La Guerre de Cent Ans fait rage entre la France et l'Angleterre. Jeanne, investie d’une mission guerrière et spirituelle, délivre la ville d’Orléans et remet le Dauphin sur le trône de France. Elle part ensuite livrer bataille à Paris où elle subit sa première défaite. Emprisonnée à Compiègne par les Bourguignons, elle est livrée aux Anglais. S’ouvre alors son procès à Rouen devant une assemblée décidée à la faire abjurer.
Beaucoup de films ont été réalisés sur Jeanne d'arc, icône mystérieuse de l'Histoire de France. On se souviendra du Jeanne d'Arc de Besson, de la passion de Jeanne d'Arc de Dreyer ou de Jeanne d'Arc de Victor Fleming.
Après Jeannette qui raconte l'enfance de Jeanne, Bruno Dumont livre son deuxième volet des aventures de la pucelle d'Orléans, d'après les écrits de Charles Peguy.
Film singulier Comme souvent avec Bruno Dumont, Jeanne est un film original et décalé.
Le film débute avec les premières difficultés militaires de Jeanne et de ses armées contre les Anglais soutenus par les Bourguignons. Puis vient rapidement une plage musicale de 5 minutes durant laquelle on entend une chanson de Christophe, à qui a été confiée la bande originale du film. Filmant son héroine en plan fixe et soulignant déjà le coté statique du métrage, cet interlude constitue l'une des premières originalités du film de Bruno Dumont. Emprisonnée, Jeanne sera interrogée par un jury de notables religieux, férus de droit selon les dires de l'un d'entre eux, surtout soucieux de la faire abjurer et de la conduire au bûcher.
A la fois contemplatif et minimaliste, s'apparentant souvent à du théâtre filmé, Jeanne fait surtout la part belle à de multiples "joutes oratoires" entre l'ensemble des protagonistes, des acteurs non professionnels (Mention spéciale aux acteurs qui interprètent Nicolas Loyseleur et Gilles de Rais), dont la diction hésitante, marquée par les racines du Calaisis, quelques maladresses grammaticales et un expressionnisme appuyé n'ont d'égal que leur bonne volonté. Le film est traversé d'instants de grâce cinématographiques comme celui où la jeune actrice principale fixe longuement la caméra alors que l'un de ses contradicteurs veut lui faire avouer qu'elle est une sorcière.
Bruno Dumont a choisi de limiter son tournage à 2 lieux bien précis. Il s'agit des dunes du Calaisis (comme dans Ma Loute) et de l'intérieur de la cathédrale d'Amiens. Le cadre du Calaisis cultive un coté forcément anachronique avec ses restes de Blockhaus de la Deuxième guerre mondiale qui apparaissent plusieurs fois dans le cadre de l'image, une façon de nous rappeler que Bruno Dumont n'est pas un cinéaste comme les autres. C'est justement devant l'un de ces blockhaus que se déroule une "conversation surnaturelle" sur les difficultés du métier de la torture entre un "maître de la Question" et une de ses connaissances. Autre séquence surprenante lorsque le chanteur Christophe, à visage découvert, se lance dans une séquence de chant mystique qui incarne le sacré du film ainsi que son originalité. A noter également une courte apparition de Fabrice Lucchini dans le rôle de Charles VII (Il me semblait pourtant que l'acteur s'était beaucoup plaint des conditions de tournage lors de la réalisation de Ma Loute ).
Au final, Jeanne est un film audacieux et insolent de par sa réalisation qui interroge sur la spiritualité ménageant certaines scènes d'une grande originalité, un film dont l'ADN mixte peinera probablement à faire consensus.
Dumont recadre le récit guerrier par un rapport de force entre minimalisme de mise en scène et majestuosité des décors, soigneux des textes de Peguy le film garde en lui des instants de grâce inouïs et une incursion définitive du réalisateur vers la musique extradiégétique. Et quelle bande originale sublime signée Christophe !
La forme, c'est le fond ! La forme donc, avant tout audacieuse ! Gracieuse, profonde, authentique dans un maniérisme subtil, cruelle et juste dans la vision des juges, souvent drôle, ce qui n'est pas suffisamment relevé. Les acteurs, professionnels ou pas, parfaits et chacun à sa place. Le sourire ne m'a pas quittée tout au long de cet enchantement ponctué par la voix et la musique de Christophe, et le regard imperturbable de la jeune comédienne. Bouleversant d'originalité.
Visiblement, il y a autant d'amateurs chez les critiques que chez les comédiens. Quel dommage que tant de spectateurs n'aient compris la démarche de Bruno Dumont qui, en faisant appel à des amateurs, veut montrer la trivialité et la fausseté des hommes qui ont brûlé Jeanne. De même, les bunkers sont les traces laissées par l'occupant et celui d'hier pourrait être celui d'avant-hier. Moins délirant que Ma loute ou Ptit Quinquin, ce film reste original et efficace. On regrettera seulement quelques longueurs en début de film.
Je l'ai vu ce soir dans une petite salle de ciné culturel. Et c'est une super surprise. Faut voir ce film dans une petite salle qui lui sied mieux. La jeune actrice a des yeux incroyables. C'est du grand théâtre mais c'est un film. Par contre je me demande comment ils ont pu le traduire dans d'autres langues.
Je sors du film, c'est complètement dingue, cette Jeanne là est d'une grâce indicible , elle nous regarde tous pour que nous soyons tous pauvres humains un peu meilleurs chaque jour . Tout est sublime , immensément travaillé , les anachronismes sont géniaux et renforcent cette idée qu'on est tous les uns les autres connectés au monde . Dumont a un culot monstre de se présenter en salles avec un tel film , et en même temps ca touche à l'éternel, j'ai adoré !!
Merveilleux film. Les acteurs sont prodigieux, a commencer par la jeune Jeanne probablement une carrière en perspective. Toutes ces tronches sont bien choisis je pense notamment à Fabien Fenet en Maître Nicolas l'oiseleur une composition étonnante. Sans oublié le petit rôle de Gilles de Rais que l'on dirait sorti tout droit de la planète des singes. Bien sur les apparitions trop courtes de Fabrice Luchini en Charles VII et de Christophe dans sa bure de moine entonnant un chant magnifique. . Film très épuré ,pas besoin d'effets spéciaux pour faire un grand film. Malheureusement le grand public ne semble pas avoir accroché. Dommage
Éblouissant, magique, quel beau film ! J'aime tous les films de Bruno Dumont. Ses films me touchent profondément. Et celui-là ne déroge pas à la règle. L'image est magnifique et la musique l'accompagne merveilleusement bien.
Encore un film de Dumont qui laisse perplexe avec cette parodie de Jeanne d'arc interprétée par une gamine de 12 ans .On se croirait dans des scenes de théâtre amateur tournées parfois en extérieur et souvent très mal jouées . La musique de Christophe donne néanmoins un peu de magie a l'ensemble qui semble déplaire à beaucoup de spectateurs sauf a la presse ( 3.9 de moyenne ? )
Pour être honnête, on était un peu inquiet en entrant dans la salle de projection de Jeanne. Le souvenir de Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc était encore présent dans notre esprit comme le film avec lequel Bruno Dumont, en roue libre, nous avait laissé sur le bord de la route… Heureusement, sa Jeanne est dans l’ensemble une bonne surprise, beaucoup plus harmonieuse que la précédente. (lire la suite : https://cultureauxtrousses.com/2019/09/11/jeanne/#more-1663)
Jeanne, un film d'une grande âpreté, sûrement un des plus difficiles de Bruno Dumont est une grande réussite. Porté par l'extraordinaire Lise Leplat Prudhomm et toute une galerie pathétique de pittoresques personnages joués par d'improbable acteurs, Jeanne est une oeuvre en état de grâce. Cette qualité est due à une mise en scène d'une grande beauté se jouant de toutes les grammaires cinématographiques. La variété du choix des plans est étonnante. Longs plans fixes hypnotiques, gros plans, plans larges, mouvement d'appareil et gestion du cadre, le film porte un total respect au cinéma. Certains passages sont inoubliables : le long plan sur Jeanne d'Arc, le ballet des chevaux qui trottent au son de la musique, diversité du choix de mise en scène lors de la partie procès. Comme à son habitude, le cinéaste rend au hommage aux paysages bucoliques du Nord. La gestion de la lumière et du vent bruissant les buissons est faramineux.. Et puis, la partition musicale et les chansons de Christophe sont grandes. Seul bémol, la durée du film ; certaines scènes auraient pu être largement réduites. Nous pensons à la scène de présentation du future procès, assez lourde et redondante mais, la suite, lors du procès, est stupéfiante. Je crois qu'il s'agit, pour moi, du meilleur procès de toute l'histoire du cinéma. les dialogues fusent alors à la vitesse des balles de mitraillette. Ce qui ce joue alors est d'une domaine de l'humanité, de la passion et de la croyance. A l'image de Jeannette, tout se joue dans la confrontation entre la force des écrits de Charles Peguy, la beauté des images, la musique et l'amateurisme apparent des acteurs. Un film sur la liberté aux idées et la virginité opposées à l'hypocrisie. Jeanne n'est d'ailleurs pas dénuée d'humour et d'une forte ironie.