Une ado chez les Holmes : divertissant, sans être élémentaire
Enola Holmes ne prétend pas révolutionner le genre du film d’enquête, mais il le dépoussière avec une énergie juvénile assumée, portée par une actrice à la fois charismatique et malicieuse : Millie Bobby Brown. Elle incarne une Enola débrouillarde, vive, et bien décidée à exister dans l’ombre écrasante de son célèbre frère Sherlock.
Le film mise clairement sur son héroïne. Enola casse le quatrième mur, commente l’action avec ironie, emmène le spectateur dans son aventure comme une narratrice complice. Ce procédé fonctionne plutôt bien, surtout dans la première partie, rythmée et légère, où le mélange d’action, d’énigme et d’humour fonctionne sans forcer.
L’univers visuel est soigné : Londres victorienne est reconstituée avec style, les costumes sont réussis, et le ton général reste accessible, moderne, sans tomber dans l’anachronisme grossier. C’est un film qui veut plaire, et qui s’en donne les moyens.
Mais si l’élan est là, le scénario reste assez classique. L’intrigue manque un peu d’épaisseur, l’enquête est vite secondaire, et les enjeux restent gentiment balisés. Même les apparitions de Sherlock (Henry Cavill, plutôt sobre) et Mycroft (plus caricatural) ne viennent jamais bousculer vraiment la dynamique du film. Tout reste sage, calibré, plaisant… mais sans surprise.
Enola Holmes est donc un bon divertissement familial, charmant et énergique, surtout grâce à son actrice principale. Mais il lui manque un grain de folie ou de profondeur pour vraiment se distinguer dans la foule des récits Sherlockiens.