L'Incroyable histoire du Facteur Cheval
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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 décembre 2018
J'ai eu le bonheur de voir le film en avant première. Paysages somptueux. Les acteurs au summum, je me suis sentie complètement absorbée par les personnages. Bravo au réalisateur, idée géniale.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 21 décembre 2018
Lille, jeudi 20 décembre 2018.

Avant-première de l’incroyable histoire du facteur Cheval en présence du réalisateur Nils Tavernier et de Jacques Gamblin.

A ne pas connaître l’histoire du facteur Cheval, l’incroyable histoire de Nils Tavernier a de quoi séduire un large public de béotiens. Le film se constitue d’être une belle oeuvre sur le plan de la technique et de la romance. Tout est lissé du mystère porté par Jacques Gamblin dans le rôle du facteur de la communication sans parole. L’ombre portée de la mort, si importante dans la vie réelle du préposé aux futures P&T, y est masquée des mimiques d’un jeu d’acteur millimétré. Une démarche saccadée et empruntée qui parle sans mots de la dimension psychorigide.

Jacques facteur de Gamblin = acteur magistral.

La pellicule se déploie ici, en vitesse de lenteur où l’on ne s’ennuie pas d’une seule image, tant la caméra et la photo s’infiltrent en douceur dans le quotidien d’un homme qui parcourt plus de trente kilomètres à pied tous les jours et, se chargeant de pierres, travaille jusque au bout de la nuit sans alcool dans le seul droit fil que vouloir c’est pouvoir.

Les tics de façade de Jacques, en écho à ceux du palais idéal, c’est le premier trait de l’obsession du facteur. Et à ceci s’ajoute, l’improbable bonheur pour l’époque, d’un mariage de seconde noces. Lætitia Casta est impériale dans son rôle de traductrice de la vergogne poétique de celui qui fut assigné, dans les premiers temps de la construction de son art aussi brut que naïf, au statut de fou du village. Instant majeur du film, où en réponse à son fils, le facteur Cheval demande s’il reste des oignons. Lætitia Philomène est là ( à l’opposée de l’image stalinienne qui la représente sur l’affiche du film !) et translate le message : “il est content�.

Ainsi se déroule ce biopic, à la fois tout en mensonges, et criant de la vérité de la rencontre d’amour entre un homme et une femme. Ici, c’est la femme qui dirige, comprend et saisit l’homme de son choix par statut de veuve interposée. Elle va soutenir le poète architecte dans toute la distance nécessaire qu’il faut imposer lorsque l’on vit avec un fêlé de la vie. Ceux qui laissent filtrer la lumière par leurs yeux, dans la confrontation qu’ils ont avec eux-mêmes et à travers les éléments de la nature omniprésente de la Drôme des collines. Cette Drôme, qui par alluvions marins et allusions taquines se pose en question : comme une recherche de reconstitution du ventre de la mère ?

La vérité historique du facteur Cheval est d’être un petit Poucet de l’architecture, qui au lieu de semer petits cailloux, les rassemblent et les ramassent. Chemin de croix d’une dette à payer : un cœur de Pierre forgé de la souffrance existentielle ? - une émotion bloquée - Image christique du combat contre la mort du facteur : établir en son palais sa propre tombe et celle des siens afin que toute la famille soit réunie. En écho à des parents trop vite disparus ? Du palais idéal - en tant que vaccin d’accès à l’éternité - au tombeau dans le cimetière de Hauterives, il y a un fil logique de toute une vie de lutte envers les injustes aléas nécessaires de la vie qui va.

Petit Poucet éperdu et balisé du chemin de son travail. Il trébuche et se rappelle au rêve. Mais Cheval est aussi un grand poète, puisque après quelques années de dur labeur, l’écriture, à la suite de ce qui s’érige en château,grottes et mille recoins du pulsionnel animal et sacré multiculturel, devient soutien du personnage. C’est un aspect gommé dans le film. Il n’y est fait que référence à l’écriture d’une biographie. Mais cette écriture est singulière, car elle contient en son sein une prose où Cheval tend à expliciter son œuvre:

L’hiver comme l’été
Nuit et jour j’ai marché
J’ai parcouru la plaine les coteaux
De même que le ruisseau
Pour rapporter la pierre dure
Ciselée par la nature
C’est mon dos qui a payé l’écot
J’ai tout bravé, même la mort.

Cheval répond ainsi à Émile Roux qui avait poétisé ainsi son œuvre:

Ton idéal, ton palais
C'est de l'art, c'est du rêve et c'est de l'énergie.
L'extase d'un beau songe et le prix de l'effort,
Dans la réalité tu gravas la magie…

Son œuvre ainsi nommée, Cheval accède lui-même à une part de langage qui manifestement lui était interdite. Et reprendra les mots du poète pour désigner son œuvre.

Ce qu’il faut savoir - et que le film ne dit pas - c’est que dans ses jeunes années, Ferdinand n’a été que très peu à l’école. Il écrit phonétiquement et ne se dépatouille que très mal du langage maternel. Sans doute aujourd’hui, bénéficierait-il de quelques séances chez un orthophoniste et l’artiste en lui en viendrait peut-être à disparaître…!

Dès lors, que l’on me permette donc de douter, contrairement à ce qui a pu être dit lors du débat, que le facteur Cheval soit étiqueté d’un autisme Asperger. C’est un effet de moderie trop facile. Il n’y a à voir chez lui, que l’histoire simple d’un homme confronté aux affres de la vie. Un homme qui se balance certes entre névrose obsessionnelle et psychose lacanienne, mais qui accomplit aussi son individuation dans ce qu’il a de plus singulier.

Il y a en tout état de cause, à pardonner au réalisateur, les quelques imprécisions de son histoire incroyable. C’est surtout le titre qui indispose car c’est la loi du genre Biopic de s’exposer au risque de la création d’un mythe infondé. Ce n’est pas un bon service que de falsifier - même au prix de la cause du cinéma - l’histoire d’un destin. Mais mon discours ne vaut qu’à l’adresse des générations futures trop enclines à croire aux facilités de l’existence. Pour le reste il y a œuvre de fiction réussie. Et lorsque Nils Tavernier, à la sempiternelle question rasoir et barbante de la difficulté d’être “fisse d’eux“, répond dans la demie teinte d’une bonne et mauvaise grâce, il montre l’humanité qui le gouverne. Ainsi se rejoignent, le christique du facteur et celui du réalisateur. Cheval, à ne pas vouloir sauver le monde, indique le chemin au cinéaste. Et il en ressort que d’avoir nié la poésie de Ferdinand, Nils a mis en exergue la sienne de par l’objet regard qu’il pose délicatement sur ce biopic. C’est une belle façon de tuer le père !

Quand à moi, je retourne à mon antre de cahier, et dédie cette petite brouettée de plume à tous ceux qui iront voir le film:

Préposé pété t’es ! Tu es noble conquête,
Ton architecturé est un bonheur de faite.
Tu es Cheval facteur par ta si longue quête,
au palais de tes peurs, la mort en est défaite !

Heureux comme un Ulysse qui comblait son naufrage,
dans l’éternel tu glisses, dans l’ode là des âges,
Ainsi par quelques vers, je viens te rendre hommage,
dans l’au-delà des cieux, tu es le roi des mages.

Poète ou bien facteur, peu importe le pied,
L’essentiel dans la vie, c’est le fait d’avancer…

Tian
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 janvier 2019
Avoir vu ce monument et ce musée en vrai, m'a apporté quelque chose d'incroyable dans ce film. D'ailleurs, je pense qu'il fera majoritairement des entrées en Auvergne-Rhône-Alpes.

L'émotion est présente dans ce film grâce à une performance incroyable de Jacques Gamblin qui incarne ce grand facteur Cheval. Ce fut un sacré personnage, frappé par la vie et par la perte de beaucoup de personnes qui lui était chers. Un personnage qui pensait ne pas être fait pour cette planète, qui n'était pas très sociable et qui,en communion, avec la nature a réalisé un monument d'une beauté folle.
Ce travail est le résultat d'une volonté de fer et d'un courage qui entraîne le respect. 32km de marche par jour, 10h de travail pour son travail de postier et 10h de travail à la suite pour ce palais idéal dédié à sa fille Alice.

La mise en scène, les paysages, la BO sont magnifiques, Laetitia Casta est très convaincante dans son rôle également.

C'est une très belle histoire, très triste mais qui entraîne un respect éternel pour cet homme. Je peux vous le dire, lorsque j'ai appris l'adaptation cinématographique, j'étais aux anges.
Je suis très content du résultat malgré quelques longueurs, j'ai adoré.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 21 janvier 2019
Ce film nous raconte la vie du Facteur Cheval, le fondateur du Palais idéal. Jacques Gamblin joue parfaitement le facteur tranquille et un peu têtu. Des spectateurs peuvent sentir ses douleurs. Alors que Laetitia Casta joue le rôle d’une épouse qui aime et soutient notre héros. D’ailleurs, des images de la Drôme sont magnifiques.
mtreppoz
mtreppoz

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 décembre 2018
Un film remarquable, juste, sincère et émouvant qui retrace la vie de cet homme ordinaire qui consacra 33 ans de sa vie à construire un palais extraordinaire. Jacques Gamblin Incarne à merveille le côté à la fois naïf et volontaire du facteur Cheval. Tout est juste dans ce film, je lui souhaite tout le succès qu’il mérite !
Lartimour
Lartimour

11 abonnés 83 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 novembre 2018
Ce film retrace l'histoire incroyable du facteur Cheval qui consacra 33 années de sa vie à construire, seul, dans son petit village de la Drôme, le "Palais idéal", dédié à sa fille Alice décédée prématurément. Le film offre des vues splendides sur cet édifice à l'architecture hors du commun.
Jacques Gamblin, bouleversant en facteur Cheval, est extraordinaire.
Une merveille de sensibilité.
Eric H
Eric H

8 abonnés 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 novembre 2018
Un film très sensible et touchant, sur le destin incroyable (et basé sur une histoire vraie) d'un homme simple qui va construire, en 30 ans de sa vie, pour sa fille Alice, son palais idéal. Né de ses rares lectures et d'une imagination sans borne, le facteur Joseph Cheval, à la limite de l'autisme et parfaitement incapable d'exprimer ses sentiments, va créer ce qui reste à ce jour comme la seule œuvre architecturale naïve. Servi par l'interprétation impeccable de Gamblin (qui, en plus, ressemble trait pour trait au facteur Cheval) et même Laetitia Casta (que jusqu'alors j'ai toujours trouvée quelconque à l'écran mais qui, ici, nous sert une interprétation tout à fait correcte et convaincante), une musique parfaite (Tiersen?), j'en ai chialé.
Cela pose aussi la question de l'art: doit-il nécessairement avoir été enseigné et appris pour être pratiqué? Tous ces gens de l'académie qui ont refusé longtemps le classement en monument historique du palais idéal au titre que, n'est-ce pas, monsieur Cheval n'était après tout qu'un simple facteur et qu'un monument historique ne saurait naître des mains seules d'un homme aussi simple, ont finalement dû baisser pavillon face à Mr Malraux en 1969. Et c'est très bien.
A voir, donc. Avec des mouchoirs.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 janvier 2019
Si souvent, vous entendez autour de vous qu’on ne sait plus faire de beaux (et bons) films en France, j’en appelle, je vous en conjure, à votre propre curiosité, à votre libre arbitre. Il existe encore des œuvres qui vous imprègnent longtemps après être sorti des salles obscures. C’est le cas pour « L’incroyable histoire du facteur Cheval », l’histoire de ce facteur peu causant, mais fort et brave, ayant construit durant 33 ans un palais par amour pour sa petite fille, Alice. Un film hors du temps et des « sentiers » battus, à part bien entendu, de ceux foulés des années durant par Ferdinand Cheval…

Si le rythme est toujours lent, contemplatif, les silences et les non-dits, reflets d’un Ferdinand Cheval taciturne, et d’une pudeur de mise dans une époque rude et difficile, donnent au final le ton d’un film incroyablement poignant. spoiler: Si la première partie pose les fondations indispensables à la compréhension de la vie et des raisons qui ont poussé Ferdinand Cheval à entreprendre son projet fou, la deuxième partie est bien plus sombre, l’homme devant faire face à de nombreux drames ne l’ayant, hélas, pas épargné toute sa vie durant.


Jacques Gamblin se devait de faire passer toute l’intériorité du personnage par des regards et des « mimiques » faciales, l’homme ne s’exprimant presque seulement qu’à travers des monosyllabes au début, arrivant un peu plus à s’exprimer grâce à sa femme et à sa fille au fur et à mesure du temps. Laetitia Casta, elle pas dépourvue de talent dans cet exercice : devoir supporter le mutisme de son époux, son absence des années durant, et devoir lui tenir tête si besoin. Je l’ai pour ma part trouvée très juste, très digne dans un rôle difficile. Louka Petit Taborelli, interprétant Cyril, son fils, ainsi que la jeune Zélie Rixhon incarnant Alice, sa fille, enfant, donnent du corps et de l’âme à l’ouvrage, même si Cyril aura attendu toute sa vie durant que son père lui témoigne son amour, n’ayant vécu ni une enfance ni une relation facile avec son père.

Les scènes finales, bouleversantes, concluent dignement et sereinement l’hommage à cet homme, peu épargné par la vie, qui aura trouvé dans son rêve une raison de continuer à vivre, et de « tenir le coup », jusqu’à la fin. On regrette qu’il ait été fait l’impasse de tout l’aspect traitant de la « renommée progressive » du palais aux quatre coins du monde (les moyens de communication étant bien entendu très réduits à l’époque), au détriment des nombreux drames qui ont ponctué sa vie ; si le film, néanmoins, je préfère vous prévenir, est très triste, il est nécessaire de passer par là afin de comprendre ce qu’a été le cheminement de sa vie et qui était le personnage. Un film qui ne vous laissera pas indemne, ni de marbre, quoi qu’il arrive.

Mon analyse complète du film sur mon blog reves-animes.com
Badamin2
Badamin2

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 novembre 2018
Sublime tout simplement. Un film très touchant. Jacques Gamblin nous livre une interprétation exceptionnelle ! Laetitia Casta y est superbe aussi ainsi que tous les autres acteurs comme la petite Zélie Rixhon qui interprète Alice avec malice et justesse. Les paysages sont magnifiques. On rit, on pleure, on s'ermerveille. Le Facteur Cheval doit être fier, ce film est un bijou.
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 janvier 2019
Quelle belle surprise ! Un film hors du temps qui fait aimer la vie telle qu’elle est grâce à une réalisation bourrée d’humanité qui met tous les personnages au cœur du récit. Si l’on veut bien oublier quelques maladresses, on sort de la salle heureux avec encore quelques larmes d’émotions liées à la condition humaine. Casta est parfaite de bout en bout quelques soient ses transformations dues au temps qui passe. Gamblin est mieux encore tellement il nous fait croire en la réalité de son personnage, il a mis en Cheval toute son expérience, sa sensibilité et son admiration pour cet homme hors normes. Cheval nous donne envie d’exister, d’être vrai, loin des modèles d’aujourd’hui basés sur la renommée, le pouvoir ou l’argent. Les extérieurs sont à la hauteur du personnage central. La région est magnifique et Nils tavernier a su en prendre toutes les nuances lumineuses avec un tempo parfait. Le monument lui même est superbement rendu, son volume se ressent et de nombreux détails architecturaux sont mis en valeur. J’ai particulièrement apprécié la venue de Philomène, en pleine nuit une lanterne à la main venant apporter sa tendresse à son mari recroquevillé de sommeil dans un coin du premier étage de son palais. Il y aurait beaucoup de belles choses à raconter puisque ce sont elles qui donnent toute sa valeur à ce biopic qui s’est fait attendre trop longtemps. Bertrand Tavernier peut être fier de son fils.
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