On reconnaît l'esthétique et le style du cinéaste dans la même lignée que son "Black Coal" avec surtout et une nouvelle fois la sublime photographie. On n'est par contre pas très séduit par un prologue très classique qui mène alors forcément à "attend que je te raconte". Si le flash-back n'est pas rédhibitoire en soi le réalisateur le mets en place de façon un peu abrupt. Mais doucement le scénario se construit malgré tout et on finit par s'attacher, mais surtout aux deux femmes qui sont finalement deux victimes des hommes. Les hommes sont tous des brutes plus ou moins avoués ou assumés. Un film sincère sur le fond mais parasité par de vraies maladresses comme la plus risible avec "le coup du parapluie" qui est d'un grotesque malheureux puisqu'on en rit alors même que ce n'est certainement pas le but recherché. Le film surnage grâce au climax général, aux deux personnages féminins et à une fin savoureuse. Site : Selenie
Un beau film rempli de poésie , sur une intrigue policière, assez banale , un petit voyou tue un policier sans le faire exprès , s'en suit une fuite, un road movie hallucinant, où il rencontrera une prostituée qui le suivra pour le meilleur et pour le pire. ( il y a un petit côté " A bout de souffle" dans la fraîcheur de la réalisation. Tout cela se passe dans les milieux mafieux de cette capitale d'une province chinoise, policiers corrompus, petits malfrats , bordels aux prostituées aguerries . On se laisse séduire par ce faux- néo réalisme, souvent baroque .
Une atmosphère à la fois sombre, poisseuse et hypnotique pour ce polar noir superbement filmé. On se perd parfois dans l'histoire mais pas suffisamment pour oublier qu'on a affaire à un grand thriller.
Dans sa fuite, un malfrat se retrouve associé bien malgré lui à une prostituée. La police le recherche suite au meurtre bien malheureux d’un policier ; lui, dans sa fuite, n’a qu’une seule idée en tête, offrir la sienne, mise à prix pour mettre sa femme à l’abri. La prostituée en quête de sens dans sa vie sera sa plus fidèle alliée. Diao Yinan, dans ce film nommé à Cannes, montre toute l’étendue de son talent et de sa culture cinématographique. Son film est d’une grande réussite formelle et ce dès l’entame ; sa première demi-heure est virtuose et son final magnifique. Ces deux parties offrent des courses poursuites haletantes et des moments d’une grande poésie. Au milieu, ne coule pas une rivière, mais un long fleuve d’ennui autour d’une intrigue nébuleuse et dénuée d’intérêt. Le garçon a bien digéré tout l’esthétisme du film noir américain des 50’s (« La dame de Shanghaï », « Le faucon Maltais », « Le grand sommeil », « Le port de l’angoisse »,…) et du cinéma Hong Kongais (comme les Wong Kar Wai) et livre une mise en scène exceptionnelle. Mais par ce gros passage à vide dans la tenue de son histoire mais aussi par une forme de vacuité de ses personnages, ce talent finit par se résumer à un exercice de style talentueux mais trop peu incarné. Passé la claque de la première demi-heure, on se lasse, mais restez jusqu’au bout, les vingt dernières minutes méritent aussi d’être vu. tout-un-cinema.blogspot.com
Néophytes (ou insensibles) du décorum de la culture asiatique, ne vous lancez pas, au risque de trouver le temps long, voir très long. Tout est subtilité, patience et sublimation. Autant dire, que l'on accroche ou l'on bougonne. Ma notation vous oriente assez nettement sur mon ressenti.
Je n'ai pas accroché plus que cela. Le rythme est assez faible du début jusqu'à la fin. L'histoire est intéressante mais la mise en scène me laisse sur ma faim.
Un polar sombre, apre, bénéficiant d'une atmosphère et d'une photographie très réussies. Dommage que le scénario ne soit pas totalement à la hauteur, heurté et très décousu. Vaut le détour malgré tout.
Le réalisateur chinois Diao Yinan signe un polar virant à l’exercice de style par l’entremise d’une mise en scène sophistiqué à l’esthétique léchée, faisant du rythme lancinant un point d’ancrage au détour d’une violence sèche et sans compromission autour de personnages travaillés avec en toile de fond une Chine en proie à un paupérisme exacerbé.
Je ne ferai pas de long discours sur ce film. C’est un excellent polar, froid, triste, poisseux. La mise en scène est vraiment inspirée alors que le montage est lui bien plus hasardeux. Un film loin d’offrir une image d’Épinal d’une Chine rurale, c’est brut sans concession et surprenant et donc à découvrir.
Rythme poussif, scénario très léger... quelques idées de mise en scène magnifiques mais qui ne suffiront pas à sauver le spectateur d'un profond ennui, grosse déception en regard du visuel très impressionnant
D’une beauté plastique évidente, magnifiquement mis en lumière, Le lac aux oies sauvages est une plongée envoûtante et nocturne dans les endroits les moins fréquentables d’une mégalopole chinoise. Reprenant les codes du film noir, ce long-métrage à l’intrigue complexe et sinueuse nous embarque dans le milieu de la petite mafia urbaine qui n’hésite pas à sortir les armes pour régler ses différends sur fond de trafic de motos volées. Si le cinéaste Diao Yinan nous offre plusieurs séquences absolument sublimes, il s’égare à d’autres moments dans des longueurs qui peuvent laisser perplexes. Mais l’envie de cinéma transparaît dans chaque plan du film, et l’ensemble reste bluffant, prouvant une nouvelle fois que le septième art asiatique est plus que jamais une terre de citations et d’expérimentation.
Dao Yinan, obtint avec son précédent film en 2014, " black coal" l'ours d'or au festival de Berlin. Film policier excellent pour ne pas dire exceptionnel, on attendait avec impatience l'opus suivant du realisateur Chinois.
" le lac ..." est malheureusement de qualité incomparable avec celle de son prédécesseur. Si le scénario est plus rectiligne que " black coal" ( un chef de bande poursuivit par la police et par une bande rivale, qui sait que sa fin est proche, souhaite faire parvenir à sa future veuve le montant de la prime pour sa capture), il manque cruellement de saveur.
Certes, il restera à deviner pour qui roule la jeune femme qui se présente au personnage principal comme celle qui peut l'aider dans son entreprise ; c'est quand même très maigre comme élément de mystère !
Déception pour ce " lac aux..." qui ne parvient jamais à captiver, même s'il se regarde sans déplaisir.
Certes, on suit le déroulement de l'intrigue qui se passe intégralement de nuit ( l'épilogue est filmé symboliquement en plein jour) ; on assiste à deux reprises à des scènes d'action assez courtes qui tirent sur le cinéma du Coreen Park Chan Wook , mais rien de bien transcendant.
Ajoutons que le cinéma chinois nous a habitué à des casting d'un meilleur standard et à une distribution presentant des acteurs manifestant plus de charisme et surtout moins de fadeur.
Présenté en compétition officielle à Cannes en 2019 " le lac aux oies sauvages " repartira la corbeille vide. Ce n'est pas moi qui crierait au scandale !
Le premier intérêt de ce polar Chinois est de montrer une Chine rarement vue, celle des bas-fonds et des délinquants ; ici des gangs qui se disputent des territoires pour le vol de motos, dans un environnement urbain impersonnel ou délabré. L’autre intérêt est la dimension esthétique de la mise en scène, qui alterne le nerveux et le contemplatif, en utilisant au mieux l’environnement précité. Bien. Mais cette préoccupation esthétique donne l’impression que le cinéaste se regarde filmer, au détriment d’une vraie approche des personnages, qui restent des stéréotypes mystérieux, ce qui empêche l’émotion d’affleurer. Et il s’agit d’un polar : on peut regretter la faiblesse du scénario et un manque de fluidité dans la narration qui nuit grandement à la compréhension de tout ce qui est montré.