La Fille au bracelet
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Ismael
Ismael

127 abonnés 210 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 février 2020
Etrange paradoxe que ce film bourré de talent à tous les étages (comédiens, réalisation, photo…), mais qui n'a finalement pas grand-chose à nous raconter semble-t-il.

En vérité, la fille au bracelet fait partie de ces -nombreuses- œuvres « dans l’air du temps » qui misent sur l’intérêt du public pour le fait divers ou les procès (comme le montre le succès d'émissions telles que Faites entrer l'accusé ou Non Elucidé ), tout en se voulant le « reflet d’une époque ». Et pour cela il évoque de nombreux thèmes de société comme la jeunesse débauchée (ou pas), le vide existentiel de cette même jeunesse, le supposé fossé entre les générations, etc.

Mais sur tous ces sujets, le film n 'a pas spécialement de message à délivrer ni même de véritable point de vue à apporter. A la place il essaie surtout de créer, de provoquer une sensation de "mystère" et de "vertige" à l'écran. Et le plus fort c'est qu'il y parvient en plus. Mais si on trouve du mystère et du vertige dans La fille au bracelet, c'est grâce au talent des comédiens et à la mise en scène très maitrisée, bien plus que graçe à un quelconque propos du film.

Bref, assez décevant au demeurant, la fille au bracelet reste surtout l'occasion de voir de très bons comédiens à l'œuvre. Aspect qui est renforcé par le côté assez "théâtre filmé" de l'ensemble. Roschdy Zem et Chiara Mastroianni n'ont plus rien à prouver et la jeune Mélissa Guers s'en tire avec les honneurs pour son tout premier rôle.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 février 2020
En FRANCE, on est capable d'avoir à l'affiche une film qui totalise 250,000 entrées dont le budget est seulement de 3M€ et qui réunit de grands acteurs Français dans un beau scénarii sans que personne n'en parle ! La Fille au Bracelet, c'est d'abord, un film tourné en Loire-Atlantique et dont une bonne partie du film se déroule dans le Palais de Justice de Nantes sur fond d'une intrigue autour du meurtre d'une jeune fille.
Robert D
Robert D

7 abonnés 162 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 mars 2020
La Fille au bracelet est un beau et intense thriller magnifiquement réalisé et interprété. Mention Très bien à la jeune actrice Lise. Roschdy Zem joue tout en retenue, un rôle qu'on a pas l'habitude de lui voir. On en apprend beaucoup sur qu'elle est la vie des ados de maintenant. Leurs codes et leurs visions sur la sexualité sont bien différents de ceux que les trentenaires et plus ont connus. Haletant de bout en bout, on se demande qu'elle en sera l'issue. Le dénouement dans les 5 dernières minutes! Je le conseille aux parents de pré ados et ados.
velosolex
velosolex

6 abonnés 53 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2023
Vu à la tv, ce film puissant, que j’avais raté à sa sortie. Cette gamine a t’elle tué son amie, après une soirée festive, où elle sont toutes deux restées dans le même lit ? L’intrigue est bien ficelée, mais la question en fait est ailleurs.
Cette cour d’assises nous invite à prendre notre place parmi les jurés. Non pour dire si Lise Bataille est vraiment coupable, question impossible à répondre de façon formelle, en absence de preuves évidentes, mais bien pour alerter. Au cas où nous voudrions ne pas voir la vraie scène de crime ! Non celle de cet appartement qu’on nous désigne, mais celle d’une société malade, irresponsable, invitant des jeunes gens à s’égarer.
Quel est l’instrument du crime ? Est ce ce couteau rouge qui manque dans la cuisine, ou le smartphone, nouvelle arme létale par destination ? Personne ne répondra pour vous, mais la mise en scène fera habilement que vous vous poserez la question. .
La salle de tribunal est en fait une salle de médecine légiste où le public médusé, autant que les spectateurs prennent conscience de l’univers propre d’une tribu d’adolescents. 20 ans après l’an 2000, et la vulgarisation des images se diffusant en masse immédiatement sur les réseaux, les effets délétères se manifestent chaque jour dans les médias. Stigmatisation, harcèlement. Ces ados sont ils vraiment différents des autres ? …
.C’est une question qu’on s’est toujours posé, d’une époque à l’autre. N’avons nous pas nous mêmes fait des transgressions, et frôlé le pire, à cet âge tendre, où tout semble permis, ou l’interdit et le défit sont attirants Mais jamais me semble t’il , on a fourni autant d’armes aux jeunes pour se détruire.
Le principe de liberté ne vaut rien sans responsabilité!
Faut il stigmatiser pour autant les parents. Eux mêmes sont dépassées, et hors course par les propositions du net qui leur échappe , n’ayant plus accès à un univers fermé, qu’ils ne soupçonnent pas ? Ce ne sont que des spectateurs effarés de la dernière formule de la société du spectacle, devenu pornographique.

Dans les années 60, on évoquait le fameux conflit des générations. Il était question déjà de libération des mœurs. « Ne jugez pas Lise en rapport avec des critères moraux, vos valeurs en terme de sexualité, qui peuvent avoir été mis à l’épreuve » Demande à la fin du film l’avocate de Lise, en des termes à peu près similaires « Jugez là sur les preuves. Et à ce niveau, le dossier est vide ! » C’est une défense classique. La situation l’est moins.
….Le public du tribunal a en effet visionné quelques scènes prises sur les réseaux, en lien avec les téléphones portables. Le scandale des sextapes et du thème du « revenge porn » ces anglicismes pour nous dire que le mal est universel, nous met ici en sidération. Nous ne sommes pas dans un milieu interlope, mal famé, mais dans un cercle d’adolescents plutôt préservés, loin de l’ambiance plus ou moins fantasmée des cités, où il est bien plus facile pour notre système de défense de nous protéger.
Ces jeunes sont ceux qui auraient pu être les acteurs de « La gifle » il y a plus de 40 ans de ça. Mais il n’est plus d’usage de mettre une claque à sa fille, comme Lino Ventura le jouait avec Isabelle Adjani dans « La Gifle ! » Nous sommes à des années lumière de l’ambiance de ces films, qui fit la gloire aussi de Sophie Marceau dans « La boum »...Les parents sont glacés d’effroi devant ce que la vie de leur fille, présentée à la découpe, en pleine cour d’assises, leur révèle. C’est tout ce rapport au réel, à l’intime, et à la communication qui semble défaillant, quand tout est en représentation morbide sur les réseaux, pouvant peut être finalement réveiller des pulsions meurtrières.
Il aurait peut être valu que l’avocate précise dans sa défense finale, la responsabilité des réseaux, et des outils de diffusion. Mais elle n’est pas là pour faire de la sociologie, mais pour défendre une jeune fille, dont rien ne montre la responsabilité évidente dans le meurtre de son amie. L’inculpée est bien malhabile pour donner une image positive d’elle même. Elle semble clivée du réel, dans un monde où chacun semble jouer sa partition solitaire, sans affects, même au niveau des liens charnels, joués comme un jeu transgressif, désincarné.

Les signes qu’elle envoie dans sa cage vitrée, dépassée par les enjeux et la théâtralité des lieux, où elle m’apparaît plus comme une victime qu’une coupable potentielle, ne sont pas du mépris, mais un mal être, bien peu compris par l'assistance, dans cette absence au monde, et ce refus de façade de préciser les choses.
On pourrait parler au fond d’un remake de l’étranger de Camus, qui avait été mis en scène par Visconti. . Tant on a peur que cette jeune fille ne soit jugé que sur cette apparente indifférence aux situations, ne répondant à peine, ou à coté. Au delà de l’histoire, c’est la représentation de ce qu’un prévenu risque au tribunal, s’il est jugé sur des critères non objectifs.
Au total un très bon film, très bien joué, filmé et réalisé. Faisant réfléchir!.
Depuis, il y a eut la crise covid, autre époque d’irréalité qui a noirci un peu plus le tableau, avec l’isolement, et l’extension des réseaux, tel « Tik tok, agissant en toiles araignées, et leurs influenceurs.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 février 2020
Il faut reconnaître que dans la famille Demoustier on connait davantage la comédienne Anaïs, entre autre pour son appartenance à la "troupe" Guédiguian, que le réalisateur Stéphane, quand bien même "La fille au bracelet" n'est pas son premier long métrage. "La fille au bracelet" est un film dont le scénario s'inspire du film argentin "Acusada" de Gonzalo Tobal, sorti en France en juillet dernier, lequel film avait pour origine une véritable affaire s'étant déroulée au Canada . Toutefois, si le point de départ est similaire, l'histoire d'une jeune fille accusée du meurtre de sa meilleure amie, le traitement est très différent et, osons l'écrire, largement supérieur. "La fille au bracelet" est un film de procès dans lequel le spectateur est placé dans une position de jury d'assise. Sur l'histoire, on ne saura jamais rien de plus de ce qu'en disent Lise (l'accusée), son avocate, l'avocate générale, le père, la mère et une amie de Lise et les experts appelés à la barre. On n'arrête pas de balancer d'un avis à l'autre, d'autant plus que le comportement adopté par Lise durant le procès n'est pas vraiment fait pour qu'on croit à son innocence. En fait, avant le tournage, Melissa Guers, l'interprète de Lise avait demandé au réalisateur si, pour lui, Lise était ou non coupable. Lequel lui avait répondu que c'était à elle de choisir si elle était coupable, ou non. Melissa n'a jamais dit à Stephane Demoustier quel était son choix ! Nous voilà donc face à un film de procès, genre très pratiqué au cinéma, sauf qu'ici, à la fin, contrairement à ce qui se passe le plus souvent, on ne sait pas de façon indubitable qui est le ou la coupable !
A côté de cette valse hésitation passionnante à vivre, le film s'intéresse aussi, sans porter de jugement, à ce que les parents d'adolescent.e.s savent ou croient savoir de leurs enfants, de leurs amitiés, de leurs amours, de leur sexualité. Avec ici une adolescente, Lise, qui est très libre en la matière, considérant que sexualité et sentiments sont séparés.
Préférant, pour interpréter Lise, une jeune fille n'ayant jamais tourné, le choix de Stephane Demoustier s'est porté sur Mélissa Guers. Un choix qu'on considère comme parfaitement judicieux quand on a vu le film ! Les parents de Lise sont interprétés par Roschdy Zem et Chiara Mastoianni. Excellents ! Le président du tribunal est interprété par un vrai avocat, Pascal-Pierre Garbarini, un homme qui s'est avéré très utile par ses conseils éclairés, en cours de tournage, sur la façon dont se déroule un procès. Quant à l'interprète de l'avocat général, le réalisateur a changé d'avis lorsqu'il s'est aperçu, en assistant à de véritables procès, que le procureur était beaucoup plus souvent une femme d'une trentaine d'années qu'un homme de 60 ans, d'où son choix : sa sœur, Anaïs.
Xavier
Xavier

1 abonné 12 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 mars 2021
Film plat mal joué à part l'excellent Roschdy Zem dont on se demande ce qu'il est venu faire dans cette galère. scénario sans intérêt émaillé de propos vulgaires
Sterwerze
Sterwerze

37 abonnés 57 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 août 2020
un film magnifique sur les relation familiale et amicales. De beaux messages y sont dévoiler, sur fond d'enquête au tribunal.
CharlieFirpo83
CharlieFirpo83

5 abonnés 71 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 10 mars 2021
film judiciaire sans saveur....fade ..mou ..sans réponses...sans bons acteurs ....sans rebondissements....qq scènes très peu crédibles...des erreurs sur la machine judiciaire....bref je ne sais pas quel est le.problème du cinéma français pour toujours faire des films somnifère et avec des silences interminables ..et une.musique déprimante ..mais il ne faut pas s'étonner si les.entrées cinéma ne suivent pas.....en le.regardant par hasard ..le sujet paraissait pourtant pas trop.mal....mais voilà
c est le vide qui l'emporte au final... et on oubli ce film 5 min.après la.fin du visionnage ....et ca c'est juste le parfait révélateur du spectateur finalement .
cinéjadore
cinéjadore

17 abonnés 47 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 février 2020
Excellent film à voir absolument. Ne pas hésiter à y emmener vos enfants adolescents. Les acteurs sont épatants de Anais demoustier à Roschdy Zem sans oublier Chiara mastroianni. L'actrice principale est épatante pour un premier rôle. Film à ne pas manquer pour le sujet et les acteurs.
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 février 2020
Nouveau film de Stéphane Demoustier (Terre battue), frère d’Anaïs. Celle-ci tient le rôle de l’avocate générale ici, elle est très bien comme toujours. D’entrée on y croit et on est pris par l’intrigue et par une tension oppressante. A-t-elle tué sa meilleure amie ? Etait-elle là au mauvais endroit au mauvais moment ? Le réalisateur a écumé les tribunaux de grandes instances pour écrire son scénario (inspiré d’une affaire criminelle argentine) et a eu l’autorisation de tourner au tribunal de Nantes. L’ensemble n’en est que plus plausible. L’interprétation est de qualité. Roschdy Zem et Chiara Mastroianni sont, comme toujours aussi, impeccables. Ainsi que tous les seconds rôles. Annie Mercier parfaite dans le rôle de l’avocate de la jeune fille. Le président est d’ailleurs joué par un vrai président de cour d’assises. Enfin, Melissa Guers tient là son premier rôle et elle est tout aussi convaincante. Voilà donc un film de procès éprouvant bien écrit (sans pathos et sans lourdeurs) et (peut être un peu trop sagement) mise en scène. Tout autant qu’une intéressante chronique sur la jeunesse d’aujourd’hui (élevée aux réseaux sociaux) et son rapport aux parents. On en ressort avec une impression bizarre où chacun se fera son opinion, et avec le sentiment que, finalement, on ne connait jamais vraiment les gens qu’on aime. Un film prenant et, pour moi, très réussi…
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mars 2021
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le film est intéressant, l'histoire de ce procès d'une adolescente en cours d'assises, est réalisé de main de maitre, avec une Anaïs Desmoustiers convaincante et sereine, en juge d'instruction, et une histoire pleine d'imbroglios et digne des plus grandes affaires criminelles...La réalisation est propre et se déroule soit au tribunal, soit au foyer de Roschdy Zem et Chiara Mastroianni, ce qui ajoute du mouvement au scénario, et le réalisme du procès et des dialogues devient passionnant plus le film se déroule....C'est aussi une peinture sociale de classe moyenne, d'une société et de ses valeurs, un portrait sans esbroufes et avec un grand potentiel juridique, bref c'est passionnant et réalisé parfaitement...Je conseille
ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mars 2020
Il y a quelque chose qui cloche dans l'attitude de Lise (Melissa Guers, formidable). Mais quoi ? La Fille au bracelet se garde bien d'y répondre, préférant laisser le doute assaillir le spectateur.
Le troisième long-métrage de Stéphane Demoustier est on ne peut plus direct, focalisant toute son attention sur les scènes de prétoires et quelques moments de suspension avec les deux parents. Dispositif minimal mais qui accentue l'identification à eux, tout comme on en a pour les jurés puisque de fait on en devient un par écran interposé. Et on cherche la faille. Rien à faire, les évènements se percutent ou s'annulent, nous ramenant inlassablement à ce même état d'incertitude.
On observe deux figures parentales progressivement entamés par les révélations et perturbés par le comportement de leur fille adolescente. Est-elle réellement insaisissable ou ce sont eux qui peinent à la saisir ? Derrière, en agrandissant le cadre, ce sont toutes ces informations et ces regards qui déstabilisent. Pourquoi ce ton, pourquoi cette posture, pourquoi cette réaction ou cette absence de réaction ? Est-ce moi qui ai mal vu, mal compris ou mal interprété ou l'inverse ?
Le doute étreint aussi fortement que la prestation des comédiens. À l'issue, chacun aura sa vérité mais aucun n'en sera persuadé.
Ce qui fait de La Fille au bracelet une vraie curiosité.
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 février 2020
Le scénario commence d’abord par mettre en place le personnage principal – Lise, la jeune fille au bracelet – (comprendre en liberté provisoire sous contrôle judiciaire avant son procès aux Assises) – et distille quelques éléments très partiels de l’intrigue, seulement pour la situer. La meilleure amie de Lise a été assassinée dans sa chambre et Lise est la dernière personne à avoir passé la nuit avec elle. Et comme ce drame fait suite à la divulgation sur les réseaux sociaux d’une vidéo à caractère sexuel tournée par la victime et mettant en scène Lise, l’affaire, la culpabilité semblent entendus malgré l’absence d’aveux et le mutisme de l’accusée. Mais pour autant, le spectateur ne sait rien, ne saura rien de ce qui s’est passé. Le récit glissera et se concentrera sur le débat judiciaire en salle d’audience. Avec un Président de Cour d’Assises qui crève l’écran. Ah, eh bien oui, ce n’est pas un acteur mais un avocat qui s’est glissé dans ces habits-là ! Il connait. Annie Mercier, surtout vue et reconnue au théâtre, assure bien aussi son office dans le rôle de l’avocate de la défense. La plaidoirie à la barre, n’est ce pas finalement une forme de théâtre ? A côté de ça, la sœur du réalisateur (Anaïs Demoustier) fait pâle figure en tant qu’Avocate générale, représentant comme chacun sait la Société. Il est fort possible que, mis à part de gros procès avec procureur expérimenté, ce soit finalement une image ordinaire de la justice. Le spectateur suivra donc les débats. Le suspens sera entretenu jusqu’à la fin : coupable, pas coupable ? Et encore ce ne sera que vérité de Cour de justice. On pourra regretter que la bande-annonce, pour ceux qui l’ont vue, ait pointé l’attention sur un couteau de cuisine disparu, potentiellement l’arme du crime, et retrouvé dans les mains du jeune frère de l’accusée. Mais peut-être était-ce nécessaire pour créer un point de fixation de l’attention du spectateur, pour contourner l’absence d’aspérité dans la mise en scène ? C’est au final un film sur un procès d’assises, sans grande démonstration, ce qui sert certainement le réalisme. C’est plutôt passionnant à suivre, tant l’esprit vagabonde et réfléchit comme le fait sans doute un Jury populaire. Intime conviction. En la matière, il n’est pas demandé davantage. On sentira bien que c’est fragile et risqué comme règle du jeu judiciaire.
Sylvain P

387 abonnés 1 429 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 février 2020
Autopsie d'un procès pour meurtre impliquant deux mineures, La Fille au bracelet est à la fois chirurgical et prenant. On retrouve le style de "Pupille" avec ce souci de la véracité, tout en étant dans la fiction pure qui permet l'empathie. L'interprétation parfaite n'est pas étrangère au succès du film. Dans la peau d'un juré, on ne saura donc jamais le dénouement de l'histoire, on apprendra à mieux connaître cette jeune femme, ses habitudes, ses relations et la très mauvaise plaidoirie de l'avocat général qui se situe sur le côté de la morale chrétienne au lieu du côté de la Justice permet de comprendre le verdict sans en avoir le fin mot.
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 830 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 février 2020
Stéphane Demoustier nous offre un « court movie » qui ne manque pas de qualités. Dans sa forme tout d’abord, il n’a pas peur de dépouiller son film des artifices habituels, à l’image de sa scène d’ouverture. Une jeune fille est appréhendée sur la plage, on suit la scène de loin, les dialogues sont couverts par le bruit de la mer, on distingue juste des mots « judiciaire », « suivre »…, le ton est donné. Peu de musique, juste par petites touches et jamais pendant les scènes clefs, Demoustier n’a pas peur de laisser des longs silences s’installer, ce qui a pour effet d’alourdir encore davantage certaines scènes de procès. C’est rare le silence au cinéma, sans musique, sans bruits de fond, sans rien. Il nous offre un film assez court, il alterne les scènes de cour et les scènes en famille, et le malaise est palpable dans les deux cas. Pas d’ennui, pas d’intrigue compliquée, pas de rebondissements comme dans un thriller, ici la justice est présentée dans son simple appareil. Je remarque quand même qu’il joue beaucoup avec les reflets, les vitres des voitures, des fenêtres, des box pare-balle, et il y a peut-être une volonté de montrer par ces petits effets qu’il y a deux vérités, la vraie et celle qui se reflète dans le verre, légèrement déformée. Mais bon, j’extrapole peut-être complètement, allez savoir…Quoi qu’il en soit, « La Fille au Bracelet » est un film soigné, il se passe des choses en arrière plan, certaines scènes cruciales ne sont montrée que par le son et sans l’image, on sent que Stéphane Demoustier a bien mené son affaire et est resté fidèle jusqu’au bout à son idée : montrer une justice froidement neutre (à l’image des témoignages des experts) mais surtout désemparée devant un crime inexplicable, une accusée insaisissable et une génération dont elle ne comprend pas les codes. Pour l’incarner, cette adolescence « inconnue », il a choisie une jeune actrice inconnue aussi et qui fait très bien e le job : Mélissa Guers. Ce n’était surement pas facile d’incarner cette jeune fille qui ne montre pas d’émotions (dont on se demande si elle en éprouve même d’ailleurs), ne semble pas mesurer ce qu’elle risque, ni où se situe la frontière entre le Bien et la Mal. Il fallait composer ce personnage sans avoir l’œil vide pour autant, faire passer des émotions à travers un personnage qui les retient toutes, pas évident pour une jeune actrice et elle s’en sort très bien. A ses côtés, une Anaïs Demoustier combative en avocate générale (un peu jeune peut-être pour ce genre de rôle), Anne Mercier en avocate pugnace et les parents : Roschdy Zem et Chiara Mastroianni. Pour eux, c’est surement difficile à jouer aussi, lui ne reconnais plus sa fille dans le portrait qui en est fait, et spoiler: on sent qu’il doute parfois, par petites touches, de son innocence. Sa mère, encore plus insaisissable que sa fille, est carrément absente des premiers jours du procès, ce qui est difficilement compréhensible.
Ce n’est que quand on lui demandera de s’en expliquer que l’on comprendra enfin la profondeur du désarroi dans laquelle cette affaire l’a fait tomber. Zem et Mastroianni sont évidemment très justes dans ces rôles difficiles. L’intrigue du film se cale sur le procès, de son premier jour jusqu’au verdict, elle nous met plus ou moins la peau du juré d’assise. Le procès, et donc le scénario, ne nous donne pas toutes les clefs pour déterminer si oui ou non, cette gamine de 16 ans à poignardé à 7 reprises sa meilleure amie. spoiler: Ce qui est au cœur du film, c’est l’incompréhension du monde des adultes qui regarde une jeunesse à laquelle il ne comprend presque rien. Les explications lacunaires de Lise et des témoins de son âge, nous plongent au cœur d’un monde qu’en tant qu’adulte, on ne comprend pas : on ne comprend pas leur codes, leur priorités, leur sexualité, bref, leur fonctionnement. Le tribunal, les parents de Lise, l’avocate générale, les jurés et les spectateurs de la salle de cinéma : tout le monde à la même enseigne : mais qu’est ce qui se passe chez ces adolescents ? A la fin du film, justice est rendue, un verdict est prononcé mais toutes les questions demeurent et elles nous trainent dans la tête. Plusieurs jours de procès et on n’aura aucune certitude, tout sera affaire d’intime conviction. De ce point de vue le scénario est malin et distille le malaise de la première image à la dernière scène, on n’est ni dans un thriller, ni dans un polar, mais dans l’autopsie d’une jeunesse insaisissable, floue, indéchiffrable. Il y a quand même quelques petites choses qui me gênent, par exemple pourquoi il y a du public alors que nous sommes devant une cours d’assise des mineurs et que tout devrait se dérouler à huis clôt ?
Mais ce sont des détails qui n’entachent pas la bonne impression d’ensemble de ce film sobre et puissant, bien incarné, techniquement maitrisé. Il suscité chez le spectateur beaucoup de sentiments dérangeant, contradictoires pendant la séance et il pousse à la réflexion même après la sortie de la salle, ce qui la marque des films qui ont fait mouche.
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