J’ai mis du temps avant de me mettre dedans car j’avoue que ces histoire de mafieux de la vieille Amérique, ça commence un petit peu à me gonfler. Mais bon, frères Coen obligent, il faut avouer que c’est bien ficelé, cru, sec et remarquablement filmé. Donc au final, d’un film banal qui aurait pu me barber, je tombe sur un film classique certes, mais qui maitrise ses codes tellement bien que je ne peux qu’apprécier…
Je ne veux pas paraître trop sévère mais je n'ai pas du tout accroché. En fait, je me demande ce qui m'a plu dans ce long métrage. L'ambiance en général ne m'a pas transporté voire même mis mal à l'aise, l'histoire est quelconque (malgré quelques touches des frères Cohen), Gabriel Byrne m'a paru insupportable tout comme son personnage, les effets visuels sont assez ringards (même pour l'époque, on a vu bien mieux), le temps passe lentement ... Bref. Je ne vais pas faire un listing de tout ce que je n'ai pas aimé dans "Miller's Crossing" mais je m'attendais à tellement mieux. Je sais qu'il ne faut pas se fier à toutes les critiques et aux notes mais bon, là, ça n'a pas été du tout ma tasse de thé. A vrai dire je ne comprends pas trop les frères Cohen car j'ai adoré leurs réalisations comme "Sang pour sang", "Fargo" et "No country for old men" mais pour tout le reste, j'ai l'impression que l'on n'est pas du tout dans le même registre. Je ne le recommanderai vraiment pas malgré quelques bonnes idées. 8/20.
Troisième long-métrage des frères Coen, Miller’s Crossing est un brillant film de gangster qui nous fait suivre le parcours de Tom Reagan (Gabriel Byrne), voyou réputé pour son intelligence, qui navigue entre deux clans concurrents au gré de son intuition et de l’évolution des rapports de force, au risque de se brûler les ailes (et de se faire brûler la cervelle). Superbement mis en scène, bénéficiant d’une lumière et de décors magnifiques, le film nous plonge non sans cynisme et humour noir dans l’atmosphère des clubs clandestins au moment de la prohibition aux États-Unis, tout en introduisant une forme de nonchalance et de détachement de son personnage principal, qui poursuit son étrange trajectoire malgré plusieurs passages à tabac. Une myriade d’acteurs géniaux (Albert Finney, John Turturro, Jon Polito, Marcia Gay Harden, Steve Buscemi...).
Partis pour créer apparemment un pastiche du Parrain avec la première séquence référencielle, les frères Cohen reprend les bases du film de gangsters, tout en s'accentuant sur le côté psychologique et laisser peu de part à l'action : les séquences violentes sont toutes absurdes et à prendre au second degré : les policiers se ramènent en masse comme chez la Keystone, certains personnages retournent leurs vestes à n'importe quel moment, ce qui fait que l'on se pose des questions et qu'on ne comprend véritablement pas le pourquoi de ces évènements. Si le film était sérieux, ces séquences l'auraient rendu très mauvais. A la fin, nous avons l'impression que le film n'est pas vraiment bon, qu'il ne s'est presque rien passé à part quelques grosses scènes fortes, comme dans le très decevant Parrain 2. Mais finalement le spectateur se résigne et comprend que Millers Crossing est à prendre à la légère.
Un bon film des frères Coen, un de plus, qui se passe à l'époque des gangsters, et de la prohibition. L'époque est parfaitement reconstituée, que ce soit dans l'atmosphère, dans les costumes, les décors. L'intrigue commence assez simplement, puis se complexifie très vite, et disons qu'il faut bien s'accrocher pour tout suivre, car tout cela est assez machiavélique. Les dialogues sont également très bons, et on retrouve pas mal d'acteurs fétiches des frères Coen. Les inconditionnels ne seront pas déçus. A voir.
J’ai un problème avec ce film, loin d’être un mauvais film, j’ai pourtant beaucoup de mal à rentrer dans la psychologie du personnage principal. Il y a un manque de crédibilité quelque part, on a du mal à comprendre si le gars improvise en fonction de ce qui lui arrive ou s’il est vraiment génial dans la mécanique machiavélique que l’on imagine qu’il a mis au point. Tout cela parait un peu tiré par les cheveux et au final on comprend encore moins les raisons qui l’ont poussé à mettre au point tout ce stratagème. Je suis donc resté sur une impression très mitigée même si j’aime beaucoup le cinéma des frères Coen.
Et encore une réussite pour les frères Coen ! Cette fois-ci, ils s’en prennent aux films de gangsters et, avec leur mise en scène décalée, ils arrivent à mettre au point un film noir violent et intense. En effet, leur scénario tortueux est une splendide reconstitution des guerres de gangs à l’époque de la prohibition. Gabriel Byrne y incarne donc un de ces criminels au sein d’un conflit entre son patron Eddie, un irlandais maitre de la ville, et de Johnny Caspar, un italien qui ne désire que prendre sa place. On croise également des acteurs récurrents chez les deux réalisateurs : John Turturro, en petit voyou à la base de la discorde, et Steve Buscemi en arnaqueur sans scrupules, mais tous les acteurs sont très bons dans cet univers obscur et inquiétant.
Attention, ma critique contient des spoilers. Je vous déconseille de la lire si vous n'avez pas vu le film. Je ne suis pas un grand fan des frères Coen (même si là il n y a que Joel derrière la caméra), et ce film confirme que vraiment, je n'aime pas leur cinéma. Il y a des trucs qui sont complètement anti-cinématographiques. C'est quoi cette idée de nommer dix personnes différentes que t'as pas vu à l'écran et ensuite de rendre le film assez confus au niveau de qui est qui du début à la fin. C'est quoi ce scénario redondant (hommage aux films noirs ? C'est très très loin des meilleurs films noirs) où chaque scène est une copie plus ou moins inversée de la précédente (incompréhension, baston etc.). Alors oui, il y a des idées de mise en scène, mais cela ne suffit pas à sauver le film, loin de là.
Troisième film des frères Coen, Miller's Crossing est aussi l'un de leurs plus inspirés. Vibrant hommage rendu au film noir, ainsi qu'à son pendant littéraire (puisqu'il est notamment inspiré du travail de Dashiell Hammett, pionnier du genre), cette histoire de règlements de compte entre des poids lourds de la pègre à l'époque de la Prohibition a tout de la révérence, bourrée qu'elle est de références savoureuses, à commencer par une ouverture en forme de clin d’œil au Parrain. Le tribut est d'autant plus marqué que Miller's Crossing ne se donne pas de carte d'identité précise : les personnages sont archétypaux, le lieu n'est jamais défini, les grandes lignes dramatiques caractéristique du gangster movie sont toutes retracées avec malice par les Coen, qui se proposent d'en créer une sorte de quintessence et réussissent, aussi fou que soit le pari. Car en plus de son talent pour remettre en lumière des piliers narratifs, symboliques et thématiques typiques du film noir, Miller's Crossing finit, porté par la redoutable mécanique de son scénario par se les réapproprier. Pour deux raisons : le traitement absurde choisi par les Coen brothers fait à nouveau mouche - se révélant même souvent hilarant, et l'intrigue est ficelée d'une main de maître. Hallucinant de constater combien ce récit sait viser large et rester personnel, développant ses propres thèmes : la violence de la nature trouble de l'homme, propos cher aux Coen, mais aussi ses tendances masochistes, mises en lumière par le personnage de Gabriel Byrne, qui est sans arrêt physiquement mis à mal, mais pourtant s'enfonce toujours plus dans les bas fonds du Milieu. La relation tourmentée de l'acteur de Usual Suspects, très bon dans la peau de cet homme souvent imperturbable et ambigu, avec Marcia Gay Harden (un peu plus ordinaire pour sa part) appuie aussi cette propension à l'autodestruction. Le propos ne se résume donc pas à une simple peinture de l'attrait de l'argent, d'ailleurs peu développée tant le but paraît plutôt d'exposer un non sens, une absence de raison nécessaires pour que les protagonistes (mus seulement par leurs incohérence humaines) commencent à s'entre-déchirer. D'ailleurs les causes de tous ces contentieux demeurent floues, sinon obscures. Pas de doute, on est donc bien chez les Coen et leur humanité à la dérive. Une sensation de chez soi rappelée par des seconds rôles toujours aussi développés, dont je retiens surtout la prestation démente de Jon Polito en parrain à-demi psychopathe, celle non moins remarquable de John Turturro en petite crapule à l'importance clé, ainsi que celle d'Albert Finney en boss à la fois intraitable et au grand cœur. Une galerie développée de façon homogène, chaque personnage participant activement à la construction d'une intrigue sans temps mort, qui semble exploiter chaque possibilité en donnant une sensation d'achèvement rare. Le tout soutenu par une mise en scène très centrée sur les personnages sans pour autant s'enfoncer dans le plan-plan, n'oubliant pas n'ont plus de développer les effets comiques au besoin. Je regrette tout juste que la photographie ne soit pas à l'avenant, car bien que loin d'être ignoble, largement dépassée par d'autres œuvres du genre picturalement plus soignées. Il est vrai que la reconstitution n'est pas l'intérêt premier de Miller's Crossing, qui semble en outre éviter de développer une personnalité visuelle trop marquée qui pourrait nuire à sa vocation commémorative. Puis ce troisième long est avant tout un bijou d'écriture, à déguster pour ses situations savoureuses, son humour noir percutant, son engrenage diabolique et ses répliques cultes à la pelle. Les Coen au meilleur de leur forme.
Après un petit détour par la case comédie déjantée (Arizona Junior), les frères Coen reviennent à leur premier amour: le film noir. Miller’s Crossing est un film d’atmosphère au rythme lent et à l’ambiance pesante où la violence peut surgir à n’importe quel moment, prenant le spectateur au dépourvu. La beauté de la photographie n’a d’égale que la rigueur de la reconstitution historique. Les acteurs de grand talent (Gabriel Byrne, John Turturo et Albert Finney excellents) se régalent avec ce scénario complexe narrant l’opposition de deux familles mafieuses pendant la prohibition. En dehors du rythme un peu monotone, qui pourra en rebuter certains, on est bien face à une des meilleures œuvres des frères Coen.
Un très bon film noir. L'un des meilleurs films de frères Coen. L'histoire est pas mal et traitée avec à chaque fois une pointe d'humour noir comme lorsque le parrain de la mafia irlandaise abbat un homme en lui tirant dessus pendant presque 10 secondes avec une sulfateuse ou lors du superbe coup de pelle! Vraiment un bon film que je recommande.
S'il mériterait un brin d'accessibilité en plus, notamment au niveau de la compréhension du scénario et des personnages, "Miller"s crossing" constitue sans aucun doute l'un des meilleurs films des frères réalisateurs. Mise en scène canon et scènes cultes, personnages et acteurs au top du top du top (du top), musique exceptionnelle... un film de gangster aux petits oignons. La patte Coen est à retrouver surtout dans l'absurdité de certains moments, au niveau des répliques et de certains protagonistes un peu trop crapuleux...
On reconnaîtrait un film des frères Coen entre milles. Mais oui, souvenez vous : ce subtil et tarabiscoté mélange d’humour décalé, de froideur amer, d’humanisme et de chauvinisme, le tout estampillée d’une mise en scène bien léchée, d’une photographie travaillée, de dialogues et de personnages horripilants. Tout ça peut laisser personne indifférent, même le plus exécrable des cinéphiles. Le cinévore glouton que je suis n’a pas pu résister à ce met savoureux, datant tout de même de 1990 (les débuts des frères Coen, et oui !). Le film n’a pas pris une ride et reste le brillant hommage aux films de gangsters qu’il l’était il y a 20 ans de cela. A mi chemin entre les incorruptibles et le Parrain se situe Miller’s Crossing, assez classique pour ne pas choquer mais toutefois assez singulier pour ne pas décevoir de la part des frères Coen. Car rassurez vous, c’est du Coen pur jus que l’on retrouve ici. Le scénario est sobre, bien foutu et un déjanté juste comme il faut, et procure aux personnages une réelle marge de manœuvre aux personnages. Des personnages encore une fois excellents, au caractère différent mais ayant tous quelque part un petit grain de folie. L’ambiance du film est vraiment bonne (La fameuse époque de la Prohibition aux USA – l’âge d’or du banditisme et des gangsters et du règne des mafias et gangs en tout genre-). La reconstitution histoire est crédible : environnements, vêtements comme décors intérieurs sont fidèlement restitués. Les péripéties sont assez nombreuses pour que l’intrigue ne fasse pas du surplace. La dissonance cognitive du anti-héros du film (Gabriel Byrne) est remarquable ; ses tensions, alliances et trahisons envers deux camps mafieux opposés est réellement passionnante et l’on se prend au jeu de haïr puis de s’apitoyer sur ce pauvre personnage, finalement bien pommé. Techniquement parlant, c’est vraiment bon aussi, autant du côté de la caméra, fluide et osée, que de la photographie, très belle avec son côté vintage, et du montage. Les scènes musclées sont rares mais certaines scènes et dialogues sont si bons qu’ils compensent largement le reste. Pas de coup de mou à signaler d’ailleurs. Enfin, j’applaudirais sans retenu la performance des acteurs, tous forts brillants : le ténébreux et salaud Gabriel Byrne, l’originale Marcia Gay Harden, le très bon John Turturro mais encore Jon Polito, chef mafieux nerveux jubilant. Et j’en passe. Bref, ce film, certes dramatique et sombre, mais aussi truffé d’humour, est étonnant à plus d’un point. Une très bonne pioche, honteusement méconnue, de l’œuvre des deux frangins les plus talentueux d’Amérique.
Un excellent polar au scénario particulièrement bien ficelé porté par d'excellents acteurs au sommet de leur art comme Gabriel Byrne en homme de main prêt à tout pour sauver sa peau ou encore John Turturro en magouilleur lâche et manipulateur, le tout servi par une réalisation maîtrisée de Joel Coen. Le suspense est maintenu tout le long du film, un humour noir baigne tout du long cette atmosphère oppressante où ce sont ceux qui ne respectent pas la loi qui la dictent. Vibrant hommage aux films de gangsters de l'âge d'or d'Hollywood, ce film policier séduira les fans du genre ainsi que ceux des deux frangins.
Bon film, assez révélateur des forces et faiblesses des frères Coen. La mise en scène constitue incontestablement leur point fort, surtout qu'il y a quelques scènes d'une rare intensité. Toutefois, le scénario est complexe, notamment en raison de bien trop nombreux personnages, et le dénouement est en un inexplicable nœud de boudin. Alors ça se laisse voir, mais une pointe de déception se fait ressentir tant ça aurait pu être mieux.