Les étoiles d'Allociné doivent pour moi concerner la valeur et la qualité du film. Le plaisir que l'on en retire est un autre sujet. C'est le cas ici ; j'admire beaucoup "les onze fioretti" pour sa lumineuse beauté (la traversée de la rivière sous la pluie, la rencontre avec sainte Claire, la prière aux oiseaux ...) pour la légèreté des corps (le sautillement des moines) et la joie des esprits (gaieté et chansons spontanées)pour son humour (le tyran sous son casque) pour la violence justifiée par la bêtise (le cochon au pied antérieur coupé) et par le décalage qui existe avec la vie réelle de son auteur. Pour son contenu, c'est une autre histoire. Je suis en désaccord total avec les idées véhiculées qui, si elles sont proches de certaines églises sont très loin du message de Jésus venu apporter la bonne nouvelle dans l'amour et le respect des autres. Le coté recherche du sacrifice, exaltation de la souffrance, adoration du chef de groupe qui a tout moment peut virer au fanatisme est intolérable. Si ce film est remplit de la grâce cinématographique en partie par son manque absolu de solennité, il est complètement dépourvu de celle dont parle le Christ qui concerne les gens ayant sus développer leur intelligence tout en restant simples et bons et non pas cette bande de demeurés incapables de prendre une décision digne de la conscience humaine.
Encore un long métrage inégal pour Roberto Rossellini, d'autant plus que la structure de film à sketches qui caractérise «Les Onze Fioretti» est par essence propice à ce genre d'écarts. Difficile en effet de ne pas sourire devant ces moines sautillants et béats, chantant leur joie à tout moment, heureux pour un rien... La naïveté du long métrage est donc à la limite de la mièvrerie et donne une image quelque peu caricaturale de la religion catholique. Qui plus est tous les épisodes ne sont pas du même intérêt : certains sont portés par une grâce pure et indéniable, d'autres sont en revanches bancals, voire dispensables... Pour autant cette naïveté est à la base du film de Rossellini et lui confère une légèreté salvatrice : si la vie de Saint François d'Assise aurait certainement pu trouver plus subtile représentation à l'écran, l'approche de Rossellini ne manque pas de pertinence ni de charme. Mais heureusement, les 11 sketches ont avant tout en commun une esthétique somptueuse, sublimée par une magnifique photographie sculpturale rappelant Giotto ou Giovanni Bellini. Aussi paradoxal que cela puisse paraître pour le maître du néoréalisme italien, c'est davantage la forme des «Onze Fioretti» qui impressionne que le ton, finalement tout sauf réaliste (remarque qui s'applique dans une moindre mesure également à «Rome, Ville Ouverte», pas toujours dénué de pathos et aussi épuré qu'on le dit). Chose assez étrange, le film de Rossellini est traversé par des moments burlesques parfois totalement dans le ton du récit, parfois en décalage avec l'ensemble (l'épisode du tyran)... Mais étonnamment ça marche, et ajoute un peu plus d'ambiguité à un film en apparence simpliste. S'il est limité par ses acteurs non-professionnels (tout comme «L'Évangile Selon Saint Matthieu» de Pasolini) et une approche assez conventionnelle, «Les Onze Fioretti de François d'Assise» mérite le détour. Ne vous attendez pas à un chef-d'oeuvre, il s'agit simplement d'un film naïf et d'une grande beauté. [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Un hommage humoristique à Saint François d' Assise dans différents sketchs scénarisés par Fellini.Un film sobre sur la foi très loin du cinéma hollywoodien