Parfois il ne faut pas chercher le pourquoi du comment. C'est noir ou c'est blanc. On adhère ou pas. Les choses sont faites ainsi.
Personnellement le cinéma de Gaspard Noé ne m'a jamais intéressé et Climax est le premier et certainement le dernier film que j'aurais vu de lui.
Quelque part je m'y attendais en insérant le DVD dans le lecteur, mais que voulez-vous... Les retours étaient presque unanimes et on en parlait comme une porte d'entré plus accessible dans son univers, donc pourquoi pas...
Sauf que le jugement est sans appel : non, décidemment non, Gaspard Noé n'aura jamais mon admiration, et il l'a bien cherché.
Je ne suis d'ordinaire pas réticent aux expérimentations, bien au contraire, mais pour ce genre de films qui privilégient le ressenti à l'intelligibilité c'est tout de même embêtant que la claque sensorielle vienne de l'ennui plutôt que de l'émerveillement.
Alors je ne doute pas que venant de Gaspard Noé l'émerveillement n'a jamais été le propos, mais ce que je sous-entends est qu'il y a une différence entre éprouvant et écœurant. Car autant je suis un fervent défenseur de l'avant-garde et de l'expérimental, autant je ne perçois aucun intérêtet dans cette démarche autiste, et que c'est sur cette frontière que le cinéaste rate complètement son exercice de style et trahit le fondement principal de l'Art : être partagé.
Est-ce que je suis en train de dire que Gaspard Noé ne fait pas de l'Art avec son Climax ? Pas vraiment. Il y a tout de même une maîtrise indéniable de la mise en scène et ce serait acte de mauvaise foi de ma part de dire que je n'ai jamais été réceptif au délire. À vrai dire la première scène de danse m'a emporté par sa chorégraphie ambitieuse et son espace scénique remarquablement utilisé, ce en plan séquence sans effets de style outranciers, que de lents travellings qui donnent le tournis. Mais c'est noyé autour de choix artistiques contestables.
Par exemple je ne comprends toujours pas pourquoi le film tenait tant à donner de la personnalité aux protagonistes qui n'en ont pas besoin car leurs différentes personnalités s'expriment avec leurs pas de danse, d'où ma question : pourquoi cette longue scène d'exposition au début ? Et pourquoi cet entr'acte où les jeunes parlent de cul alors que ça n'aura strictement aucun impact sur le scénario qui n'existe pas quoi qu'il arrive ? Non seulement c'est inutile mais surtout chiant à en crever : répétitif, lassant, inintéressant et qui ne laisse aucun impact sur le spectateur. Si Gaspard Noé aurait assumé sa démarche jusqu'au-boutiste il ne se serait pas réfugié sous des banalités aussi affilgeantes.
Surtout qu'en réalité le véritable cœur de Climax ne se dévoile que dans sa deuxième moitié qui n'est constituée que d'un unique plan séquence d'une quarantaine de minutes à moitié improvisé. Des hurlements, des cris de douleurs, des grosses lumières néons laides et une orgie, le festival vire au non-sens complet. Alors certes une maîtrise comme celle-ci est impresionnante dans un premier temps, mais la mécanique s'épuise et se noie dans des effets d'esbroufe et du malsain gratuit plus malaisant que réellement pertinent.
Peut-être suis-je seulement trop imbécile pour comprendre la poésie d'un spectacle aussi balourd - les aficionados de l'ami Gaspard se feront une joie de me le dire - mais définitivement non. Les décisions artistiques sont trop aléatoires et trop à l'improviste pour que j'y conçoive un quelconque intérêt. Quelques jolies chorégraphies, voilà le maigre bilan positif de Climax qui est beaucoup plus généreux sur ses faiblesses artistiques. Gaspard Noé prend ses effets grandguignolesques pour de la virtuosité et parle dans sa barbe, laissant le spectateur extérieur au délire ambiant. Le but était de faire un "film expérience" indicible, Climax est surtout ennuyeux car vain. Si c'est cela être un film français et fier de l'être, je ne cautionne pas. Et c'est d'autant plus embêtant pour l'image que l'on renvoie à l'international. Non, décidemment non, Gaspard Noé n'aura jamais mon admiration...