Gaspard Noe est à part dans le microcosme du cinéma Français. Il est détesté par les uns, adulé par les autres et je reconnais que parfois,son style m'agace ....mais que je ne peux résister au désir de voir ses films...Il doit assouvir mes pulsions voyeuristes ...
De toute façon,c'est un amoureux ...Il aime le cinéma. Et la première partie de "climax" filme avec amour les danseurs...La chorégraphie est superbe...La bande son colle a l'esthétique des plans .C 'est indéniablement un excellent metteur en scène ,il nous livre des prises de vue bluffantes....La fin du film ressemble à une série de tableaux...Du Jérôme Bosch peut être...
La montée du "Bad Trip "est très bien décrite...Toujours un peu bavard ,certes,les dialogues apparemment superficiels suggèrent vacuité, obsession du sexe ,du rapport à l'autre,affirmation de soi....
Gaspar Noé renoue avec toute la fureur sensorielle et la frénésie sursaturée de son cinéma : comme si nous étions plongés dans une maison hantée hallucinogène. Climax mise sur la communauté, la communion d’une bande de danseur. .Il nous présente une France multicolore où les genres se télescopent, une jeunesse aux discours crus et puérils, une France qui nettoie ses plaies par la fièvre de la danse et les soubresauts des corps en perpétuelle agitation : Climax ne voit que l'obscurité dans une expression corporelle tétanique. Virtuose, hypnotique, omnisciente, la caméra du cinéaste et les mouvements de cette dernière ont souvent été un tour de force dans sa filmographie, une surenchère technique éblouissante mais ici, malgré la justesse hallucinante de l’exercice de style qu’est Climax, le cinéaste,je le répète démontre un amour fou pour ses actrices/acteurs.
C'’est l’une des plus belles choses du film : voir un réalisateur prendre un plaisir non dissimulé à laisser agir ses danseurs, devenant des maitres d’œuvres de la nouvelle orgie esthétique du français, notamment durant ces deux premières scènes de danses (de face ou en contre plongée) s’avérant extatiques et d’une fluidité assez incroyable. Sauf que Gaspar Noé, est malin,il aime quand ça bouillonne, aime quand ça tourbillonne pour faire agir le poison même de la folie : lui et ses acteurs ont utilisé la danse comme moyen d'exprimer la décomposition d’une société en feu de paille.
Dans Climax, dans ce gymnase plutôt sordide qui au départ sert de piste de répétition, le huis clos va petit à petit se déclencher suite à une Sangria « empoisonnée » et dégénérer en danse macabre digne de Possession de Andrzej Zulawski où l’on croirait revoir le spectre d’Isabelle Adjani. Il est clair que Gaspar Noé détient ce plaisir à explorer la dépravation et le vide .Il revient ici aux fondamentaux de son cinéma : une caméra mouvante et troublante, des personnages épris d’une noirceur harcelante proche des zombies de G. Romero, une photographie chromatique et horrifique (Benoit Debie une nouvelle fois), une sexualisation à outrance, une violence progressive, une plongée dans l’horreur .
Climax n’est pas qu’un simple clip, mais bel et bien un objet cinématographique féroce, où le sang jaillit sur la neige comme sur les murs... Le spectateur se prend ce style clivant dans la gueule ...Dégoûtant pour certains,fascinant pour moi .