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Gregory S
56 abonnés
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3,5
Publiée le 6 juillet 2024
La restauration 4k de 2024 rend hommage au film avec des couleurs splendides et une bande son toujours aussi forte. Le film est visuellement très beau, chaque plan est réfléchi, travaillé, le jeu des acteurs est une réussite. L'histoire est belle mais néanmoins le film est un peu trop long et j'ai eu dû mal à avoir beaucoup d'empathie pour les personnages. A voir.
J'aurais bien aimé commencer Wim Wenders avec un autre film que son chef-d'oeuvre proclamé, histoire de mieux cerner le bonhomme et savoir comment me disposer devant la quintessence de son cinéma. Qu'importe, j'aurais quand même passé devant Paris, Texas un moment d'une indéniable beauté. Profondément existentiel, le film est autant l'adieu de l'allemand au cinéma européen que l'errance d'un homme qui recolle ses souvenirs et les morceaux de son être au gré de retrouvailles avec son frère, son fils puis l'amour de sa vie, quatre ans après. Un film sur la perte et la reconstruction, éléments perpétuels de nos vies posément signifiés par des éléments divers, par l'abandon progressif du mutisme de son personnage principal, par sa relation étonnante avec un fils qui lui apprendra tant, sur lui-même notamment. La vraie force de cette ballade, c'est surtout une douceur qui permet un contact incroyablement intime avec tous ses protagonistes. Wenders refuse toute forme de violence volontaire dans les relations entre ses personnages, pour mieux marquer celle qui les tiraille déjà de l'intérieur, ce déchirement incurable, comblé de nostalgie ou enterré sous le poids de l'amnésie. D'ailleurs, sans climax dramatiquement surfait, Wenders conclut avec tact spoiler: par le renoncement du mari à une relation amoureuse dont il a enfin réussi à faire le deuil, par le geste frustrant mais nécessaire de celui qui a enfin appris à ne plus se battre contre ce qu'il savait ne pas pouvoir vaincre. Du désert de l'ouverture à la nuit urbaine de sa conclusion, le voyage est celui d'une sagesse incertaine, d'un pas en dehors du néant, pas mal assuré mais premier geste vers une résurrection. Parfois, pour ne pas se laisser mourir, il faut sans doute un peu renoncer à vivre. Sublime dans le fond, Paris, Texas l'est aussi dans la forme, sa photographie expressionniste imageant à merveille la vivacité des sentiments et comblant le film d'une sensibilité à fleur de peau. Beau, modeste et plein d'amour, mon premier contact avec Wim Wenders témoigne d'une belle justesse, celle des films qui ne travestissent pas la vie mais la poétisent, exploitant au mieux les facettes d'un art qu'ils enrichissent au lieu de venir le piller. Un bon moment, sans le moindre doute.
Un film étonnant, à la mise en scène brillante et à la puissance intérieure très prenante. Wim Wenders réalise ici son film le plus populaire et peut-être le plus brillant : on suit un homme à la poursuite de son passé, un taiseux, un mystérieux incarné par un Harry Dean Stanton très inspiré et très émouvant. Les scènes de road-movie sont absolument magnifiques et nous offrent des moments de grandeur et de beauté époustouflantes. L'histoire est plutôt banale mais le tout s'avère très prenant. Nastassja Kinski n'apparaît que quelques moments mais illumine totalement le film.
J'en attendais beaucoup de ce Wim Wenders, n'ayant jamais vu un des ses films (oui je sais j'ai du retard !). On m'a tant vanté ses qualité qu'au final j'ai été un peu déçu. Peut-être mes attentes étaient-elles trop hautes ? Je ne sais pas, en tout cas les longueurs que recèlent le film peuvent ennuyer par à-coups, tout comme le rythme lent et souvent contemplatif de l'intrigue. Pourtant cette même intrigue est très intéressante : parlant de la quête d'un homme (joué par Harry Dean Stanton avec beaucoup de finesse) qui cherche à retrouver son identité en réapprenant progressivement à connaitre sa famille, filmée avec une sensibilité certaine, magnifiée par une musique très organique, elle conjugue toutes les problématiques métaphysiques universelles de la vie d'un homme. La meilleure scène, la plus déchirante aussi (et qui remonte le film dans mon estime), est spoiler: celle qui voit Travis et Jane se parler à travers une vitre spéciale dans un endroit étrange, dos à dos, en train de s'expliquer, de se réconcilier, puis de se séparer à nouveau ; elle est prête à commencer une nouvelle vie, lui n'y arrivera pas ; elle va rejoindre avec leur fils, lui repartira vers l'inconnu. C'est un bon film mais cela reste tout de même une petite déception.
Renversant et débordant d'émotions, ce surprenant récit à le mérite d'étudier au plus profond des protagoniste les impacts d'un echec sur une vie entière. La lenteur des dialogues et des acteurs conforte le spectateur dans un univers surcharger de valeurs humaines en pleines ébulitions. A voir absolument ce film décoré par un festival de cannes évitant un peu son élitisme de première pour récompenser la beauté humaine.
Un choc cinématographique auquel s'émane des milliers d'émotions positives. Le regard du spectateur est stimulé durant 2h30 par des couleurs d'une incroyable beauté à l'image des paysages et des personnages du film. Certainement le meilleur voyage de ma vie.
J'ai bien aimé Paris, Texas, mais je m'attendais à mieux.
Même si le film est vraiment lent, je ne me suis pas spécialement ennuyé, mais j'ai trouvé que le tout avait quand même du mal à vraiment captiver le spectateur. L'histoire est sympathique et touchante, mais je n'ai pas non plus été plus emballé que ça.
Je m'attendais peut être à mieux, surtout vu les bonnes critiques et les récompenses reçues par ce film.
Enfin, j'ai quand même bien aimé, un film atypique et original, qui cherche à sortir des sentiers battus.
Bon le film commence avec une BO divine, qu'est ce que c'est beau, on pense qu'on va assister à un immense film, mais se n'est pas le cas. Bien sur Henry Sean Stanton livre une performance inoubliable, mais je me suis ennuyé comme c'est pas possible, pendant très longtemps. Mais la scène finale de environ 20 minutes est à coupé le souffle, elle est vraiment intense, magnifique, bref sa fous des frissons. Bref un des plus beaux films au monde, mais aussi un des plus chiants.
Paris, Texas fait partie de ces films qui sont beaux et propres, de par l'excellence de leur réalisation autant que par la finesse de leur scénario. Paris, Texas c'est quoi ? Un homme disparu depuis 4 ans dans le désert au Texas est ramené sur le droit chemin par son frère. Il va renouer les liens avec son fils encore petit garçon et va tout faire pour retrouver celle qu'il aimait. Road movie, film intimiste, quête vers la vérité, Paris, Texas c'est tout ça et encore beaucoup de chose. Wim Wenders filme avec amour ces hommes et ces femmes sensibles, tous un peu perdus, dans un pays gigantesque qui les dépasse un peu. Les paysages du Texas sont, à l'instar des grands westerns hollywoodiens, splendides, servis par des magnifiques accords de guitare languissants. De plus, Paris, Texas a eu l'intelligence de ne pas tomber dans le cliché du film tire-larme, larmoyant comme beaucoup des films d'auteur français actuels. Wenders suggère les émotions, tantôt lyrique, tantôt très doux, mais le spectateur a toujours le choix. Mention spéciale à Harry Dean Stanton qui livre un très beau rôle, grave et touchant. Une grande palme d'Or et un grand film.
Paris, Texas est un film unique ! Des décors grandioses, des plans somptueux, une musique lancinante, un homme perdu, errant dans le désert et dans la ville, en quête d'un lieu, "Paris, Texas", c'est-à-dire en quête de stabilité, de son identité et d'un amour perdu. On voyage à travers les immensités du territoire américain. Toutes les scènes sont chargées d'émotions, la plus forte étant celle de la discussion de part et d'autre d'une glace sans tain. L'homme recouvre un peu plus son identité à chacune des retrouvailles qu'il fait. Wim Wenders nous offre un film bouleversant en tout points.
C'est le premier succès à la fois critique et public de Wim Wenders. C'est aussi son film le plus émouvant. Davantage dans la tonalité d'Alice dans les villes, qu'il a tourné dix ans auparavant (1974), que dans celle de films plus proches, L'État des choses (1982) ou Les Ailes du désir (1987), méditations intellos sur l'art et l'artiste, sur la vie et la mort. Dans Paris Texas, loin de toute visée symbolique et autres considérations métaphysiques, le réalisateur s'appuie sur un scénario dont la première qualité est d'exprimer avec une simplicité bouleversante des sentiments complexes : la passion amoureuse et ses ravages, l'amour filial, les difficultés de communication, la quête de rédemption... Magnifique scénario de Sam Shepard, adapté par Kit Carson (le père de Hunter Carson qui interprète le petit garçon). À l'écran, les situations et les dialogues s'enchaînent avec une justesse et une évidence propres aux chefs-d'oeuvre. Le récit coule de source en un flot de chagrin et de tendresse merveilleusement capté par la réalisation fluide et sensible de Wenders. Wenders qui jouit dans ce film (le dernier de sa période US des années 1970-1980) d'une grande liberté créatrice, après avoir expérimenté à ses dépens les contraintes des productions hollywoodiennes. Paris Texas est une coproduction indépendante, franco-allemande, tournée en anglais, où l'auteur a pu maîtriser tout son projet et trouver une alchimie miraculeuse entre les participants. On a déjà parlé des scénaristes et du réalisateur. Il faut aussi mentionner les interprètes : Harry Dean Stanton, qui touche par son humanité douloureuse ; Nastassja Kinski, tout en beauté, en sensualité, en émotion à fleur de peau ; Hunter Carson, hypernaturel ; Dean Stockwell et Aurore Clément, sobres et bons dans leurs rôles secondaires (même si l'accent de l'actrice française est assez terrible). Côté photo, le travail du chef op' Robby Müller est remarquable : le cadre et les couleurs (avec notamment une récurrence de la couleur rouge) offrent des visions à la Hopper, exploitent superbement l'horizontalité des routes et des déserts, la verticalité de villes, et traduisent la fascination de Wenders pour les espaces états-uniens. Et puis il y a la musique de Ry Cooder, indissociable du film : quelques notes de guitare qui font vibrer la corde sensible, électrisent et donnent le frisson. De cette réunion de talents naît une oeuvre d'une grande beauté, ponctuée de séquences inoubliables : l'errance du début, en plein désert ; la projection du film en super 8 ; la longue conversation dans le peep show ; le dénouement...