Silence, ça flingue
On va pas se mentir, ce "Speak No Evil" américain, c’est un peu comme commander une raclette en Californie : t’espères que ça ait du goût, mais tu sens bien que ça va finir fade et standardisé. Et pourtant, surprise ! James Watkins prend les rênes et te balance un remake qui, contre toute attente, ne se plante pas dans le grand bain des copier-coller stériles. Ça recycle, mais avec assez de style pour ne pas être juste un sous-titre inutile.
Si le film a un truc qui claque autant qu’un headshot dans Call of Duty, c’est James McAvoy. Le mec ne joue pas, il incarne littéralement la perversion. Chaque regard te donne envie de déménager sur une autre planète. À ses côtés, Mackenzie Davis prouve qu’elle peut gérer un couple en crise tout en envoyant valser des clichés à coup de regards déterminés. C’est du bon casting, on applaudit, on valide.
La première moitié du film, c’est du velours : un malaise qui monte doucement, comme une bière qu’on ouvre trop vite. Le couple américain est paumé face à ces hôtes britanniques beaucoup trop "charmants" pour être honnêtes. Entre deux coups de coude sur les codes de la bienséance sociale, Watkins distille une tension qui te fait regretter d’avoir accepté l’invitation à ce week-end maudit. On est sur du Black Mirror meets Hunger Games.
Et là, bim ! Le dernier acte te rappelle que t’es bien devant une prod’ américaine. Fini la subtilité nordique, place au grand show survival où ça court, ça hurle, et ça bastonne. C’est fun, c’est bourrin, mais ça manque de cette noirceur glaciale qui faisait tout le charme de l’original danois. Ici, les victimes tentent de sauver la mise, et même si c’est efficace visuellement, ça fait un peu Walking Dead sous stéroïdes.
Bon, soyons francs : si t’as vu l’original, tu trouveras ce remake un peu trop propre, un peu trop calibré. Mais si c’est ta première plongée dans cet univers, ça passe crème. Et rien que pour voir McAvoy se lâcher comme s’il répétait pour un rôle de méchant chez Marvel, ça vaut le détour. En gros, c’est un remake qui a des dents, même si elles ne mordent pas toujours là où ça fait mal.
Au final, Speak No Evil version US, c’est comme une pizza réchauffée : ça manque du croustillant de l’original, mais ça se mange avec plaisir. Watkins a réussi à ne pas sombrer dans le ridicule tout en offrant quelques bonnes idées de mise en scène. Pas parfait, mais loin d’être honteux. Et McAvoy ? Une masterclass.
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