Addiction
Danielle Arbid aime parler de relations amoureuses et de sexe dans ces films. Après, Un Homme perdu, Beyrut Hôtel, ou Peur de rien, elle adapte le roman du même nom d’Annie Ernaux. « À partir du mois de septembre l'année dernière, je n'ai plus rien fait d'autre qu'attendre un homme : qu'il me téléphone et qu'il vienne chez moi. Tout de lui m'a été précieux, ses yeux, sa bouche, son sexe, ses souvenirs d’enfant, sa voix... » 100 minutes plus tard, on ne se pose qu’une question : à quoi bon ? Le film voulait raconter à quel point tomber amoureux est une chance. A la sortie de la salle, on n’en est plus très sûr.
Pourtant, le film est lumineux, jamais vulgaire même dans les scènes de sexe les plus poussées, et l’actrice principale est très convaincante… Non, c’est l’histoire qui ne l’est pas. J’ai eu beaucoup de difficultés à entrer en empathie avec cette femme esseulée, indépendante et intelligente. Des qualités qui ne cadrent pas avec cette addiction sexuelles qu’elle se fabrique de toutes pièces. On peut regretter le manque de rythme et surtout les trop nombreuses répétitions. Etait-il utile de transformer cette romance en petit Kamasoutra illustré ? Peut-on admettre qu’une femme soit aveuglé par sa passion au point d’en négliger – que dis-je -, d’en oublier son rôle de mère ? Doit-on s’accrocher jusqu’à l’addiction à une passion que l’on sait toxique et sans lendemain ? Autant de questions auxquelles le film ne répond pas. Bien au contraire, elle les balaie négligemment. De là, sans doute, son manque de réalisme. Et d’intérêt.
Laetitia Dosch illumine cette romance de bout en bout. Elle campe avec conviction cette belle femme mûre et sûre de ses moyens. Sergei Polunin joue l’homme objet avec une distance qui confine à la froideur…. Glaçant au point de rendre cet amour fou totalement incompréhensible. ;; Bon, je l’avoue, je ne suis pas une femme.Ajoutons à ce duo central le jeune Lou-Teymour Thion et Caroline Ducey. La nouvelle – 77 pages -, délivrait l'analyse d'une addiction amoureuse et douloureuse, et cependant émancipatrice… Emancipation, vous avez dit émancipation ? Bizarre !