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Gfa Cro
60 abonnés
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5,0
Publiée le 2 novembre 2018
Vu et avis le 20180924
Bien, bien fait, très juste et intéressant.
Seconde fois que je le vois. La première il y a 10j peut être. Une erreur pas forcément totalement involontaire.
Le film avance bien, le scénario est bon, le film bien fait, il y a bien quelques petits points qui ne m ont pas plus (les scènes dans la rue et sur la terrasse où Léna est fâchée contre Sofia et sa famille, la première discussion entre Omar et Sofia - dans la ruelle), mais qu importe, je n aurais pas été capable de faire le reste du film.
Au sujet du mariage : « - Tu crois que l amour c est important ? - Oui je crois. - Je ne sais pas. Je crois que l amour vient en se connaissant » Petit dialogue qui prend encore plus de puissance dans son contexte.
« Léna ne parle pas de choses que tu ne maîtrises pas ». Toute la scène sur la terrasse est superbe de toute façon (mis à pat je l ai dit, la colère de Léna qui ne fonctionne pas bien). On commence à sentir dans cette remarque la douleur refoulée d une femme qu’une s est jamais laissée aller à s apitoyer sur elle-même, qui a traversé des difficultés dont on a un très léger aperçu principalement lors de la discussion sur le lit avec Léna lorsqu elle lui explique pourquoi elle ne doit pas plaindre Omar et Sofia.
La scène se termine par « on s’habitue à tout de toute façon). Douleur qui peut aussi être devinée lorsque Sofia lui dit « et tu n auras plus à payer pour ta sœur ». Des choses que Léna, choyée, a peu de chance de deviner par elle-même.
Le film est le dur apprentissage de la vie pour, principalement, ces femmes, qui doivent transiger avec leurs souhaits, la réalité des situations et la société dans laquelle elles vivent. Même la mère d Omar m a parue prodigieuse, lorsque elle essaie de faire la conversation en attendant Omar. Très digne, avec déjà une prescience de ce qui va se passer, un bon sens admirable.
Ce premier film de la réalisatrice marocaine Meryem Benm’Barek a de nombreux atouts, propres à séduire spectateurs et critiques : des sujets de société traitant âprement du Maroc contemporain (répression des relations sexuelles hors mariage, violence faites aux femmes, différences de classes), une réalisation brute qui colle à son sujet et un twist surprenant en milieu de film.
Malheureusement, le film (qui ne dure pourtant que 1h20) semble avoir été étiré un peu artificiellement pour constituer un long-métrage. Il en résulte quelques plages un peu molles ici ou là. L'organisation de toute la narration autour du twist central nuit aussi au rythme du film : le mutisme initial de l'actrice principale, un peu énervant, ne s'explique que dans la deuxième partie.
Sofia aurait constitué un excellent moyen-métrage de 50 minutes. Il peine dans son format final à tenir la distance.
La bande-annonce était alléchante, le résultat est assez décevant. Ce premier film de Meryem Benm’Barek est pourtant assez maitrisé grâce à une mise en scène solide. Le scénario par contre est assez prévisible et l'ensemble manque un peu de force et d'émotion malgré le sujet (et surtout l'attente qu'on en avait). Peut être un peu trop de thèmes brassés (condition de la femme, poids des traditions, déni de grossesse, portrait du Maroc d'aujourd'hui...) et pas un vraiment traité. L'interprétation est de qualité même si Maha Alemi et Sarah Perles ne sont parfois pas très justes. On retrouve avec plaisir l'excellente Lubna Azabal toujours impeccable. Une chronique sociale et familiale qui manque un peu de puissance mais qui fait tout de même preuve d'une certaine subtilité, sans pathos ni jugement. Dommage, il y avait matière à un grand film.
Très beau film réaliste et bien vu. Quelques petites longueurs, sur des gros plans inutiles. Ceci étant le Maroc est décrit en toute vérité. Un petit bémol, Omar, la victime n'est pas assez campé. Il aurait été souhaitable de mieux le définir car c'est un personnage sympatique qui sera sacrifié et se sacrifiera pour tous les autres.
« Sofia » de Meryem Benm'Barek explore la complexité des normes sociales au Maroc à travers le parcours poignant de Sofia, une jeune femme confrontée à une grossesse non désirée dans une société où les relations hors mariage sont interdites. Malgré une tension palpable tout au long du film, le scénario reste parfois trop centré sur les conflits sociaux, au détriment de la profondeur émotionnelle des personnages. Maha Alemi offre une performance solide, bien que son personnage reste souvent énigmatique et difficile à cerner. Sarah Perles, dans le rôle de Lena, incarne avec brio un dilemme moral entre ses obligations professionnelles et sa loyauté familiale. Avec une mise en scène subtile mais percutante, Sofia mérite une note de 2,5/5 pour ses bonnes intentions, mais elle aurait gagné à approfondir davantage ses personnages.
Film projeté au festival VISIONS D'AFRIQUE 2018 Sofia, 20 ans, vit dans une famille aisée Casablanca ; après un déni de grossesse, elle accouche en urgence. La loi marocaine condamnant les relations sexuelles hors mariage, elle est contrainte de déclarer l’identité du père et de se faire épouser… Chacun des personnages de cette quête représente une des nombreuses facettes de la société urbaine marocaine : Sofia, d’abord, fille un peu négligée dans sa famille, n’a pas beaucoup d’ambitions ; ses parents sont essentiellement soucieux du qu’en dira-t-on mais aussi des effets du possible scandale sur leurs affaires ; Lena, la cousine de Sofia, étudiante en médecine, assez émancipée, recherche la solution la plus juste ; Omar, le ‘’présumé père’’, bien brave mais d’extraction trop modeste pour satisfaire la ‘’belle famille’’, reste longtemps en mode ‘’survie’’ ; la grand-mère d’Omar, femme du peuple dotée d’un grand sens pratique est rapide à voir l’intérêt de sa lignée… Le rythme du récit est prenant ; le spectateur est soumis à des doutes qui évoluent tout au long du film, pour déboucher sur… Le récit fait la part belle aux femmes calculatrices, qui bernent les hommes ; ces derniers ne sont pas pour autant dignes d’éloges. C’est sans doute là le défaut du film : aucun personnage n’est réellement sympathique...
Drame au scénario sobre et sombre à la fois, ce joli film pose l’épineuse question du statut de la femme au Maroc, du poids de la tradition, de la fracture sociale qui ronge la société et dresse le tableau d’un pays figé dans ses certitudes. Ce film courageux et implacable dresse donc un état des lieux de la condition féminine sans tomber dans le piège de la victimisation, à travers un personnage ambigu, Sofia, accouchant d’un bébé hors mariage. Saluons la belle performance de Maha Alemi, dans son rôle de maman perdue, cherchant désespérément une porte de sortie dans une société patriarcale et teintée d’hypocrisie.
film certes court .....mais je dirais heureusement car la problématique est trop poignante voire étouffante. On entre direct dans le vif du sujet et ensuite on en décortique les enjeux de cette société.
L'exercice n'est pas simple, décortiquer les relations familiales, les dissimulations, les conflits après un accouchement hors mariage dans une société restée encore très conservatrice. Pour être honnête, je m'attendais à quelque chose de plus fort. D'autant que le double-jeu de l'héroïne, ses manipulations, troublent l'intrigue. Ça peut être vu mais il ne faut pas s'attendre à une approche sociologique très intéressante...
Un bon petit film situé au Maroc de nos jours, dans un milieu urbain et cosmopolite, où la naissance d'un enfant illégitime provoque néanmoins un drame familial dans le pesant contexte coutumier et juridique. Les familles s'organisent pour éviter le pire enfin, mais au prix de mensonges et manèges qui sont tout aussi terribles à leur manière. Excellentes interpretations, et absence des clichés auxquels on pouvait s'attendre sur une telle thème.
Moins un film sur les femmes que sur l'hypocrisie du Maroc, la vénalité, la lâcheté, la pression sociale, religieuse sur les femmes et les hommes. Finalement, ces femmes ne sont pas si différentes de celles de Much Love, le courage et le romantisme en moins. La violence sexuelle y est étouffée mais la violence sociale vous explose à la figure.
Un film qui tient ses promesses, qui sort des sentiers battus et qui dépasse les expectations du spectateur. Sofia raconte une histoire touchante, pour ne pas dire poignante, qui prend au coeur et aux tripes sans avoir besoin d'en faire trop. Tout est dans l'atmosphère, la suggestion. Dans le même temps, au delà des questions évidentes, comme celle des femmes, du tabou sexuel, du déni de grossesse, etc, ce film touche - ou devrait-on dire qu'il effleure - de nombreuses autres questions qui se posent aujourd'hui au Maroc, à sa société et aux Marocain(e)s, même sans les aborder frontalement elles nous sont suggérées, donnant un bref aperçu de multiples enjeux qui font face au Maroc aujourd'hui.