Un divan à Tunis
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234 critiques spectateurs

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traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 février 2020
Un grand nombre de films tunisiens de ces derniers mois (tous ?) évoquent un même thème, plus ou moins mis au premier plan, celui de l'évolution de la société dans l'après printemps arabe. Un divan à Tunis est en plein dans cette mouvance, avec un sujet idéal pour cette radiographie instantanée : l'arrivée d'une psychanalyste dans la capitale du pays qui va rencontrer un échantillon plus ou moins représentatif de tunisiens. C'est le prisme de la comédie qu'a choisi Manele Labidi et elle a eu mille fois raison car son film est drôle et intelligent, multipliant les saynètes avec des patients plus ou moins impatients et étranges, et évoquant par ailleurs les nombreuses tracasseries administratives que doit affronter l'héroïne du film pour que son cabinet ait une existence légale (sous-entendu : les lourdeurs, privilèges et prévarications n'ont pas disparu après la chute de Ben Ali). Un divan à Tunis ne se prive pas de se moquer au passage du machisme ambiant, toujours vif, en montrant comment les femmes le combattent avec un certain génie. Très à l'aise dans son rôle de psychanalyste fraîchement débarquée de Paris, la merveilleuse Golshifteh Farahani fait souffler un vent de liberté et de provocation madrée dans une société encore bien confite dans un fonctionnement désuet.
Philippe Delbos 83
Philippe Delbos 83

6 abonnés 28 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 février 2020
« Un divan à Tunis » est avant tout une galerie de portraits de l'actuelle Tunisie. Personnage auxquels se confronte une psychanaliste décidée à revenir au pays « soigner » les blessés de la révolution, entre autre. La réalisation est soignée et la direction d'acteurs fort intéressante. La société tunisienne y est prise « à rebrousse poil » des idées toutes faites. Et nous passons sans cesse de la comédie à la réflexion sérieuse sur les évolutions sociale. La place du Coran et de l'Imam sont en particulier décrites en faisant tomber les idées toutes faites de notre vision occidentale des choses. La place de la langue française et arabe, l'influence des cultures occidentales (musiques), les difficultés de reconstruire un état après la révolution, autant de sujets abordés tantôt de façon très sérieuse, tantôt de façon humoristique ou décalée. Outre le personnage principal, une psychanalyste qui se cherche, la cinéaste insiste sur le travail du personnage du policier qui veut croire dans la construction d'une nouvelle Tunisie, sans corruption et avec une direction politique affirmée. Malheureusement, cette construction tarde à se mettre en place. Elle est symbolisée par ces bureaux vides dans les ministères... Mais je lui préfère nettement celui d'un Imam confronté aux déséquilibres sociaux : On comprend bien que dans des pays où un islam ouvert et tranquille, l'arrivée d'extrémistes finalement finit par tuer la religion (18% des jeunes arabes seraient non-croyants en 2019 selon une étude de « Challenge » contre 8% en 2013). Au point d'en rire en se posant la question de savoir pourquoi une jeune femme est-elle emmenée à porter un imposant voile islamique. Et puis, comme le film est avant tout tunisien et non français, la fin est réussie, chose que les comédies françaises ne savent toujours pas faire.
Sami Dridi
Sami Dridi

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 février 2020
Un film absolument magnifique qui parlera plus au nostalgique de ce petit bout d'Afrique. Une scénariste brillante et intelligente, de l'émotion, des sentiments, du rire, de l'art pour tout dire.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 février 2020
Un film qui fait passé une soirée divertissante.
Des acteurs émouvants, dans des rôles surprenants.
Gauth S
Gauth S

4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 février 2020
Vu en avant-première en présence de la réalisatrice, d'Aïcha Ben Miled et d'Hichem Yacoubi. Un jolie surprise ! Le premier film de Manele Labidi est vraiment une bouffée d'air frais. Comme elle l'explique si bien, le monde arabe est souvent traité au cinéma sous le prisme de la violence, du terrorisme, de la misère. Avec ce film, elle dépeint l'humour caustique, bienveillant des Tunisiens. Golshifteh Farahani crève l'écran avec son jeu tout en retenue mais elle n'éclipse en rien la flopée de seconds rôles tout aussi brillants que drôles. C'était même un peu court tant il restait encore de choses à exploiter. Un jolie bande son et une belle image réhaussent la qualité de ce long-métrage humain et auquel chacun pourra s'identifier. J'aurais cependant aimé que la partie sur les consultations soient un peu plus développée car elle est un peu survolée globalement. Mais cela n'enlève rien au fait qu'Un divan à Tunis est une jolie comédie à voir sans hésiter !
leotain
leotain

11 abonnés 80 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 février 2020
Un joli film doux amer avec deux atouts principaux : un scénario intelligent qui évite certaines facilités et son interprète principale, Golshifteh Farahani, qui interprète un personnage féminin actuel et qui fait du bien à voir.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 février 2020
Elle n’est pas voilée. Elle n’est pas mariée. Elle fume en public, importune Freud qui, le temps d’une virée en voiture, a troqué sa chéchia contre son sérieux d’antan. Selma est une psychanalyste bien décidée à implanter dans son pays d’origine des pratiques qui lui sont étrangères mais qui s’avèrent nécessaires à la cicatrisation de ses blessures idéologiques : la révolution a fait tomber des cloisons et ventilé des espaces. Il faut mettre des mots sur les maux, même si personne – exception faite de notre psychanalyste – n’en comprend d’emblée l’utilité. Le ton adopté est celui de la comédie, c’est un ton assez fort en bouche, comme la harissa que répand l’haleine fin de journée de Selma : les personnages se suivent sans se ressembler, partagent sur un même divan leurs singularités enfouies sous des masques de convenance sociale qu’il est encore difficile à faire tomber, cachées derrière des histoires parfois banales et répétitives, parfois extraordinaires et abracadabrantes – pensons à la rêverie tourmentée d’un homme incapable de s’immerger dans son jardin secret sans y convoquer les grands despotes de l’Histoire contemporaine. Comme le faisait l’année dernière Tel Aviv on Fire, Un Divan à Tunis recourt au genre de la comédie pour penser le rire comme une arme de dévoilement et de mise à plat des tensions, toutes résolues dans cette communauté formée par le rire et autour de lui. Et la limite principale du film de Manèle Labidi, c’est que contrairement à Tel Aviv on Fire qui avait l’intelligence de redoubler le burlesque par l’intermédiaire du soap opera agissant à la manière d’un papier buvard capable d’absorber – et de légitimer par la même occasion – les excès propres à la comédie, il aborde frontalement ce genre sans inscrire l’exagération qui en résulte dans sa diégèse. Tout paraît forcé, exagéré, amplifié pour les besoins de la fiction, si bien qu’on ne sait plus très bien où commence la justesse du regard et où s’arrête la caricature. Que les Tunisiens soient conformes aux clichés ici véhiculés n’est pas la question ; non, le problème réside dans leur représentation, dans la représentation de ces clichés qui génère parfois une impression d’artificialité dommageable. Et au lieu de saisir l’effervescence souterraine d’une population encore marquée par les événements récents, au lieu de capter les sursauts volontiers comiques au sein de la tragédie du quotidien tunisien, c’est la pose qui est adoptée et privilégiée, pose qu’appuient en outre des chansons trop envahissantes qui orientent le film du côté d’un cinéma de genre maniériste plutôt disharmonieux. Néanmoins, la très grande force du long métrage réside peut-être moins dans l’approche comique de la situation tunisienne que dans l’ethos de son personnage principal, campé à merveille par Golshifteh Farahani. Car ce qu’incarnent l’actrice et la thérapeute qu’elle interprète, c’est une femme libre qui éprouve à chaque minute de son existence les conséquences de sa liberté : sur le ton du reproche ou de la moquerie, avec humour ou brutalité, ses comportements sont jugés par rapport à une norme tantôt masculine tantôt féminine tantôt culturelle. Célibataire, bah pourquoi ? Parisienne, que fais-tu là ? Psy, pour quoi faire ? Et l’entêtement que notre héroïne manifeste tout au long du film dit quelque chose du combat que doit mener jour après jour la femme libre d’aujourd’hui. Sur son divan s’allongent des mœurs en plein bouleversement et qui renaissent à elles-mêmes à mesure qu’elles rejettent celle qui cause leur trouble, ou du moins celle qui incarne leur mauvaise conscience, qui extériorise ses tensions. Manèle Labidi fait le choix judicieux de conserver une part de mystère relatif à l’identité de Selma : son rôle est d’extérioriser, non de se livrer. Ou alors par petites touches. Elle devient aussitôt une allégorie qu’il est aisé d’étendre à toutes les femmes soucieuses de modifier en profondeur la société qu’elles aiment et dans laquelle elles vivent. Juché sur les toits ensoleillés du monde méditerranéen, Un Divan à Tunis se propose d’accueillir la diversité d’une population, de lui offrir un temps d’écoute et une occasion de partager ses histoires, ses peines et ses joies. Plus qu’un film sur la parole libérée, c’est un film sur l’écoute et l’importance à accorder à l’écoute : ne pas enfermer une femme dans le voile qu’elle porte, ne pas réduire le boulanger au string jaune qu’il exhibe. Non, écouter, reconnaître l’humain et l’accepter dans ses singularités fondamentales.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 janvier 2020
Un grand moment de cinéma, de rire et d'émotion. Une comédie drôle et intelligente. Golshifteh sublime une galerie de personnage tous plus attachants les uns que les autres
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 octobre 2019
Une pure leçon d'intelligence, d'humour et de charme !
Merci à ces femmes de culture, tunisienne et iranienne, qui offrent sourire et sens à nos vies d'hommes dépassés.
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