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Jean-luc G
88 abonnés
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3,5
Publiée le 5 septembre 2019
Voilà un très pudique et subtil film à contre-courant de la culture Bollywood. Certes, son coté anti grand spectacle ne nécessite pas obligatoirement le grand écran, sauf peut-être pour le décor grandiose que propose en arrière-plan la baie de Bombay. On reste ici dans le huis-clos d'un appartement luxueux. Occupés par deux personnes. Un architecte, fils à papa, promis à un brillant avenir, mais dont le projet de mariage a tourné court. De l'autre, sa bonne à tout faire, dont le mariage s'est terminé en veuvage. Les deux antipodes ou presque de l'échelle sociale indienne que la réalisatrice Rohena Gera va nous faire découvrir. On devine que ces deux protagonistes vont finir par se rencontrer, mais les innombrables interdits indiens sont autant d'embuches sur la toute pour autoriser une telle fin heureuse au conte de fées. Peu de dialogues, deux acteurs tout en retenue, elle qui change de sari sans cesse comme Maggie Cheun de robe dans In the mood for love… C'est moins flamboyant que Wonk kar wai mais à consommer avec respect et à garder en tête pour une projection de ciné-club. DVD vo1- septembre 2019
feel good movie par excellence, totalement invraisemblable mais ça n'a pas d'importance on passe un bon moment. L'actrice principale est juste remarquable de justesse dans son jeu
J'attendais une plus grande dénonciation des castes dans cette société indienne que je trouve plutôt violente, mais l'expression de ce cloisonnement social est magnifiquement mis en lumière dans ce très beau film. La sobriété du scénario et la pudeur dans le jeu des interprètes font de Monsieur un film vibrant, captivant et émouvant.
Cela aurait pu ressembler à un conte de fées. Une variation de "Pretty Woman", de "cendrillon version 2020 "... Oui mais voila. Nous sommes en Inde. Le pays où la hiérarchie domine le pays de haut en bas, de la classe supérieure à celle des moins que rien, des intouchables. Et chacun connait sa place. Aucune perméabilité possible. " Sir" est pourtant un film d'espoir, plus optimiste qu'il en a l'air. Un film qui chuchote plus qu'il ne revendique, pudique, où les regards valent 1000 mots, où les silences sont des déclarations. Une petite pépite qui vous va droit au cœur, en empathie permanente avec le duo d'acteurs enfermés dans des bulles qu'ils ne peuvent briser, des destins qui leur sont dictés. Pourtant, tout en haut de l'immeuble cossu dans lequel habite Monsieur, là où il partagera quelques instants avec sa servante, il y a l'immense ville, il y a le monde, il y a la possibilité d'y forger sa vie, ses rêves, ses espoirs.
Je regrette que le synopsis déflore le contenu du film….Heureusement, le charme vient surtout de la délicatesse du traitement. Le non-dit est souvent plus fort que les dialogues et les sentiments très progressivement, deviennent plus fort que le protocole social ! Le réalisateur nous montre comment deux êtres que rien ne peut rassembler; (maître et servante) chacun d’un côté de la cloison; le maître assis dans le fauteuil profond du salon et Ratna sur le sol du cagibi étroit; et pourtant la cloison étanche verra les sentiments la traverser….
Il nous montre aussi les subtilités de l’apprentissage chez l’artisan tailleur: « tu es corvéable à merci et si je veux, je t’apprendrais peut-être le métier »
Nous sommes happés par une autre culture où la tradition reste forte dans les familles de grande bourgeoisie comme dans les campagnes. Ratna et Ashwin sont épatants et on marche à fond dans ce « conte de fées ». L’Amour est plus fort ! Ça pourrait sembler « niais » ; ça ne l’est pas !
C'est l'histoire d'un beau jeune homme, riche, à peine désespéré, bon, empathique, courageux, loyal, bon fils et patron attentionné. Alors cela aurait pu être un conte de fée, une belle histoire bête à pleurer, mais non ! Parce que à travers cette "bluette" qui point, se dessine avec pertinence une peinture troublante des rapports sociaux dans cette Inde indescriptible tiraillée entre tradition et modernisme, entre élans de liberté et respect des relents de carcans castiques.
Une histoire d'amour classique mais atypique. Un homme et une femme s'aiment dans l'Inde du XXIème siècle. Une histoire simple qui se brise sur les barrières morales et sociétales établies depuis des siècles ici ou ailleurs. Cela ne se fait pas…L'expression la plus insupportable que l'homme a inventé pour emmerder son prochain. Sur un rythme lent, par petites touches, le réalisateur nous conte cette belle histoire, universelle et si touchante. Il nous décrit aussi avec talent cette société indienne incroyablement complexe et chatoyante. Laissez vous emporter.
Une photo de l'Inde d'aujourd'hui où les différences sociales sont très marquées. Ainsi une bonne d'un village ne pourra pas vivre une histoire d'amour avec un cadre indien de la haute société. C'est très triste mais tellement réaliste. Ce film est une claque . On aimerait que tout ceci ne soit pas vrai.
Pour terminer l'année, une impossible romance sur fond de castes et qui fait état de la difficile condition des femmes en Inde, de leur désir d'émancipation, d'une réalité inébranlable (...), dans une société paradoxale en pleine ébullition qui tend à la modernisation mais qui reste encore profondément archaïque... Un film à voir.
Ayant de l’empathie pour sa jeune servante, pour ne pas dire son esclave, un jeune homme issue d’une famille riche, en Inde, va progressivement créer une situation inextricable entre lui et cette jeune femme, très belle femme. Malheureusement le système des castes en Inde fait partie intégrante de cette société dynamique et colorée. La réalisation est impeccable, comme par exemple les couloirs, étroits à souhait, favorisant le frôlement, ou bien ces plans fixes et silencieux où l’on peut imaginer ce qui se passe dans la tête de l’un et de l’autre. Un amour impossible donc, mais nous connaissons tous la puissance des sentiments. spoiler: Ici il faudra attendre la chute finale pour se rendre compte de cette force. Voilà ce que nous montre d’une manière magistrale ce très beau film.
Dans un appartement cossu de Mumbai, une domestique s’affaire au quotidien de son propriétaire, un homme célibataire guère excessif dans ses attentes. Monsieur est aimable, attentionné, prévoyant, un patron de gauche, social en tout cas, on le voit même se rendre là où vivent les ouvriers de l’entreprise familiale qu’il gère sous la coupe de son papa. Un clan auquel Ashwin tente de ne pas trop prêter attention contrairement à sa servante qui doit tenir compte de toute sa famille restée au village et qui ne comprendrait pas la manière dont elle travaille au sein de la maisonnée. En toute indépendance, dedans, mais aussi dehors pour tenter de réaliser son rêve : devenir couturière. Sur les encouragements de son maître, elle va connaître une nouvelle vie et lui révéler la sienne. Une vérité éclatante comme ce film tout en douceur. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Un film assez subtil sur les relations naissantes, "contre-nature", entre un fils de famille bien-né de la société indienne et sa servante. L'interprétation est pour beaucoup dans la réussite de cette chronique, l'actrice principale étant d'une émouvante justesse. Évitant de souligner trop ostensiblement l'écart qui sépare les deux protagonistes, c'est dans leurs relations avec leur entourage que le récit met en lumière l’abime impossible à combler.
Quelle émotion lorsque apparait le générique de fin ! Je ne suis pourtant pas celui qui s’émeut facilement au cinéma. Mais c’est avec douceur et subtilité que Rohena Gera nous dresse le constat de l’héritage des castes en Inde, pourtant abolies. Elle bouscule les conventions en peignant cette fracture sociale sans noirceur mais avec beaucoup de délicatesse. Elle signe ainsi une élégante histoire d'amour, en faisant également parler les silences. Les acteurs sont criants de réalisme et subliment leurs rôles respectifs autour de belles images de Bombay et de sa population. Un coup de cœur donc qui change radicalement des films survitaminés.
Un film qui subjugue de subtilité sur la culture indienne, après « the lunchbox » plus penché vers le drame social, la civilisation des castes distingue les laquais faisant à manger pour des familles aisées. Une mise en scène proche du cinéma asiatique, la bonne issue des intouchables tient une distance à l’écart de son employeur, un fils bourgeois. Déçu du semblant d’amoureuse attirée par sa richesse, le lien amical finira en romantisme inévitable, tout doucement et prudence sentimentale, c’est le moment tant redouté de la classe dirigeante, l’interdit dans cette drôle de société. La couleur indienne joue un facteur important à Bollywood, une disparité depuis l’existence millénaire de la religion hindoue et perdure encore. Une injustice ressentie reflète le favoritisme qui créa l’élite, la frustration loin du tumulte des traditions d’un pays à l’autre pour le prince héritier du roi de l’immobilier. L’argent du noble d’aristocrate « Monsieur » contente l’amertume, le pont d’or des bonnes études et voyages dépaysants.