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Matching P.
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4,5
Publiée le 20 mai 2019
On retrouve cette trinité comme dans tous les films d’Almodovar : la mère, l’église et l’homosexualité, et le tout situé dans Madrid, le centre de sa créativité. Mais cette fois le film est plus en retenu, plus lent et plus calme, sans exubérance, parce que le héros est un être dépressif. Le début du film agace, une voix-off et les images nous donnent les détails des maladies du personnage principal pendant de longues minutes, mais c’est finalement pour mieux le cerner, lui, ses souffrances physiques réelles, et aussi son état psychologique. Antonio Banderas incarne magistralement cet auteur et metteur en scène vieillissant, ses mouvements hésitants traduisent sa douleur, son visage une grande tristesse. Au fur et à mesure que le film avance, on ressent de l’empathie. Les flash-backs d’une vie presque idyllique dans les yeux du petit garçon font découvrir la sensibilité de Salvador, son étroite relation avec sa mère (une Penelope Cruz pétillante), son intelligence, l’éveil de sa sexualité et l’histoire d’un grand amour. Il n’a jamais surmonté la fin de cet amour ni la mort de sa mère. Il se retrouve comme un écrivain devant la page blanche, n’arrive plus à se projeter dans un nouveau film et s’enferme dans son bel intérieur face au vide. Il faut une rencontre pour le faire sortir de son isolement et lui redonner le goût de travailler. Nous retrouvons l’amour d’Almodovar pour les couleurs éclatantes dans son bel appartement. Tout est beau et harmonieux, comme les scènes de son enfance où même la pauvreté est photogénique. Il n’y a pas de scènes crues, la sexualité est évoquée en douceur, pas d’images dures que certains ont pu trouver choquantes dans d’autres films. Tout reste doux et d’un esthétisme parfait. Evidemment, le film parait en partie autobiographique, l’âge et la vie de Salvador ont beaucoup de points communs avec le cinéaste, la coiffure aussi… On sait qu’Almodovar souffre de maux de tête chroniques. Ici il semble certes se livrer, il se met à nu, parle de ses propres doutes, d’une profonde mélancolie mais ne reste pas collé à son propre personnage. Le spectateur navigue ainsi entre fiction et autobiographie. C’est sur une note positive et optimiste que le film se termine. Nous avons adoré ! Et pour nous une mention spéciale pour Antonio Banderas ! http://www.matchingpoints.fr/2019/05/20/cinema-douleur-et-gloire/
Peut-être pas le pire film d'Almodovar parce qu'en début de carrière, il a fait quelques navets épouvantables, mais certainement son plus mauvais film depuis qu'il est adulé à juste titre grâce à "Femmes au bord de la crise de nerfs". C'est pompeux, bavard et ennuyeux. Ce cinéaste est beaucoup plus dans son élément dans l'humour caustique que dans la nostalgie.
Magnifico Monsieur Almodovar. On en redemande du cinéma comme celui-ci.Il y a les couleurs .. avec cette dominante de rouge que l'on retrouve dans tous ces films. La beauté de l'image, c'est soigné et précis. Un grand Antonio Banderas dans ce rôle de réalisateur déchu. Un film à ne pas manquer, pour ceux qui aime le style Almodovar.
Le réalisateur nous avait habitués à beaucoup mieux par le passé. Là il se met en scène, il part de lui, de sa vie, par le biais du personnage joué par A. Banderas. Il y a de la justesse et de la sensibilité, indéniablement. Cela parle de ses ennuis de santé, de ses retrouvailles avec un ancien acteur et amant, de sa maman, de son enfance. Cependant, l'ensemble est fade, sans beaucoup de relief ni saveur et surtout, oui surtout, on s'en fiche un peu et cela finit par devenir assez agaçant.
l'emballage Almodovar y est... Les couleurs la musique les décors... par contre rien a l'intérieur pas grand chose... c'est lent, geignard, le scénario décousu, les personnages antipathiques...
Magnifique de tension et d’émotion.Antonio Banderas sublime de retenu et d’expressivité. Une interprétation dense et subtile du personnage de Salvatore.
Fantastique. Grande et belle narrativité avec des tableaux de couleurs fabuleux comme il sait si bien le faire , toi comme mélanger les sentiments contradictoires et la fois .. C est un chef d’œuvre à ne pas rater
Almodovar ou pas, quand c’est nul pourquoi ne pas le dire ? Raconter une vie entière en deux heures, dont une consacrée aux fumettes, au mal de dos, aux fausses pistes annexes de maladie grave, laisse peu d’épaisseur pour intéresser le spectateur. Les anecdotes ne forment pas corps, peinent à tirer le portrait du cinéaste qu’on connaît, celui de Talons aiguilles ou de Tout sur ma mère, qui semblait tant aimer ses acteurs. Almodovar ne sait pas parler de lui, il n’a rien à en dire, il n’a pas su trouver le bon angle. Son cinéma se délite. Du vent cannois qui ne devrait pas faire frissonner la palme.
Voir un film d’Almodovar aujourd’hui équivaut à regarder un film de Losey, de Mankiewicz ou de Bergman. La marque d’une très grande maîtrise du cinéma apparaît dans chaque plan et chaque séquence, construite à partir d’un matériau dramaturgique dense et complexe. L’articulation du récit proposé ici, entre passé et présent, donne à reconstituer l’itinéraire d’un homme, Salvador Mallo qui est aussi un artiste, un auteur et un metteur en scène. Inutile de dire que Pedro Almodovar opère sa propre radiographie par le filtre de son acteur fétiche Antonio Banderas. Il n’est pas le premier à s’être livré à l’exercice si l’on pense à "8 ½" de Fellini ou à "Stardust memories" de Woody Allen. Comment naît le désir d’un créateur, quels sont les mécanismes qui vont l’inciter à produire une nouvelle œuvre, à partir de quelle confusion ? Ce désir est au cœur même de "Dolor y Gloria". Désir par lequel tout commence, clé majeure de l’orientation de notre regard, de nos sens et par lesquels nous accomplissons le scénario de notre vie. C’est dans la quête du désir originel (à la fois charnel et créatif pour l’artiste) qu’est construit le film dont la trame pourrait s’apparenter à celle d’une intrigue policière. Salvador Mallo, en manque d’inspiration et qui trouve refuge dans les psychotropes, a connu son heure de gloire en réalisant des films montrés partout à travers le monde. Il ne produit désormais plus rien, se laissant aller à la paresse, aux drogues, au néant. Des flashes de son enfance lui reviennent en mémoire et il va tenter de refaire le chemin sans savoir que se trouve niché quelque part la clé qui lui permettra de retrouver son inspiration. A quel moment s’est produite la naissance du premier désir, quel en a été l’objet, qui et comment en retrouver la trace ? Le premier plan du film illustre parfaitement ce à quoi nous allons assister et qui ne manque pas d’humour : Mallo, en état de flottement dans une piscine (au sens propre comme au figuré) se prépare à sa propre immersion. Puis premier flashback et retour aux sources, à l’enfance et à la figure de la mère, incarnée par Penelope Cruz. Toute la suite sera un aller et retour entre hier et aujourd’hui, comme un ballottement entre désir de comprendre et désir de retrouver ce qui a été perdu, au travers d'images qui vont prendre une part capitale s’agissant ici du personnage d’un cinéaste. Revenant sur les traces de l’enfance c’est aussi de mélancolie dont le film est empreint, comme dans ces autobiographies qu’on livre à l’automne de la vie lorsque nous acceptons de porter un regard tendre sur nos jeunes années, délivrés de passions destructrices et ayant fait la paix avec nous-mêmes, avec nos démons, nos égarements. Antonio Banderas est exceptionnel et d’une déchirante humanité (je parierai bien sur une Palme d’Interprétation) comme tous les autres acteurs, excellents, Asier Etxeanda et Leonardo Sbaraglia en tête. Un Almodovar lumineux au goût des "Fraises sauvages" d’Ingmar Bergman.
Le premier quart d'heure nous partage d'emblée, entre une certaine poésie bucolique et mélancolique et une séquence animée en voix Off particulièrement lourde et trop et très explicative. Le pire reste sans doute son personnage principal, parfaitement interprété par Banderas, mais qui est d'une ineptie à peine croyable, pas aidé par ce qui s'apparente surtout à l'hypocondrie... Les retrouvailles reposent essentiellement sur une séance d'inhalation d'héroïne thérapeutique. Les meilleures scènes se trouvent dans les flash-backs. Le rythme lancinant ajouté à un récit sans enjeu fait que l'ennui l'emporte. En conclusion, le film le moins abouti du grand cinéaste espagnol. Quel déception... Site : Selenie
Filmé comme un sitcom, le film témoigne d'un amateurisme de mise en scène et d'écriture assez désolant. On ne croit pas vraiment aux situations: il faut voir Banderas sonner à la porte de son acteur d'il y a 20 ans pour mesurer le grotesque de l'entreprise ! Il n'y a finalement pas de différence avec "plus belle la vie" et on a le temps de regarder le mobilier rouge pétant (ah oui, c'est les restes de la Movida !)
Je me suis laissé porter par le scénario de Pedro Almodovar. Je l'ai naïvement laissé me balader, je l'écoutais me raconter l'histoire de ce réalisateur en panne d'inspiration et en proie à ses problèmes de santé. Jusqu'à la fin, je me disais que c'était un bon film. Et puis arriva la scène finale. Ce film est un chef d'oeuvre, Almodovar un maître du cinéma, Banderas un immense acteur.
Avec les mêmes ingrédients (acteurs, thèmes, obsessions, décors), la même recette de mélange du rêve et de la réalité, Almodovar nous refait un film à sa façon mais qui reste original à la fois dans sa propre production et dans l’ensemble du cinéma actuel. Le réalisateur a, au fil des ans et depuis ses premières frasques cinématographiques, adouci son propos comme s’il s’était réconcilié avec lui-même et avec le monde qui l’entoure. Rasséréné, rassuré sur son génie peut-être, il se permet la tendresse et la douceur. L’amour de ses comédiens-fétiches transparaît dans chaque plan. Quelques scènes anthologiques font ressortir- si nécessaire - l’énorme talent de Banderas.
J'ai vu le film en espagnol pour ne rien perdre de son authenticité et je n'ai pas été déçu. C'est beau à tous les niveaux, on est touché émotionnellement, esthétiquement c un tableau, l'écriture est fine, les acteurs sont excellents, c'est mélancolique et coloré, du almodovar un peu différent, plus intimiste forcément, mais qui ne nous laisse jamais de marbre.