Un très grand merci à Yves Montand et aux autres jurés du Festival de Cannes 1987 d'avoir décerné la Palme d'or à ce film et donner ainsi le plus grand moment télévisuel de toute l'Histoire de cette cérémonie. J'aurais voulu être après la vision de ce film du côté de ce réalisateur incompris qui lève le poing de provocation mais hélàs je serais plutôt de celui d'où viennent les huées. "Sous le soleil de Satan" est en effet un film raté. Pialat croyait avoir les épaules de Bresson ou de Dreyer, ce n'est pas le cas. On a une oeuvre lourde qui croule sous une trop grande quantité de dialogues ampoulés. Ce n'est d'ailleurs pratiquement que cela pendant presque tout le film. Techniquement, les quelques recherches de plans "bleutés" sont intéressantes mais s'en est tout autrement pour le reste qui vire dans un certain académisme. Si Gérard Depardieu et Sandrine Bonnaire s'en sortent avec les honneurs, c'est loin d'être le cas des seconds rôles qui donnent plus l'impression de réciter leurs interminables tirades en ayant les chocottes du type derrière la caméra qu'en étant obnubilés par leurs textes. Une oeuvre qui n'est pas du tout en état de grâce.
Cet homme voit dans sa tête s’affronter le mal et le bien, et son âme en est meurtrie. Un film superbe. Totalement habité par Depardieu. Austère et souvent intriguant par le mystère de ses paroles et ses visions. Grand film.
Les tourments d'un prêtre qui doute de ses capacités, confronté à une jeune fille paumée. Ce film de Maurice Pialat est surtout célèbre pour le discours prononcé par son réalisateur, lorsqu'il reçu sous les huées un prix à Cannes en 1987 ("si vous ne m'aimez pas, je ne vous aime pas non plus"). Je peux comprendre que le film ait pu diviser à l'époque, et même aujourd'hui. Tant il incarne un cinéma français très littéraire, auquel personnellement je goûte peu. Déjà, la forme est âpre. Très peu de musique, un réalisation sage, des couleurs ternes, beaucoup d'ombres. Et surtout ça bavarde... Beaucoup de dialogues sur la foi, le statut du protagoniste, les relations autour de la jeune fille, etc. Tout ceci n'a rien de naturel, tant le parlé est lustré. J'ai plus l'impression de voir des professeurs de littérature débattre que de vrais personnages agir. La palme revient au personnage antipathique de Sandrine Bonnaire. Censée avoir 16 ans, l'actrice en a 20, et parle comme une écrivaine de 40 ans. Heureusement, sur le fond c'est intéressant. Tandis que Gérard Depardieu est excellent dans le rôle du prêtre qui semble porter le monde sur ses épaules. Secondé par Maurice Pialat dans un rôle de tuteur. Et il y a tout de même quelques (sages) fulgurances de fantastiques. Dont une rencontre impromptue entre notre héros et Satan (!), manifesté par un voyageur sous les traits de l'impayable Jean-Christophe Bouvet, qui avait alors moins de 10 films à son actif.
Une maîtrise technique indéniable grâce à une mise en scène épurée mais précise et à un montage reconnaissable à ses jump cuts qui mettent en avant l'interprétation sobre mais viscérale des acteurs. Cependant cette recherche de perfection plastique (notamment pour les paysages et les décors) doublée d'une intellectualisation des propos empêche toute empathie et rend le film assez soporifique.
Quel ennui ! C'est austère, bavard aux dialogues complexes. Une mise en scène plate. Une photo fade et un Bonnaire qui joue comme ses pieds. Heureusement qu'il y a le gros Gégé pour remonter le niveau interprétation. Palme d'or ? Ça me dépasse... décidément Pialat, c'est pas mon délire...
Dans Sous le soleil de Satan, rien ne semble tenir. Ni la caméra, qui flotte sans point de vue, ni les dialogues, qui tombent à plat comme des dogmes sans croyants. Les visages sont fermés, les personnages figés, comme s’ils jouaient à être là. Ici, Pialat ne filme pas des êtres, il juxtapose des scènes. Des scènes entamées mais jamais incarnées, des gestes amorcés puis dérobés.
Et bien sûr que ça rebute. On en sort comme vidé. Comme si le film, au lieu de parler, m’avait crié dessus sans articuler. Ce n’est pas du cinéma de la percussion, c’est du cinéma de la crispation. Ça ne frappe pas : ça pèse. Ça ne dérange pas : ça plombe.
Et puis il y a Donissan. Ou plutôt cette ombre d’homme que Depardieu est. Il est éteint. Une présence dépressive, plombée, une statue de souffrance déplacée de scène en scène. Il ne prie pas, il rumine. Il ne doute pas, il délire. Sa foi n’est pas une force : c’est une contamination. Et Pialat filme ce délire au premier degré. L’épisode du cheval ? Ni symbolique, ni terrifiant : juste absurde, long, presque grotesque.
Rien n’est donné : ni rythme, ni souffle, ni beauté. Même l’épure est refusée, car elle supposerait une intention. Ici, on dirait que chaque plan est filmé malgré lui. Comme si Pialat, dans son ascèse, refusait jusqu’au cinéma.
Il y a dans ce film une volonté d’épuisement, oui mais pas pour ouvrir, pour écraser. Un goût du supplice, sans contrepartie. Un cinéma qui ne croit plus en rien, mais qui continue à prêcher. Une austérité qui ne féconde rien, qui n’engendre que la lassitude.
Pialat ne me demande pas d’aimer, c’est entendu. Mais il ne propose rien non plus à la place. Pas même un regard.
Pas le meilleur Pialat mais le film vaut le coup d'oeil. Une ambiance austère, transcendée par une photo magnifique, qui suit l'errance des personnages jusqu'à leur point de rupture. J'ai toujours trouvé que dans le rôle de l'abbé Donnissant, Depardieu avait rencontré ici le plus grand rôle de sa carrière et ce malgré Cyrano et tant d'autres... A la fois habité et perdu, l'acteur écrit là un de ses rôles les plus extrêmes car tellement loin de sa nature gargantuesque... A côté, Sandrine Bonnaire jour une Mouchette insouciante et tragique et Pialat acteur est tout en finesse... "Sous le soleil de Satan" est un des projets les plus passionnants de son auteur ou le défi est de créer l'intensité la plus juste pour évoquer les questionnements existentiels de ce prêtre, héros du roman de Bernanos, mais avec ce naturalisme qui est la patte de Pialat. Cela donne un film exigeant quoique un peu trop sobre parfois mais le plaisir est là.
Quel ennui ! Le seul intérêt du film, à mon sens, est d'inciter à découvrir le roman. Ces nappes de dialogues sont absolument assommantes et rendent le film austère et hermétique. Cela passe probablement mieux à l'écrit.
Un cinéma un peu différent de ce qu'on à l'habitude de nous servir ;L'histoire est particulière et toute en subtilité. Nous appellerons ça une expérience heureuse. Pialat nous invite à découvrir la personnalité particulière de ce curé de campagne qui doute de sa foi jusqu'à en sombrer dans la folie, à moins que ses pensées ne soient en fait la réalité? Depardieu est littéralement habité par son rôle, S. Bonnaire est tout à fait convaincante en jeune effrontée et prouve qu'elle était et reste une immense comédienne.
Un film très littéraire au sens difficilement accessible. Maurice Pialat ne se met en aucun cas au service du spectateur et intellectualise tout. Si la démarche peut être intéressante, elle ne crée ici aucune émotion.
Palme d’Or hyper contesté de 1987, Maurice Pialat met en image ici un roman de Bernanos. Un jeune abbé en proie au doute se trouve mis à rude épreuve lorsque le Malin sous le trait d’un maquignon vient à sa rencontre. Satan va mettre sur sa route la jeune Mouchette (Sandrine Bonnaire) de 16 ans meurtrière de son amant... que tous pensent s’être suicidé. De suicide il ne s’agit pas et seul l’abbé le sait (Depardieu). Toujours dans le désir de la sauver d’elle-même, l’abbé va devoir se confronter à une lutte interne entre le Bien et le Mal, la Foi et le Doute. Pialat, l’athée, place la spiritualité au cœur de son film. Le sujet est intéressant mais que le film est austère et âpre. La réalisation privilégiant les cadres stables, les gros plans sur les visages, le champ/contre champ est d’une facture classique absolue. Les dialogues aussi ânonnés comme de la liturgie sont totalement monotone. Heureusement que Mouchette apporte un peu de vie et de rythme à tout cela. Pialat aussi dans cette torpeur post drame prévisible donne quelques coups d’accélérateurs bienvenus à son récit par des ellipses narratives. Film hermétique à ne pas être entre toutes les paires d’yeux.