Sous le soleil de Satan
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stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 janvier 2009
Palme d'Or discutable sur deux points... Dans un premier temps, Sous le Soleil de Satan apparaît comme un film austère, aussi bien dans son esthétique que dans son rythme : à l'image du vicaire Donnissan, il s'agit d'un long métrage sévère et rébarbatif. Maurice Pialat joue les ascètes au risque de rendre son film pratiquement ennuyeux et repoussant. Dans un deuxième temps, le traitement des personnages m'apparaît comme hésitant. A la fois trop psychologique et pas assez, le film nage en permanence entre deux eaux : Pialat cherche apparemment à nous faire pénétrer l'âme de Donnissan ( en nous présentant ses tourments intérieurs et ses visions ) mais bannit dans un même mouvement cette introspection, faute à un traitement curieusement impersonnel... Et pourtant, le film possède des qualités : la prestation de Gérard Depardieu est assez impressionnante, dans la mesure où l'acteur change de registre ( moins exubérant, plus sobre que d'habitude, il intériorise et quitte l'univers théâtral de la majeure partie de ses films ). Par ailleurs, certaines scènes m'ont pour le moins marqué : l'errance de Donnissan dans la campagne ou encore le suicide de Mouchette. Une certaine grâce se dégage de ce film ambigu... Sous le Soleil de Satan n'est donc pas la réussite que j'attendais mais il reste intéressant à voir. Et le roman...?
cylon86

2 833 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 3 mars 2013
A voir le film, on se dit que c'est Maurice Pialat qui a passé trop de temps sous le soleil de Satan. Tellement qu'il a oublié au passage de diriger ses acteurs, qui semblent constamment réciter leur texte sans pour autant se rendre compte de ce qu'ils disent. Mais sachant que Pialat n'est pas n'importe qui, on se doute que c'est un parti pris volontaire mais qui ne fait qu'alourdir l'ensemble d'un film déjà bien gavant par ses dialogues compliqués qui s'inscrivent lors de situations pourtant simples. La mise en scène est épurée à l'extrême mais ce n'est pas le plus gênant comparé à la prestation des acteurs qui n'ont pas l'air de comprendre ce qu'ils disent (surtout Sandrine Bonnaire). Et si l'on remarque les efforts de Gérard Depardieu, la seule scène qui vaut le détour est celle de sa rencontre avec Satan, interprété avec délectation par Jean-Christophe Bouvet.
tixou0

782 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 16 décembre 2014
Le sujet est magnifique, le roman (le premier publié de l'auteur, en 1926, mais commencé juste après la Grande guerre) est sublime, mais.... l'adaptation par Pialat (qui n'a pas su pousser l'imagination au-delà d'un sous-Bresson), est confuse et lourde, sa mise en scène à l'unisson.... Seules bonnes idées : Depardieu en Donissan, et même Bonnaire en Mouchette. 2 acteurs d'exception, sauvant les meubles. D'un film très loin de rendre justice à Bernanos, et à sa mise en scène forte, subtile et poignante des combats de l'homme de Dieu avec l'"Adversaire". Une Palme contestée et hautement contestable...
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 août 2016
Sifflé à Cannes en 1987, "Sous le soleil de Satan" marque par sa radicalité, comme en témoigne l'austérité de sa mise en scène, l'opacité de la plupart des dialogues et donc du propos mené. Pourtant, on ne peut pas dire que le film de Pialat n'est pas habité; les nombreux silences, le travail minutieux sur la lumière et une direction d'acteurs impressionnante créent une atmosphère singulière qui maintient tant bien que mal l'attention d'un spectateur devenant de plus en plus perplexe au fil des minutes. Apparemment très fidèle au roman de Bernanos, le film dégage ses principaux enjeux à travers des phrases très génériques ou, au contraire, dans des conversations imbitables en plus d'être interminables. Que ce soit le doute du prêtre face à sa vocation, la série d'épreuves que lui fait affronter Satan ou la tension entre ce dernier et Dieu, ces problèmes sont exposés mais ne prennent jamais forme, ne sont jamais incarnés par les personnages ou par une mise en scène, certes brillante et cohérente, mais dont l'aspect monolithique empêche l’évolution ou du moins le soulèvement de ces questions, laissant ainsi le spectateur sur le bas-côté, extérieur à des réflexions qui ne sont aussi bien sur un plan sensoriel qu'intellectuel jamais stimulantes. Face à un objet aussi déroutant et peu engageant, il n'y a plus qu'à lutter - en vain - pour comprendre la ligne d'horizon d'un film traversé par quelques séquences prenantes mais globalement harassant de par son extrême rigidité.
MemoryCard64
MemoryCard64

57 abonnés 375 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 juin 2015
Je ne pense pas être quelqu'un de particulièrement stupide (encore que, je peux me tromper), mais je n'ai tout simplement rien compris au film. Cela vient en partie des dialogues, assez écrits et pompeux, qui rappellent le style du théâtre. Ce n'est pas une mauvaise chose en soi, cela va bien avec le caractère austère de l’œuvre, c'est juste qu'il faut quand même être bien accroché dès le début pour suivre. Par contre, je trouve que le mysticisme de la seconde partie arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. D'accord, c'est en lien avec la spiritualité du personnage principal, mais la rupture est trop nette et cela créé des situations très étranges, voire pas très cohérentes à mon sens. spoiler: Par exemple, comment le prêtre connaît il toute l'histoire de Mouchette ? Et puis la résurrection à la fin, ça sort d'où ce truc ?
Je salue tout de même le travail de Pialat. Son jeu d'acteur est très juste, et sa mise en scène exemplaire. Il se dégage du long-métrage une ambiance étriquée, étouffante, poussiéreuse. J'ai beaucoup aimé le travail sur l'éclairage, en particulier en intérieur, qui est sublime (cf le dernier plan du film). Les rares scènes en extérieur ne sont pas en reste, le réalisateur ayant réussi à capter la beauté brute des paysages. Les montagnes sont tout à fait charmantes, mais la musique angoissante rend ce lieu froid et hostile, le cadre parfait pour la rencontre que le prêtre y fera ! Enfin, j'aimerais corriger le synopsis que j'ai pu lire sur SensCritique ou Allociné. Non, ce n'est pas l'histoire de la relation malsaine entre la jeune Mouchette et l'abbé Donissan. C'est très secondaire dans l'histoire. Le film dépeint en réalité l'évolution de la position qu'a Donissan sur sa fonction et la religion en général. Presque entièrement un autre sujet ! Dommage que Pialat s’emmêle dans cette histoire que j'ai trouvée bien obscure, parce que la forme du film est une petite réussite. Bref une déception après l'excellent Passe ton bac d'abord, mais je lui redonnerai sa chance dans quelques années.
MGM-ranger
MGM-ranger

182 abonnés 52 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 septembre 2014
Sous le soleil de Satan nous raconte l'histoire de l'abbé Donissan, hanté par le mal et l'échec de sa mission, s'inflige des mortifications et ne parvient pas à établir le contact avec ses paroissiens, Jusqu'au jour où il rencontre la jeune Mouchette qui vient de commettre un grave pêcher. D'après le roman de Georges Bernanaos Pialat a réussi un travail qui mettait le cinéma sur un autre niveau, un autre étage. On peut forcément être sensible à des films peut-être un peu plus abordables, plus faciles mais heureusement qu'il y a des Pialat, des Godard, des Resnais pour porter le cinéma à cette hauteur.
Pierre Olivier D
Pierre Olivier D

12 abonnés 71 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 juillet 2014
Sous le soleil de Satan ne se raconte pas, il se ressent, un film rigoureux à l'image de Pialat, une oeuvre éprouvante, l'abbé Donissan, personnage mystique et solitaire. dont la foi est sans cesse remise en question.
N'ayant pas lu le livre de Bernanos, mais habitant la région du lieu de tournage, je suis frappé par les scènes de paysages, la plaine et les lumières austères en hiver rappelant les tableaux de Millet . La scène du miracle est un fait avéré, raconté et écrit par de nombreux témoins de l'époque.
Ce film a une dimension spirituelle inéxpliquable et sa palme d'or quoiqu'on en pense est pour moi largement mérité.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 17 juillet 2012
Bon film sur la religion, qui parvient à peindre au delà de l'amour des Dieux ressentie par les êtres humains, tout le désespoir et la tristesse de l'humanité. La religion apparait ici dans son aspect le plus philosophique : créatrice de sens et donc comme le disait Marx "Opium du peuple" dans le sens où elle apporte le réconfort aux êtres humains (elle donne du sens, crée une vie après la mort). C'est donc l'histoire d'un prête, porte parole de Dieu, qui est racontée ici d'une manière très originale, digne d'un grand metteur en scène comme Maurice Pialat. Le film est marqué par des scènes assez banales et des scène réellement exceptionnelles. Comme lorsque Depardieu redonne la vie à un enfant, ou encore lorsque Depardieu rencontre le diable. Sandrine Bonaire signe une prestation satisfaisante, un peu moins que dans le chef d'oeuvre de Pialat : "A nos amours". Et Depardieu est remarquable pendant toute l'oeuvre. A noter également la présence de Pialat, qui me semble très bon acteur sur chacune de ses apparitions. "Sous le soleil de Satan" présente une humanité désespérée, en crise qui s'aide de la religion pour vivre. Cependant, le film ne fait pas de la religion un discours faux. En effet sa dimension surnaturelle redonne à la religion tout son intêret et à l'humanité son espoir. Grand film donc.
NicoMyers
NicoMyers

71 abonnés 302 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 septembre 2009
Film polémique car il fut hué quand la palme d'or lui a été décerné. En adaptant le roman de Bernanos, Pialat quitte son style vif, documentaire et réaliste au profit d'une mise en scène plus "classique" et de dialogues poétiques. Ainsi, Sous le soleil de Satan ne serait pas le plus pialatesque des Pialat. Qu'importe ! Il s'agit à mon avis d'un très grand film, porté par un Depardieu gigantesque, Sandrine Bonnaire magnifique et Pialat himself, presque aussi bon acteur que metteur en scène. La photographie, de toute beauté, participe au mystère envoûteur de film magnifique, tragique, desespéré, qui semble incomprehensible en surface, mais parce qu'il parle d'invisible, de foi, de grâce et de spiritualité. Au-delà de sa religion, on est porté vers un ailleurs indiscible et fascinant.
Yannickcinéphile

2 879 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 avril 2016
Comme je l’ai déjà dit, à mon sens les meilleurs films de Pialat sont ceux avec Depardieu. Ils se veulent moins « documentaire » dans leur style, et ils abordent généralement les recoins de l’âme humaine avec plus de subtilité et de finesse.
Ce qu’on peut reprocher à Sous le soleil de Satan c’est probablement son côté décousu. Finalement l’histoire de Mouchette ne présente qu’un intérêt très secondaire, et le film semble s’en encombrer dans sa première partie avant de l’oublier totalement par la suite. Ça n’a pas vraiment grand sens même si cela est nécessaire au fil de l’intrigue (mais était-il besoin du coup de nous l’assener longuement au début pour si peu ?). Mais enfin, Pialat signe un film suffisamment riche en sujets originaux (la vocation religieuse par exemple), en moments forts, et introduit suffisamment bien la dimension métaphysique et allégorique pour livrer un métrage intriguant, qui se laisse suivre avec plaisir.
Formellement c’est très réussi. L’ambiance est prenante, avec une réelle perspective atmosphérique (notamment par la présence sensible du vent, la sensation de froid…). Le film propose des décors très beaux, où la photographie un peu granuleuse du film fait merveille. De belles couleurs aussi, le tout servi par une musique un peu dissonante d’un bel effet. Pialat aussi signe une mise en scène qui s’extirpe du simplisme, et ce n’est pas pour me déplaire. Franchement sur le plan formel, Sous le Soleil de Satan est abouti.
Reste l’interprétation, et à mon sens elle est tout à fait convaincante. Pas de surjeu, des acteurs avec des personnages consistants, un Depardieu très sobre, une Sandrine Bonnaire très juste, un Maurice Pialat qui semblait tout trouvé pour ce rôle, honnêtement je n’ai aucune remarque négative à faire sur l’interprétation, qui parvient à donner du volume à un scénario un soupçon chaotique parfois.
Clairement je pense que Sous le Soleil de Satan est le meilleur film de Maurice Pialat. C’est la convergence d’un réalisateur inspiré avec une base très solide signée Bernanos, d’une interprétation au top, et c’est la convergence d’un réalisme très sensible, et en même temps d’une vraie dimension poétique, onirique presque, et quasi-fantastique parfois. 4.5
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mai 2009
Mon premier Pialat, et c'est un grand film, Bonnaire et Depardieu sont excellent, les dialogues envoûtants nous captent dès la première seconde. L'histoire est ambiguë pas facile à cerner, mais très belle.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 13 novembre 2008
Il s'agit comme toujours chez Pialat d'une intérogation sur le sens de la vie. Les personnages éprouvent les pires difficultés à se connaître eux mêmes et tentent par tous les moyens de donner un sens, un objectif à leur vie.
C'est le cas de Donnissan, qui doutant de la confiance que lui inspire sa paroisse, décide de s'infliger les pires suplices pour se sentir plus proche de dieu. Sa tentation est intéreure. Et même si Satan lui apparaît sous l'apparence d'un maquignon, c'est bien dans sa tête que tout cela se produit. Il ne lui reste qu'à accomplir certains actes (auto-flagellation, déplacement du corps suicidé devant l'autel...) pour se rapprocher de dieu, rester dans la ligne du bien et se retirer des griffes du mal.
Délicieusement anticonventionnel.
Inéxorablement âpre, sombre.
Du grand Pialat.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 novembre 2022
Une Palme d'Or à Cannes sous les sifflets pour une réponse assez mythique de l'intéressé, « Je ne vais pas faillir à ma réputation : je suis surtout content ce soir pour tous les cris et les sifflets que vous m'adressez. Et si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus. » C'est dit.

Oublions les polémiques, concentrons-nous sur le cinéma ! Maurice Pialat adapte Bernanos, comme Bresson avant lui il donne de sa personne et raconte les méandres d'un Classique, une Œuvre absolument folle d'un pape de cet Art, un immense long-métrage. Cela va sans dire que Sous le Soleil de Satan n'a rien d'enjôleur, le film est d'entrée très étrange, une austérité s'échappe de l'écran et nous envoie sa froideur et une odeur d'âpreté très distinctif. La Gueule Ouverte, Nous ne Vieillirons pas Ensemble, Loulou sont des films qui déjà utilisait par essence une douleur propre d'un type souffrant le martyr, ici c'est encore pire !

De cette rudesse apparente, aucun charme n'émane, la passion est la encore de surface mais contenu dans un texte d'une beauté qui crève le bide, complexité et théâtralité sont de mise pour encore appuyer sur l'exercice de style et de débauche d'énergie virevoltante. Pialat déroute avec vigueur, invoque le sang comme couleur et surine sa veine de naturaliste avec une fièvre de pitié pus que de rage. J'établis un parallèle avec A nos Amours, touts de cris et de vacarmes, ici le silence est chaos, le seul déferlement est de suite entravé et son ton tout de murmure reviens cogné aux interstices et s'infiltrent dans les cerveaux de ceux qui lâchent prisent ...

Les dialogues et échangent sont contrits d'une violence démultiplié par une caméra dont je m'étonne à chaque fois de son empreinte, du geste inconsidérable d'un type qui donne à voir plus loin que tout sentier battus. Puisqu'il est question de chemin, allons-y ! Que dire de cette scène, celle dont chaque retrouvaille n'appuie qu'un peu plus sur ce que je cherche tant à entrevoir, jamais je ne pourrais oublier cette marche après la messe et de la rencontre qui s'y fait sur ce chemin de campagne. Donissan qui gravit sa colline, jour dans le dos, qui en descend et commence son périple dans la pénombre, celle-ci prenant de l'ampleur pour devenir " Une grande Nuit ". Le baiser d'un ami et la haine du message plein de vindicte entre tourments, tentations et faiblesses sont inscrit dans un coin de mon esprit, une scène impérissable.

Le réveil du prêtre chancelant et la confirmation trouvé de ses nouvelles questions, entre certitudes et doutes en perpétuelles oppositions nous invite à plongé dans un mal qui bouffe, ronge, surine les âmes et entraine d'autres que soit dans une tromperie sans complaisances ni totem de gloire.

Gérard Depardieu, Maurice Pialat et Sandrine Bonnaire et les autres sont d'ailleurs divins. Le premier est complètement ivre du destin du personnage qui l'incarne. La scène ou il se cogne, s'autoflagelle, yeux clos, tête en arrière hante encore mes mots à cet instants. Le second de sa présence contribue à embrumé les contours du trouble qui s'immisce à mesure, son regard, ses mots, son irrévérence inconditionnelle sont magnétiques et captive. Quand à cet dernière, sa pulsion et son jeu sont d'autant plus magnifiques qu'elle bascule dans un enchainement radical, sur une ligne fine qu'elle redéfinit selon l'avancée de l'histoire. La saccade de Pialat dans sa mise en scène lui ouvre donc un champ des possibles idoine. Un mot aussi pour Jean-Christophe Bouvet, inoubliable.

Sous le Soleil de Satan est un long métrage absolument incroyable !
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 28 décembre 2011
J'aimerais inventer une machine à remonter dans le temps pour aller huer Pialat en 87. "Ce n'est pas toi que nous n'aimons pas, c'est ton film que nous détestons !" lui aurais-je soufflé à l'oreille. Pialat semblait bien sûr de lui lors du festival de Cannes qu'il n'eut aucun recul sur l'oeuvre qu'il engendra. Nombriliste au possible, il crut qu'on le sifflait lui alors qu'on sifflait le film récompensé par la palme. Une sorte de roman visuel aux tirades trop longues sans aucun effort d'adaptation (même s'il dit avoir simplifier des choses sinon le film serait "passer bien au-dessus de la tête des spectateurs" (je le cite), car oui, Pialat avait le monopole de la compréhension unique et universelle, les autres étant des cons...), faussement intello. La mise en scène est inexistante, d'ailleurs Pialat le reconnaît lui-même dans la conférence de presse à Cannes "N'est pas Woody Allen qui veut", confie-t-il aux journalistes, il ne dirige pas ses acteurs et paradoxalement les cantonne à un texte ultra-théâtralisé, qui ne leur laisse aucune créativité. On encense les acteurs, ils ne jouent pas faux c'est vrai, mais bien en décalage avec la situation. Les effets techniques sont d'un ridicule peu commun, Pialat photographe ? Alors moi aussi je le suis...

Bref au final on nous propose un film narcissique, Pialat a fait un film pour lui-même, il est de ces réalisateurs méprisants qui pensent se distinguer de la masse par leur discours sacré et inabordable, tant mieux c'est son bon droit, qu'il n'aime pas ceux qui le huent, tant pis, il a simplement oublié qu'un film était fait pour être montré et donc soumit au jugement. Bref il rafle la palme... de l'ennui sans fond et de la branlette intellectuelle... Pardon Monseigneur, je ne suis qu'un humble pêcheur qui ne peut interpréter le message délivré...
Vladimir.Potsch
Vladimir.Potsch

23 abonnés 389 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 juin 2007
Dès le départ, on comprends que l'abbé Donissant doute énormément. Il n'a pas l'impression d'être digne d'être un représentant de Dieu mais au contraire, d'être un pauvre type que l'église à bien voulu admettre dans ses rangs. Pour palier cette pénible impression, il se flagelle plus que de raison en signe de repentance. La rencontre avec le marchand, incarnation du diable à ses yeux, le renforce dans son idée qu'il est plus sous l'influence de ce dernier que de Dieu, et que le Diable est plus fort que Dieu. Aussi, quand il rencontre la jeune femme qui est coupable d'homicide, il ne la condamne pas mais semble l'absoudre. Encore sous l'influence de satan, il développe un argumentaire fallacieux (ce serait la descendance de la jeune fille qui serait cause de tout...) et ce faisant, il la pousse au suicide. En effet, celle ci, pétrie de remords, attendait dêtre condamnée, d'abord par la justice (mais son amant garde le silence), puis au moins par la religion. Elle se retrouve totalement démunie, d'un point de vue moral, par l'ignorance qui est faite d'un geste horrible et condamnable. Conscient que ce suicide est dû à la discussion qu'il a eu avec elle, l'abbé tente, s'emble t'il, d'exorciser le démon en amenant son corps devant l'autel et en plongeant son visage dans sa plaie mortelle. Suite à ce geste, il est sanctionné par l'église et se retrouve curé d'une petite paroisse. Il semble être très apprécié des villageois, et prendre sa mission avec beaucoup de coeur et de sérieux. Viens l'épisode de l'enfant mourrant. Cet épisode semble à nouveau l'ébranler et le mettre dans un état second. N'a t'il pas le même geste(il porte le corps dans ses bras), avec cet enfant, qu'avec la jeune suicidée ? Mais cette fois ci, Ô miracle, il semble avoir réussi à transformer l'entreprise du diable (la maladie) en acte divin (la résurection).
Pialat réussit à rendre cette histoire passionante, et Depardieu a rarement été aussi bon.
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