J'ai vraiment eu beaucoup de mal à regarder ce film. Car, à part le jeu de Gérard Depardieu, je n'ai pas du tout aimé la façon de jouer les acteurs. Ces derniers enfilent les répliques les unes derrière les autres de façon très plate et monocorde, récitée, et l'on entend plus le texte. Je suppose que c'est exactement l'inverse que recherchait le réalisateur, tout en ne pouvant m'empêcher de penser au jeu de Depardieu qui est lui plein de justesse et de puissance. Bien dommage, car j'ai adoré "journal d'un curé de campagne" de Bresson, qui adopte un ton, prend un angle de vue, et raconte aussi quelque chose.
Dérangeant et marquant. Des phrases qui restent. Par exemple : "Tu l'entends le rire de celui qui te trompe ?" pour exprimer le fait que le diable rigole bien quand nous croyons être originaux dans le mal que nous faisons. Nous pouvons tirer un certain orgueil du mal que nous faisons, mais nos actes restent banals ...
Curieuse de découvrir cette palme d'or qui a essuyé tellement de sifflets, je suis restée finalement très impassible devant ce film où je me suis franchement ennuyée, malgré un sujet que je jugeais fort. J'ai essayé de me convaincre que le film avait juste mal vieilli, mais la réalisation est plate (ajouter un filtre bleu quand il y a un peu de mystère, mouais...) et le lien entre Donissan et Mouchette aurait dû être, à mon avis, plus appuyé. En tout cas, je suis passée à côté.
Sous le Soleil de Satan me fait beaucoup penser à Ordet de Dreyer mais ne m'a pas aussi convaincu que ce dernier, faute à l'ésotérisme excessif de ses dialogues, et un manque de clarté vis à vis de son intention. Le film se vit difficilement, tout comme le protagoniste, Pialat nous donne l'impression de s'auto-flageller durant le visionnage. Tout est sombre, la caméra rigide, les acteurs aussi, à l'exception de Sandrine Bonnaire, qui vient insuffler un peu de vie dans ce paysage de mort. Depardieu est très fatiguant à regarder, il s'écroule toute les trente secondes, sans jamais qu'on n'en connaisse la raison (faute à trop d'autoflagellation ?). À l'inverse de Ordet, je n'ai pas eu l'impression que ce film essaye de nous convaincre de l'existence de dieu, plutôt, il nous montre l'existence du diable spoiler: (littéralement lorsqu'il apparaît sous forme humaine pour narguer Depardieu) . J'ai trouvé l’esthétique du film très appropriée à ces sujets de fond. La lumière est très sombre, parvenant parfois d'une source unique, les décors sont simples, les acteurs ne sont pas trop expressif, etc. Tout cela nous fait ressentir la prison austère dans laquelle s'enferment ces personnages qui suivent une doctrine, apeurés par la colère de Dieu si ils venaient à en dévier. Le protagoniste s'interroge constamment sur ce qui est bien, ce qui est visuellement représenté par la lumière qui divise son visage en côté lumineux et côté sombre. La bande son est également austère, faite essentiellement de silences. Parfois, une musique mystérieuse se fait entendre, elle nous suggère qu'il se trame quelque chose allant au-delà du réel, spoiler: ce qui se manifeste par l'apparition du diable, ou encore la résurrection de l'enfant.
Je me rappelle encore ce film des années après l'avoir vu et j'avais été vraiment marqué par la performance de Depardieu qui est habité. Alors certes la réalisation est austère.. d'ailleurs on aurait très bien pu imaginer le jouer comme une pièce de théatre façon Dogville, cela aurait été tout aussi poignant.
Pour tous ceux qui ont le goût des mots et s'interrogent sur le sens de la vie. Egalement pour les amoureux de Depardieu, l'un de ses plus grands rôles. www.laetitiagonzalbes.com
Palme d'or au festival de cannes de 1987 ce qui est bizarre car on se retrouve devant le moins bon film de Maurice Pialat mais cela reste une bonne surprise
Le jeune abbé Donissan est empli de doutes : il sait qu'il est fait pour le sacerdoce, mais il n'arrive pas vraiment à se lier aux ouailles et il se mortifie régulièrement. Son tuteur, Menou-Segrais, ne sait pas trop quoi faire de lui et l'envoie en mission à la campagne. Sur le chemin, il rencontre Satan lui-même qui le met au défi...
Doux Jésus, que de souffrances à regarder cette adaptation aussi torturée, obtuse et sombre que le live ! Ce film n'a rien à apporter de plus. Il est tout aussi pénible de regarder cette histoire que de la lire. Pialat suit le délire de Bernanos assez fidèlement, voire même trop tant les évènements s'enchaînent avec encore moins de clarté que dans le bouquin (c'est dire !), le tout dans une lumière fade et un rythme extrêmement lent. Et comme cette fois on ne "bénéficie" pas vraiment des descriptions psychologiques des personnages, on est encore plus perdus face à leurs élucubrations et actions qui sortent de nulle part, sachant que c'était pas déjà très clair dans le livre non plus. Le personnage de Mouchette par exemple, campé par une Sandrine Bonnaire assez scolaire et vide d'émotions réelles, certainement moins hystérique mais tout aussi détestable (et inutile), se révèle vingt fois plus incompréhensible dans le film. On ne comprend tout bonnement pas ce qui l'anime, ses choix, ses actions, ses mensonges et son suicide (si ce n'est qu'on n'attendait que ça, histoire ne mettre fin à notre martyre à nous, spectateurs). Quant au personnage de l'abbé, joué par Depardieu, sa personnalité reste à peine plus explicitée. Le défi lancé par Satan et le fardeau qu'il lui incombe laissent pantois d'incompréhension, ce qui néanmoins ne diffère pas du récit papier originel... Au final, on s'emmerde, on ne comprend rien, on hallucine un peu, on s'endort beaucoup. Cette histoire restera tout bonnement un mystère, un délire personnel inaccessible que pourtant certains qualifient de chef-d'oeuvre. Pourquoi la Palme d'or, d'ailleurs ? Va falloir vraiment m'expliquer...
Le film est long et il faut bien le dire assez ennuyeux. Le jeu des acteurs est très théâtral et littéraire , On ne ressent pas les émotions, on observe tout ça de loin.
Après sa rediffusion sur Arte il y a quelques mois, une oeuvre difficile d'accès, profondément mystique. Un choc si on veut bien accepter une mise en scène austère mais tellement adaptée au sujet . Depardieu, immense. Un film extrêmement poignant sur le bien et le mal.