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JR Les Iffs
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5,0
Publiée le 18 janvier 2016
Film de Maurice Pialat Drame psychologique et religieux, d'après Georges Bernanos. Belle adaptation de Pialat, très beau texte de Bernanos, une réalisation austère digne de Bresson. Pialat est à l'aise dans ce registre. Une mise en scène parfaite, une reconstitution d'époque simple mais très efficace. Le récit se suit sans ennui. Sandrine Bonnaire était-elle la Mouchette de Bernanos ? Depardieu est un géant ! Les dialogues sont très littéraires. Les décors sont dans des lieux réels et simples : les presbytères, les églises, les paysages. Film métaphysique, d'une grande sensibilité et qui résonne très fort dans des esprits élevés dans un catholicisme pur.
Pourquoi Sous le Soleil de Satan, au-delà d’être une excellente adaptation du roman de même nom signé Georges Bernanos, est-il un excellent film ? Parce qu’il réussit à non seulement faire sentir le mal qui se diffuse lentement, mais surtout à rendre palpable et concrète sa présence par l’absence qui organise l’espace, par le silence qui définit les échanges, par l’incertitude qui gouverne les cœurs, constamment sur le point de vaciller. Le long métrage de Maurice Pialat saisit les trébuchements de ses personnages par une forme froide et figée dans un académisme recherché, traduction par l’image de l’ascétisme et le rigorisme alors en règle. Les pièces sont dépouillées, les intérieurs sont vides, les champs sont labourés, s’étendant à perte de vue mais écrasés sous des nappes de brouillard inquiétantes. Le mal couve là-dessous, là-dedans. Un homme surgit, propose son aide, corrompt. Il a pourtant le visage de monsieur tout le monde. Ne pas s’y fier. L’habit ne fait pas le moine. Et le religieux, en luttant contre Satan, en s’efforçant de croire en un Dieu qui n’est pas là, erre dans les lieux privés de vie et de lumière tel ce moine à la mer peint par Caspar David Friedrich. Nous marchons constamment vers l’inconnu, l’indéterminé, sans savoir si Donissan agit sous le joug d’une illumination transcendante ou, au contraire, de ses pulsions les plus obscures. Le film cultive la noirceur et les zones d’ombre : pourquoi Mouchette, une adolescente nous dit-on, a-t-elle l’apparence d’une femme adulte ? pourquoi le coup de feu ? comment expliquer la guérison de l’enfant ? la mort enfin ? Les questions sont soulevées, mais aucune réponse ne vient les clore. Sous le Soleil de Satan est une œuvre fascinante justement parce qu’elle refuse d’expliquer, de se justifier. Son mystère est puissant, son opacité envoûtante. Et ses acteurs, immenses, Gérard Depardieu en tête.
Film mi-figue mi-raisin entre un propos intéressant sur les doutes d'un prêtre sur la foi et une réalisation beaucoup plus décevante. Gérard Depardieu et Maurice Pialat sont très justes dans leur rôle de prêtre mais le personnage de Sandrine Bonnaire est plus répulsif. De plus, la plutôt mauvaise mise en scène dessert l'histoire. Reste que la réflexion du prêtre sur sa vocation, ses doutes sur la présence du Bien en ce monde alors que nous sommes dans las années folles qui suivent la Première guerre mondiale, au grès des confessions, il perd ses illusions et voit "Satan prince de ce monde" marquant un "Dieu vaincu". Ainsi, le prêtre sceptique est quasiment l'unique intéret du film.
c'est nul, nul et nul ! Les dialogues sont longs, complexes et inintéressants. A aucun moment, ils ne sont suivis de musique ce qui laisse de longs silences. La mise en scène est simple et ennuyante accompagnée de bons acteurs ( Gérard Depardieu, Sandrine Bonnaire ) qui sont gâchés par celle-ci. C'est un "film de papa", sans mouvement, qui ne nous donne uniquement pas envie de retourner se confesser à l'église.
Ça fait déjà un moment que j'ai ce film dans ma besace, l'air de rien, et si j'avais bien évidemment envie de le voir, je ne me pressais pas vraiment (comme toujours quoi). Mais Samedi dernier, je me suis dis "allez, hop on se le met et on verra bien". Avant toute chose, il faut préciser que si j'adore le cinéma de Pialat, ce film me paraissais tout de même particulier. Pas seulement pour sa réputation et son parcours cocasse à Cannes en 87, mais pour son sujet. En effet, là où A nos amours ou Nous ne vieillirons pas ensemble s'intéressent au quotidien le plus banal, à sa cruauté mais aussi à sa beauté propre, ce qui en fait des films absolument magnifiques, là c'est tout autre chose. C'est un film sur la religion, un sujet qui me plaît mais qui semble s'éloigner totalement des autres Pialat que j'ai vu. Du coup je m'interroge : qu'est-ce qui a intéressé Pialat dans cette histoire? Ce côté presque métaphysique, la psychologie de ce personnage cherchant la vérité ultime sur la religion et le monde? Ouais, un peu, mais on s'en fout Pialat reste Pialat! Concrètement le film s'attarde sur le personnage du curé, qui perd pied dans ce monde qu'il pense corrompu par Satan. Du coup, comprenez son geste lorsqu'il rencontre Mouchette! (je ne dis rien) Honnêtement j'ai trouvé cette histoire intéressante, déjà parce que le film ne cède jamais au pathos, non il reste plutôt austère et simple. Ensuite parce que ce genre de personnages a une psychologie follement intéressante, c'est ni plus ni moins que le classique du personnage qui tombe va tellement loin dans sa croyance qu'il finit par devenir le contraire de ce qu'il était. Seulement je dirais que c'est presque ce qui m'a le moins passionné dans le film, au contraire de scènes absolument démentes. Oui l'histoire est très sympa (pas si compliquée d'ailleurs), mais ce qui reste monumental ce sont ces scènes de discussions entre les personnages qui durent et durent. Celle qui m'a le plus marquée est celle où Mouchette ("jouée" par une Sandrine Bonnaire assez hallucinante, je l'ai retrouvé avec un grand plaisir après A nos amours) vient parler à un type spoiler: après avoir tué son amant (je ne me souviens plus du nom du type). Cette scène dure et dure, on a pas de coupe, comme chez Kechiche on laisse la conversation intégrale, elle dure aussi longtemps qu'une vraie dans la vie, et là on peut voir le génie de Pialat, son sens de la mise en scène on ne peut plus simple qui va coller parfaitement à la situation sans en faire trop. Les acteurs ne semblent pas jouer, ils sont justes tout le temps, et là intervient le vrai si cher à Pialat. D'ailleurs la scène se termine enfin d'une manière plutôt intéressante, je ne dirais pas comment mais disons que c'était peut-être la meilleure façon de le faire. Aussi il faut parler de la beauté plastique du film. Alors oui c'est le degré d'appréciation le plus "basique", mais il n'empêche que la photo est super belle. Et Pialat a eu aussi l'intelligence de s'intéresser à ces personnages, de donner une ambiance austère que j'aime bien, il ne va pas en faire trop dans la reconstitution de l'époque, ça n'aurait aucun intérêt. A plusieurs moments j'ai eu l'impression de voir des époques différentes, surtout dans le bureau du type où se ramène Mouchette, j'avais l'impression que c'était plus "moderne". Mais encore une fois on s'en fout, c'est clairement le truc auquel Pialalt s'intéresse le moins. Et une certaine beauté ressort du coup par simple esthétique, par l'absence de musique ou par la longueur des scènes. Par exemple, vers la fin, quand le curé prend dans ses bras un garçon et le fait revivre miraculeusement, une sorte d'exorcisation (un peu comme dans Hors Satan que j'adore aussi) ba je trouve ça beau. Enfin je voudrais dire que ceux qui comme moi aiment Pialat et qui seraient rebutés par ce film, son sujet ne s'inquiètent pas on retrouve ici tout ce qu'on aime chez lui, et si je dois avouer préférer ses autres films pour le moment, ça n'en reste pas moins un grand film qu'il faut voir.
"J'ai dû vous paraître cruel, je vais l'être encore plus." Cette phrase pleine de fiel intervient dès le début du film, elle donne le ton. C'est un film où à l'ineptie du comportement humain répond l'Absolu, la "sainteté". Le texte prodigieux de Bernanos (et de quelques autres) est projeté avec force et hargne. Une Palme d'or justifiée pour un film immense.
Film froid et très austère, ce long métrage se distingue par des acteurs récitant des textes complexes, philosophiques et ésotériques tout en étant très en retrait par rapport à leur rôle, comme victimes d'une sorte de détachement. Bonnaire et Depardieu sortent du lot et sont excellents, contrairement à d'autres acteurs qui récitent par coeur leurs dialogues sans être dans la peau de leur personnage. L'histoire en elle-même est plutôt simpliste mais la forme sobre (très peu de musique, de mouvements de caméra, beaucoup de plans fixes...) colle parfaitement avec l'histoire monacale. Depardieu campe ici un abbé tourmenté en proie au doute, après une rencontre mystérieuse. Personnellement, je fais parti de ceux qui ont adoré ce film qui se détache vraiment des formats traditionnels.
Chef d'oeuvre dans le genre, il est intéressant de noter les réactions que suscite cette histoire de curé un peu brute aux prises avec de pauvres hères jouant simplement à être & ne mesurant pas les conséquences de leurs prétentions : Cette adaptation de roman peut d'ailleurs être vu avec ou sans foi & découvre 1 autre champ culturel un peu ignoré aujourd'hui ; tel les oeuvres de Barbey D'Aurevilly.
1h25 !? Vous avez eu de la chance moi il durait 1h30. 1h30 de ma vie que j'ai perdu et qu'il va falloir que je rattrape en mangeant plus de légumes. Zut j'ai encore perdu du temps en écrivant cette critique... Argh... Satan doit être derrière tout ça.
Voiçi le film tant contesté de pialat ( à tort) et probablement son meilleur. Les acteurs , on le sait avec pialat, tiennent une place de choix dans ses films ou toute forme de superflu est soigneusement gommée. Il en va de même avec ce chef d'oeuvre, avec un depardieu qui démontre ce qu'il savait faire lorsqu'il était encore un acteur ...
J'en ai assez des films français. Entre les jeux d'acteurs ridicules et les dialogues beaucoup trop inutile et fastidieux et destinés à un public vieille France de 1652. Les acteurs apprennent leurs textes et le ressortent sans y apporter d'émotion donc on ne s'attache à aucun des personnages. Les paroles sont prononcés comme si nous étions au théâtre mais le rendu sur grand écran est totalement différent et décrédibilise le film.
Ce film est âpre et manque de subtilité. Aucune musique, et puis subitement pour des plans de transitions ou plus exactement de déplacement de Gérard Depardieu, une musique tonitruante (fortement en avant dans la banque son) d'Henri Dutilleux. Sinon, cet univers nous est complètement inconnu : la vie d'un prêtre; le concept de mal; le concept de Satan; les états d'âme d'un prêtre qui ne croit plus en Dieu, mais au Diable; la bigoterie des bourgeois ou des gens simples et le pouvoir d'un prêtre au pays des gens simples. Le film montre bien le rôle de contrôle de l'église. Sinon ce qui nous maintient éveillés est la mise en scène de Maurice Pialat, qui tire le spectateur, souvent en filmant quelque chose qui pour partie hors champ, derrière une porte, dans l'ombre en arrière plan. Beaucoup de plans son beaux et très composés, à base d'obscurs. La force du film est la conviction des acteurs. Gérard Depardieu est impressionnant. Sandrine Bonnaire aussi. Tous les acteurs sont marquants, malgré ou grâce à des dialogues très littéraires, irréalistes et empreints d'une certaine beauté.
C'est vrai que parfois, la direction d'acteurs laisse à désirer. Depardieu et Bonnaire semblent parfois réciter. C'est cependant indéniablement voulu. Cette plate théâtralité dans le jeu, le mystère improbable de certains (deux) événements du film, les personnages (bien posés), la lumière créent une ambiance prenante. On a reproché à ce film d'être intellectualisant. C'est sans doute vrai, il suffira alors de le regarder sans se torturer les méninges, en profitant seulement de l'ambiance.
Quand on parle de films français, on a tendance à parler de la politique des auteurs et son côté intimiste. Ici, on a un cas tout à fait juste de cette vision ! Mais ce film est vraiment trop long, les acteurs mauvais sauf peut-être Depardieu qui élève un peu le niveau. Le sujet est chiant et à moins d'être fasciné par la religion, c'est un calvaire de le regarder. Le seule séquence intéressante est celle de la rencontre avec le diable, sinon on attend très vite la fin.