Sons of Philadelphia est donc un polar classique mais efficace. Jérémie Guez propose des portraits passionnants de deux hommes reliés par le sang, magnifiés par les prestations parfaites de Joel Kinnaman et Matthias Schoenaerts.
Initialement écrivain et scénariste, Jérémie Guez s’est essayé à la réalisation de long-métrage avec “Bluebird” en 2018. “Sons of Philadelphia” est son second film. Adapté du roman “Brotherly Love” de Peter Dexter, l’histoire nous plonge dans les rues sombres de Philadelphie. Deux cousins qui ont grandi ensemble vont voir leur passé ressurgir après que l’un des deux ait été victime d’une tentative d’assassinat. Noir et pessimiste en apparence, le thriller décrit les tourments et rancoeurs des âmes esseulées dans une ville ou mafias et violences règnent en maîtres. Fort heureusement, le casting offre des nuances plus intimes à cette intrigue trop souvent neurasthénique. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Philadelphie, Peter et Michael sont deux malfrats aux tempéraments opposés. L’un est aussi violent et exubérant que l’autre est taciturne.
C'est Peter Dexter, écrivain et réalisateur, qui pour son second film après Bluebird (2020), adapte le roman "Brotherly Love" écrit par Peter Dexter. Le film a été présenté hors-compétition au Festival du Cinéma Américain de Deauville et au Festival international du Film Policier
J'étais plutôt content de voir réuni Matthias Schoenaerts et Joel Kinnaman avec cette thématique sur la mafia. J'ai profité de ce très bon drame comme il se doit.
Je suis particulièrement friand de ce type d'ambiance. On est plongé dans la ville de Philadelphie connu pour ses violents affrontements entre familles mafieuses. C'est donc un contexte très sombre qui fait penser au polar noir classique. J'aime la froideur dans l'image. On sent que tout peut basculer à n'importe quel moment dans ce monde où la violence est maitre.
Cela ressort surtout par le personnage de Michael, un homme incontrôlable. Il ne connait pas les mots mais seulement la force pour imposer le respect. Avec lui, on va vivre des moments tendus. Ame sensible s'abstenir car il n'aura pas de limite sur le sang pouvant couler. Des passages chocs qui vont donner du rythme à ce film qui sans cela aurait été un peu plat parfois.
Le dosage est donc bien adapté à mes yeux. D'autant plus que pour ne pas sombrer uniquement dans la haine, c'est le rôle de Peter qui va venir crée un équilibre. Il sera beaucoup plus dans la réflexion. En réalité, seules les parties sur l'enfance de Peter vont parfois un peu ralentir en étant trop nombreuses.
Une grande partie de l'intérêt va donc être devant ces deux visions qui s'opposent dans la manière de gérer leurs affaires. Est-ce que leur lien familial va suffire à garder cette harmonie ? Vont-ils résister aux attaques des autres mafias ? Des problématiques qui m'ont captivée.
Il faut dire quel duo pour avoir ce spectacle. Matthias Schoenaerts et Joel Kinnaman sont parfaits dans leur rôle. Le premier d'un calme et d'une gravité profonde, et le second d'une nervosité poussant à la méfiance.
A vouloir respecter les codes du film noir Jérémie Guez a fait un film monotone, sans rythme, bref, soporifique. Idem pour l'interprétation monocorde de Kinnaman et Schoneaerts qui renforce l'ennui. Reste l'ambiance bien rendue et des personnages intéressant mais mal exploités.
Un bon film d'ambiance, où l'on sent la pression à chaque instant, sans réellement la montrer, en arrière plan la confrontation entre 2 cousins qui sont différents l'un de l'autre tout en étant toujours lié pour la lien familiale....
Déjà auteur du très bon Bluebird Jérémie Guez récidive avec un polar américain de très bonne facture. Sons of Philadephia s’inscrit dans la veine des polars familiaux avec l’itinéraire de ces deux cousins gangsters qui n’ont rien en commun si ce n’est les liens du sang qui les lient. Dans ce genre de film l’interprétation est importante et elle s’avère très solide, en particulier Matthias Schoenaerts qui bouillonne intérieurement et qui paraît également accablé par les événements. Alors oui Scorsese ou James Gray qui ont visiblement beaucoup inspirés Guez ont déjà fait mieux dans le genre mais c’est tout de même un bon film sur la difficulté d’échapper à d’où l’on vient.
Assez déçu par c thriller qui se veut psychologique, trop sans doute et qui manque souvent de rythme. Certes l'interprétation et la photographie en particulier sont très soignées mais cela ne suffit pas pour captiver et lutter contre l'ennui.
"Sons of Philadelphia", deux cousins issu de la mafia irlandaise luttent contre la mafia italienne qui devient de plus en plus forte. Mais dans la famille Michael à des actions que Peter n'apprécie pas et va devoir faire un choix... Un polar noir dont les critiques vantaient les méritent mais moi et les critiques je m'en fou pour rester poli car souvent à l'opposé et ici encore ce fut le cas. Le film est bon dans son ensemble, la tension montre crescendo, on voit les choix des uns et des autres qui va opposer de plus en plus les cousins avec des flashbacks qui donnent à l'intrigue sa tension en pleine ascension. J'ai apprécié le duo qui est vraiment à l'opposé dans leur façon d'être avec un taré et un plus zen (je résume complet!lol) mais je me suis demandé quand même comment Michael "le leader") est resté si longtemps en vie ou pas fini en taule malgré la présence de Peter bref... Sauf que perso, on devine la fin beaucoup trop vite et ensuite les scènes que je considèrent "clés" restent trop gentillette à mon goût et cela "gâche" un peu. Ma note d'hier aurait été entre 4-5 car un peu déçu mais aujourd'hui plus 5-6.5...comme quoi les réactions à chaud mais je vais pas mettre 2 notes, une à chaud et une à froid déjà que parfois il y a débat dans mes notes!浪 NOTE : 5.5/10 (moyenne chaud/froid
Autant Nevada le film de Laure De Clermont-Tonnerre est un petit chef d'œuvre, autant Sons of Philadelphia est une nullité sans nom. Déjà le film n'a rien à faire aux Etats-Unis. Jérémie Guez aurait dû situer l'action du film en Belgique néerlandophone ou aux Pays-Bas, et il en aurait certainement eu un meilleur résultat. Qui plus est, Matthias Schoenaerts a déjà joué des rôles de voyou. On se souvient de sa performance incroyable dans Bullhead (Rundskop). Et de penser que Sons of Philadelphia aurait eu une âme si le film c'était appelé, zoon van Antwerpen. Jérémie Guez n'a rien à faire aux Etats-Unis. On a l'impression qu'il débarque là, sans doute fan des thrillers américains, mais l'hommage est pénible. On a droit à tous les poncifs. Les scènes sur l'enfance sont dignes d'une mauvaise série TV. D'ailleurs les studios américains pourraient proposer à Jérémie Guez un contrat de réalisateur auto-changeable de séries, ce serait une suite de carrière légitime pour lui, tant le film est impersonnel et bâclé. Jérémie Guez est incapable de traiter plusieurs sujets à la fois. Il n'y a aucun style, juste une admiration pour ce genre cinématographique. Il néglige d'analyser les situations, et le résultat est superficiel. Jérémie Guez aurait dû revoir sa copie tant il n'est pas minutieux dans son travail. Par manque d'inspiration, il échoue lamentablement.
Évidemment nous ne sommes pas chez Scorsese, mais le thème est plus mineur: c'est de la "petite mafia" dont il s'agit, et le cinéma de Guez est moins flamboyant. Mais il n'empêche, c'est un français qui a filmé ça, en gros plans ténébreux, avec un comédien belge, Schoenarts, qui s'affirme de film en film. Donc on tire son chapeau: l'ensemble est tenu, sans fioritures, sans pathos, comme un engrenage infernal qui emporte le "cousin pacifique"...
La mafia est toujours affaire de famille, dans tous les sens du terme.. Au-delà d’une guerre des gangs à venir entre Italiens et Irish mob, c’est aussi un cycle familial qui se reproduit de génération en génération, comme une malédiction ou une tragédie antique, entre deux cousins élevés comme des frères : Peter, un taciturne rongé par le passé (Matthias Schoenaerts, en voie de minéralisation) et l’exubérant Michael, toujours à deux doigts de basculer dans la folie meurtrière (Joel Kinnaman). Le piège du film de mafia, même quand on s’appelle Scorcese, c’est que le spectateur a une idée précise de ce qu’il doit renfermer, et le réalisateur ne peut que s’y conformer, surtout s’il ne s’appelle “que” Guez. S’il fait sien nombre de clichés du genre, jusqu’au niveau du détail visuel ou du tic langagier, ‘Sons of Philadelphia’ privilégie les affrontements du regard aux fusillades de rue. Peu porté sur l’action, peu porté à représenter la ville comme un personnage à part entière, peu dissert sur les contingences de l’affrontement extérieur (on sait à peine dans quelles affaires les deux cousins trempent), le film préfère s’attarder sur l’intime, la lente prise de conscience par Peter Flood de l’engrenage familial et criminel dans lequel il s’est enfermé. S’il ne possède pas l’ampleur et la cinégénie des classiques du films de gangster de la côte est (même ‘The town’ de Ben Affleck avait plus de gueule), le fait qu’il s’agisse d’un film tourné en décors américains avec des acteurs américains mais écrit et réalisé par un français modifie beaucoup de choses, des dialogues au sens du cadrage, et confère quand même à ‘Son of Philadelphia’ une certaine spécificité.
L'intrigue est peu originale, sur fond de vengeance familiale, deux cousins dont l'un n'est pas bien dans sa tête vont s'assister mutuellement. On est placé devant une guerre des clans entre italiens et irlandais dans le quartier de cette ville de Philadelphie qui pourrait tout aussi bien être n'importe quelle autre grosse mégalopole américaine, dans ce pays qui est gangréné par les armes à feu : la violence se déchaîne sur des prétextes futiles et relaye les déséquilibres psychiques et mentaux de ses protagonistes, sans autre échappatoire qu'une réponse à la violence par la violence, c'est ce qu'on connaît du quotidien de cette nation qui n'a toujours pas légiféré sur les armes à feu et qui en pleure tous les jours les conséquences dramatiques, ça en devient lassant et on a envie de dire : "circulez, y a rien à voir".