Roubaix une lumière, le dernier film d’Arnaud Desplechin, nous emmène dans une ville ingrate, de briques rouges et sales, abîmées, qu’on croit connaître. La caméra rôde dans les quartiers mal famés avec leurs maisons vides ou squattées, et croise des jeunes filles en cheveux dans la rue… La violence affleure pour des broutilles. Des jeunes volent 20 euros au boulanger du coin, un petite vieille se fait tuer pour trois bouteilles de détergent et une télévision. Mais Roubaix brille des lumières de Noël: guirlandes, décorations, néons scintillants, ambiance à la fête. Le réalisateur nous fait partager la joie des lumières de la nuit aussi: celles des feux arrière de voiture, des voitures qui brûlent, ou des maisons… Le contraste saisit le spectateur entre ces extrêmes d’une période de l’année plutôt dédiée à la bienveillance en famille et le caractère sordide des faits divers qui mobilisent les policiers du commissariat central.
Le héros, Daoud, est un commissaire attentif dans ses relations, notamment aux suspects. Il avoue au jeune stagiaire intello et croyant qu’il sait toujours quand ils lui mentent.
Il les fait parler. Avec douceur mais lucidité. Il connaît la ville, ces familles immigrées depuis plusieurs générations. Son parcours personnel est semblable. Il salue également les crapules locales. Il cherche les failles. Ne s’énerve jamais. Son équipe, hommes et femmes, monte au créneau pour lui. Les confrontations peuvent paraître violentes mais elles sont efficaces, sans violence physique.
Le chemin, de l’incendie, au vol puis au meurtre, s’effectue par étapes, pour les criminelles comme pour l’enquête: recoupements et observation fine des lieux. La géographie du quartier. Et de l’assassinat. L’histoire d’une jeune fille, trop jolie, à qui tout a été donné trop facilement...La suite sur
https://cascaro.wordpress.com/2019/08/30/roubaix-une-redecouverte-en-forme-de-jeu-de-piste/