Roubaix, une lumière
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342 critiques spectateurs

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ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 août 2019
Très curieux de voir Arnaud Desplechin sortir de son ordinaire. Pour la première fois, il relate un un fait divers. Aucun de ses films n'a jamais été aussi proche du réel, aussi noir, aussi oppressant. D'entrée, une ambiance lourde et glauque s'impose. Son scénario, inspiré lui-même d'un documentaire traitant du sordide assassinat d'une vieille femme à Roubaix en 2002 , nous tient en haleine en permanence. Il porte un regard plutôt bienveillant sur les personnages, nous les rendant facilement attachants, qu'ils soient policiers ou suspects, tout en nous laissant, une fois de plus, perplexe sur la noirceur de l'âme humaine. Le tout sans concession sur une société à la dérive, tout autant que sur une région (d'où le réalisateur est originaire). L'ensemble est parfaitement ficelé par une mise en scène magistrale. La direction d'acteur est au diapason. Roschdy Zem trouve là un de ses meilleurs rôles, Léa Seydoux et Sara Forestier (que je n'apprécie guère d'ordinaire) sont assez bluffantes toutes les deux, et Antoine Reinartz (césarisé en 2018 pour 120 BPM) très convaincant en jeune flic récemment muté. Roubaix, une lumière, chronique policière tout autant que drame social, est un film troublant, sombre, intense et poignant. Première incursion dans le polar totalement réussie donc pour Arnaud Desplechin. L'un des meilleurs films français de l'année.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 août 2019
Au début du film, il y a la nuit, mais pas n’importe quelle nuit, puisque c’est celle de Noël. Les guirlandes qui scintillent dans les rues de Roubaix semblent cependant bien dérisoires. Ont-elles le pouvoir de dissiper un tant soit peu la disgrâce de la ville réputée la plus pauvre de France ? 46% des habitants y vivent sous le seuil de pauvreté. C’est là, cependant, dans cette ville où la misère sociale et humaine est omniprésente, ville où lui-même est né, qu’Arnaud Desplechin a entrepris de chercher de la lumière. Ou, plutôt, une lumière, comme l’indique le titre. Il s’inscrit ainsi dans une veine, parfois exploitée, dans le genre du film noir, y compris à l’époque de son âge d’or, durant les années 40 et 50. Un film comme La Maison dans l’Ombre (On dangerous ground – 1952) de Nicholas Ray en est l’exemple parfait. Dans une histoire de violence très sombre intervient un personnage porteur de lumière, le paradoxe étant, dans le film de Ray, qu’il s’agit d’une femme aveugle jouée par la sublime Ida Lupino.
Mais revenons au film d’Arnaud Desplechin, qui s’est lui-même inspiré d’un documentaire de 2008 intitulé Roubaix, commissariat central, documentaire au cours duquel on pouvait voir deux femmes qui, pressées de questions par les policiers, passaient aux aveux, admettant avoir commis le meurtre d’une personne âgée. Tous les éléments de ce documentaire, dans lequel il est également question, entre autres, d’un incendie criminel, de la fugue d’une jeune fille mineure et d’un viol dans le métro, se retrouvent dans le film de Desplechin. Du coup, on peut légitimement se demander s’il était vraiment utile de faire jouer à des acteurs les rôles de ces personnes bien réelles. La réponse est oui, ne serait-ce qu’à cause de l’intention affichée dans le titre du film, chercher une lumière là où il semble impossible d’en trouver, de quelque ordre que ce soit.
Nul besoin pour Arnaud Desplechin de mettre en scène les crimes, il lui suffit de quelques plans pour placer en évidence la sordidité des lieux où se traînent des vies sans le moindre espoir d’un avenir meilleur. C’est là que, enquêtant sur un incendie criminel, les policiers se trouvent en présence d’un couple de deux femmes dont on devine aussitôt, rien qu’à leur aspect, qu’elles ne connaissent que la misère. Claude et Marie sont interprétées de manière persuasive par Léa Seydoux et Sara Forestier. Interrogées d’abord parce qu’elles sont voisines de l’immeuble incendié, elles deviennent progressivement suspectes, non seulement d’avoir provoqué l’incendie mais également d’avoir tué, pour lui dérober ses quelques biens, la femme âgée qui y résidait et dont on a fini par retrouver le cadavre.
Or, parmi les policiers qui interviennent au cours du film, il en est deux qui se détachent : le commissaire Daoud (joué par l’excellent Roschdy Zem) et Louis (Antoine Reinartz), l’un de ses lieutenants. La grande idée d’Arnaud Desplechin, c’est de les avoir conçus de façon complémentaire. Le second, Louis, quelques plans rapides nous font savoir qu’il est croyant. Il a certes rejeté, à l’époque où il devait faire sa première communion, un appel au sacerdoce, mais un plan très fugace nous le fait voir en train de prier, demandant à Dieu la force du pardon. Or cet homme qui prie, lorsqu’il exerce son métier de policier, n’en reste pas moins un enquêteur comme les autres, prompt à s’énerver, à crier, à s’emporter, voire à menacer, quand il est en présence des supposées coupables qu’il s’agit d’interroger. À contrario, Daoud, lui, se distingue invariablement par sa patience, sa prévenance et sa douceur. Dès qu’il est là, quelque chose change. Lui qui n’est pas présenté comme quelqu’un de croyant, quand il apparaît, c’est comme s’il portait avec lui la lumière. En somme, l’on a affaire deux hommes dont l’un est un croyant sans la grâce et l’autre un sceptique porteur de grâce.
En écrivant cela, je songe à d’autres œuvres abordant ce même thème, par exemple A la merveille (2013) de Terrence Malick, film dans lequel Javier Bardem jouait le rôle d’un prêtre n’ayant plus la foi mais n’en continuant pas moins de servir les pauvres. Qu’est-ce qui est préférable ? Avoir la foi tout en étant dépourvu de grâce ou en être doté bien qu’incroyant ? Je n’ai pas la moindre hésitation, pour ma part, quant à la réponse.
Pour la première fois dans son parcours de cinéaste, Arnaud Desplechin aborde le genre du film noir, ou du polar, et il le fait avec un indéniable talent. Captivant, le film, sans jamais céder au voyeurisme, n’occulte rien ni de la misère sociale ni de ses terribles conséquences. Deux filles paumées, exclues, sans avenir, assassinent une pauvre vieille. Le commissaire Daoud fait son boulot de policier mais il a bien perçu que ces filles-là, si elles sont coupables, sont aussi et d’abord des victimes.
Jean-Flavien P
Jean-Flavien P

30 abonnés 44 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 août 2019
Film (très) noir réussi, le film est d’ailleurs comme le dit le titre vraiment bien éclairé et sombre, belle mise en scène, Roshdy Zem comme Léa Seydoux et Sara Forestier sont totalement justes et il est surtout intéressant et rare de voir le travail quotidien d’un inspecteur de police aussi bien traité, tant dans son environnement que dans ses procédures.
Alice L
Alice L

180 abonnés 208 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 août 2019
Desplechin prouve une fois encore qu'il est un des cinéastes français les plus passionnants et nous surprend avec un polar efficace porté par Roschdy Zem magistral
regard00
regard00

2 abonnés 62 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 août 2019
Formidable film très prenant un vrai polar français sur fond social. Des acteurs si justes. Une mise en tension vraiment prenante à voir
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 21 août 2019
Alléché par le casting et l'histoire, j'ai été voir ce film qui est en fait comme un documentaire. Il ne se passe pas grand chose, c'est plutôt soporifique et franchement, j'ai été vraiment déçu malgré la forte présence de Roschdy Zem qui est un excellent acteur. Dommage !
elrton
elrton

3 abonnés 1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 août 2019
Ce film est d’une longueur... le scénario part dans tous les sens, le 3/4 des plans sont des gros plans sur les visages des acteurs.... on s’ennuie
Rgxbx
Rgxbx

21 abonnés 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 août 2019
Comment je me suis fait emprisonner... (ma garde à vue prolongée)

Qui attendait Arnaud Desplechin dans le thriller social ? Certainement pas moi. Le roubaisien relève le défi avec brio. Le film est scindé en deux parties. La première partie est une chronique sociale de la petite délinquance quotidienne du commissariat de Roubaix. Philippe Duquesne en escroc à l'assurance y est - comme toujours - délicieux. Les enquêtes se multiplient et Desplechin emploie tout son talent de metteur en scène pour construire de vrais personnages que l'on aimerait suivre pendant des heures.
La deuxième partie se concentre sur le couple Seydoux/Forestier qui, quoi qu'on en dise, est parfaitement crédible et juste.

Arnaud Desplechin nous confirme qu'il est toujours le meilleur cinéaste français. Sublime.
jean l.
jean l.

177 abonnés 254 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 août 2019
Formidable film policier de Arnaud Desplechin avec un cast fantastique
Base sur une histoire vraie terrifiante, le film passe par des moments de tension pour finir dans l'émotion totale
velocio

1 538 abonnés 3 500 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 août 2019
Soyons franc : je suis toujours resté extérieur au cinéma d'Arnaud Desplechin qui m'a toujours apparu artificiel et oiseux. Eh bien, cette fois ci, pour ce film qui était en compétition (comme d'habitude !) à Cannes 2019, mon jugement se fait beaucoup moins sévère. Ce film, ce polar, Desplechin l'a tourné dans sa ville d'origine, une ville qui vivait pour et par le textile et qui est une des villes les plus pauvres de France. Dans la première partie du film, Desplechin nous fait vivre le quotidien du commissariat de police de cette ville. Puis, suite au meurtre d'une vieille femme, le film s'oriente vers les interrogatoires des deux jeunes femmes soupçonnées, des toxicomanes, des alcooliques, ainsi que sur les reonstitutions. Pour une fois, Desplechin s'aventure donc dans le récit d'une histoire réaliste (le film s'inspire d'un fait divers qui s'est déroulé à Roubaix en 2002) et les qualités qu'il démontre dans ce domaine sont loin d'être négligeables. Il faut dire qu'il est particulièrement aidé par l'interprétation de Roschdy Zem (Le meilleur comédien français de notre époque ?) en commissaire posé et plein d'humanité. Les prestations de Antoine Reinartz en jeune lieutenant de police inexpérimenté et de Léa Seydoux et, surtout, Sara Forestier en meurtrières marginalisées sont également à signaler. A présent, une question se pose : Arnaud Desplechin va-t-il définitivement poser son cinéma dans une certaine forme de réalisme ou va-t-il retourner à ses habituelles élucubrations filandreuses ?
L'Info Tout Court

464 abonnés 1 025 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 mai 2019
Roubaix, une lumière est le film où on ressort sans savoir si on a aimé ou non. Après réflexion, on penche plutôt du côté du « oui ». Entre la musique omniprésente et le style de l’enquête, on pourrait parfois se croire dans une série TV, mais pas dans le bon sens du terme. Néanmoins, Desplechin s’avère redoutable lorsqu’il filme de longs interrogatoires, ainsi que par son talent à reconstituer un fait jusqu’au bout, détail après détail, afin d’en soutirer toute sa complexité
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 647 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 mai 2019
Roubaix est une commune du nord de la France proche de Lille. 45% de la population vit sous le seuil de la pauvreté et une grande partie du territoire est considéré comme sensible. Un soir de Noël, le chef de la police locale et le lieutenant, nouveau venu dans la ville, règle les nombreuses affaires d’incendies, vols, fugues de mineurs, fraudes à l’assurance et même de viol. Dans les mêmes temps, une vieille dame est retrouvée assassinée chez elle. Les deux témoins sont rapidement considérées comme suspectes et mises en garde à vue. C’est en totale immersion qu’Arnaud Desplechin nous fait traverser les rues de Roubaix et nous fait découvrir les procédures d’une enquête pour meurtre. Sur fond de documentaire, le cinéaste instaure une véritable atmosphère de thriller ou chaque clé de l’investigation est captivante. Léa Seydoux et Sara Forestier sont étonnantes dans leur rôle mais ce sont surtout les hommes Roschdy Zem et Antoine Reinartz qui transpirent à l’écran. Dans « Roubaix, une lumière », Desplechin filme l’état présent d’une ville malade hantée par la noirceur de ses événements. Malgré l’émotion qui se dégage des personnages, il réussit à tenir une distance nécessaire pour crédibiliser le réalisme de son récit. Une enquête sociale particulièrement intense.
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