Les fans de Cronemberg - Le père - ne seront pas perdus dans ce film qui mélange de façon malsaine l'exploration du corps, de la notion d'identité, de sexe et de mort, avec scènes d'horreur sanguinolantes. Pour les autres dont je fais partie, difficile de comprendre comment on peut s'extasier devant tout ça d'un simple point de vue de l'histoire confuse et d'une lenteur lourde.
Un scénario très intéressant mais sous exploité au profit de la forme, de la mise en scène. Image choc, gros plan et couleur criarde se charge de nous plonger dans le malaise ambiant. Un peu trop sanglant a mon goût. On sent clairement les références du père. Âmes sensibles s'abstenir !
Relativement violent, le film est assez prenant pendant la 1ère heure, puis perd un peu de sa lisibilité dans son dernier tiers, lorsque les 2 personnalités dans un seul et même corps se manifeste...Dérangeant et visuellement très réussi, ce qui est déjà un bon point. Pour le reste, cette série B, du fils de David Cronenberg a trop de défauts pour devenir culte
Je saurais pas dire si j'ai bien aimé ou pas. C'est un film à concept, c'est plutôt original, la réal oscille entre le bon et le quelconque : la caméra à l'épaule qui vacille pendant les champ-contrechamps c'est insupportable, ça coûte trop cher les stabilisateurs en 2021 ?.
On sent que c'est un des premiers films du réalisateur mais y'a de bonnes idées de mise en scène et de montage. Je pense notamment aux scènes de "possessions" psychédéliques (on n'en attendait pas moins du fils de Cronenberg) qui sont vraiment bien foutues visuellement. Et les espèces de travelling débullés sur les buildings, vraiment classes. Y'a une vraie ambiance.
Maintenant, j'ai pas compris le parti pris de l'ultra-violence, c'est gore pour être gore et ça dessert plus le film qu'autre chose me concernant. Moi qui n'aime pas le gore, j'étais vraiment mal à l'aise pendant certaines scènes. La dernière fois que j'ai ressenti ça, c'était sur le film Climax de Gaspar Noé, qui était déjà bien violent.
Puis la fin m'a énervé. spoiler: Je m'attendais à ce que le mec "possédé" aie la possibilité de se venger mais non, on lui détruit sa vie, et pour lui, c'est un sad ending total, bien que je crois avoir compris que le mec lui-même n'était pas satisfait de sa vie et de son ménage . Mais j'aurais peut-être aimé une fin un peu plus terre-à-terre, un peu plus conventionnelle, je sais pas. :/
Je mets à ce film 3 étoiles par défaut, mais il est très dur à noter. A mon avis, certains vont crier au génie, d'autres à l'arnaque, moi je dirais que c'est un peu des deux. :D
Totalement fan de ce film qui regorge d'instants glaçants, hypnotique; ce monde détestable est cruellement crédible, on frôle parfois le film d'horreur; la thématique du corps est exploitée à fond. Les acteurs sont au top. On regrettera peut-être juste d'une bonne photographie pour porter encore plus haut le film. Bref: à découvrir d'urgence.
La promesse était bonne mais finalement... qu'est ce que C'est chiant! Long, lent, d'un ennuie bien plus insoutenable que les scènes de violence elles-mêmes. Je ne comprends pas les critiques élogieuses sur ce film qui ne mérite aucun intérêt, vraiment!
Et bien les chiens ne font pas des chats. En effet en regardant Possessor j’ai eu l’impression que Brandon Cronenberg reprenait les obsessions que son père semble avoir délaissé. Pour illustrer un peu ce que le film évoque je dirais que c’est une sorte de croisement entre eXistenZ et Inception avec l’histoire de cette tueuse qui pour exécuter ses contrats prends possession du corps d’un proche de ses cibles. Va s’en suivre dès questions sur l’identité et une opposition entre deux personnalités dans un même corps. Le sujet et le traitement sont passionnants mais le film a quand même quelques gros manques. Est ce le fait d’une interprétation pas très relevé? Mais j’ai trouvé que le film manquait d’émotions et de nuances, à ce niveau j’ai trouvé le film trop clinique, trop froid. La photo elle n’ont plus n’est pas terrible et renforce ce côté froid. On peut aussi ne pas adhérer au côté arty que le film semble vouloir se donner. Bref j’ai trouvé ça remarquable sur le fond, un peu raté sur la forme.
S'il y a bien une fois où le dicton "Tel père, tel fils" sera totalement faux, c'est dans la famille Cronenberg. Le paternel a beau nous avoir quelques fois bluffé (on repense à ses magnifiques Les Promesses de l'ombre ou History of Violence) et quelques fois étonné (ses films "organiques", qui mélangent le corps à des technologies diverses), on regarde ce qu'a produit son fils comme un caillou dans notre chaussure. Possessor est absolument ennuyeux, tente de marcher sur les platebandes de Cronenberg Père avec son sujet qui mêle possession numérique (par implant cérébral, avec les machines d'Avatar) et corps possédés malgré eux pour tuer des proches, mais sans jamais parvenir à n'être qu'une resucée sans saveur (Existenz, pour ne citer que lui). Ce ne sont pas les plans hystériques mixant les couleurs et les images qui se décuplent qui vont nous impressionner, au contraire, on ne sait pas ce que l'on regarde, se demandant juste quand cela prendra fin. La fin, d'ailleurs, est plus que décevante, nous assénant comme seul twist que la mercenaire spoiler: est accomplie en tuant son fils et son ex-mari sans aucun remord... Pour les émotions, on repassera, pour la tension dramatique qu'aurait pu impliquer un tel acte, on repassera, pour le jeu d'acteur en général, on repassera. Loin d'avoir peur d'une aiguille et de sang jeté au sol (sans envie), on se questionne toujours sur le côté dérangeant de Possessor, si ce n'est qu'il ne dérange absolument pas pour ronfler.
Le fils de David Cronenberg offre un thriller fantastique d'anticipation plutôt bien mené. Il signe un film radical sur l'usurpation d'identité, et sur le morcellement de l'individu. Tout en gardant une certaine finesse d'écriture.
" Possessor" réalisé par Cronenberg fils, récompensé par le Grand Prix au dernier festival de Gérardmer est une franche déception pour moi . En effet j'ai trouvé l'histoire trop confuse, trop complexe et difficile d'accès pour réellement avoir de l'enthousiasme devant ce film, même si l'ensemble est original, avec un montage très esthétique et un tandem Andrea Riseborough et Jennifer Jason Leigh qui fonctionne bien. Frustrant dans son ensemble.
Nous pouvions le sentir revenir plus grand et plus ambitieux, à la suite d’un « Antiviral » qui a manqué de nous convaincre totalement. Pourtant, Brandon Cronenberg se dresse de nouveau devant nous, avec un récit plus modeste, mais qui gagne en efficacité. Il aura bien laissé mûrir cette thématique de la perte de contrôle et il s’amuse encore à cultiver la violence corporelle. En reposant son intrigue sur le développement de personnage, il nous dévoile cette face cachée qui faisait cruellement défaut dans son précédent long-métrage et qu’il aura certainement mise au point dans son dernier court-métrage « Please Speak Continuously and Describe Your Experiences as They Come to You », dont le titre parle de lui-même. Toutefois, ne nous fions pas aux a priori les plus primaires, à commencer par une fastidieuse comparaison avec son paternel, qui a déjà renforcer son empreinte dans nos esprits.
Et c’est avec cette ironique transition qu’il revient hanter ses nouveaux sujets avec une technologie loin d’être délirante, mais qui bâtit un lien solide avec les différentes formes de piratages que l’on peut rencontrer aujourd’hui. Bien entendu, Cronenberg amorce son analyse avec une radicalité à en scier nos rétines. C’est alors avec une fascination morbide qu’il nous entraine dans une hallucination d’une grande violence et d’une grande froideur. A l’image de ses premières minutes, il tente de démunir sa pièce maîtresse d’une compassion sans faille. La tueuse à gage Tasya Vos (Andrea Riseborough) dégage une aura des plus perverse, en piratant le libre-arbitre et donc l’intimité de ses victimes. Elles et toutes les cibles du système sont balayées d’une équation simpliste et très démonstrative. Mais ce constat nous révèle également ces moments de flottement et d’égarement, comme si nous n’étions plus maître de notre vie, comme si nous avions perdu le contrôle sur ce qui nous rendait vivant et humain.
L’intrigue resserre alors son étau sur la profonde mélancolie de Vos, qui ne cherche pas à la cultiver, loin de là. Elle cherche à s’en débarrasser pour qu’elle puisse mieux renaître dans les cendres de ses victimes, dont elle devra posséder le corps et la personnalité. La question même de l’hôte confronte donc la légitimité de cette dernière à sa propre humanité. Ce que l’on comprend rapidement réside dans cette colère que l’on refoule et qui décuple l’instinct meurtrier, dévorant ainsi des citoyens frustrés et désarmés par leur propre progrès technologique. Que reste-t-il d’autre qui le rendrait libre aux yeux de ceux qui chassent pour des motivations plus obscures, mais surtout plus égoïstes ? Plus grand-chose de toute évidence. Sans harmonie, pas de survie. Le film signe avec une malice angoissante le déphasage d’une femme, incapable de régner de sa propre conscience et surtout dans un monde trop cruel et physiquement instable.
En somme, dans un élan de violence loin d’être banalisée, servie par une violation de la vie privée omniprésente, « Possessor » fait le point sur la vitalité d’individus conditionnés à obéir. La prise d’otage cérébrale devient alors le siège de toute cette psychanalyse, qui repousse les limites d’un sujet plutôt simple et le complexifie au rythme des battements des cœurs qui s’éteignent. Il s’agit sans doute d’une continuité réfléchie, sachant que le réalisateur a préféré s’attarder sur le concept de corps étranger, qui aura certes un caractère moins viral, mais qui évoluera fatalement vers la même chute autodestructrice.
Avec un scénario aux mécanismes qui deviennent archi-courus dans ce type de production, Brandon Cronenberg tente de tracer sa voie et n'y parvient qu'imparfaitement. S'appuyant sur un travail esthétique et une photographie joliment pensés, le film nous sert une histoire quand même très rocambolesque, avec quelques compositions fortes mais aussi une violence graphique parfois excessive, comme une volonté de vernir outrageusement son sujet pour compenser une fin un peu trop prévisible.