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Frédéric M.
239 abonnés
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2,0
Publiée le 4 décembre 2020
Au film au rythme trop lent, et aux personnages peu fouillés, peu captivants. Dommage il y avait quelques bonnes idées, et les meurtres sont gores. Mais ça ne sauve pas le film
Possessor est un film, je dirai d'auteur, tant il est particulier et savamment brillant. Beaucoup d'attention et de soins ont été portés dans la réalisation, les plans, les jeux de lumières et le choix des acteurs. Particulièrement sombre voir glauque, le spectateur est happé par une succession de mise en situations crus, dénuées de toutes émotions qui rendent parfois mal à l'aise. Pas toujours évident à comprendre, il y a très peu d'explication au début de l'histoire mais on comprend qu'une espèce d'organisation (qui travaille pour qui ? Pourquoi est elle là ? ...) envoi neurologiquement son agent pour prendre place dans la peau d'un autre et y effectuer sa mission. Avec une mise en scène impeccable et une bande son plutôt dramatique, les scènes sont crus, parfois gore. Un film de qualité avec une histoire qu'on ne comprend pas toujours mais qui a le mérite d’être d'une grande qualité dans sa réalisation.
Cronenberg fils autant déconnecté que son aîné ? Avec Possessor, on peut légitimement se poser la question. L'idée de ce jeu avec la neurologie afin d'exécuter des missions de tueur à gage, c'est vraiment un bon choix d'angle. Une science-fiction light dans une première partie, qui plonge dans l'horrifique sur la deuxième moitié du film. C'est cette dernière qui m'abandonne définitivement. Je n'ai simplement pas compris ce virage extrémiste de la fin. Que cette méthode scientifique est des défaillances oui, mais pourquoi ce dérapage vers le parricide ? La mise en scène fatigue les yeux, manque de finesse et de clarté.
En digne héritier de son père, le fils de David Cronenberg a pondu avec Possessor un grand film malade, qui mélange à la fois les genres du thriller, de la science-fiction et de l’horreur. Imposant une atmosphère clinique et désincarnée, il met en scène la perte d’identité à travers le personnage de Tasya Vos, jeune femme dont le travail consiste à s’insérer dans le cerveau de personnes afin de leur faire commettre des assassinats, payés par des clients à la recherche du crime parfait. S’il n’est pas toujours évident de suivre le fil d’une intrigue complexe, on se laissera plonger dans cette atmosphère de violence froide avec un effroi dont il est difficile de se départir.
Le pitch était prometteur, le résultat laisse dubitatif tant il est gâché. Les critiques dithyrambiques auraient dû me mettre sur la voie : c'est un film d'auteur long, ennuyeux, nébuleux, malsain, avec des accès de violences insoutenables. J'imagine un tel scénario entre les mains de Christopher Nolan, critiques et public auraient été unanimes.
Brandon Cronenberg continue à explorer la science-fiction, genre de son précédent et premier long métrage, et s’inscrit désormais dans la veine paranoïaque d’un Philip K. Dick : soit l’idée d’une technologie permettant à un agent de s’emparer d’un corps étranger par l’intermédiaire d’implants cérébraux. Est évidemment thématisée la confusion identitaire par l’épreuve d’autrui, à l’origine d’un brouillage entre deux individus, entre deux sexes, entre deux sensibilités, qui donne lieu à quelques séquences médianes dignes d’intérêt – en particulier lorsque Tasya découvre l’anatomie masculine et la vie conjugale avec une femme, inversion originale. Cependant, le film pèche par un finale ridicule, ainsi que par sa prétention formelle qui écrase personnages et enjeux narratifs : les beaux plans à la signification explicite, la désincarnation d’une mise en scène qui charcute le rythme d’ensemble par des effets clipesques redondants. Là où le cinéma de David Cronenberg s’imposait par sa rigueur scientifique qui examine l’humain, qui dissèque son corps pour accéder à ses passions, à ses pulsions et, par extension, à son âme, celui de son fils regarde les machines avec approximation et l’humain avec froideur, pantins désarticulés par un réalisateur devenu grand marionnettiste. Œuvre de transferts, Possessor orchestre la rencontre entre l’esthétique de Nicolas Winding Refn, la violence clinique du père, le postulat d’un Manchurian Candidate (John Frankenheimer, 1962) ou du roman The Host (Stephenie Meyer, 2008).
Mélangeant allégrement le fantastique, l’horreur et le thriller, ce second film du fils de Cronenberg à l’ambiance froide et épurée comporte encore une fois des scènes difficiles propres à son réalisateur. Pas facile de rentrer dans ses métrages, mais une fois qu’on est installé, on ne peut qu’apprécier ce qui nous est proposé car on est avant tout devant un drame intimiste atypique avec l’imagerie de son cinéaste qui a beaucoup à proposer, d’ailleurs les critiques de Gérardmer ne s’y sont pas trompés en lui décernant le Grand Prix du festival en 2021 !
On pourra dire ce qu'on veut, le fils de David Cronenberg est parti pour nous en mettre plein les yeux ! "POSSESSOR" est une expérience cinématographique à part entière qui nous laisse tout pantois même quelques heures après le visionnage. Choquant, oppressant et cauchemardesque, j'ai rarement vu un film qui manie aussi bien l'ambiance "glauque" que l'on cherche à véhiculer dans les thrillers et films à suspens.
En allant de plans filmés en travers des buildings aux scènes de nu/gore très fréquentes et sans filtres, le film se focalise considérablement sur des effets de mise en scène SF atypiques mais s'appuie également sur une réalisation très "posée", très propre qui s'apparenterait presque à du Fincher au niveau du grain et des mouvements de caméra. Non pas que le scénario soit basique mais je dirais que ce n'est pas la qualité première ou l'élément qu'on retiendra. Il fallait bien s'attendre à ce que le corps de l'homme dans lequel Tasya se transfère finisse par réagir au vu des circonstances. D'autre part, des intrigues où les riches paient des sociétés secrètes pour prendre encore plus de pouvoir ou bien pour assouvir des pulsions ce n'est pas nouveau. Un film comme "Hostel" de Eli Roth, non moins choquant, pourra nous rappeler cette perversité de la caste riche sous un angle de vue quasi similaire.
Cela dit, le concept du transfert de corps lui est intriguant et reste une éventualité à prendre en compte dans notre future proche. Les clones, la miniaturisation de notre société ou encore l'Intelligence artificielle font que l'homme va se substituer à la science. Toutes les possibilités sont à prendre en compte et j'ai apprécié la façon dont le film décide de l'aborder avec ce côté "serial-killer" de l'ombre.
"Possessor" s'apparente finalement à une série B plus qu'osée qui nous frappe de plein fouet ; j'espère pour vous que votre estomac sera bien accroché. La lignée Cronenberg pourra-t-elle être assurée par Brandon ? L'avenir nous le dira !
Brandon Cronenberg semble avoir les mêmes obsessions que son père (Parasite, gore) mais pas forcément le même immense talent. Bien filmé, le film ressemble à un épisode de Black Mirror mais trop fouillis et pas assez clair pour nous cueillir totalement. Le film aurait mérité d'être raccourci de 10 minutes et d'aborder plus le tiraillement des deux entités dans le même corps.
Je comprends mieux les bonnes notes des critiques. Tout est réunis pour les satisfaire : une réflexion pseudo philosophique, un rythme lent, un film qui se veut intello ... Et souvent, cela est synonyme de navet pour le public. Et bien ce film ne déroge pas à la règle. Ne perdez pas votre temps.
Sur le principe, ‘Possessor” pourrait être un de ces High Concepts dont les productions Blumhouse ont le secret : Il y est question d’un dispositif qui permet à des tueurs à gages de prendre le contrôle de la personnalité d’un sujet, d’en faire leur “avatar” le temps d’accomplir leur mission et de forcer ensuite ce dernier au suicide afin de réintégrer leur enveloppe charnelle. Les liens plus ou moins clairs entre psyché, I.A. et cybernétique ont été abondamment explorés au cinéma ces dernières décennies mais évidemment, la rencontre entre la chair et l’esprit (ou ses remplaçants numériques) prend une toute autre dimension lorsque le maître d’oeuvre porte le nom de Cronenberg. Le rejeton avait déjà lancé un coup de sonde il y a quelques années, avec le perfectible ‘Antiviral’, qui n’en restait pas moins audacieux sur le fond. ‘Possessor’ témoigne d’avancées majeures au niveau de la réalisation, ce qui confère à l’ensemble une personnalité visuelle forte que n’aurait pu obtenir un quelconque tâcheron de l’écurie Blum. Le fiston ne lésine pas non plus sur les effets gores, mais d’une manière parfois trop frontale, qui cherche à choquer au lieu de susciter le malaise et la répugnance. ‘Possessor’ remplit ses promesses d’ambiance glauque et de récit (raisonnablement) prise-de-tête mais, assez étrangement, sans parvenir à laisser un souvenir plus persistant que la légion de petites productions anonymes qui triturent les mêmes thèmes, et sans même parvenir à esquiver un petit sentiment de déception chez le spectateur. Les progrès sont évidents mais l’ombre du Père est encore bien trop présente...