Si vous êtes accroc au commerce en ligne, voilà le film parfait pour décrocher ! Ken Loach critique le fonctionnement des plateformes de livraison, et surtout l'ubérisation de la société. Ricky est un travailleur intègre et acharné. Mais sans qualification ni diplôme, il galère et fait partie de cette classe populaire typical british qui n'arrive pas à sortir de l'endettement malgré le travail abattu. Un jour, il a l'opportunité de devenir livreur auto-entrepreneur, pour un dépôt. Ce qu'il croit être une occasion en or va bien vite devenir son petit enfer. Et précipiter la déchéance de sa famille dysfonctionnelle. Un sujet tout à fait dans l'ère du temps. Et je n'aurai aucun mal à croire que la situation s'est aggravée. Devant la hausse du coût de la vie au Royaume-Uni et l'hégémonie des livraisons. Ken Loach en fait certes parfois un peu trop. A l'image de cette conclusion très pessimiste, ou de ce patron infect. Ou jouant de la naïveté du protagoniste à débarquer dans cet univers (sérieusement, qui connait un livreur qui s'en met plein les poches ?). Mais cela reste sobre, touchant, assez juste sur le fond. Et très bien joué. Comme à son habitude, le réalisateur embauche des inconnus, et ça marche très bien. Par ailleurs, "Sorry We Missed You" c'est aussi un portrait familial assez dur. Ce père, bourreau de travail qui tente de mettre sa famille à l'abri du besoin mais s'avère absent. Cette mère, aide-soignante dédiée qui doit sacrifier une partie de son travail. Le fils adolescent qui part en vrille. Et la fille qui en devient anxieuse. Bref, une vision dramatique de ces prolétaires des temps modernes, à qui on donne l'illusion d'être indépendant alors qu'ils sont à deux doigts de l'esclavage. La prochaine fois qu'un livreur balance mon colis dans mon jardin sans sonner, je serai peut-être un peu moins agacé !
A travers l'histoire d'un père de famille qui se démène comme chauffeur livreur à son compte afin de subvenir aux besoins de sa famille, Ken Loach dénonce l'ubérisation de la société et ses dégâts collatéraux sur la famille. Un drame social intense, humaniste et profondément touchant, porté par une interprétation impeccable.
Une réalisation solide, de bons acteurs, un sujet très prenant, mais le problème avec Ken Loach est que l’on est souvent dans un manichéisme un peu lourd et que l’on a toujours l’impression de voir le même film. Pas de place à la nuance ou à l’analyse, on est dans la dénonciation, un peu facile. Le sujet en question : l’ubérisation de certaines parties de l’activité économique et commerciale, la course à la productivité, le stress dans le travail. Mais on aimerait comprendre pourquoi au final cela est accepté, pourquoi cela s’étend, qu’est ce qui rend ce système attractif. Bien sûr il y a le concept « des méchants capitalistes » ,et de « l’horrible libéralisme« mais encore ? pourquoi , comment, la genèse, les forces et les faiblesses, pourquoi ce succès ? . On n’aura rien de tout cela, juste un mélo pour lequel on compatie avec les personnages bien sûr . Très bonne direction d'acteurs , et bon casting, comme toujours.
Ken Loach s’attaque à l’ubérisation de la société et à ses conséquences dans la sphère familiale. Une fois encore, sa façon de décrire une société où les puissants écrasent les plus faibles est sobre, humaine, juste et poignante.
Film très réaliste, très sombre aussi, qui aborde des thèmes actuels avec une grande sincérité et sans prétention. Ce film n'est pas à mettre entre toutes les mains selon moi, d'une part pour les sujets tristes et moroses qu'il évoque, d'autre part pour l'affiche souriante et joviale qui ne reflète pas du tout l'humeur du film.
Porté par un duo d’acteurs inconnus, un père et sa fille, deux anonymes de notre quotidien, ce drame implacable nous prend aux tripes et nous apporte un regard assurément plus critique vis-à-vis de l’ubérisation du travail et du poids des mastodontes de la vente en ligne. Ken Loach et son scénariste Paul Laverty ont encore fait mouche et l’on en sort la gorge nouée.
Une description sur le plan social d'une famille Anglo-Saxon qui galère depuis la crise financière de l'après 2008 bien retranscrit par le metteur en scène Ken Loach !! Ce film est dans un sens toujours d'actualité surtout chez nous en France avec la crise des gilets jaunes dans un genre un peu différent. Dans ce long métrage, le père a perdu son travail dans le batiment et en trouve un comme livreur dans une société qui a des règles strictes et en demande beaucoup, la mère s'occupe des personnes agés ou handicapés avec beaucoup d'heures et ils ont deux enfants avec un fils passionné de graffitis d'art qui tombe dans la délinquance en faisant du soucis aux parents. On suit cette famille qui se démènent pour vivre au bord de la crise de nerfs et c'est raconté de façon réaliste et touchante. Je n'ai pas vu beaucoup de longs métrages du cinéaste Ken Loach mais ça donne envie en voyant "Sorry we missed you" de creuser sa filmographie. Les comédiens sont excellents et j'en suis sorti de la salle de cinéma avec beaucoup d'émotions.
La vie pas si ordinaire d'une famille anglaise qui essaye de surnager face aux difficultés professionnelles et familiales. Père et mère courage qui travaillent quatorze heures par jour comme livreur et aide soignante. Malheureusement, le réalisateur finit par forcer le trait à un point tel que l'ensemble devient improbable. D'une peinture très critique de la société, cela devient un catalogue de problèmes.
Encore un énorme Ken Loach ! Une nouvelle claque dans la figure qui remet en place, vous reste en tête et fait longuement réfléchir... Prenant et Bouleversant de bou en bout ! Un des + forts de ce réalisateur selon moi ...
CES GENS LA. L'odeur de la survie. Le militant âgé des gens ordinaires Ken Loach se penche sur le marché du travail. Un casting neuf et juste pour une question de liberté. Loach a fini une bataille mais n'a pas fini sa guerre. C'est toujours bien de faire quelque chose à laquelle on croit.
"Sorry We Missed You" ne manque pas d'engagement ; c'est bien ce qui en fait sa principale force. Mais aussi une de ses faiblesses. Pas de remarques négatives sur la mise en scène, l'implication des acteurs : c'est du bon cinéma. Mais ce côté "docu-fiction" ne trouve, selon moi, pas son chemin : dénoncer d'accord, mais ensuite ? Est-ce représentatif ? Au final, ce film apporte plus de questions que de réponses, et me laisse un désagréable goût de perplexité en bouche.
Un film social de plus pour Ken Loach, avec cette critique de l'exploitation d'un nouveau prolétariat, à savoir les travailleurs pauvres livreurs ou personnel de service à la personne. Le propos est illustré au travers de la plongée vers l'enfer et la pauvreté d'une famille de 4 personnes, lui auto-entrepreneur endetté par l'achat de sa camionnette et totalement dépendant de la plateforme logistique pour laquelle il travaille : horaires de travail dingues, humiliations, amendes, friction avec les clients ; elle, auxiliaire de vie qui vendu sa voiture pour que son mari achète la camionnette, dépendante des transports en commun, heures sup non réglées, et dévouement rarement payé en retour. Ce mode de vie disloque peu à peu la famille, notamment pour l'ado décrocheur, voleur et qui se rebelle contre l'autorité parentale. c'est filmé de façon sobre et éloquente; un film pessimiste, mais réussi
La détresse de ces gens simples est bouleversante de vérité, et quand on sait que les acteurs débutent leur carrière professionnelle, l’impact est encore plus fort. Ken Loach, le réalisateur du social a parfois le pied lourd dans d’autres film pour appuyer sa démonstration ; ici il nous livre sans fioritures sa vision de la misère sociale et des dérives de l’ultra libéralisme, avec une sobriété qui impacte d’autant plus.
Fidèle à son combat social, Ken Loach réalise une nouvelle fois un film désespéré, juste, tragique où l'hydre destructrice sans visage et sans corps n'est non pas directement le libéralisme mais plutôt ses dérives - ici notamment "l'ubérisation" du travail, quand promesse de liberté signifie surtout assurance de précarité.
Film implacable; d'une noirceur qui vous laissera léthargique. Nul ne souhaite vivre et travailler dans un monde ultra-libéral où l'humain est commandé par des impératifs financiers et régit par des boîtiers (alimentés par des algorithmes) qui donnent la marche à suivre. C'est pourtant le monde de Amazon et consort. Un goût d'amertume devant ce film très sombre. Superbement réalisé et avec des acteurs très justes. 17/20