Billie Holiday est l’une des plus fascinantes icônes du jazz, mais derrière sa voix légendaire, se cache une femme dont le combat acharné pour la justice a fait d’elle la cible du plus puissant des pouvoirs…
C'est Lee Daniels, réalisateur de Le Majordome (2013), qui adapte le chapitre « Black Hand » du livre Chasing the Scream: The First and Last Days of the War on Drugs, de l’écrivain britannique Johann Hari. Celui-ci relatant une partie de la vie de l'artiste Billie Holiday. Le scénario a été écrit par Suzan-Lori Parks.
Je ne suis pas un consommateur de Jazz, et la chanteuse Billie Holiday m'était inconnue. J'étais donc content de pouvoir en apprendre sur elle a travers ce biopic.
En ce qui s'agit du film en lui-même, il est prenant dans sa dynamique. La tension est bien portée avec la force des événements. Le style a une touche antique grâce au grain d'image. Cela va permettre de créer toute une atmosphère agréable. Celle-ci se marie bien avec le genre musical du Jazz. Que ce soit avec les costumes ou encore la douce musique des clubs raisonnant dans nos oreilles, j'ai apprécié cette ambiance feutrée.
Le découpage entre le récit de la chanteuse, et les passages FBI est bien fait. On passe de manière fluide de l'un à l'autre. Cela se complète bien et permet d'avoir une autre dimension de l'histoire.
Par contre, ce biopic ne met pas du tout en avant la chanteuse Billie Holiday. Elle est représentée souvent désagréable avec son entourage, n'hésitant pas à les trahir, une addiction à la drogue ravageuse, et surtout un engagement cantonné à une seule chanson. Alors attention, je ne veux absolument pas dénigrer le combat de cette femme quand elle chantait une chanson parlant du lynchage des noirs dans le Sud des Etats-Unis, seulement montrer que ce film ne met pas cette lutte en avant. A part deux ou trois fois, on a du mal à voir son côté revendicatif.
C'est d'autant plus surprenant que la performance de Andra Day est fantastique. Elle n'a pas eu le Golden Globes de la Meilleure actrice dans un drame pour rien, sans parler de sa nomination aux Oscars
Il y a tout ce que l’on attendait, tout ce qu’on redoutait aussi dans The United States vs. Billie Holiday, soit un biopic certes informatif et campé par une actrice remarquable, Andra Day, mais qui jamais ne surprend ni ne compose une forme originale apte à saisir voire à interpréter le combat de la chanteuse dans un contexte historique marqué par le racisme d’État. Nous sommes loin de l’ivresse cauchemardesque du Bird (1988) de Clint Eastwood ou de la pulvérisation spatiale et temporelle du Lenny (1974) de Bob Fosse, lui aussi axé sur une figure contestatrice et subversive. Lee Daniels s’applique, compose de beaux plans qui se suivent et se ressemblent, trouve une certaine justesse dans sa peinture d’une censure à l’égard de Billie Holiday qui émane aussi bien des Blancs que des Noirs. Pour autant, sa consécration de la chanson « Strange Fruit » paraît curieusement anachronique, comme s’il l’éclairait à la lumière de sa notoriété contemporaine sans jamais l’interroger du point de vue de sa réception ; il va de soi que cette œuvre est majeure, elle est d’ailleurs répétée à tout bout de champ, scandée, psalmodiée, elle sommeille en chacun. Pourtant, le réalisateur ne confère jamais à son récit des allures de possession ou d’emprise, qui auraient pu incarner ledit pouvoir de la chanson ; au contraire, sa caméra aplatit tout en ce qu’elle place l’ensemble de ses scènes sur un même plan d’égalité. « Strange Fruit » finit par s’intégrer à un décorum éclatant et hypocrite, sans que nous ne la ressentions vibrer en nous. Un compte rendu appliqué mais scolaire de la chanteuse qui aurait mérité une forme plus âpres, sinueuse, tortueuse.
Honte à moi peut-être, je ne connaissais rien de Billie Holiday, ni sa musique (je ne suis pas amateur de jazz, ceci expliquant cela), ni cette chanson dont elle a fait un combat, ni les entraves et persécutions qu’elle a subies par l’appareil d’Etat, ni ses affres et tourments personnels. Bref, rien. Voilà qui faisait de moi un spectateur tout neuf prêt à vibrer et s’exalter pour la cause défendue. Mais, sans que je ne sache trop l’expliquer, je suis resté passif. Pas indifférent mais passif. Comme ce n’est pas ma nature sur ce type de sujet, c’est nécessairement en raison de la manière dont ce biopic est abordé. Un film qui n’aura pas réussi à me trouver.
Bionic puissant exposant la vie dure d’une femme noire harcelée jusqu’à la fin. Dure, captivant, émouvant, une histoire grave gardant en haleine de tout son long. La doubleuse française est très bien trouvée, les sous-titres des chansons, en revanche, moyens.
Histoire à connaître, ce film, bien que parfois dans la longueur, est un exemple de support de qualité pour l’apprendre.
Hélas les choses ont traînées, et traînent encore. Bel exposé des aspects des plus sidérants de l’être humain.
Dommage que le film ne se termine par sur "Strange Fruit", fil rouge de tout le film.
ROn retiendra surtout de ce film la bo bien sûr avec sublime voix de Billie Holiday dans ses chansons les plus emblématiques et l'interprétation d'Andra Day très juste dans le rôle-titre. Pour le reste, la mise en scène classique et les décors magnifiques servent de cadre à un scénario centré sur le racisme et les droits civiques dans l'Amérique de l'après-guerre, ce qui limite un peu l'intérêt du "biopic". Rien donc d'extraordinaire. On a déjà vu, même sans parler de Bird, d'autres films sur le jazz plus innovants et plus swinguants.
La Seconde guerre mondiale vient de se terminer et dans l'Amérique, encore ségrégée, Billie Holiday (Andra Day) est au sommet de sa carrière. Son interprétation de Strange Fruit, une métaphore déchirante du lynchage, lui vaut l'hostilité du FBI qui utilise ses deux points faibles pour la discréditer : son instabilité sentimentale et sa consommation inquiétante de drogue. Jimmy Fletcher (Trevante Rhodes), un inspecteur sous couverture qui se fait passer pour un soldat, réussit à se faire admettre parmi son premier cercle pour récolter la preuve des trafics qui y sévissent et faire emprisonner la chanteuse. Mais, tombant sous son charme, l'inspecteur repenti va vite se rapprocher de la chanteuse et tenter vainement de la guérir de ses addictions.
La vie et l'oeuvre de Billie Holiday (1915-1959), la célèbre chanteuse de jazz, vient de faire l'objet d'un documentaire, "Billie", réalisé par le Britannique James Erskine, sorti en France en septembre 2020. Ce film en diffère puisqu'il s'agit d'une fiction. Mais la proximité des deux sorties est si grande que les deux oeuvres se répètent immanquablement. Elles racontent, avec une grande fidélité aux faits, la même histoire : le combat d'une femme contre ses démons intérieurs et contre la dureté d'une époque encore profondément raciste.
"Billie Holiday, une affaire d'État" est adapté d'un essai d'un journaliste britannique publié en français sous le titre explicite de "La Brimade des Stups". Cet essai traite de la guerre menée aux Etats-Unis depuis un siècle contre les trafics de drogue, des moyens démesurés mis en oeuvre et de la pauvreté des résultats. Il évoque notamment la figure de Harry Anslinger, un des personnages secondaires du film, qui dirigea pendant plus de trente ans le Bureau fédéral des narcotiques (FBN), affichait un racisme décomplexé, considérait le jazz comme une musique dégénérée et poursuivit Billie Holiday jusque sur son lit de mort. En revanche, la figure de Jimmy Fletcher est fictive.
"Billie Holiday, une affaire d'État" vaut incontestablement pour l'interprétation de Andra Day dans le rôle titre qui lui a valu le Golden Globe de la meilleure actrice et qui a bien failli lui valoir l'Oscar si Frances McNormand ne lui avait pas été préférée. Il est vrai qu'elle est stupéfiante dans le rôle : d'une beauté saisissante quand elle monte sur scène, les lèvres purpurines, une fleur de magnolia plantée dans les cheveux, elle est méconnaissable, les traits effroyablement creusés, quand elle se shoote.
Mais ni sa prestation ni celle, honnête, des seconds rôles qui l'entourent (Trevante Rhodes avait été révélé dans "Moonlight"), ne réussissent à hisser ce biopic trop conventionnel au-dessus du tout-venant auquel Hollywood nous a habitués.
Au delà du personnage qu'était Billie Holiday, sa lutte, son cran à tenir tête malgré les affres qui la traversaient, remettent en avant ce débat toujours d'actualité du racisme et du machisme toujours existants dans le monde du 21 ème siècle.
"Billie Holiday, une affaire d'État " biopic consacré à la légende du Jazz est un film flamboyant. En effet je connaissais pas l'histoire de Billie Holiday grâce à ce film j'ai pu apprendre beaucoup sur cette femme qui a subit beaucoup de souffrance durant sa vie, le film doit beaucoup à Andra Day qui vampirise littéralement l'écran (1 victoire au golden globes et 1 nominations aux oscar cette oscar) dans des séquences musicales , émouvante et engagés qui hypotonise le spectateur.
J'ai été très impressionné par l'histoire de cette chanteuse dont je connaissais quelques chansons et le nom. Sa vie est romanesque et en effet plus que transposable à l'écran. J'ai aimé en apprendre plus sur elle. Son répertoire m'a plu. Les interprètes et la mise en scène m'ont convaincu. J'ai passé un très plaisante moment et je recommande ce film.
Dans les années 1940-1950, aux USA, la chanteuse Billie Holiday, très connue pour son style blues/jazz et sa voix si particulière, va être la cible permanente des agents du gouvernement tentant de l'empêcher d'interpréter en public son titre "Strange Fruit", véritable diatribe dénonçant le racisme anti-noirs en général, et les lynchages contre les afro-américains en particulier. Ce biopic va donc surtout se concentrer sur ses deux combats majeurs : sa lutte incessante contre ses addictions aux drogues, et sa guerre sans fin contre le pouvoir en place afin de tenter de rester libre de chanter ce qu'elle veut, où elle veut et quand elle veut. Il est toujours compliqué d'avoir de la sympathie, voire de l'empathie, pour un personnage passant son temps à se piquer et à s'entourer d'hommes plutôt douteux, le film insistant vraiment beaucoup sur ces aspects là. Inégal et pas vraiment captivant, il restera tout de même de ce film l'intérêt de mieux connaître la (courte) vie de cette artiste ayant laissé une trace musicale évidente au patrimoine de l'humanité. Pédagogique, mais sans réel émoi. Site CINEMADOURG.free.fr
J'ai eu peur en voyant le nom de Lee Daniels et malheureusement pas de miracle, ce cinéaste est toujours aussi limité, quelques beaux moments musicaux grâce à Andra Day qui livre une performance de qualité mais elle ne peut pas sauver le film à elle toute seule.
Film axé sur la vie personnelle avec ces problèmes de drogue et de son harcèlement policier. Peu de place a la musique. Plutôt sombre au final , film assez long et peu de raison d'en faire une icône.
Quelle page d'histoire de la musique américaine. Pendant 20 ans, cette chanteuse exceptionnelle au parcours pour le moins chaotique et troublé, s'évertuera à dénoncer la violence "légale" des blancs envers les noirs. Personnage compliqué à jouer, mais merveilleusement interprété. Hormis le côté musical, pas assez mis en avant à mon goût d'ailleurs, ce film est un véritable coup de poing, par sa violence inacceptable, par un état américain qui cautionne cette violence. OK, c'était dans les années 40-50. Mais restez jusqu'au générique de fin, la suite est encore plus effrayante.
Très très bon film. L’actrice est très charismatique, l’histoire est très bien racontée. Il y a pleins de passages musicaux dans le film, c’est très appréciable. Je recommande à fond!