1917
Note moyenne
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Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 janvier 2020
Tout est joli et bien filmé dans 1917.

Les tranchées semblent être repeintes d'hier, les rats sont bien peignés, les cadavres eux-mêmes veillent à ne pas être trop purulents.

La caméra virevolte autour des personnages avec beaucoup d'élégance, la palette chromatique de la photographie est très jolie, et les acteurs sont parfaits.

Le film se laisse donc regarder, un peu comme si on suivait une visite guidée du terrain de guerre avec un guide sympathique, une sorte de Tranchées Tour pour Américains.

La perfection artistique du film se déploie au détriment de l'émotion (personnellement je n'en ai jamais ressenti) et du sentiment d'immersion. Sur ce dernier point, la première scène de Il faut sauver le soldat Ryan était autrement plus réaliste et frappante.

Pour tout dire, Sam Mendes se regarde filmer et le spectateur le ressent trop, à mon sens. L'illustration ultime de ce triste constat, c'est la volonté un peu infantile de vouloir réaliser le film en un seul (faux) plan-séquence : une coquetterie qui complique le tournage sans apporter au film un surcroît d'âme.

Décevant, 1917 ne rend pas compte de l'horreur de la Grande Guerre, mais peut se voir comme une sorte de jeu vidéo (et hop je saute au-dessus du puits de mine, et vlan l'avion s'encastre parfaitement dans la grange, et youpi je saute dans la rivière) particulièrement bien réalisé techniquement.
paopao2
paopao2

18 abonnés 104 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 janvier 2020
Attention chef d'œuvre. La prouesse technique, bluffante, est totalement au service de la narration et immerge le spectateur dans l'univers des tranchées.
Incroyable film.
Francis S.
Francis S.

26 abonnés 113 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 janvier 2020
Bien sûr il y a la prouesse technique impressionnante du plan séquence qui rappelle celle de "Birdman" d'Iñarritu.
Mais au delà de ce traitement de tragédie classique (unité d'action et de temps, sinon de lieu) Sam Mendes, sur la base de récits familiaux, nous entraîne loin dans les tréfonds tragiques, cruels et admirables de l'âme humaine. Malgré quelques invraisemblances, le scénario haletant nous met intensément sous pression dès les premiers instants du film, plan séquence oblige.
Les décors sont proprement hallucinants, surtout au début du film, et surclassent tout ce qui s'est fait dans le genre.
Une fois la mission accomplie, la vie reprend ses droits, et l'absurdité du désastre d'une Europe se suicidant collectivement, comme l'écrivit Zweig, nous saute au visage dans le simple et tragique regard d'un héros malgré lui.
Une réussite.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 mai 2023
En 2015, Sam Mendes faisait démarrer "Spectre" avec un (faux) plan-séquence assez habile et inattendu. Visiblement attiré par le procédé, le réalisateur nous livre 5 ans plus tard "1917", film conçu pour donner l'illusion d'être tourné en un seul plan séquence (ou presque).
Le pitch est simple : en pleine Première Guerre Mondiale, deux soldats britanniques doivent traverser en quelques heures des zones dangereuses. Afin d'apporter un message critique à un autre corps qui s'apprête à tomber dans un piège. On pouvait craindre que le procédé du plan séquence ne soit qu'un gadget marketing masquant une histoire simpliste, mais il n'en est rien.
Le plan séquence (ou plutôt les plans séquences, astucieusement raccordés) permet ici une immersion totale et maintient une tension permanente. Dans un univers guerrier réaliste, rempli de figurants, et aux décors impressionnants.
Déambulations dans les tranchées, le no man's land, ou les ruines : la caméra évolue avec une ingéniosité, une fluidité, et une maîtrise hallucinante. Que l'on doit en bonne partie à Roger Deakins, chef opérateur quasi légendaire. Les images du film laissent penser que les mouvements de caméra ont été particulièrement complexes à penser et à réaliser, et le making-of vaut le coup d'oeil à ce sujet ! Exploitation de nouveaux modèles de caméras numériques de petites tailles, Steadicam à toutes les sauces, grues & systèmes de câbles : c'est un énorme travail logistique !
Sans parler des jolies images, souvent pleines de symbolisme, et de certains éclairages étonnants (le passage nocturne, notamment). Avec en prime une BO de Thomas Newman plutôt inspirée.
Quant à l'intrigue, si elle est relativement simple, les personnages présentés apportent une réflexion sur l'héroïsme et le sens du combat dans un conflit ultra meurtrier. Les deux protagonistes sont incarnés par des jeunes acteurs très impliqués, immédiatement attachants. Tandis que Sam Mendes s'est adjoint les services de nombreuses stars, qui viennent ajouter de la gravité le temps d'une scène, sans pour autant s'accaparer l'attention du spectateur.
"1917" est donc un très beau moment de cinéma. Qui a fait démarrer en trombe une année 2020, ensuite malheureusement rapidement estropiée par le coronavirus...
Hugo Fedeli
Hugo Fedeli

16 abonnés 24 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 janvier 2020
Après Dunkerque et The King, les Anglais nous pondent un énième film sur des guerres qui se sont passé en France mais sans aucun Français… On est complètement effacé de l’histoire.
Comment peut-on s’émouvoir du sauvetage de 1.600 soldats quand on sait que la première guerre mondiale a fait 10 millions de morts ?
Le film avec un seul plan séquence pour impressionner les Oscars.
spoiler:
 ! Les deux soldats sont anti-charismatiques, l’un a une tête de bébé et l’autre a une tête de victime. Ils auraient pu foutre des acteurs virils avec des visages de soldats ! Ça aurait été plus crédible, et on se serait identifié a eux. L’un des deux, Scofield, a un pouvoir surnaturel : il est littéralement invincible. Le mec se prend une explosion, et des dizaines pierres de la taille d’une tête qui le recouvre, 5 secondes après il fait un marathon ! n’importe quoi. Il esquive également toute les balles. Il arrive a esquiver 15 balles d’un sniper posté en hauteur et réussi à le tuer ! Et en plus il chute d’un escalier, se fracasse le crane, et chute aussi d’un torrent sans jamais mourir. Son pote lui n’a pas la eu même chance : au bout d’un tiers du film il sauve un pilote allemand mais celui ci, au lieu de le remercier, le poignarde ! Donc il meurt. Ah là là ces Allemands... Ils n’ont aucune humanité. des vrais nazi dis donc. Mais cette scène est impossible : jamais un simple soldat allemands de la ww1 n’aurait agit de manière aussi barbare. Au contraire, tout les soldats de tout les camps avaient un code d’honneur et n’étaient pas des soldats fanatisé, ils avaient le respect du combattant, traitaient bien ceux qui se rendait et respectaient les drapeaux blancs. Et attention après scène il y a la scène la plus incohérente du film : quand le soldat sert son pote mort dans ses bras, il y a une colonne de soldats britanniques qui passe a coté de lui. QU’EST QU’ILS FOUTENT LA ??? Les deux soldats viennent de traverser le no man’s land, des gallérie ennemis et s’arrêtent a une ferme a 400 mètres des lignes allemandes vide, comment peut-il y avoir des soldats britannique chez eux ? Depuis quand ils sont là ? j’ai rien compris, c’est hallucinant.
Ensuite on voit un soldat indien qui lui est très bien mis en valeur, il est rassurant, calme et mature. Certainement pour montrer qu’on doit la victoires aux immigrés… En plus il est stupide de montrer un indien comme ça au milieu de soldats blancs : dans la vraie vie les soldats coloniaux étaient tous ensemble, par régiment, jamais mélangé.
Le soldat scolfield est antipathique : son pote lui sauve la vie, et lui il ne lui dit pas merci et se dispute même avec lui ! Et il remercie pas non plus les autres qui l’aident a pousser le camion, puis se barre comme un voleur. Comment voulez-vous qu’on s’attache a un personnage aussi détestable ? Bon, c’est censé se passer en 1917 mais les dialogues et les mimiques des soldats font clairement 2020, je cite « avec les potos... » ou le comportement du lieutenant leslie au début du film, on dirait un jeune fêtard fumeur de joint… Le film dure 1h50 mais il n’y a rien : toute la scène dans le village la nuit, avec la française, est inutile et chiante, les soldats qui ne font que marcher, les scènes de discussion inutiles…
Dédicace à la scène avec la française où notre pote donne du lait cru non pasteurisé bourré de microbe et de mouche a un bébé… mais il complètement taré ce gars !!
L’alchimie entre les deux soldats est bidon : ils se parlent comme si s’était la première fois qui se rencontraient et ont des discussions qu’ils devraient même pas avoir tellement ce qu’ils disent est habituel dans cette guerre…
La scène du village en ruine est rempli d’impossibilité : le sniper qui rate 15 tirs, le gars qui - en théorie – se prend une balle et tombe dans les escalier mais n’a rien, le village qui brûle, les allemand bourrés et indisciplinés comme des racailles, la française et ses chansons de merdes, la fuite du gars…
Mais j’avoue que la photographie de Roger Deakins est absolument magnifique et les plans séquences sont incroyablement bien réussie !! c’est immersif et bien fait ; Par exemple a la fin le combo : scène du village + scène de la rivière + scènes du camp + scène de l’assaut + scène avec benedict cumberbatch + scène des blessés est bluffant !! Je met 2,5/5 parce que je me suis quand même bien amusé.
AMANO JAKU

356 abonnés 797 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2020
"American Beauty", "Les Sentiers de la Perdition", "Jarhead", "Les Noces Rebelles", "Skyfall", "Spectre" : Sam Mendes a toujours eu le chic pour proposer des univers différents et se retrouver là où on ne l’attendait pas…et cela continue aujourd’hui avec cet incroyable "1917". Faire un film sur la 1ère Guerre Mondiale c’est pas nouveau, mais le faire en utilisant un seul plan-séquence (en réalité plusieurs plans-séquences mis bout à bout comme dans "Birdman"…d’ailleurs j’en ai compté 42, et vous ?), là c’est un pari aussi risqué que burné, proposant ainsi une expérience cinématographique totalement immersive et très intense et intime à la fois. Nous avons donc sous les yeux une nouvelle façon de découvrir la guerre autrement que par des énormes batailles rangées avec des milliers de figurants : des ennemis partout, des tranchées infestées de rats, des zones de combat où personne n’avance, la pluie, le froid, la gadoue, les pièges, les snipers, l’absurdité des situations ou des décisions, les hauts gradés complètement à côté de la plaque, un conflit qui s’éternise et s’embourbe, la perte des repères de temps et de lieux, la faim, la fatigue, les hallucinations, la folie…bref une terreur physique et psychologique constante. L’expérience est tout bonnement démente : à la fois oppressante et captivante, la caméra ne s’arrête jamais et nous laisse aucun répit….sauf lorsque le récit le décide : certains passages d’apaisement nous permettent de souffler de temps en temps et de nous souvenir que l’on est encore humain ( spoiler: le bout de chemin en camion, la rencontre avec la jeune française, le soldat qui chante
). Cela procure une petite dose de poésie lors de ces accalmies qui sont extrêmement renforcées lorsqu’elles se retrouvent « dérangées » : et oui, le répit est toujours de courte durée. Entre chaque « pause », le métrage nous proposera alors son lot de moments de bravoures nous propulsant dans des summums émotionnels ( spoiler: la suffocante découverte du bunker, la tragique séquence de l’avion ou l’hallucinante course-poursuite nocturne tout droit sortie d’un cauchemar
). Une autre force du film vient du fait que le récit l’emporte sur les personnages et donc les acteurs : si ces derniers sont bien présents, ils sont là uniquement pour servir l’histoire….aucun d’entre eux ne se démarque des autres et on a l’impression que tous supportent le film, sans qu’aucun ne soit plus primordial que ces collègues : la chose est assez rare pour le noter. Donc, sans être formidables, les prestations de chacun sont d’une justesse parfaite qu’il s’agit de George Mackay, Dean-Charles Chapman, Colin Firth, Richard Madden, Mark Strong, Andrew Scott ou même Benedict Cumberbatch, Bref, pour son retour au ciné après "Spectre", Sam Mendes frappe très fort : grâce à un scénario simple et accrocheur, à des décors bruts et réels, une musique envoutante (très bon score de Thomas Newman au passage), à des scènes fortes et surtout au plan-séquence immersif ; son "1917" est une fresque exceptionnelle, humaine, tragique et viscérale qui restera longtemps dans les souvenirs des spectateurs, tout en permettant de mettre enfin dans la lumière les nombreux morceaux de bravoure et actes héroïques que les soldats de l’époque ont multipliés sans jamais pour autant en être récompensés….Merci beaucoup Sam pour ce formidable témoignage.
jenny4485
jenny4485

14 abonnés 70 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 26 janvier 2020
déçue par ce film
Certes les décors sont intéressants, mais pour le reste c'est d'une platitude déconcertante.
Je n'ai pas cru une seconde à l'histoire, les deux acteurs sont pas crédibles, le scénario très faible voir improbable
et la bande son incessante devient agaçante
On n'apprend rien au niveau historique, c'est gentillet sans aucune profondeur!
Film qui sera vite oublié
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 15 janvier 2020
Très très mitigé par 1917. Évidemment, c’est techniquement incroyable, mais le film a les qualités de ses défauts, car ce plan séquence de 2h va offrir au film des moments assez dingues, mais il va paradoxalement plomber son rythme ce qui va rendre le tout beaucoup trop bancal. C’est un film à Oscar, un film qui va privilégier sa technique à son récit. Le but ici c’est l’immersion, du coup on va suivre des personnages pas très intéressants à des moments ou ça va vraiment s’étirer en longueur inutilement (d’où le problème du plan séquence). C’est un film que beaucoup vont adorer, et c’est un film à vivre en salle il y a aucun doute là dessus, mais personnellement dans un même style j’ai préféré Dunkerque de Nolan, on l’immersion et la tension se font plus ressentir à travers ce sentiment d’urgence dû à son montage effréné justement. Donc je le redis quand même, il a des moments assez impressionnants, mais là prouesse, aussi impressionnante soit-elle, ne m’a pas emballée plus que ça.
andika
andika

115 abonnés 323 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 février 2020
1917 de Sam Mendes est une prouesse. Un film qui est filmé presque d’une seule traite, en plan séquence. Le Cut y est utilisé avec parcimonie et on a par conséquent presque une unité de lieu de temps et d'action. Et malgré cette façon de filmer et de raconter l’histoire, il n’y a aucun temps mort.

On est happé directement par cette mission qui tombe sur ces deux soldats surpris au milieu d’une sieste dans la campagne française durant cette horrible Première Guerre mondiale. Il s’agit tout simplement d’aller délivrer un message en première ligne à des camarades qui vont tomber dans une embuscade allemande s’ils procèdent à l’assaut prévu. Des enjeux très simples, une temporalité très condensée et pourtant, une si grande intensité, un si grand suspens. Le plan séquence permet de vivre littéralement la mission en temps réel. On voit ce que les personnages voient. On ressent ce qu’ils ressentent. Nous n’avons pas d’avance, nous apprenons les informations en même temps qu’eux. Et là où la chose est vraiment grandiose, c’est que en dépit de cette narration particulière, la mise en scène est très méticuleuse. La caméra se pose parfois sur le paysage pour montrer des plans sublimes (notamment lors d’une scène nocturne ahurissante). Et encore mieux, l’intensité est tellement grande qu’arrivé à la fin, l’émotion est d’autant plus forte, pure, directe. On a l’impression d’avoir accompli la mission nous mêmes et on ressort plein de tristesse face à cette guerre qui s’est pourtant terminée il y a plus d’un siècle maintenant.

Chaque acteur livre une grande performance, et il est plaisant de voir ces grands noms, même pour des rôles qui se résument parfois à des caméos (Colin Firth, Benedict Cumberbatch).
1917 est une proposition innovante de cinéma où la forme sert le propos de façon très pertinente.
petitlapinnoir
petitlapinnoir

73 abonnés 335 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 18 janvier 2020
Je n'ai pas adhéré à ce film, que j'ai trouvé personnellement très long et peu enthousiasmant. Je le considère plutôt comme une expérience cinématographique, que l'on peut admettre réussie, sur le plan technique. Sinon, on ne compte pas les multiples invraisemblances (les rapides, le lait, la succession des paysages…), des personnages assez plats, et une histoire somme toute peu convaincante. J'ai adoré la musique, mais comble de malchance, elle ne colle pas du tout au film. Reste parait-il, un grand film sur la première guerre mondiale. Mouais… Moi je conseille vivement de visionner les sentiers de la gloire de Kubrick, un vrai grand film sur le premier conflit mondial.
mat niro

462 abonnés 2 157 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 janvier 2020
Captivant de bout en bout, voilà cette impression que j'ai eue devant ce film de Sam Mendes. Le fait de donner au spectateur l'impression que ce long-métrage est filmé en un seul plan-séquence renforce ce sentiment d'urgence pour aller du point A au point B. George MacKay traverse les scènes de guerre et enchaîne les moments de bravoure avec son équipier pour remplir sa mission à un rythme effréné. C'est formidablement filmé par Sam Mendes qui fait que l'on se retrouve en immersion dans cette journée complétement folle. C'est vraiment un grand film( pas seulement de guerre) avec une musique captivante et des scènes qui resteront à coup sûr dans les annales du cinéma. Un film à la hauteur des attentes et qui ne déçoit pas, chose rare.
Mr cinetok
Mr cinetok

341 abonnés 399 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 janvier 2020
je l'ai vu à la soirée des passionnés ciné en avant première comme cadeau et s'en est un. Une immersion unique en plan séquence monté dans l'enfer des tranchées comme vous ne l'avez jamais vu. Une atmosphère envoûtante qui vous tient en haleine jusqu'à la dernière seconde.un film qui mérite largement ses récompenses avec une musique symphonique magnifique.Unique sur le thème de la première guerre mondiale et rentre dans la catégorie de plus grand "apocalypse now" ," full metal jacket" "platoon" etc.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 janvier 2020
Le film de guerre est un genre riche en chef-d'œuvres depuis de nombreuses années, La Ligne Rouge et évidemment Apocalypse Now font parti de mes films préférés, et la version réalisée par Sam Mendes se hisse sans mal au niveau de ses glorieux prédécesseurs. En se permettant même d'innover en créant une mise en scène totalement immersive qui met le spectateur à la place du troisième homme. Loin d'être un gadget ou une démonstration de force ce fameux (faux) plan séquence unique nous projette au cœur de l'action, de l'horreur et de l'émotion, jamais la guerre n'a été filmée de cette manière, sa laideur nous explose à la figure. Le film est simple dans son déroulement scénaristique, aller d'un point A à un point B en évitant de se faire tuer mais l'expérience vécue est riche et bluffante. Un excellent film de genre, un excellent film tout court.
Louis DCiné
Louis DCiné

227 abonnés 868 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 février 2020
L’année 2020 commence fort ! « 1917 » est un film de guerre bluffant ! Ce n’est pas pour son histoire qu’il faut aller le voir mais plutôt pour son visuel et sa façon d’être conçu. En effet, le film a été vendu comme étant un unique plan-séquence. Évidemment, il y a des raccords discrets qui fait qu’il s’agit d’une association de plusieurs plans-séquences mais j’ai vraiment été surpris de voir à quel point la transition est discrète. Au final, le spectateur peut facilement deviner une seule coupure, qui est assumée puisque l’écran devient noir quelques secondes, pour montrer que du temps dans l’histoire a passé. La réalisation de Sam Mendes est d’une précision folle. Dans ce principe, « 1917 » se veut bien plus impressionnant que « Gravity » qui bénéficiait aussi d’un intérêt pour les plans-séquences, mais où les cuts se laissaient plus facilement deviner. Ce choix pour filmer de la part de Mendes est une idée intelligente pour plonger les spectateurs dans un moment de vie de soldats durant la première Guerre Mondiale. On est aux côtés de ces deux jeunes soldats et ce film permet de nous faire rendre compter, de la façon la plus réaliste, les conditions de vie dans l’horreur de la guerre. De plus, le film ne se contente pas de nous faire suivre l’aventure de ces caporaux britanniques qui doivent aller d’un point A à un point B. Il y a en effet des rebondissements bien pensés, des décors variés, des changements de rythme très intéressants. Si je n’étais pas spécialement à fond dans le film dès son début, plus ça avançait, plus j’étais tenu en haleine. J’ai littéralement été scotché sur mon siège à partir du moment où on rentre dans la deuxième moitié, et je ne pense pas que je ressentirai cette impression de sitôt. Il y a un travail énorme derrière « 1917 », si on pense aussi aux figurants, à l’espace représenté par les tranchées… Et tout cela est enveloppé par la bande son de Thomas Newman (qui avait également travaillé sur « Skyfall » et « Spectre »), et quelle bande son ! La musique est ultra importante dans « 1917 » et intensifie clairement les émotions ressenties par les spectateurs. Elle peut très bien rester sous silence pendant un instant, puis devenir épique et très retentissante en quelques secondes. En ce sens, il y a des similitudes avec « Dunkerque » de Nolan dont la bande son alimentait déjà le fait que le film est poignant à souhait. « 1917 » devrait remporter les Oscars de la meilleure réalisation, de la meilleure musique de film ou encore de la meilleure photographie. C’est surtout grâce à son côté technique que le long métrage va nous marquer et j’espère qu’il en sera récompensé. Au-delà de ça, on peut souligner la performance des acteurs George MacKay (« Captain Fantastic ») et Dean-Charles Chapman (« Game of Thrones ») qui me semblent irréprochables et qui signent un grand pas en avant dans une belle carrière. Toujours côté casting, on retrouve des interprètes bien célèbres avec Mark Strong et Benedict Cumberbatch, ce dernier pour mon plus grand plaisir, même si ce n’est pour les voir qu'à peine quelques minutes à l’écran. Pour finir, je ne vois pas quoi dire de négatif sur ce film hormis le fait qu’il y a des comportements qui manquent de logique, que ce soit de la part des personnages principaux ou des soldats allemands. Mais ce n’est qu’un détail et ce n’est pas ce qui va me faire sortir d’un film aussi abouti. Bref, je recommande largement « 1917 » qui est à voir de préférence en salles pour profiter encore davantage de cette ambiance mémorable que procure ce grand film. Un vrai moment de cinéma !
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 janvier 2020
Avril 1917. La guerre fait rage. Dans le Pas de Calais, les forces britanniques se sont terrées dans les tranchées face aux forces allemandes.
Deux soldats britanniques sont mandatés à travers les lignes ennemies pour aller de toute urgence délivrer un message à un bataillon dont l’engagement pourrait lui être fatal.

Sam Mendes fait fort. Après "American Beauty", "Les Noces rebelles", "Skyfall", le réalisateur britannique signe son film le plus personnel tiré, dit-il des souvenirs distillés par son grand-père paternel, caporal dans l’armée britannique pendant la Première Guerre mondiale.

Il le fait dans une forme intimidante, qui force le respect : l’unique plan séquence. C’est le Graal des réalisateurs qui répond tout à la fois à un défi technique et scénaristique. Le défi technique, on le conçoit aisément, rendu plus facile à surmonter avec la miniaturisation des caméras. Le défi scénaristique consiste à raconter en temps réel une histoire.

Les encyclopédies de cinéma listent les plans séquences les plus célèbres : la première scène de "La Soif du mal" de Orson Welles ou de Snake Eyes de Brian de Palma. Les revues de cinéma essaient d’en faire le hit parade, celui des "Fils de l’Homme" d’Alfonso Cuaron étant souvent cité parmi les plus époustouflants. Et puis, évidemment, il y a "La Corde" de Hitchcock, tourné en huis clos donnant l’impression d’un unique plan séquence (en fait, à l’époque, les bobines ne permettaient pas de tourner pendant plus de dix minutes et La Corde est constitué de dix séquences).

On voit récemment se multiplier, avec plus ou moins de bonheur, ce genre d’exercices. "Victoria" en 2015 suivait son héroïne dans les rues de Berlin. "Utøya, 22 juillet" l’an dernier racontait en temps réel la tuerie d’Utøya en Norvège du point de vue d’une jeune fille pourchassée par Anders Breivik.

La prouesse technique est en elle-même bluffante. Mais elle serait vaine si elle ne servait pas une cause. L’idée est de nous plonger dans la furie de la guerre, de nous faire sentir jusqu’à l’épuisement l’exténuation de deux soldats confrontés à une tâche titanesque : risquer leur vie, traverser l’enfer, vaincre la peur et la souffrance pour accomplir leur mission.
Le pari est réussi. On sort de la salle lessivé, après deux heures passées les ongles plantés dans l’accoudoir à retenir son souffle. Comme à la lecture des premières pages du roman de Pierre Lemaître "Au revoir là-haut", on aura vécu organiquement le bruit et la fureur, le sang et la merde, la sueur et les larmes. Chapeau l’artiste.
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