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Philippe L
1 abonné
24 critiques
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4,5
Publiée le 26 janvier 2025
Rappeler que dans tout pays, à toute époque les dictatures usent des mêmes méthodes liberticides et meurtrières. Soutenir le courage et la vitalité joyeuse, incarnée de ceux qui ne deviennent pas des victimes, mais deviennent des combattants.
Ce film représente, sans utiliser de ressources visuelles ni de mélodrame, l'horreur de la dictature et l'angoisse d'une femme qui avait besoin de s'épanouir même si tout s'effondrait autour d'elle. Fernanda, Utilisant une interprétation sobre et subtile, à la manière d'Eunice, il parvient à faire ressentir au spectateur tout ce que ses yeux semblent ressentir.
Avec beaucoup de subtilité, Walter Salles révèle un événement important de la Dictature militaire, l'arrestation et la disparition de l'ancien député Rubens Paiva et comment sa femme, Eunice Paiva, a dû se réinventer pour élever ses 5 enfants, en utilisant son sourire et sa délicatesse comme arme de résistance. Excellente interprétation de Fernanda Torres, qui avec des gestes retenus parvient à transmettre toute la douleur intérieure de son personnage.
Film très intéressant a plusieurs titres: au niveau politique d'abord puisqu'il parle des méfaits de la dictature de 1971 au Brésil. Mais également dans la description d 'une vie familiale centrée sur l 'épouse du héros du film. Celle-ci est tout à fait remarquable d 'intelligence de ténacité pour retrouver son mari et de joie de vivre. Cette dernière caractéristique traverse tout le film malgré la disparition du père tué par la dictature militaire
Un film à la fois dur et touchant avec une actrice principale qui joue incroyablement bien. On pense tous que le Brésil des années 70 était un pays magnifique et tranquille, qu'on y faisait la fête tout le temps et qu'il n'y avait aucun dangers... ce film prouve que la dictature sévissant pendant de nombreuses années et, enfin révélée au grand public, a brisé des milliers vies et de familles. Ce film en est un témoignage réaliste de tout ce qui pouvait se passer à cette époque.
Très bon film, admirablement interprété. Le ton est juste, sans verser dans le pathos. Il aura aussi le mérite de rappeler à tous ceux qui l'ignorent, ce que furent les dictatures d'Amérique Latine (soutenues pas les Etats-Unis) et les milliers de morts qu'elles ont causés. En outre, la pop brésilienne des années 1960-70 habille ce film de la meilleure des manières.
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3,5
Publiée le 12 mars 2025
« On condamne les autres à une torture mentale éternelle. » Rio de Janeiro, 1971, la situation politique est très tendue, mais Rubens Paiva et sa femme Eunice tentent de mener une vie de famille aussi paisible que possible avec leurs enfants. Il fait beau, ils habitent à côté de la plage et reçoivent souvent des amis, mais cette petite chronique d'une famille brésilienne aisée tourne vite au cauchemar lorsque Rubens est enlevé pour répondre à des questions. Les questions, c'est Eunice qui va les poser pour découvrir ce qui est arrivé à son mari. Le début d'un très long combat pour la vérité. Inspiré de la véritable histoire des Paiva, "Ainda Estou Aqui" est à la fois un bel hommage à cette femme résiliente et digne qui s'est battue pour la vérité et un devoir de mémoire envers toutes les victimes de la dictature militaire. À l'image d'Eunice, le film de Walter Salles est d'une grande dignité. C'est l'humanité qui triomphe sur la barbarie et cette sobriété rend l'histoire parfois très émouvante. Je dis parfois parce que le récit est décousu à certains moments, ce qui fait un peu retomber le soufflé pour citer ce plat que la famille semble apprécier. Même si la vérité arrive assez vite, les recherches ne sont pas vraiment poussées. Tout est vraiment axé sur Eunice et la famille, ce qui est bien, mais on a parfois envie d'en voir plus sur le reste. Bref, c'est tout de même un bon et un important film.
Le régime autoritaire on est dans un pays relativement "libre" comparé à des voisins plus meurtriers comme le Chili et l'Argentine.spoiler: Ainsi, les premières minutes nous montre un pays où semble respirer le bonheur, une immersion idyllique dans l'année 70 sous le soleil de Rio de Janeiro au sein d'une famille bourgeoise très privilégiée. On devine alors que la violence qui va frapper la famille va être autant une surprise qu'un état de choc auquel seul le père ex-député comprend. Le visage de l'épouse/Fernanda Torres quand elle regarde partir son mari sans savoir que c'est la dernière fois est déchirant. Magnifique reconstitution d'époque, décors et costumes on s'y croit sans soucis avec une belle utilisation des images d'archives mais aussi de la caméra familiale qui accentue l'immersion. La tension, la peur, l'angoisse envahit la famille avec cette mère courage qui tente de faire bonne figue avec entre autre cette séance photo des journalistes. Puis arrive cette césure dans le récit, l'ellipse qu'on regrette a posteriori. Le film aurait eu 16 voir 17/20 sans cette prolongation superflue et maladroite... SPOILERS cliquez pour en savoir plus !...
Pas du tout aimé Sur la route (2012), le dernier film de Walter Salles vu en salles. J’allais donc voir celui-ci avec une certaine appréhension mais encouragé par le sujet, la bande-annonce et les prix déjà récoltés. D’entrée j’ai apprécié l’ambiance mise en place et la mise en scène fluide et sans artifice de Salles. Le scénario, tiré de faits réels, est parfaitement écrit avec des personnages parfaitement développés. Plus le récit avance et plus le malaise s’installe, plus on s’attache à tous les membres de la famille. Spécialement à la mère, magnifiquement interprétée par Fernanda Torres. Lauréate d’un récent Golden Globe de la meilleure actrice dans un drame et nommée aux prochains Oscars. Sur les traces de sa mère, Fernanda Montenegro (aussi présente au casting ici), qui, il y a vingt-cinq ans a été elle-même nommée à ces deux cérémonies pour Central do Brasil, un film déjà du même réalisateur brésilien. Le reste du casting est au diapason. L’ensemble est donc une formidable réussite. On arrive au dénouement du film et de la destinée de Eunice avec une boule au ventre et les armes aux yeux tant la vie de cette femme simple mais combattante a été exemplaire et bouleversante. Un très beau et très grand film.
Au travers d’un drame familial, “Je suis toujours là” nous éclaire sur les horreurs de la dictature militaire dans le Brésil des années 70. La réalisation est exceptionnelle. La photo, la lumière, la composition. Chaque plan est travaillé avec une grande précisons et les interprètes sont à la hauteur de l’écrin. Dommage que cette excellence ne se maintienne pas jusqu’au bout. En effet la partie finale est un peu bâclée et pas franchement nécessaire. Heureusement pas au point de nous faire oublier la majorité extrêmement réussie et bouleversante.