Il n'y a en effet rien de mieux pour dénoncer les effets de la drogue que ce thriller dramatique pseudo-horrifique. Ici on VOIT. Ici on est réellement dégoûtés. On suit quatre personnages, tous addictes à la drogue, et leur cauchemardesque descente en enfer. Adapté d'un roman de Hubert Selby, Jr., et déconseillée aux moins de 16 ans -assez justement et pourtant il faudrait sensibiliser plus tôt- l'oeuvre fait globalement le tour des pires conséquences de la drogue et pas seulement de celle qu'on sniffe, mais aussi d'autres formes de drogues courantes : la télévision, l'amour, le sexe, la clope... des bonheurs éphémères et illusoires, nous dit le film, critiquant au passage certains aspects de la société de consommation. Réalité ou excès ? On penche au début vers la deuxième option mais le film est juste totalement réaliste, et je déconseille de vouloir le vérifier.
Le film commence comme une sorte de série populaire mais c'est largement rattrapé par la suite car le très talentueux Darren Aronofsky réalise un chef-d'oeuvre en terme de mise en scène, que de bonnes idées ! Les personnages suivis en parallèle, les scènes accélérées très suggestives, les plans répétés
lorsque les personnages se shoot ou que Sara prend une pilule,
ça en devient atroce à force on en peut plus de revoir ces plans, on ne supporte plus de la voir reprendre ces pilules. Le découpage en saisons peut poser questions mais c'est surtout une manière de marquer le temps. Ajoutés à ça les jeux de lumière, les bruitages et les effets perturbants lors des hallucinations de cette vieille mère solitaire, un rythme parfaitement maitrisé, des dialogues efficaces et la prestation hallucinante (sans mauvais jeu de mot) et multiplement récompensées de Ellen Burstyn (et même des autres !), on a là une pure leçon de cinéma, le film en devient horriblement malaisant, choquant. La manière dont termine chacun de nos quatre personnages dégoutera même les plus sensibles.
Les plans montrant Harry assis contre le mur, la pupille qui se dilate ou Marianne regardant la mer, en plus d'être très esthétiques, sont devenus mythiques.
Clint Mansell participe énormément à l'ambiance avec sa BO mythique, avec des thèmes comme "Lux Aeterna" ou "Summer overture" qui furent tellement réutilisés par la suite dans des documentaires/reportages apocalyptiques et tout genre de vidéos que tout le monde les connait sans forcément savoir d'où elles viennent. Ressemblant réellement à un requiem, faisant ressortir le côté dramatique, fatale et cauchemardesque du film, on est sans conteste sur l'une des meilleures BO de l'histoire du cinéma.
A souligner une excellente VF.
Une vraie claque.