Chaque fois qu'on retourne dans cette période, qui n'a pas son pareil en matière de noirceur et d'inconscience dans l'histoire humaine, on n'a qu'un ressenti, l'envie de vomir. D'ailleurs le commandant d'Auschwitz est lui-même étonné de vomir après une réunion somme toute classique et ordinaire. Comme si un neurone de conscience veillait encore (un flash forward semble ensuite nous dire ce qu'il a vu sans comprendre).
C'est ainsi que le sujet est traité : jamais directement, toujours indirectement. Le vrai fou ne se sait pas fou. C'est l'art du réalisateur qui, du début à la fin, montre l'ordinaire à l'œuvre, l'ordinaire vu du fou, qu'il s'agisse du commandant ou de sa femme. Sa femme qui essaye un magnifique manteau de fourrure récupéré, ou lui qui emmène son fils écouter les hérons cendrés (ce sont d'autres cris qu'on entendra). Aucune image de ce qui se passe dans le camp. On le voit, lui, plutôt s'occuper de la santé des lilas, plantés pour embellir.
Mais des sons parviennent et des lueurs rougeâtres éclairent les chambres la nuit. Le son est l'acteur principal de ce film. D'ailleurs de longs moments sonores, sans image, démarrent et clôturent le film. Il y a un tout petit scénario, juste pour permettre, sans s'y attendre, aux bruits et aux images de jouer leurs rôles. Sans plus. C'est vraiment un film très angoissant.
"La Zone d'intérêt" est un film que j'ai moyennement apprécié. Le sujet du long-métrage est intéressant mais très mal exploité, les séquences ne sont pas énormément compréhensibles, tournent beaucoup en rond et un peu long sur la durée.
Nous nous sommes terriblement ennuyés. Comment expliquer les notes élevées? Rien à voir avec la liste de schindler, le pianiste, la vie est belle, etc. Si vous voulez un doc solide: nuit et brouillard, shoah!! Là, on n'apprend rien. Une vie banale dans un environnement sonore et on suppose odorant infernaux. On ne suit pas les enfants à l'école, les serviteurs terrorisés chez eux. Les seules images qui suscitent l'intérêt sont les vidéos nocturnes tournées en vision nocturne, où on devine une habitante enterrant des pommes pour les travailleurs de l'ombre...
La Zone d'Intérêt est un film intelligent à deux points de vue : intellectuellement et visuellement. Le film est le premier à aborder l'holocauste sous l'angle de la banalité (banalité des hommes et des femmes, banalité et futilité des gestes du quotidien) et interpelle le spectateur. Oui, les responsables des atrocités sont des êtres humains et oui il est psychologiquement normal de s'identifier pour ensuite être soi-même dérangé d'éprouver un semblant de proximité. Le film est donc tout à fait dans le sens de l'expérience décrite par les différents lecteurs de l'autobiographie de Rudolf Höss. Le propos est servie et amplifié par le choix stylistique de ne rien nous montrer directement du camp, uniquement suggéré par des ombres, des bruits, des voix. La caméra est la plupart du temps fixe, attirant ainsi l'attention sur les personnes traversant le champ, seuls éléments mobiles et donc par extension vivants. Les expressions, les gestes, tout ici décrit un simple quotidien familial quand on enlève de l'équation le contexte. L'ensemble se trouve encore rehaussé par l'absence totale de musique, recentrant l'écoute exclusivement sur la vie qui se déroule sous nos yeux, les portes qui claquent, les talons sur le sol, les tissus qui froissent... Une expérience cinématographique et historique à voir au moins une fois et à inscrire au programme éductif.
Confortablement assis, nous sommes comme cette famille, spectateur d'une horreur devenue ordinaire. De là nait un malaise. Une seringue s'enfonce profondément , sans douleur, pour distiller un poison qui se diffuse lentement , et qui touche le cœur et la raison. C'est toute la puissance de ce film, qui nous questionne d'une façon différente, sur la nature humaine et l'inhumanité....
Un film qui aurait été un court-métrage parfait. Montrer l'horreur des camps comme une horreur qui ne se dit pas est une idée peu vue et très représentative de la réalité de l'époque. Mais 1h45 de film, sans qu'il n'y ait une seule histoire développée est très long et sans intérêt. La totalité des plans sont des plans fixes qui offrent une impression d'une famille observée, comme en caméra cachée, mais durant 1h45 cela devient pesant, sans pour autant participer pleinement au thriller.
On savait un petit peu à quoi s'attendre en connaissant Jonathan Glazer, qui avait déjà laissé interrogateur avec son précédent film "Under the skin" il y a 10 ans. Mais, il n'y a pas à dire, "La Zone d'Intérêt" n'est pas un film comme les autres.
Le ton est donné dès le début du film, un écran noir de 5 minutes mais une bande originale qui ressemble à des cris, des plaintes. Le plus important dans le film, ce ne sera pas ce que vous verrez, mais ce que vous ne verrez pas.
Sur le papier, c'est une idée brillante. Qu'y-a-t-il de plus glaçant que le portrait naturaliste et ordinaire d'une famille profitant de la vie, à seulement quelques centaines de mètres du plus grand génocide du XXème siècle ? L'horreur est continuellement suggérée : par des dialogues avec Hedwig spoiler: qui s'amuse d'avoir récupéré les vêtements d'une femme juive, des cris au lointain, la fumée des fours qui s'élève dans le ciel en arrière-plan . Loin de simplement s'arrêter à ce questionnement sur cette famille autour de camp, le film pousse la réflexion en interrogeant spoiler: la proximité logistique (ceux qui organisent l'horreur en coulisses) mais aussi la proximité historique (avec des plans surprenants sur le musée d'Auschwitz et ces personnes qui entretiennent la mémoire étant un en sens les héritiers de la zone d'intérêt ).
Aussi puissant que le film est théoriquement dans sa force de réflexion, il tombe malheureusement parfois dans l'hypernaturalisme qui confine à l'ennui. Au milieu du film et vers la fin, se pose ainsi, de gros passages à vide. On comprend ce qui est raconté mais la sensation que les scènettes ne font que répéter les thématiques déjà abordées plus tôt se fait sentir et donne au film une forte lourdeur.
De façon générale, l'exercice est incontestablement bien mené : on est sur un film intelligent qui interpelle le spectateur en lui ouvrant les yeux sur des perspectives terrifiantes. Malgré ses faiblesses de rythme, La Zone d'Intérêt est une expérience de cinéma inédite qui a le mérite de bousculer les lignes dans une grande subtilité.
Un film intelligent, il ne prend pas le spectateur pour quelqu'un de stupide et propose une autre vision de cette sombre époque. Une vision à deux côtés justement, où l'on nous montre jamais l'horreur des camps de concentration, mais en nous la suggérant tout le temps, à tel point que le second plan devient ce que le spectateur observe. Un film qui est plus un point de vue qu'une histoire, mais qui reste néanmoins important.
Le film est d’une longueur absolue, sans intrigue. Il n’y a aucun commencement, aucune fin. Le réalisateur multiplie les scènes sans intérêt, le scénario est presque inexistant. L’angle choisi afin de mettre en lumière le banal dans l’horreur aurait pu être intéressant, mais le résultat n’est clairement pas au rendez-vous. Le pire est sans doute qu’aucune émotion n’est passée, sur un sujet pourtant si poignant.
Approche intéressante montrant le déni complet d une famille allemande habitant à côté d Auchwitz. Mais des scènes dont on ne comprend pas l intérêt et une fin au bruitage horrible presque ridicule. Il n était pas besoin de cela. On avait déjà bien saisi l horreur de la situation. Un avis pour moi mitigé.
très lent a démarrer, très peu de mentions sur la Shoah qui se passe de l'autre côté de la clôture du jardin c'est la petite maison dans la prairie a Auschwitz une fin incompréhensible