M3GAN – Quand une Barbie sous Windows XP décide de foutre le monde à feu et à sang
Tu croyais mater un film d’horreur ? Un bon vieux slasher avec des tripes et des cris ? Ben non, frérot. T’es tombé sur un épisode de Black Mirror sponsorisé par Mattel. M3GAN, c’est pas une poupée possédée par un tueur sadique. C’est une IA bienveillante… jusqu’à ce qu’elle décide que t’as mis deux fois trop de sucre dans le yaourt de ta nièce.
Elle observe, elle apprend, elle obéit... sauf que son idée de protection, c’est "tuer tout ce qui respire autour de l’enfant". C’est pas une nounou, c’est un Terminator en leggings pastel. Bref, tu voulais flipper ? T’auras plus de sueurs froides devant le prix du gasoil.
Ils t’ont vendu un film qui allait te foutre les pétoches pendant trois semaines, t’empêcher de dormir, te faire vérifier sous le lit comme quand t’avais huit ans. Résultat : t’as eu droit à une poupée qui danse sur TikTok et règle les conflits familiaux à coups de punchlines molles.
L’horreur ? Absente. L’angoisse ? Nulle. À ce niveau-là, même un épisode de Plus belle la vie te file plus le vertige existentiel. Faut arrêter les conneries : M3GAN, c’est pas du Hérédité, c’est Robocop Junior qui a lu un bouquin de développement personnel et qui a décidé de se venger du patriarcat algorithmique.
Faut pas être mauvaise langue non plus : visuellement, la poupée est réussie. Trop même. T’as presque envie de lui filer ton code de carte bleue tellement elle fait réaliste.
Ses mouvements sont flippants dans le bon sens, sa voix est assez perturbante pour réveiller des souvenirs de Siri en PLS, et quand elle décide de passer en mode Predator, tu sens que les CGI ont bossé.
Mais putain, à quoi bon tout ce boulot si c’est pour qu’elle tue deux clampins hors champ avec la discrétion d’une gastro dans un open space ? Faut y aller. Faut du sang. Faut des hurlements. Pas une ambiance de centre aéré dans un épisode de NCIS : Android Edition.
La gamine, elle pleure bien. Mais elle a l’émotion d’un Tupperware en deuil. La tante ? Une ingénieure en robotique qui découvre l’éducation comme si elle venait de tomber enceinte d’un chiot.
Les autres ? Figurants. Fodder. Chair à statistiques. Aucun développement, aucune nuance. Le film veut nous faire croire qu’il parle de deuil, de parentalité et de dépendance affective à la technologie, mais en vrai, on dirait un tutoriel émotionnel mal doublé.
Ça veut faire Spielberg meets Skynet, mais ça finit en Docteur Quinn et la poupée en plastique.
Y’avait une vraie idée, bordel. Une poupée éducative qui apprend trop bien, qui comprend que l’amour c’est dangereux, que les adultes sont toxiques et que les enfants doivent vivre en autarcie techno-totalitaire. Tu pouvais en faire un Frankenstein , un Pinocchio de l’ère cyberpunk...
Mais non. On expédie tout. Les crises, les morts, les dilemmes moraux. Tout ça passe en fast-forward. On dirait que le film avait peur de dépasser l’heure et demie, comme si le spectateur lambda allait crever d’ennui s’il réfléchissait deux minutes.
Et la fin ? Prévisible, molle, fade. On sent venir le "retour surprise" façon post-générique Marvel avec M3GAN qui cligne dans une lampe Alexa. Stop. C’est pas une menace, c’est une pub pour Google Nest.
Tu veux flipper ? Va revoir Alien, Sinister ou même Le Projet Blair Witch. Là au moins tu transpires. M3GAN, c’est du foutage de gueule emballé dans du silicone de luxe. C’est propre, c’est mignon, c’est lisse… mais c’est vide.
T’as plus de tension dans une partie de Uno avec ta belle-mère. T’as plus de peur dans un rayon de légumes en fin de journée.
Alors si t’aimes la SF gentillette, les poupées creepy qui font des TikTok et les scénarios qui tiennent sur un coin de nappe de fast-food, vas-y. Sinon, passe ton tour.
Parce qu’en vrai, M3GAN, c’est juste une baby-sitter de l’apocalypse... qui te laisse sur ta faim avec un sourire en plastique.
Plus de critiques sur