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Olivier Barlet
329 abonnés
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4,5
Publiée le 11 janvier 2020
Ce street-art est l’expression d’une urgence, épidermique, sans institution, rebelle et critique face à la déliquescence généralisée d’un pays exsangue alors qu’il déborde de richesses.
Leur rage nous concerne autant que nous parle leur impuissance. Le scandaleux état de ce pays est la conséquence de la prédation coloniale, du soutien aux dictatures, du partage du gâteau au détriment de sa population. L’image de Lumumba humilié avant d’être sacrifié continue de nous hanter. Ces artistes travaillent la matière car ce sont les matières premières de ce pays qui sont pillées. Leur dérisoire matiérisme est nécessaire pour récupérer une parole, celle de leurs gestes artistiques. Saisi par ces gestes, Renaud Barret s’est immergé sur cinq ans pour les recueillir. Il le fait en toute discrétion, en parfaite écoute, respectant la dignité de tous, avec l’œil et la patte du graphiste qu’il était avant de se faire cinéaste. Ses images nous importent : elles dérangent et bousculent et c’est la moindre des choses car elles ne sont pas là pour rassurer. Ces artistes tentent d’alerter et le film répercute leur acte au-delà des frontières.
Système K n’est pourtant pas seulement un film-alerte : il est le cri d’un système de la débrouille pour survivre et se révolter. Nous sommes certes dépassés par tout ce qu’il faudrait corriger dans ce monde en péril, mais Kinshasa n’est pas à oublier car il s’y joue quelque chose d’essentiel, qu’Alain Gomis mettait déjà admirablement en exergue dans Félicité : lorsqu’on est au bout du rouleau, que le désespoir guette au fond du chaos, il reste à faire avec les possibles pour développer l’énergie de vivre, lutter, aimer, résister, créer. C’est le message et l’apport des artistes. (lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures)
j'ai eu la chance de visionner ce film en avant premiere, je deconseille aux enfants de le regarder (il y a une scene de sacrifice d'un animal...) Cependant c'est un film / documentaire qui marque l'esprit, il rempli son rôle à merveille, il fait réflechir...