Oui, c'est sans doute la meilleure adaptation des "Misérables". Rien à dire sur le casting, les acteurs sont parfaits, de Gabin à Bourvil en passant par Blier, Esposito, Reggiani... Le film dure 3 heures (en deux parties), il en durait 4, et même, au tout début, quasiment 5. Je sais qu'une version de 4 heures est visible, disponible, mais pas en DVD, en tout cas, pas sur l'édition que je possède, mais je ne vais pas forcément chercher à la voir, la version de 3 heures est déjà suffisante, même si elle n'adapte pas tout le roman, même si elle fait des raccourcis, et semble parfois (notamment dans le final) un peu expéditive. Nul doute que cela se ressent moins dans la version rallongée d'une heure. Il y à aussi le "problème" de la réalisation, inhérent à son époque (1958), c'est académique, statique, une accumulation, aussi, parfois, de scènes très courtes, reliées en des fondus au noir (ou au clair), c'est l'état de l'art de l'époque, beaucoup de films de l'époque sont ainsi, et pas seulement ce film, ça ne fait baisser ma note que d'un demi-point. En dehors de ça, si ce n'est pas ma préférée des adaptations du roman (c'est en revanche ma préférée parmi celles sorties au cinéma ; ma préférée tout court, c'est celle, télévisuelle, de Dayan), c'est un chef d'oeuvre du cinéma français.
Je l'avoue d'emblée : non seulement je n'ai jamais lu le livre de Victor Hugo, mais en plus je n'avais jusque-là jamais vu la moindre adaptation des "Misérables". Enfin il y a bien le sketch des Inconnus, néanmoins ça ne compte pas vraiment... Ce fut donc un double plaisir de déguster "Les Misérables" cuvée 1958. Celui de découvrir l'intrigue du roman, et celui de voir une ambitieuse coproduction internationale. France, Italie, Allemagne de l'Est : et oui, c'était avant le Mur de Berlin... Dès le départ, Jean-Paul Le Chanois nous met dans le bain, avec de très beaux décors, naturels ou reconstitués. Et il retranscrit avec force cette histoire poignante sur la pauvreté, la dignité, la morale, et la justice, à une époque où voler un morceau de pain peut conduire de fil en aiguille au bagne à perpétuité. On est aussi très bien servi question distribution. Jean Gabin en Jean Valjean, le forçat devenu un homme noble d'âme, qui tente d'éviter le malheur aux autres. Bernard Blier en Javert, le policier très scrupuleux des lois, mais peu de la douleur qu'il cause, qui traquera Valjean sans relâche. L'ironie étant que Gabin et Blier étaient très amis à la ville ! Et Bourvil, étonnant en Thénardier, le rat crapuleux qui ne recule jamais devant une fourberie pour gagner quelques sous. Ceux-ci, et une galerie de personnages secondaires, se noueront dans une fresque qui s'étale sur plusieurs décennies. En passant par une courte représentation de la bataille de Waterloo, et une plus longue bataille sur les barricades lors de l'insurrection parisienne de 1832. Encore une fois, les moyens se voient ! Avec également des bons mots dans les dialogues, j'imagine tirés du roman. Je reprocherai à l'ensemble de curieuses ellipses. Notamment Jean Valjean qui parvient régulièrement à devenir un bon bourgeois malgré ses fuites. Ou Thénardier qui tombe dans la misère à chaque fois, alors qu'il est expert pour soutirer de grosses sommes... Ainsi qu'une voix off pas franchement indispensable, qui parfois se contente d'expliquer ce que l'on voit à l'écran (!). L'envie de réciter le roman que l'on adapte ? Elle permet sans doute aussi de faire du liant pour pouvoir raconter toute l'histoire sur une durée raisonnable. Il se murmure en effet que le premier montage durait 5h15, et que de nombreuses scènes furent coupées ! Mais pas de quoi gâcher le plaisir, d'autant qu'en l'état, la version en deux époques (plus de 3 heures au total) est très rythmée, sans perdre de sa profondeur.
À la fin des années 1950, la France se lance dans la co-production de quatre films avec la République Démocratique Allemande pour entériner la déstalinisation du Parti Communiste soviétique annoncée lors de son XXème congrès de 1956. L’œuvre de Victor Hugo ne pouvait que faire consensus tant sa thématique sociale forte était compréhensible de chaque côté du rideau de fer. C’est naturellement Jean-Paul Le Chanois, ancien résistant, syndicaliste et membre du PCF qui est choisi pour la mise en œuvre du projet. Le réalisateur écrit lui-même le scénario avec René Barjavel après que Michel Audiard, sans doute initialement imposé par Jean Gabin qui joue le rôle de Jean Valjean, soit exclu pour mésentente avec Le Chanois. Le film scindé en deux époques pour une durée totale de 180 minutes bouscule l’ordre narratif du roman tout en conservant ses thématiques principales et ses moments forts alors enseignés dans toutes les écoles de France. À revoir le film on peut comprendre ce que les jeunes Turcs de la Nouvelle Vague, dénonçaient comme « la qualité française » dont « Les Misérables » est sans doute l’une des meilleures ou des pires illustrations, c’est selon. Mais les sympathies politiques de Godard et de Truffaut ont fait que Jean-Paul Le Chanois a été relativement épargné par leur ire souvent féroce et parfois injuste au contraire d’un Claude Autant-Lara ou d’un Jean Delannoy. Le film est une super production dont on a parfois du mal à percevoir l’ampleur, notamment dans la deuxième époque qui traitant des mouvements révolutionnaires ayant scandé le XIXème siècle, s’avère plutôt décevante tant les scènes épiques semblent désincarnées avec des acteurs à contre-courant, notamment Giani Esposito qui tient son fusil comme il tiendrait un pinceau, sans parler de Gabin qui pour l’une des rares fois dans sa carrière depuis « Golgotha » de Julien Duvivier en 1935 paraît un peu perdu, n’étant pas du tout dans son élément, le film en costumes n’ayant jamais été sa tasse de thé. Seule Silvia Monfort interprétant avec une sincérité touchante une des filles Thénardier occupe l’espace avec charme et allégresse. Il faut donc prendre son plaisir en visionnant la première époque plus dense et poignante qui enchaîne certes les moments forts célèbres sans réelle continuité mais qui bénéficie de la performance de ses acteurs avec un Bernard Blier comme toujours impeccable en Javert brutal mais droit comme un i, un Jean Gabin parfaitement en ligne quand Valjean est devenu un notable, un Fernand Ledoux en évêque chaleureux et modeste qui redonnerait la foi aux plus rétifs et enfin un Bourvil absolument génial en Thénardier aussi onctueux qu’il peut-être vénal et cruel. Les clichés nombreux et les sentiments un peu trop appuyés ne donnent pas une dimension humaine palpable à cette adaptation cinématographique qui parmi de nombreuses autres, ne démérite certes pas tout en restant à quelques longues coudées de la version de Raymond Bernard de 1934 en trois époques avec Harry Baur dans le rôle de Jean Valjean.
Excellent film qui vaut surtout par l'histoire et par son interprétation. Jean Gabin est, encore une fois, exceptionnel. C'est la meilleure interprétation à contre emploi de Bourvil. La réalisation est très (trop ?) classique.
Quand Jean Gabin est là, l'émotion est là et tout ce qui suit n'est que du bon, Bourvil se surpasse... Blier aussi... Rien à redire à cette adaptation...
Pour Jean Gabin et son charisme. Pour Bourvil et sa fragilité. Pour Bernard Blier et sa rigueur de comédien. Pour Danièle Delorme et sa beauté. Pour Reggiani aussi. Et surtout, pour les mots de Victor Hugo, profonds et déchirants. A mon sens, ce film est la meilleure adaptation du chef d'oeuvre de Hugo ( oublions le remake calamiteux de Lelouch ), parce qu'il est magnifiquement interprété par tous les acteurs et qu'il s'en dégage une poésie prodigieuse ( la musique lyrique de Georges Van Parys est bouleversante ). C'est avec délectation que l'on suit les péripéties de Jean Valjean, Cosette, les Thénardier, Javert, Marius, Fantine et Gavroche. Chaque personnage est un misérable à sa façon : Jean Valjean bien entendu, riche de l'extérieur et pauvre de l'intérieur ; l'inspecteur Javert, aveuglé par les institutions judiciaires ; Thénardier, être perfide et amoral... Rarement le misérabilisme n'aura été aussi sublime qu'avec Victor Hugo. Rendons grâce à l'écrivain français le plus noble de tous les temps et à Jean-Paul Le Chanois, qui nous offre un chef d'oeuvre de l'adaptation. Beau et inlassable.
La version des "Misérables" de Jean-Paul le Chanois est sublime ! Jean Gabin est magnifique. On comprend aisément pourquoi c'est pour certains son meilleur rôle et surtout pourquoi ce film est un des grands classiques du cinéma français.
Alors là, la meilleure de toutes les adaptations des misérables avec la version de Robert Hossein!!!! L'histoire est parfaitement respectée. Les acteurs sont impeccables ( mention spéciale pour Bourvil qui fait un excellent Thénardier). Le film date, mais je trouve qu'il a plutôt bien vieilli...Chapeau!!
Un chef d'oeuvre!Au début on voit Jean valjean au bagne de Toulon trimer comme un forcené et les autres compères puis sa sortie puis peu a peu il reprend la vie non sans passer par des doutes,des faux pas d'abord puis de grandes choses accomplies...et peu a peu il va sauver Fantine,désoeuvrée a la rue plus pauvre que pauvre et rejetée de tous,et sauver sa fille entre les mains de thénardier bien cruels et mielleux...Un grand film que je recommande!aucun temps mort seuls un ou deux clichés ou portraits caricaturaux mais qui n'enlèvent rien a la beauté,et noblesse du film et au message fort qu'il veut faire passer "tant quil y aura des faibles et de la misère en ce bas monde il faudra lutter!"et quelle lutte contre les préjugés,la bétise,les méchantes gens,la cruauté de l'époque qui faisait du'n homme volant un pain un bagnard et un condamné a etre exclu alors qui'l n'avait volé qu'un pain!pour nourrir les siens.Quel changement par rapport a aujourdhui...Quant à Cosette elle est bien chétive la pauvre enfant sous lemprise dune bonne femme et du thénardier ivre et n'ayant aucuns sentiments pour elle.Elle va trouver l'amour,la providence la vie..bref la suite le dira!en tout cas un film inoubiable..parfois fataliste certes mais souvent émouvant..et un Gabin excellent!!QUi habite son personnage avec conviction et force et combat.Et un blier aussi étonnant en Javert obsédé par la recherche de Valjean et danièle Delormes exquise et émouvante en fantine criante de détresse et enfin Bourvil épatant dans un role de méchant..a voir absolument!!