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jeanjak
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5,0
Publiée le 28 août 2019
Superbe prolongement de l'été. Cette comédienne Mina Farid est géniale. Toute en spontanéité on la croirait sortie d'un des meilleurs Kechiche. L'histoire est bien plus maligne que ce que le pitch laisse penser. Un film sur la lutte des classes.
Rebecca Zlotowski qualifie Une fille facile de "conte amoral" et le défend en invoquant la liberté des corps et la sensualité. C'est à peu de choses près le même discours que tenait Roger Vadim, il y a 60 ans, et ce n'est sans doute pas un hasard si la trop célèbre Zahia évoque la BB de l'époque. Facile à réduire à ses courbes mais moins bête qu'il n'y parait, les machos devront en convenir. Zahia s'en sort d'ailleurs avec les honneurs, la réalisatrice ne lui ayant donné que peu de dialogues et lorsque le cas se présente, elle parvient même à se montrer convaincante en évoquant Marguerite Duras (sic). Mais bon, en vérité, Une fille facile manque terriblement de substance, passant d'une plage à un yacht puis à une villa luxueuse sans que l'on s'intéresse plus avant aux très superficielles péripéties du scénario. Le film se veut aussi une sorte de récit d'apprentissage pour la jeune adolescente cannoise, cousine du personnage interprété par Zahia, mais elle n'est guère valorisée et reste dans l'ombre de sa solaire et charnelle aînée. Avec un rôle pourtant secondaire, c'est finalement l'excellent Benoît Magimel qui s'en tire le plus à son avantage. Son air méditatif donne l'impression que lui aussi a des doutes sur les qualités d'Une fille facile. Peut-être espérait-on trop de Rebecca Zlotowski au vu de Grand Central, notamment ? Peut-être en définitive y a t-elle atteint ses limites mais cela reste encore à prouver.
Un film subtil sur le soleil, son abscence la nuit et sur la liberté. Vu en avant première à Lyon, j'ai trouvé les acteurs formidables, et pas seulement les consacrés Benoît Magimel, Clotilde Courau ou Loubna Abidar. Aussi les moins connus et notamment Lakdhar Dridi et Mina Farid qui incarnent une amitié si vraie. Tous portent des personnages qui s'éclairent les uns les autres et ont pour point commun de tourbillonner autour de l'énigmatique Zahia Dehar qui se déhanche sur la ligne qui délimite la fiction et la réalité. L'attention aux décors aussi, m'a marqué : ils sont là autant des personnages que les acteurs principaux et d'une façon générale, la réalisatrice, sur un scénario aux accents certes rohmériens mais qui tient en trois lignes, réussit à produire une belle densité de sens. Car en toile de fond, il y a du fond, et derrière la superficialité entendue que beaucoup s'empressent d'annoncer à la seule vue d'un prénom sulfureux, il y est question de la complexité non seulement des rapports de classes mais du rapport que l'on entretient soi à l'idée de classe sociale. Et à bien plus encore, à l'amour, à l'amitié, au destin. Bref un de ces films qui donne envie d'aller voir un peu plus ce qui se passe dans le cinéma d'auteur français.
Racoleur grâce à la plastique bizarre de Zahia, c'est aussi une formation accélérée à la prostitution. Benoît Magimel est vraiment très bien dans ce film, excellent acteur.
Voilà une jolie parenthèse dans la vie de deux adolescentes dont l'une couche et l'autre pas. Elles sont cousines, se voient peu, partagent peu, si ce n'est la condition modeste de leur famille, mais s'aiment bien. La plus jeune pénétre, dans le monde étrange et fascinant de l'autre ( du sexe et du luxe ) où, coucher permet d'acheter des sacs et des montres hors de prix, de se prélasser, sans objectif, sur un beau bateau . Tout paraît simple.et désirable.a cette gamine de 16 ans qui peine à se penser un avenir. Des hommes riches, séduisants et sympathiques sont prêts à leur offrir tout celà, sous l'oeil méprisant du domestique de bord!. La beautė du paysage cannois , magnifiquement filmé , est accentuée par l'excellent choix des musiques. Tout pourrait être, presque parfait, dans l'histoire, sans le retour a la vrai vie, et, dans le film, sans l'interprétation , très bardotieuse et la plastique, très, très plastifiée de Zahia . A certains moments, celle dernière semble porter un masque de cuir, qui l'obligerait , pour parler, à détacher, en les accentuant, chaque syllabe ( parce que ça fait trop maaalll!!!!) Il lui arrive, cependant, comme touchée par la grâce, de glisser quelques mimiques qui surprennent par leur naturel! Et puis, il y a le piège évité de la bimbo inculte et idiote. Eh oui, elle parle bien d'une Duras dont elle a lu les livres et, ne fait pas juste semblant! Tout ça, malgrė un scėnario assez léger, nous l'a faite , aussi, jolie et plaisante notre parenthèse, Dommage que l'après-film soit l'hymne à la prostitution chanté par Zahia à longueur d'interview , parce que la femme est libre d'être ce qu'elle veut et tout et tout.. Dommage, aussi, que l'on ait envie de vouloir en faire la nouvelle Bardot dont elle est très, très éloignée.
Sympathique et distrayant, Une Fille Facile permet de mettre en avant un autre visage pour Zahia. Le film respire l’été, le sexe, la séduction, les vacances, le sel, le sable, mais n’a finalement pas grand chose à raconter.
Un scénario improbable, quelques belles images, des acteurs, des "pas acteurs du tout", est-ce suffisant pour faire un film ? Il y aura bien quelques intellos pour y trouver un intérêt, oups, la SACD a craqué, moi pas, désolé !