J'avoue que c'est le genre de film que je n'aurais probablement pas regardé sans mon insatiable curiosité de voir un film avec Zahia en tête d'affiche, elle qui est loin d'être actrice à la base.
Je ne connais pas suffisamment le cinéma de Rebecca Zlotowski, n'ayant vu que Planetarium de sa filmographie, mais c'est assez suffisant pour constater que c'est un cinéma assez peu narratif, l'histoire ne se racontant pas avec des scènes explicites et des dialogues explicatifs, ce que je respecte, mais tend aussi à rendre mon visionnage confus.
On sent tellement l'intention de communiquer les émotions par des scènes sans dialogue ou avec des échanges assez vagues que cela ne sonne plus comme naturelle.
S'il y a quelques moments de réalisation qui sonnent juste (notamment lors des montages parallèles sur les relations Naima/Philippe et Sofia/Andres), il y a toutefois un côté confus qui n'aide vraiment pas à rentrer dans l'histoire ou s'attacher au personnage. Pas fan non plus de cette utilisation sporadique d'une voix off.
Quand au jeu de Zahia, le point qui suscite sans doute le plus la curiosité des spectateurs, ce n'est pas un rôle de composition mais on sent que le personnage de Sofia a été écrit pour elle, car elle lui correspond plutôt bien. Alors sa manière de s'exprimer sonne parfois comme une étrangère qui parle français, ce qui peut perturber, mais ayant vu des interviews de Zahia, c'est sa façon naturelle de s'exprimer, donc cela ne m'a pas vraiment dérangé. Ce qui est étonnant, c'est que d'autres personnages s'expriment un peu de la même façon, ce qui rend le visionnage assez étrange.
Benoît Magimel se montre assez convainquant de son côté, tout comme Clotilde Courau, qui malgré une apparition très courte, a peut-être la meilleure scène du film où elle montre douter du fait que Sofia connaisse Marguerite Duras, la jugeant à sa seule apparence, et ce, malgré le fait que Sofia viendra débunker son aprioris ! Une scène assez juste, dont je soupçonne que cela pourrait être basé sur une anecdote réelle de Zahia.
Ah oui, et il faut parler de la fin, qui est une des raisons pour lesquelles j'ai du mal à apprécier ce genre de film, car c'est juste une fin vague et non conclusif qui ne donnent même pas l'impression de terminer une histoire. Même pour présenter le fait que c'est le début d'autre chose, je pense qu'il y avait vraiment moyen à faire mieux.