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Nora B.
1 critique
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2,5
Publiée le 17 octobre 2019
Olivier Gourmet joue très bien. Cependant trop de longs silences qui mettent mal à l'aise. La chute est trop brutale... on reste sur sa fin. Le personnage principal reste embourbé dans sa vie du début à la fin.
Ai-je le droit de consommer autant ? de prendre l'avion, d'utiliser amazon, de polluer autant simplement du fait que j'existe et que je fais parti de ce système ? Le personnage central est un témoin de ce qu'était vivre en dehors de la société de consommation il y a 50 ans : une vie très dure. Ne pouvoir manger qu'une tranche de jambon par semaine, prendre des coups et être rabaissé au rang d'animal. Lui s'en est sorti, en intégrant totalement le système au point d'en devenir l'un des rouages. Il n'a pas perdu sa part d'humanité. Mais il est pris dans un courant qui le force à être brutal et à se comporter comme un salaud. C'est le prix de la survie. Après beaucoup de remise en question, il accepte au final de payer ce prix pour le bonheur de sa famille, même si cela l'oblige à être un salaud. Est-ce que le film justifie ce choix ? Non. Mais il montre bien que nous sommes tous prix dans un fleuve, un torrent, dont chacun est à la fois une victime et un contributeur. Pas de moral, juste une constatation lucide et glaçante.
Très lourd, très pesant, ce film nous amène non pas à nous interroger sur la société actuelle mais sur le poids de l'enfance et de l'éducation reçue. Le personnage de Franck est construit sur une enfance sans amour, sans reconnaissance, sans compréhension, sans empathie, sans sympathie.... seuls des "coups de pieds au cul" pour avancer et comprendre dans un monde où seule la valeur du travail était reconnue !!! cette éducation a fait de lui un personnage complexe et souvent incompréhensible qui n'est pas à sa place et qui ne le sera jamais. Sa seule humanité... ses rapports avec sa petite dernière ! un film coup de poing porté par u n Oliver Gourmet magistral qui laisse sans voix tant son talent est immense !
Un empilage de clichés. Très peu de dialogues pour essayer de créer une émotion. Toutes les grosses ficelles sont de sortie. Un demi point quand même pour Olivier Gourmet.
Un film intense qui laisse à réfléchir. On a de la peine, de la colère, presque du dégoût après l'avoir regardé. Le film reste puissant, solide alors même qu'il est centré autour d'un personnage qui est devenu futile, inutile et sans recul. Sa seule porte de sortie reste l'attachement qu'il porte au seul enfant qui a encore besoin de l'amour de son père. Bien vu et intelligent.
Super film, avec toute l'épaisseur (au sens propre comme figuré) d'Olivier Gourmet, bête de somme abrutie tous les matins sous sa douche, et toute la journée à son bureau ou dans sa voiture. Les relations laides, lasses ou intéressées au sein de la famille, les compromissions, la cruauté, le cercle infernal qui se resserre autour du personnage principal, c'est très bien vu, très bien filmé, très bien joué. Une peinture assez glaçante de surcroît sur les échanges commerciaux absurdes d'un monde à bout de souffle et d'idées.
Film assez lent et finalement ultraclassique d'un quinquagénaire qui perd son travail. La composition d'Olivier Gourmet est excellente comme souvent, jouant un personnage renfermé et introverti. Mais tout cela est filmé assez platement,les personnages annexes restent conventionnels, et au bout d'une heure on commence à s'ennuyer, d'autant que le scénario est prévisible et qu'on ne peut pas dire que les séquences d'humour sont fréquentes pour nous égayer quelque peu. Pas super terrible donc.
Film assez impressionnant sur le cas de conscience d'un homme dévoué corps et âme à l'entreprise qu'il a toujours servi. Olivier Gourmet avait déjà incarné une victime de la violence au travail dans "sauf le respect que je vous dois". Il est de nouveau excellent. Cette fois ci il interprètre un homme père de 4 enfants embourgeoisés, désabusé et froid, accablé de responsabilités au travail et devant pallier, seul, aux conséquences des erreurs des autres. Je ne m'attendais pas du tout à la nature de la faute qu'il commet pour éviter une lourde perte financière à son entreprise. Lourd et cruel.
Voilà un film qui nous met le nez dans nos contradictions. Il est tellement facile de critiquer le héro pour les "moyens" employés alors que notre société est prête à tous les caprices pour obtenir la "fin". Voilà pour le fond. Sur la forme, la réalisation est sobre mais efficace. Encore une fois, Olivier Gourmet fait le boulot. A voir.
Sur le papier, Ceux qui travaillent avait de quoi rebuter. Un film sur les affres du grand méchant capitalisme? Un long-métrage gonflé par un pathos artificiel et déformé par des caricatures outrées? Une énième tentative de dénoncer les rouages pervers d’un monde gouverné par l’argent et le profit individuel? Il n’en est rien. Antoine Russbach signe ici un film sobre, juste et intelligent, qui brille autant par sa finesse que par la magistrale interprétation d’Olivier Gourmet.
Ce qui fait la force du film, c’est la manière dont, avec brio, le jeune réalisateur réussit à ne jamais franchir la frontière qui le sépare de la caricature et de l’attendu. Il montre un homme broyé par un système auquel il a tout donné sans jamais sombrer dans le manichéisme. Car si ce premier long-métrage nous expose les absurdités du capitalisme, il nous rappelle aussi que c’est ce même système qui nourrit nos enfants. Il donne à voir la révolte désespérée d’un homme humilié, mais sans emphase ni pathos, et avec une rare finesse. Et c’est dans les scènes les plus banales (une douche matinale, un repas de famille, la routine d’un matin de semaine) qu’effleurent les reliefs de l’âme de ce personnage mutique et bourru, magnifiquement incarné par Olivier Gourmet. Un personnage que l’on ne cernera jamais totalement, un colosse brisé de l’intérieur, un « monstre » dont on épouse pourtant la douleur. Et c’est avec une réelle force que nous étreignent les sentiments de cet anti-héros des temps modernes qu’est le travailleur licencié, le désormais laissé pour compte, le pion sur un damier où compétition et faux-semblants sont monnaie courante et règles d’un jeu cynique et cruel mais pourtant docilement accepté par tous. Là est un élément essentiel du film : rien n’est exposé, tout est suggéré. Les couleurs sont froides, les dialogues brefs et les plans rapprochés, la caméra s’attache au banal et au quotidien, mais ces scènes où presque rien ne se dit ont une teneur impressionnante.
Alors oui, Ceux qui travaillent et un film « social ». Mais un film social qui ne sonne ni comme une parabole creuse et vide de sens, ni comme une leçon de morale agaçante, et encore moins comme un exercice de style artificiel dans lequel l’humain transpire à peine. Russbach nous parle du système, mais il reste à échelle humaine. Il nous donne du grain à moudre, mais n’impose jamais la réflexion et fuit toute morale. Pour livrer un film juste et intense, porté par l’intelligence de sa mise en scène et la performance de ses acteurs, un long-métrage qui marque par sa sobriété, qui frappe autant qu’il interroge. On attend avec impatience les autres films de la trilogie prévue par Antoine Russbach, fondée sur le modèle de la société médiévale : Ceux qui combattent et Ceux qui prient.
Rarement vu un film aussi intense sans effets et musique " Grandiloquents". De l'humain, rien que de l'humain. Bravo aux acteurs et mention spéciale à cet échange silencieux, plantes dans les yeux l'un de l'autre, du capitaine et de Frank à la fin. Sans rien montrer, on frissonner. Film fort, qui donne à réfléchir, à discussions et interprétations.
Un film bien mené, où malgré le piège qui se referme sur le personnage central reste impressionnant, le même jusqu'au bout, sans faillir, incapable d'être autre chose que lui même
Un film âpre dont on ressort ébranlé. Mais qui cheminera en vous lentement. En plein questionnement sur le travail, j’ai découvert ce film. Et je me suis identifié à ce père de famille pourtant pas sympathique mais touchant d’une humanité blessée. Et dont les silences, jamais comblés par ses proches, sont le reflet de ses souffrances et de la souffrance qu’il inflige aux autres. Jusqu’au bout du film, il balance sur la corde raide : de quel côté penchera-t-il?