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4,0
Publiée le 4 février 2020
Un excellent film, la cruauté de l'être humain dans toute sa splendeur, un homme dévoué corps et âme a son travail et à sa famille et en change il a quoi...? Matière à réfléchir
Olivier Gourmet - parfait d'intensité et d'enfermement sur soi - est la clef de voûte d'un film implacable sur le monde du travail et sur la société de consommation. Sous tension extrême de bout en bout, l'acteur porte à bout de bras un film un peu long mais clinique sur les dérives de la société de consommation. Sans moraliser ni commenter, le réalisateur genevois dissèque froidement le syndrome dans ses dimensions personnelle, familiale ("famille je vous hais"), sociale, entrepreneuriale, environnementale... Le propos s'affadit un peu en 2ème partie pour se reprendre vers la fin. Un film glaçant.
« Ceux qui travaillent » est apparemment le premier long métrage de Antoine Russbach. Frank (Olivier Gourmet) est une personne introvertie voire psycho-rigide mais qui a réussi de lui-même à accéder à un haut poste puisque qu’il contrôle le fret d’une grande compagnie maritime internationale. Un soir, un appel téléphonique du commandant d’un navire venant du Nigéria lui annonce qu’il y a « un grain de sable noir » et sans en référer à son supérieur, il demande au commandant de « liquider le problème » afin de ne pas retourner au Nigéria et de ne pas perdre une importante livraison de produits frais. Les navires étant géolocalisés et suivis en temps réel, l’affaire se sait et Frank est mis à la porte de cette entreprise même si après on apprendra que ce n’est pas le réel motif de son licenciement. Frank jouera la comédie devant sa famille, faisant semblant d’aller au travail … mais cherchant un nouvel employeur mais dans un petit milieu où tout se sait ! Il sera finalement approché par un armateur qui lui proposera une place où il aura probablement « des sacs de sable » à gérer et bien conscient de ce qu’on lui propose puisqu’il a même pensé à se suicider à la suite de son « erreur humaine », il acceptera ce poste pour sa famille et notamment sa dernière fille non encore imprégnée par le consumérisme. Un film assez froid et dur à regarder mais fort bien fait, montrant les contraintes obscures qu’imposent le capitalisme et la mondialisation, pour des postes à haute responsabilité alors qu’on souhaite protéger sa famille.
Voilà un premier film qui percute un max, l'air de rien. Il faut d'abord saluer la prestation d'O.Gourmet, aussi sobre qu'impérial .Mais au delà de cette performance, il y a le fond du propos, et c'est du lourd ! Du lourd comme un malaise à forte odeur de mauvaise conscience, qui nous mord à mesure qu'on regarde Franck, cet homme parti de rien qui a..."réussi", qu'on le regarde se débattre avec sa conscience après la décision qu'il a prise dans l'urgence et les ennuis qu'elle lui vaut. Car la poussière qu'il a tant de mal à glisser sous le tapis, ce silence dont il peine tant à sortir, les conséquences ou les présupposés inavouables de sa prospérité sont bien les nôtres, nous les complices de la loi du marché, nous les consommateurs aveugles, sourds et muets. En amont de notre consommation quelles horreurs ? Quand son fils, qui a appris son licenciement, accepte de parler un peu à Franck, c'est pour lui dire : "Tu as intérêt à assurer pour l'argent, parce qu'on n'est pas prêts à sacrifier notre niveau de vie !"... Glaçant ... Comme Franck nous sommes des gens de bien(s) jusqu'aux moments ou il faut sacrifier un peu de notre bien-être, et à bon entendeur salut. Pas à dire, c'est du lourd...
Sans surprise, j’ai beaucoup aimé ce drame. Il faut dire que c’est une réalisation de qualité et surtout réaliste. Et qui de mieux pour interpréter le rôle principal qu'Olivier Gourmet. Un acteur exceptionnel qui nous avait déjà régalé cette année dans UNE INTIME CONVICTION et EDMOND. Comme on dit, jamais deux sans trois. Il donne du caractère à ce personnage, ce qui est indispensable pour nous plonger dedans. Qui dit film sociétal, dit forcément un message politique. Ce dernier n’est pas polarisé mais va plus être un constat d'une réalité certaine. Ensuite, à chacun d’en tirer la conclusion qu’il veut. J’ai aimé justement qu’on ne tombe pas dans l’excès et ni dans quelques choses d’accusatoire. Ce n’est pas pour autant qu’il n’y aura pas une dénonciation du système actuel. Quand c’est bien fait, et c’est le cas ici, je trouve toujours cela vibrant de montrer l’homme derrière le salarié. Cela met en lumière beaucoup de dysfonctionnement dans la société capitaliste actuelle. Il montre aussi qu’il n’y a pas que les petits ouvriers qui sont victimes de cette machine à pognon, chaque salarié, quelques soient son statut peut un jour se retrouver du mauvais côté. Nous ne sommes au final que des chiffres pour l’entreprise.
Un film émouvant qui montre toutes les compromissions que nous acceptons tous y compris les donneurs de leçons moralistes pour maintenir notre niveau de vie
Un film sombre, qui repose entièrement sur les épaules d'Olivier Gourmet qui incarne un personnage qui lui va assez bien. Dévoué à sa carrière professionnelle, il se fait licencier suite à un incident... à moins qu'il n'y ait une autre raison à son départ. Il se retrouve sans travail, dépouillé de sa principale préoccupation, sa raison d'être, et décide de ne rien dire à sa famille. Un parcours émouvant mais le personnage est tellement froid et austère que j'ai eu du mal à m'identifier et à entrer pleinement dans l'histoire. Je m'attendais à mieux
Contrairement à ce que suggère son titre, ‘Ceux qui travaillent’ parle surtout de ceux qui ne travaillent plus, et relate la descente aux enfers d’un travailleur, mais contrairement aux rôles récurrents tenus par Vincent Lindon dans les films de Stéphane Brizé, le cadre supérieur incarné par Olivier Gourmet n’inspire pas spécialement de sympathie : ce salarié workaholic chez un armateur suisse est brutalement licencié pour avoir pris une décision dans l’intérêt de l’entreprise mais au mépris de toute humanité. Pour cet homme renfermé et taciturne pour qui le travail et la réussite matérielle comptaient plus que tout, la chute peut commencer. Le réalisateur expose brillamment les étapes successives de cette débâcle professionnelle, la découverte que rebondir sera plus compliqué que prévu, l’impossibilité d’avouer la vérité, les causes comme les conséquences, à sa famille, le spectacle impuissant de cette dernière qui continue à vivre sur un grand pied dans l’inconscience de ce qui se trame. Pourtant, ce n’est pas la rédemption que cherche ce self-made man, qui se sent avant tout trahi et rejeté par un système pour lequel il a sacrifié sa vie de famille et sa morale, ce qui donne un côté inhabituellement glaçant à ce combat pour reconquérir un statut. Lorsque Antoine Russbach humanise tardivement son personnage, et donne un visage aux minuscules rouages de ce capitalisme prédateur qui n’étaient jusque là qu’un visage ou une voix, il se montre malheureusement un peu moins pertinent.
Encore un très grand Olivier Gourmet dans ce film très touchant sur le monde des affaires.. sur cette société de grand capital qui laisse trop souvent l'humain sur le bord de la route.
Scénario rugueux et rythme lent pour un monde du travail sans pitié. Franck va en faire l'expérience mais il subira une double peine avec la réaction de sa famille. Impossible de rester indifférent.
excellent film sur le monde de l'entreprise. Les multinationales se partagent les océans à travers le fret. Olivier Gourmet magistral dans son rôle d'affreteur des marchandises au détriment des hommes. jusqu'au jour où lui même est licencié.
En gros, un film sur un cadre qui ne vit que pour son travail d'opérateur de navires containers et en paye le prix.. avant d'y revenir. Olivier Gourmet en fait des tonnes dans le rôle du mutique limite autiste. Beaucoup de silences et de longueurs donc, mais un bon coup de projecteur sur le milieu du Shipping international.
J'avais vu de bonnes critiques mais j'ai été déçu. Très psychologique, avec un personnage principal improbable, qui n'entretient de relations humaines qu'avec sa plus jeune fille. Beaucoup de longueurs (dans sa voiture, sous la douche).