Ceux qui travaillent
Note moyenne
3,7
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169 critiques spectateurs

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axelle J.
axelle J.

129 abonnés 501 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 septembre 2019
Le personnage de Frank comprend être la victime du système capitaliste dont il se croyait seulement bénéficiaire — “profiteur“ serait plus exact. On le hait tout en le plaignant à la fois, en particulier lorsqu’il constate la fragilité de sa “réussite” reposant sur le fait qu'il est juste un pion "éjectable" pour la société qui l'emploie et qu’il est juste un tiroir-caisse pour toute sa famille (exception faite de sa plus jeune fille, encore épargnée par la fièvre consumériste).
Et puis ce film prend à son dernier tiers un chemin dérangeant pour le spectateur, plongeant crûment dans les coulisses des marchés de gros alimentant le confort occidental. Cela montre parfaitement bien l'inconscience aveugle des consommateurs que nous sommes. Si ce film ne fera malheureusement pas devenir décroissants les gens, au moins il matérialise les ravages du matérialisme. Un des chocs de la rentrée et la découverte d’un excellent réalisateur.
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2019
Olivier Gourmet nous a habitués à des rôles pour lesquels son personnage se trouve tiraillé par des sentiments contraires et fait face, autant que faire se peut. Ce rôle-là « parmi ceux qui travaillent » était assurément fait pour lui et amènera à ce film non seulement les spectateurs maintenant fidèles de l’acteur mais, espérons-le, un public plus large. Pour un film qui en rejoint d’autres sur le registre du travail, de ses souffrances, des injonctions contradictoires, et de la vulnérabilité au final des salariés, y compris les cadres, dans un système qui les dépasse et qui a d’autres enjeux que leur simple personne. Ce personnage principal a été élevé à la dure. Il est à son tour dur à la tâche. Trop dur pour ses enfants peut-être aussi bien que ceux-là semblent gâtés, avec une vie d’aisance grâce justement aux efforts du père dont il n’est pas dit (pour les plus grands) qu’ils aient une juste reconnaissance. Paradoxalement, Franck Blanchet (Olivier Gourmet) en deviendrait par ricochet presque antipathique. On le suivra. Il trempera dans une affaire peu reluisante malgré son impression (jusqu’où ?) d’avoir fait son travail. On craindra qu’il perde pied. La tension au moment où il commence à vaciller rappellera à chaque spectateur ses propres faiblesses avec la crainte, de plus en plus prenante, de passer de l’épreuve sociale au fait divers le plus dramatique.
nadège P.
nadège P.

149 abonnés 538 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 septembre 2019
Bien entendu que cet homme avait le choix, il a tout simplement pris la plus mauvaise décision et il a sacrifié une vie humaine tout cela pour ne pas mettre en péril la société pour laquelle il travaille.
Plus tard, spoiler: il acceptera un nouveau travail très bien payé pour faire un peu du sale boulot, tout cela pour garder son train de vie familial hyper confortable
.
Ce film démontre qu'un être humain ne vaut finalement rien face aux lois du marché, à l'économie capitaliste sauvage et au maintien de son petit train de vie aisé et égoïste.
Sinon, ce film a ambiance très froide et très dure.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 septembre 2019
Un film coup de poing et percutant.
Olivier Gourmet est d'une grande perfection.
J'ai aimé ce que dénonce ce film.
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 septembre 2019
Ce film dramatique est assez anxiogène globalement.
Il tire à boulets rouges sur le capitalisme, le libéralisme et c'est très juste et réaliste.
Où comment un homme est responsable de la mort d'un autre homme, au nom du capitalisme et peu importe du moment que la boîte continue de fonctionner et du moment que ce monsieur et sa famille gardent leur excellent train de vie.
Implacable !
OresteA
OresteA

20 abonnés 80 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 mars 2021
Intéressant mais sans intérêt. Est-ce une critique du consumérisme ? Nous ne voulons pas savoir comment est fabriqué et transporté tant que l’on peut consommer ? Ou bien je suis passé à côté du message.
Cinemadourg

906 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 décembre 2021
Ce drame social aurait pu marquer les esprits, fendre l'âme et toucher les coeurs, le sujet en avait largement la possibilité en tous cas...
Olivier Gourmet incarne un cadre supérieur s'occupant de fret maritime, il est également le père de cinq enfants.
Il s'investit à 200% dans son métier quand un beau jour, il doit faire face à une situation très compliquée : il prend alors une très lourde décision qui va le conduire au chômage et à une remise en question totale vis-à-vis de sa famille.
Ce film est vraiment très décevant dans son ensemble tant on survole un sujet grave sans s'y plonger profondément.
Le réalisateur est resté trop frileux à mon sens, on suit cette histoire avec intérêt mais sans réellement s'attacher aux personnages ou aux situations, malgré un acteur principal qui assure totalement côté crédibilité.
Une oeuvre volontaire et contemporaine, mais trop lisse et trop introvertie pour vraiment sortir du rang.
Site www.cinemadourg.free.fr
Evelyne M
Evelyne M

25 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 septembre 2019
Je suis allée voir ce film pour Olivier Gourmet toujours tellement juste et pour le thème. Je n'ai pas été déçue. L'ambiance du film nous saisit, la détresse d'une vie professionnelle et familiale nous touche au plus profond.
norman06

425 abonnés 1 823 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 septembre 2019
Le meilleur d'un certain cinéma social et critique sur le monde des entreprises, sans lourdeurs ni style démonstratif. Olivier Gourmet est grandiose.
Jean-Pierre Jumez
Jean-Pierre Jumez

116 abonnés 222 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 septembre 2019
Dans un premier temps, nous adhérons à une HISTOIRE, filmée de manière magistrale est servie par un acteur prodigieux.
Mais dans un second temps, on cherche à nous impliquer dans un PARCOURS. Et là, ça s'enlise un peu. Plusieurs chemins latéraux semblent être des cul-de-sac, et plusieurs méandres nous échappent
Autrement dit, toute la première partie repose et sur le scénario. Et la seconde partie repose sur la virtuosité de l'acteur..
Mais impossible de rester insensible à ce très beau scénario.
velocio

1 538 abonnés 3 500 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 septembre 2019
Agé de 35 ans, Antoine Russbach a passé sa jeunesse à Genève. Il a ensuite suivi des études de réalisation/scénario à l’Institut des Arts de Diffusion de Louvain-La-Neuve, en Belgique. Après la réalisation de 2 court-métrages, "Ceux qui travaillent" est son premier long métrage. Présenté au Festival de Locarno en août 2018, il s’agit du premier volet d’une trilogie consacrée aux équivalents contemporains des 3 ordres de l’ancien régime : tiers-état, noblesse, clergé. Le deuxième volet devrait avoir pour titre "Ceux qui combattent" et le troisième," Ceux qui prient". Il est rare qu’un premier long métrage soit aussi riche et aussi pertinent que "Ceux qui travaillent". Plutôt que de s’en prendre systématiquement aux autres et au système, commençons par balayer devant notre porte, nous dit Antoine Russbach. Dans ce film passionnant, Olivier Gourmet, présent dans pratiquement tous les plans, est tout simplement prodigieux.
J. Fitzgerald
J. Fitzgerald

3 abonnés 17 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 septembre 2019
Magnifique film vu en avant première sur le monde du travail et la manière dont il déshumanise l'être. Impressionnante prestation d'Olivier Gourmet dans un rôle à la fois réaliste et très touchant. Bravo !
E M.
E M.

1 abonné 8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 septembre 2019
Un personnage principal très digne, seul au monde a l'exception de sa plus jeune fille et qui nous amène à l'empathie quoi qu'il ait fait. Tout est très violent pour lui : l'indifférence de sa femme et de ses enfants, l'hostilité de son frère et la brutalité hypocrite de son entreprise. Il se débat seul sans chercher d'excuses, vacille, se reprend. Tout est très haletant et violent et nous tient en haleine.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 septembre 2019
Une première œuvre d’un jeune cinéaste suisse qui frappe fort, et même très fort au niveau du contenu. Une œuvre qui n’est pas sans rappeler celles de Laurent Cantet ou Stéphane Brizé pour leur contenu social fort. Mais peut-être moins engagé ici et davantage dans le constat. En effet, c’est un état des lieux alarmant ou l’on fait le compte-rendu d’un monde du travail contemporain gangréné par le capitalisme sauvage, notamment dans nos sociétés occidentales. C’est écrit et analysé avec beaucoup d’acuité mais surtout de manière radicale et sans concessions. Mais « Ceux qui travaillent » se pare également d’un constat sociétal amer. Tout aussi réaliste et bien senti. Il pointe du doigt l’impact que cela peut avoir sur la cellule familiale dans son entier mais surtout sur la trajectoire humaine d’un homme. On y voit une société basée sur le travail mais où seuls les bénéfices et la loi du plus fort comptent et où le consumérisme à l’extrême sont la panacée (d’ailleurs les scènes avec le plus jeune des fils sont bien vues et particulièrement éloquentes). Le constat et le bilan dressés ne sont certes pas nouveaux, les portes enfoncées peuvent sembler déjà ouvertes, mais c’est fait de manière imparable et brillante.



Au-delà de la pertinence du sujet et de l’efficacité avec laquelle il est traité, « Ceux qui travaillent » jouit clairement d’un atout de choix. Un atout qui porte encore plus haut le long-métrage. C’est bien sûr Olivier Gourmet, très souvent impeccable en premier rôle comme en rôle de soutien comme ils disent outre-Atlantique, qui tient le film sur ses épaules. Ici, on n’est même pas loin de dire qu’il tient le rôle d’une vie. Il est de tous les plans, imposant, massif et complètement en phase avec le personnage. D’abord froid, mutique et impitoyable, on suit la lente évolution psychologique de Franck, son personnage, grâce aux infimes mais prégnantes et subtiles gammes de son jeu de comédien. Chacune de ses expressions et de ses postures sont en totale adéquation avec le rôle. Du grand art et un plaisir de chaque instant à savourer en tant que spectateur que cette brillante et grande interprétation. On peut également saluer la grande précision du scénario et des dialogues, aussi rares soient-ils. Une écriture au scalpel qui joue beaucoup dans le réalisme (voir ke naturalisme) de « Ceux qui travaillent ». La réalisation pourra paraître clinique et froide mais elle correspond parfaitement à l’univers impitoyable du monde des grandes entreprises et de la recherche d’emploi pour les cadres. Quant aux seconds rôles, s’ils prennent du temps à se personnifier dans le film, les personnages de la femme de Franck et de sa plus jeune fille arrivent au bon moment pour apporter un contrepoint aux actions du protagoniste principal. On regrettera juste une fin qui s’étire et s’avère un peu opaque moralement comme dans son déroulement au point d’en gâcher un tantinet l’appréciation finale.



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849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 septembre 2019
Ceux qui travaillent est une douche froide qui, chaque jour, relance cette routine dans laquelle l’urgence est absorbée. Une douche froide qui assimile, dans un ensemble de rituels bien définis, ce que la vie peut contenir de fragile et d’aléatoire. Prendre sa douche donc, puis s’habiller, déjeuner et réveiller les enfants avec la douce odeur d’un café livré à domicile, à l’instar des containers qui, par millions, glissent sur les mers et les océans. À l’instar des croquettes de poisson dans les bacs réfrigérés des grandes surfaces. On ne se demande jamais comment ils sont arrivés là, ou du moins on le suppose, on y pense plus. C’est presque magique. Et le propre de la magie réside justement dans l’absence de sens critique, de questionnement de la réalité perçue. Alors le système en tant que construction sociale à dimension collective se voit redoublé par un autre système, un système de nature individuelle, une bulle existentielle faite de repères, de paroles et de postures que Frank a appris sur le tas, dans une trajectoire d’élévation. Du moment que les deux systèmes coïncident, tout va bien. De l’harmonie ainsi obtenue – entre un travail aux retombées collectives et une action individuelle sur le monde – découle même un bonheur qui ne peut, dans le cas du protagoniste principal, s’exprimer que par le souci de pourvoir aux besoins de sa famille. Ce faisant, le réalisateur raccorde la valeur du travail à celle des laborantes du Moyen Âge : travailler exige la réalisation de tâches pénibles et épuisantes pour un corps et un esprit mobilisés sans relâche. Puis un jour, la bulle éclate. Percée de l’intérieur. Nul hasard si le film s’ouvre sur un réveille-matin qui lance dans la chambre ses sonorités stridentes : il narre, en fin de compte, l’éveil d’un homme à sa propre conscience, homme qui, jusqu’alors, sommeillait dans l’épuisement. Car Frank avait l’illusion du mouvement : les nombreuses scènes de caméra embarquée nous le donnent à voir au volant de sa voiture, symbole traditionnel de l’émancipation et qui, ici, se charge d’une signification contraire et incarne son enfermement dans des trajets de l’ordre de l’automatisme. Une voiture haut de gamme qui bénéficie, en outre, d’une boîte de vitesses automatique ! Ceux qui travaillent est le récit d’une aliénation qui a, en chemin, rencontré l’auto-aliénation : étranger aux siens et pourtant ingurgité au point de disparaître dans sa maison, Frank évoque le personnage façonné par Albert Camus dans L’Étranger : un corps qui se déplace régi par ce fonds inconscient d’humanité qui le raccorde in extremis au genre humain. Pour l’incarner, un Oliver Gourmet magistral qui réalise ici l’une de ses performances les plus fortes et déstabilisantes. Avec son premier long-métrage, Antoine Russbach détricote le geste humain pour en exhiber sa mécanique quasi robotique, livre un scénario à la fois asphyxiant et rempli de trous dans lesquels le spectateur engouffre son émotion et ses angoisses. Il a surtout l’audace de proposer une œuvre aboutie qui n’a de cesse de se remettre en cause, de refuser le didactique pour lui préférer l’incertain. En ce sens, il suffit de considérer la clausule dont la radicalité n'a d'égal que la pertinence dramatique. Une œuvre que l’inachèvement intrinsèque rend paradoxalement achevée. Un très grand premier film.
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