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Patricia Juillien
9 abonnés
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3,5
Publiée le 16 mai 2026
Ce film sobre et efficace, donne une vision fort réaliste de la société de consommation et du libéralisme. Olivier Gourmet est magistral en cadre supérieur taiseux et rigide, dévoué à sa famille et à son entreprise, qui le licencie sans état d'âme, prétextant une faute grave, mais en fait c'est parce ce qu'il coûtait trop cher à la boîte. On craint un dénouement dramatique, mais non, le bonhomme retrouvera un autre sale boulot, afin de garantir le train de vie élevé des siens et pour qu'ils n'aient pas honte de lui.
Ai-je le droit de consommer autant ? de prendre l'avion, d'utiliser amazon, de polluer autant simplement du fait que j'existe et que je fais parti de ce système ? Le personnage central est un témoin de ce qu'était vivre en dehors de la société de consommation il y a 50 ans : une vie très dure. Ne pouvoir manger qu'une tranche de jambon par semaine, prendre des coups et être rabaissé au rang d'animal. Lui s'en est sorti, en intégrant totalement le système au point d'en devenir l'un des rouages. Il n'a pas perdu sa part d'humanité. Mais il est pris dans un courant qui le force à être brutal et à se comporter comme un salaud. C'est le prix de la survie. Après beaucoup de remise en question, il accepte au final de payer ce prix pour le bonheur de sa famille, même si cela l'oblige à être un salaud. Est-ce que le film justifie ce choix ? Non. Mais il montre bien que nous sommes tous prix dans un fleuve, un torrent, dont chacun est à la fois une victime et un contributeur. Pas de moral, juste une constatation lucide et glaçante.
Film glaçant, avec un Olivier Gourmet au sommet de son art et une toute jeune Adèle Bochatay qui est le seul rayon d soleil et d'humanité, non seulement pour le protagoniste mais également pour le spectateur. Les sujets sont multiples, mais bénéficient d'un traitement si brillant qu'ils s'entremêlent naturellement, nous ramenant sans cesse à la dévitalisation de ce monde : la logistique internationale, la surconsommation la désincarnation des relations familiales, la dureté du monde de l'entreprise, la lâcheté (de tous), l'impossibilité de se libérer (spoiler: illustrée ne serait-ce que par la synthèse du bilan de compétence : vous êtes pour faire ce que vous faites )... C'est peut-être ce dernier point le plus violent, avec le terrible plan final spoiler: où Olivier Gourmet semble se réveiller d'un long cauchemar pour finalement se réveiller dans celui qu'il a, peut-être un bref instant, tenté de fuir.
Du très grand cinéma, d'autant plus pour un premier film
Ceux qui travaillent est un film qui prend aux tripes. A sa façon. Ce n'est pas le plus original des films sur le thème du travail car il en existe beaucoup sur cette thématique. O. Gourmet joue avec conviction, le visage serré, le rôle d'un travailleur acharné qui est prêt à tout pour l'entreprise: il est soumis à un stress permanent, cadre dans le fret maritime. Il travaille et il travaille encore. C'est sa routine, sa drogue. Et lorsqu'un jour tout s'arrête, suite à une décision qui va lui être fatale, et qu'il est viré, il ment, cache tout à sa famille et pense même à se suicider avant d'être sauvé par sa fille, qui'l emmène au port d'Anvers où la boucle va se boucler, retrouvant le capitaine du cargo impliqué. La vie s'écroule, mais ne peut s'écrouler, car il y a la pression familiale, la pression sociale. Et il est prêt à tout, ou presque, pour reprendre un boulot. Et c'est ce qu'il va faire. Un joli film. Intéressant.
Ceux qui travaillent - très bien joué par un Olivier Gourmet magistral. L’histoire est celle d’un homme qui ne vit que par son travail mais doit revoir ses valeurs après une mise à pied. On note surtout le jeu très juste 3,6/5
Un film très cérébral avec un anti-héros magistralement joué par Olivier Gourmet qui a aimé dans ce scénario ces longs silences qui en disent plus avec le regard des intervenant que de longs palabres.. .Jeune, il a été élevé dans une ferme comme le bétail : si on n'avance pas, on reçoit des coups de bâton ! C'est un autodidacte qui est devenul'un des membres dirigeant d'un armateur... La fonction créant l'organe, il est devenu tranchant, autoritaire, radical, au travail comme en famille... Un col blanc dont la maison est aussi impersonnelle que lui dont le cœur bat à l'unisson de l'Entreprise qui l'emploie... Monsieur roule en SUV Porsche, et quand on lui soumet un questionnaire, il répond : sentimental ? Non ! Empathique ? Non ! cordial ? Non... Tellement imbu de lui-même et de son importance dans sa société que le ciel lui tombe sur la tête lorsqu'il apprend son licenciement... A cause d'une mauvaise décision qu'il a prise seule et qui risque de tuer sa société dont l'équilibre financier est fragile... Mais la vraie raison est-elle cachée par cet alibi de faute ? Fallait-il traiter humainement un passager clandestin inquiétant ou privilégier la rentabilité du bateau et de sa cargaison ? On l'ignore souvent mais l'heure de coût de transport d'un bateau est énorme... Viré comme un malpropre, il va avoir le réflexe de beaucoup de licenciés : il va le cacher à sa famille et se construire une fausse vie. Redécouvrir son environnement, sa femme et ses trois enfants qui faisaient partie des meubles... Olivier Gourmet est impérial dans ce rôle, peut-être son meilleur... Froid, cassant, caustique... Un autre armateur va lui proposer une autre embauche pas très orthodoxe.... Va-t-il l'accepter ou conserver les charmes de la liberté et du plaisir de regarder la vie s'écouler ? Pour un premier long-métrage, Antoine Russbach nous esquisse une histoire socio-psychologique que j'ai trouvé très convaincante...Un patron n'est pas un élu du peuple. Il ne doit pas se laisser aller à la démagogie car il met en péril l'outil de travail, quitte à être haï de tous... Ce film n'a pas été récompensé commercialement à la hauteur des efforts de son tournage précis, huilé, malgré un J'ai beauc Que de hauts dirigeants se reconnaîtront dans cette estampe ! Surtout en Suisse dont s'est imprégné Russbach ! J'ai beaucoup aimé ! Pour un galop d'essai, Russbach ne s'est pas laissé aller à la facilité : un film authentique, bien construit.
Un film bien mené, où malgré le piège qui se referme sur le personnage central reste impressionnant, le même jusqu'au bout, sans faillir, incapable d'être autre chose que lui même
Très bon film social qui interroge sur la limite entre les valeurs humaines individuelles et les exigences du capitalisme... Jusqu'où chacun est capable d'aller sans se renier...comment affronter les conflits de loyauté...oser dire non!
extrêmement bien réussi, décortique avec clarté le mécanisme de l'inhumanité de la situation, c'est à la fois triste et ignoble, je n'en dis pas plus mais n'hésitez pas si vous aimez les films sur les travers de notre société
Enfin un film français (belge ou suisse plutôt) dit "social" sans clichés ni bavardages creux (moralisants ou militants). Juste et émouvant. L'acteur principal est génial de sobriété et d'intensité. Une superbe réussite.
Film sans prétention mais dès les premières minutes, l'acteur principal (excellent) et le manière de filmer captent l'écran. Tous les ingrédients étaient déjà là pour faire un (très) bon film sur le monde du travail. Mais voilà, le scénariste avait autre chose en tête, le point de bascule arrive au bout de 12 minutes. On se détache alors du personnage principal, on ne s'identifie plus à lui. On l'observe puis par l'amour de sa petite fille, on revient à lui, on craint chaque coup dur pour elle et l'image qu'elle a de son père. Brillant !
"Ceux qui travaillent" est un film social qui parle, comme son titre l'indique, de conditions de travail, mais aussi et surtout des actions immorales des entreprises qui n'obéissent qu'à la quête du profit maximum. Sur ce plan le film est bon, mais plusieurs choses me gênent, en premier lieu le personnage principal interprété par Olivier Gourmet. Autant j'apprécie son jeu beaucoup plus nuancé dans le très bon "L'exercice de l'état", autant je trouve ici qu'il rend son personnage tellement antipathique qu'il en devient caricatural. L'autre problème est que la première partie est bonne, mais la deuxième s'enferre dans une forme de langueur que quelques 'péripéties' didactiques sur le monde du transport de marchandises et une coïncidence largement improbable n'arrivent pas à rompre. Intéressant pour ce qu'il dénonce, mais pas totalement abouti.
Je ne vais pas écrire un roman de commentaire trop long à lire. Je me contente donc de dire ceci : J’ai vu le film deux fois à environ 2 ans d’intervalle et mon impression est la même. Ce film est une vraie représentation de ce que beaucoup ne peuvent même pas imaginer sur les postes à responsabilité, l’engagement et le dévouement au travail pour parfois, tomber de haut et peiner à se relever. La photographie est réussie, et l’ensemble est brut, très épuré, radical presque. Un superbe film très prenant et réellement efficace.
Film avec des blancs très longs Pas d'action Le film m'a paru durer un siècle je me suis beaucoup ennuyé. quel intérêt à part présenter la vie pourrie d'un personnage antipathique ?
Le seul moment intéressant est peut être quand il parle de son enfance malheureuse... Ça aurait mérité d'être davantage creusé