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Adelme D.Otrante
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2,0
Publiée le 23 mars 2021
Longue, beaucoup trop longue, descente aux enfers opiacés pour une jeune recrue revenue d'Irak avec un stress post-traumatique. Les réalisateurs de "Avengers" veulent en mettre plein la vue, multiplient les références mais restent peu convaincants. Un peu de Kubrick pour la partie militaire, un peu d'Aronofsky pour la partie narcotique, avec un côté poseur mais sans le talent original. Avec Cherry les frères Russo inventent le "Requiem For A Dream" light, un produit marketé et édulcoré pour ceux qui considèrent les productions Marvel comme l'Alpha et l'Omega du cinéma actuel.
Un film intéressant. Le jeu d'acteur est bon. La BO est suffisante. Le scénario tient la route. Ce n'est pas un grand film. Cela dit à visionner au moins une fois.
La star montante que tout Hollywood s'arrache, Tom Holland, s'extrait de son costume de super-héros pour camper un rôle plus dramatique et torturé. Disponible sur Apple TV +, "Cherry" démarre comme une bonne vielle idylle à l'américaine. Mais avant d'unir leurs âmes devant l'autel, le jeune couple décide d'aller au bout de leurs engagements personnels. Cherry rentre donc dans l'armée en tant qu'aide soignant et part faire la guerre en Irak. De retour au pays, il est atteint de stress post-traumatique et ne sera plus jamais tout à fait le même... Ce sont les frères Russo, Anthony et Joe, réalisateurs des blockbusters "Avengers" qui sont aux manettes de ce film plus réaliste et modeste. Le scénario, quant à lui, s'inspire du roman éponyme écrit par Nico Walker, en partie autobiographique. Cette histoire est du pain béni et permet au duo de réalisateurs de renouer avec une certaine liberté créative, proche du film d'auteur et loin des contraintes imposantes d'une grosse franchise. Du coup, "Cherry" se présente comme un terrain de jeu pour les réalisateurs, un feu d'artifice d'effets de style ! L'ouverture est pas mal, on croit qu'on a affaire à une atmosphère personnalisée indé pas inintéressante, mais bien vite, certains effets sont clairement à jeter, tant ils sont insignifiants et/ou encombrants. "Cherry", bien que segmenté en chapitre marquant chacun une étape de vie, manque clairement d'homogénéité, et d'originalité ! En fait, le film coche une à une les cases d'un récit initiatique où la chute se veut inévitable. D'étudiant bosseur, il devient héros de guerre puis zombie en manque de drogue, puis braqueur de banque ! C'est prévisible, pas très fluide, ça croule de déjà-vu et c'est beaucoup trop long (2h20 !)... Ajoutez à tout ça une voix off en mode "ma vie est un enfer", un ton pas très clair entre humour et tragédie et des regards face caméra pour toujours impliquer le spectateur dans l'action, et vous avez un film qui s'essouffle trop vite et qui a du mal à rendre palpable le défi psychologique du héros. Mais dans cette confusion où la tension manque à l'appel, il reste quelques belles scènes dramatiques pour pimenter cette descente aux enfers, menées par de bons acteurs. Tom Holland est convaincant et féroce et franchit, avec sa partenaire Ciara Bravo, chaque étape de ce calvaire avec brio ! À eux deux, ils portent la charge émotionnelle du film et le rendent plus abouti dans le fond qu'il ne l'est dans la forme. Les registres de jeu sont variés et évolutifs ; on observe vraiment sa mutation, sa métamorphose, sa renaissance. Un rôle amplement à la hauteur qui rend "Cherry" tout de même appréciable.
Un drame sentimental dense, prenant et sous influence mais malgré tout très inégal, qui évoque de manière parfois trop appuyée, l’impact destructeur des traumas de guerre sur la vie des soldats revenus du front, porté par la performance solide et touchante de Tom Holland. 3,25
Bien loin de l'univers des Avengers, les frères Russo réalisent un film plus personnel, sur les stigmates de la guerre et la dépendance aux drogues. Un ensemble inégal, qui aurait gagné à être plus condensé car s'essouflant par endroits, en outre la narration est trop présente. mais la mise en images soignée, quelques passages intenses et la composition exaltée de T. Holland sont des atouts certains de ce drame désenchanté. L'épilogue, est particulièrement bien réalisé.
Ça faisait un moment que j'attendais de voir ce film car je voulais voir ce duo de choc (pour moi) entre Ciara Bravo que j'ai adoré dans Wayne (et c'est un petit mot) et Tom Holland qui est une des figures montantes dans son genre. Dans l'ensemble, je n'ai pas été trop déçu malgré quelques longueurs et quelques clichés mais les américains sont coutumiers du fait. Je pense que l'on aurait pu réduire le temps de la prod' car 2h20 c'est légèrement trop long selon moi. L'histoire est pas originale en soit mais j'ai trouvé assez bien fait notamment sur la forme et je dirai même que j'ai été surpris par moment. Je ne vais pas mentir en disant que je savais comment tout allait se finir mais au fond, ce n'est pas très grave. Les acteurs ne déçoivent pas et j'en attendais pas moins d'eux. Le rythme est soutenu et la BO est pas mauvaise. Pour un long métrage qui ne sort pas des grands studios d'Hollywood, c'est plutôt réussi. Même si tout n'est pas parfait, je le recommande pour tous ceux qui sont curieux de voir ce que ça donne. 12/20.
Il s'agit sur deux heures d'une histoire d'amour merveilleusement partie, depuis la rencontre du garçon (Tom Holland) et de la fille (Ciara Bravo) sur les bancs de la fac, jusqu'à des retrouvailles des années plus tard dans des circonstances particulières que le prologue du film laisse présager.
Les complications de la vie amoureuse contemporaines vont amener des épisodes tragiques longuement et profondément développés d'abord d'engagement de l'amoureux dans l'armée, ce qui entraîne ensuite une déchéance dans la drogue et l’oxycodone, ce qui entraîne ensuite au braquage de banque pour payer sa drogue, ce qui entraîne enfin des circonstances particulières prévisibles. Le titre du film, Cherry, signifie "puceau". Le héros ne l'est pourtant pas quand il rencontre l'héroïne (pas la drogue, quoiqu'il y touche déjà) mais celle-ci ne lui cache pas qu'il l'attire parce qu'il est faible, rôle de faible dans lequel l'acteur de Spider-Man utilisé ici à contre-emploi est parfaitement crédible. Les conséquences de cette perversité de la demoiselle qui se vante d'être attirée par la faiblesse chez les hommes vont aller trop loin, dans un jeu retors où le refus de s'engager va lui faire jouer contre elle-même, ce qui va en conséquence en arriver à inspirer à ce "faible" de détruire cette faiblesse en lui, à prouver en quelque sorte son masculinisme en s'engageant sous les drapeaux. Cette supposée faiblesse attribuée au héros par l'héroïne est le moteur de tout le film. C'est ce qui amènera les deux amoureux à caresser la mort.
Voilà un excellent film, le meilleur des frères Russo, d'autant plus à saluer qu'il n'est pas dans la dénonciation du comportement du couple de héros, de l'armée, de la drogue, de la délinquance... C'est une fresque tragique et malheureusement crédible telle que le cinéma américain ne sait plus guère en donner.
Cherry, derrière une histoire en apparence déjà vu avec deux sujets classiques qui s'entremêlent, le film grâce à un super Tom Holland et une réalisation impeccable, pleine de poésie, réussit à livrer des messages que l'on attendait pas forcément. Belle surprise.
Dans ce drame, les réalisateurs Joe et Anthony Russo racontent la trajectoire d’un soldat américain souffrant de stress post-traumatique à son retour d’Irak qui va commettre des braquages de banque pour payer sa dépendance aux drogues et entrainant sa femme dans son addiction. Le duo insuffle une bonne dose d’humanité à un récit en dépit d’une mise en scène au style stylistique trop ostentatoire mais dont le lyrisme appuyé se veut toujours être au service d’une histoire parfois maladroite et manquant de structure mais aussi remplie d’une suave mélancolie. Dans le rôle principal, Tom Holland fait des merveilles en junkie désœuvré et apporte beaucoup d’émotions au long-métrage.
Les réalisateurs de deux “Captain America” et de deux “Avengers” recrutent le Spiderman Tom Holland pour un film plus indépendant en adaptant un roman semi-biographique de Nico Walker qui s’est engagé dans l’armée pour oublier une peine de coeur, mais qui devra vivre avec un stress post-traumatique à son retour. Pour se maintenir, il plongera dans l’héroïne avec sa copine et braquera des banques pour financer sa dépendance. Conté en plusieurs chapitres, l'œuvre suit une narration claire qui rate néanmoins son effet de surprise. Holland et les autres comédiens y mettent pourtant beaucoup de cœur et les frères Russo s’essaient admirablement à plusieurs effets de style. Mais à trop vouloir bien faire, “Cherry” semble trop propre et ne touche jamais, malgré la profondeur de l’histoire. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Tom Holland et sa prestation sur mesure permettent de compenser la mise en scène un peu "clinquante" (tape-à-l’œil) des frères Russo, qui visiblement avaient envie de se lâcher après leur passage chez Marvel. Les deux frangins se sont faits plaisir : les plans sont parfois bizarres, le héros se met à nous parler comme si de rien n'était, les étapes du scénario sont découpés en chapitres (qu'on n'a pas du tout apprécié, ces pancartes rouges avec le titre du chapitre qui spoile la moitié de ce qui va arriver cassent complètement le rythme). Pourtant, avec 2h22 au compteur, Cherry avait besoin de rythme, justement, et il peine parfois à nous garder intéressé dans sa partie centrale, entre un démarrage intrigant (on commence par la scène finale assez décalée, et l'on a bien envie de savoir comment on y est arrivé) et une fin en grande forme. Tom Holland n'a pas fini de nous surprendre, en interprétant tour à tour un jeune homme un peu paumé, un infirmier de guerre traumatisé et paranoïaque, un braqueur de banque poli et bien élevé (on adore) et un toxico romantico-destructif qui se troue les bras et renifle tout ce qui passe avec sa compagne. Rien que ça. Et sur chaque tableau, il réussit à façonner son personnage sans perdre en crédibilité, il est certainement ce que l'on retient de mieux dans ce Cherry. Arrêtons-nous d'ailleurs deux secondes pour dire qu'on s'est candidement fait avoir par le titre "Cherry" et la couleur rouge de l'affiche pour traduire "Cerise" (comme c'est mignon, le film va être tendre... Ouh la, non.), alors qu'il fallait traduire "Puceau", ce qui, de suite, est plus adapté à ce que l'on y découvre. Ce jeune homme qui est puceau de l'amour, de l'horreur de la guerre, de toute drogue dure, des braquages, et va déchanter d'avoir perdu son innocence dans chacun de ces cas. On essaiera d'oublier toute la lourdeur de la mise en scène, qui abuse des ralentis dramatiques et des musiques classiques (opérettes) pour souligner les moments tragiques, au profit du grand effort demandé à Holland, qui porte le film à bout de bras (troués).
Globalement un excellent drame social d'actualité autour de la santé mentale (ici du syndrome de stress post-traumatique si représenté dans l'armée régulière), de l'addiction, de l'amour, du désir, de l'amitié et de la jalousie. Le scénario n'est certes pas original mais s'avère surtout le prétexte au propos.
Seule ombre au tableau à part Tom Holland les acteurs sont mauvais.
Après un passage du côté de chez Marvel, les frères Russo avaient à cœur de pouvoir enfin montrer leur véritable talent. Et c'est exactement ce que l'on ressent après le visionnage de "Cherry". C'est un film avec une certaine ambition artistique, et on ressent clairement l'envie des réalisateurs de prouver quelque chose durant la totalité du film. Que ce soit au niveau du style visuel, mais aussi au niveau du ton et de l'écriture. On y ressent même une certaine prétention sur certaines séquences, il faut bien l'avouer. Cependant, je serai de très mauvaise langue de dire que je n'ai pas apprécié le résultat. Porté par un excellent Tom Holland (qui avait à prouver lui aussi, car il montre qu'il peut avoir un minimum de charisme), le film est totalement centré autour de son personnage principal. Nico Walker est un héros que l'on apprend rapidement à apprécier durant la première partie du projet, et que l'on aura donc du mal à voir sombrer dans la deuxième partie, mais au sens positif de la chose. Tout le film tourne autour d'une envie de montrer l'horreur de la guerre avec un profond respect, mais surtout les répercussions psychologiques pour ces soldats. Si on y voit un aspect se rapprochant un poil de "Forrest Gump" sur la première partie, tout change dès le lancement de l'intrigue principal. Les séquences de guerre sont certes peu nombreuses, mais elles suffisent clairement à marquer de par leur aspect très cru. On est très rapidement pris dedans, et on n'aura donc aucun mal à suivre la descente aux enfers de notre héros. Tout se fera d'une manière assez intelligente, dans une envie qui va à l'encontre même du cinéma basique hollywoodien. C'est peut-être encore une des idées des frères Russo pour se démarquer, mais faire un film qui dénonce autant le système militaire américain n'est pas si commun. Généralement, on cherche très souvent à le vanter et à être à la limite de la propagande. Le ton est donc plutôt intéressant, car assez peu vu dans ce domaine-ci. Le seul bémol va peut-être venir du final à vrai dire, qui sera un peu vite expédié, malgré sa symbolique. spoiler: Je comprends que l'on veut témoigner de la libération de notre personnage, de son évolution vers le positif. On met cette scène en parallèle avec la scène où il revient de la guerre. Dans celle-ci, il était acclamé et décoré, mais ce fut pourtant le début de l'enfer pour lui. Mais dans cette dernière séquence, il est seul, personne ne l'attend à part Emily. Ce n'est peut-être pas flamboyant donc, mais bien plus prometteur pour lui. Sur le papier, j'avoue donc avoir beaucoup apprécié la symbolique. Mais dans les faits, cela passe beaucoup trop vite à mon sens. Il change totalement de point de vue sur sa vie actuelle en une seule scène, celle qui précède le braquage. Et toute la partie qui témoigne de sa renaissance est montrée dans un montage musical qui ne nous fait pas vraiment ressentir son changement. L'idée était donc bonne, mais l'exécution me laisse un poil perplexe. Et encore, j'ai vraiment du mal à accepter l'idée que la prison a été bénéfique pour lui, par rapport à la guerre. C'est vraiment préféré la peste au choléra. Cependant, c'est le seul vrai défaut que j'ai trouvé à redire sur ce film. Tout le reste est de très bonne qualité. La mise en scène des Russo par exemple, qui viennent vraiment montrer qu'ils ont plus de talents que l'on veut bien nous le faire croire. C'est donc un assez bon moment que j'ai passé devant ce film, et que je vous recommande. C'est un long-métrage qui prend beaucoup de choses à contre-pied, et plutôt de la bonne manière. Pour conclure, une belle petite expérience.