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Fedex76
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4,0
Publiée le 27 janvier 2025
Un film remarquable qui dépeint et illustre brillamment les impasses du communautarisme, dont le Liban est toujours un des carrefours. L'optimisme initial du film vient vite buter sur ce mur d'incompréhension et d'aveuglement. Des comédiens totalement impliqués, portés par le superbe duo Laffitte Abkarian.
La 1ère réalisation de David Oelhoffen date de 2006, mais son 1er succès de 2014 avec Loin des hommes qui, déjà, parler de la guerre, comme son prochain d’ailleurs qui sort dans un mois, Les derniers hommes. Il est aussi le scénariste inspiré de Sauver ou périr et L’affaire SK1. Pour ces 114 minutes, il a adapté le roman éponyme de Sorj Chalandon de 2013. Liban, 1982. Pour respecter la promesse faite à un vieil ami, Georges se rend à Beyrouth pour un projet aussi utopique que risqué : mettre en scène Antigone afin de voler un moment de paix au cœur d’un conflit fratricide. Les personnages seront interprétés par des acteurs venant des différents camps politiques et religieux. Perdu dans une ville et un conflit qu’il ne connaît pas, Georges est guidé par Marwan. Mais la reprise des combats remet bientôt tout en question, et Georges va devoir faire face à la réalité de la guerre. Récit tragique d’une tentative de « trêve poétique » qui prend à la gorge. Ce n’est pas la première fois que le roman - qui a reçu le prix Goncourt des Lycéens lors de sa parution -, est adapté puisque la BD et le théâtre s’y sont déjà intéressés. Le film a été tourné à Beyrouth, - mais avant la date tragique du 7 octobre 2023 -, et est censé se dérouler en 1982 pendant les massacres de Sabra et Chatila. Une tâche complexe, car il n’y a plus de distribution d’eau et d’électricité dans la ville. Certes, ce drame nous montre – et ne tente surtout pas d’expliquer – la réalité de ma guerre civile au Liban. Mais, au-delà, il tente d’analyser comment l’art peut avoir un impact positif sur le monde, mais aussi les limites de son pouvoir. Plusieurs langues sont utilisées comme le français et l’arabe, qui n’est volontairement pas sous-titrée dans le film, afin de mettre le spectateur dans la peau du héros face à des situations qui lui sont difficiles à comprendre. Ce héros, chef d’un projet fou, devient personnage d’une tragédie qu’il ne maîtrise plus. Il traverse le fameux Quatrième mur, ce mur imaginaire qui sépare le lieu du spectacle - la scène- et la salle - le réel -, qui sépare les acteurs des spectateurs. Ce film passionnant, troublant et d’une grande intelligence est une vraie réussite. A voir sans tarder. Evidemment, l’ensemble est porté par un formidable Laurent Lafitte, qu’on a rarement vu dans le registre tragique. Il trouve en Simon Abkarian, Manal Issa, Tarek Yaacoub des partenaires remarquables de justesse et d’engagement. Les seconds rôles et les figurants sont tous libanais. Un nouveau film qui apporte sa pierre à la dénonciation de l’absurdité de la guerre et qui résonne d’autant plus clairement avec l’actualité brûlante. Un acteur époustouflant, un récit du chaos comme on en voit peu… un très grand film qui rappelle que les rêves de paix sont aussi fragiles qu’essentiels.
Un scénario plein d’optimisme (jouer une pièce de théâtre multi-confessionnelle en pleine guerre à Beyrouth) , un acteur époustouflant (Laurent LAFITTE, de la Comédie Française..), un son parfaitement modulé, des images et des plans qui vous marquent … un grand film, qui devrait bien vieillir, même si les scènes de guerre sont trop présentes…
En première intention, je n’avais pas retenu ce film à mon programme. Mais la note moyenne des spectateurs, 4 quand même et que je vais également confirmer, m’a fait penser que je ratais quelque chose. Mon désintérêt initial venait de ce que je ne voyais pas trop ce que pouvait venir faire la production d’une pièce de théâtre dans un pays en guerre civile. Ce projet avec des acteurs de différentes confessions (puisque la guerre civile les oppose entre eux par le jeu des alliances et des interventions extérieures davantage peut-être que par une haine intrinsèque) sera le fil conducteur menant à la présentation succinte du conflit. Un conflit dont le rôle principal (Laurent Lafitte en metteur en scène) annonce qu’il n’y comprend rien. Nous non plus et malheureusement ce récit de fiction ne comblera pas ce manque. Au gré des dialogues : « Qui est-ce qui tire là ? C’est le Liban qui tire sur le Liban ! ». Et alors que le guide accompagnateur invite le Français homme de théâtre à continuer seul à pied sur une centaine de mètres : « Mais pourquoi, ils sont prévenus, nous sommes attendus. On ne risque rien ? Toi non, moi si ! ». Certaines scènes seront violentes. Des restrictions pour les jeunes spectateurs ou les plus sensibles ont déjà été édictées pour moins que ça. Est-ce que cela n’est pas le signe que nous avons banalisé et accepté ce conflit qui dure ? Le récit se situe en 1982, puisque sera évoqué le massacre de Chabra et Chatila et l’assassinat du Président Gemayel.
Voilà un scénario dont le résumé que j'ai pu lire à plusieurs reprises, ne rend pas compte ( selon moi ) du véritable sujet de ce film exposé dans ses dix dernières minutes.
Au travers d'un voyage au pays du cèdre pendant la guerre inter confessionnelle de 1982, un metteur en scène de théâtre, homme de paix, se retrouve confronté à un conflit entre ses valeurs morales et la tragédie de l'Histoire.
Porté par son sujet, les décors naturels et son interprétation, mais réalisé de façon peut-être un peu trop conventionnelle, " le quatrième mur" est aussi de façon indirecte, un regard sur les sociétés multi confessionnelles.
Le spectateur intéressé par le sujet verra où reverra "Le faussaire" de Volker Schlondorff ou " Valse avec Bachir" dont l'action se situe dans le même contexte historique que celui dans lequel se déroule " le quatrième mur".
J ai lu le roman il y a longtemps. J ignore sible film est donc fidèle. Mais mis à part cette considération, il est très bien et nous permet de mieux comprendre la situation du Liban
Pas facile de résumer le film de David Oelhoffen sur la volonté de Gorges de monter la pièce "Antigone" sur la ligne de "front" au Liban en 1982. C'est rien de dire que nous accompagnons Georges dans son périple, qui découvre les différents protagonistes : miliciens phalangistes, palestiniens et d'autres ...qui ont le doigt sur la gâchette de leurs AK 47.
Georges, conduit par Marwan ( l'excellent Simon Abkarian), lui permet de franchir les checks points et de faire adopter son point de vue auprès des différentes communautés ( druze, maronite, grecs orthodoxes etc..). Car Georges est dépassé par tout ce qui l'entoure et nous avec. Ce film donne une vision du conflit Libanais de 1982 ( Il y en a eu d'autres après)...mais sans donner les clefs pour le comprendre. La preuve, un certain nombre de dialogues en arabe ne sont pas sous titrés ! C'est Marwan qui illustre bien le sujet, à la Xe interrogation sur des coups de feu de Georges il répond " Ce sont des Libanais qui tirent sur des Libanais"...
La belle histoire de l'utopie théâtrale, thème essentiel, pâtit de l'abus des images de guerre, parfois inutilement choquantes. Belle prestation des acteurs et film intéressant néanmoins.
Très déçu. Histoire peu crédible, je n’ai pas du tout été pris par ce film. Laffitte n’est pas au top de sa forme. Petite histoire d’amourette qui n’apporte rien. Film avec une touche poétique qui ne fonctionne pas du tout.Je me suis ennuyé.
Georges est au chevet d'un ami de longue date et dont les jours sont manifestement comptés. Il lui demande de continuer son œuvre : mettre en scène la célèbre pièce Antigone au cœur d'une zone extrêmement dangereuse. En 1982, le Liban est en proie à des conflits communautaires et ce projet culturel commun aurait pour objectif de créer un pont entre les peuples. En salle le 15 janvier.
spoiler: "le quatrième mur" me pose problème. Je comprends la volonté du film d'ériger la culture comme trésor commun. La première partie du film est assez classique dans son scénario avec son personnage naïf qui découvre les tensions et dangers qui rythment la vie des libanais et autres. Puis arrive la guerre. On s'écarte brutalement de la trame initiale. La pièce de théâtre devient secondaire au profit d'une histoire d'amour peu intéressante et qui n'est qu'un prétexte pour que Georges s'aventure dans les camps. Tout le film n'existe que pour nous montrer cette scène glaçante, terrifiante, oppressante, sanglante de lendemain de massacre.
Dans un Liban en guerre un metteur en scène français tente de monter Antigone avec une troupe d’acteurs représentant les différentes communautés du pays. Très belle adaptation du roman de Sorj Chalandon sur la tragédie libanaise et son millefeuille de factions qui se font la guerre entre elles, le Liban qui se bat contre le Liban comme le dit l’un des personnages. Le quatrième mur est aussi un film sur l’Art, ses possibilités et ses limites.
Excellent film qui fait écho aux événements actuels.Lidee d une trêve ne serait ce que 2h à travers l évasion le temps d une pièce de théâtre jouée dans un théâtre en ruines et surtout avec des acteurs de toute confession nous transporte vers le champs du possible...
Une tragédie qui commence sur un projet pacifique et humain. Un Laurent Laffitte saisissant et crédible du début jusqu'à la fin. Les autres acteurs sont aussi admirable de sincérité et de crédibilité. Ça prend au triple Ça questionne sur le soutien ou l'appartenance à un clan et les guerres de religion. Mémorable
«Cette pièce, c'est la seule illusion qu'il me reste.»
Tenter de faire exister une tragédie scénique au cœur d'une tragédie bien réelle.
Un cocon théâtral (fragile) composé d'artistes de différentes confessions à l'intérieur d'un Liban fracturé par la guerre civile.
Un drame réussi et immersif dépeignant l'art au cœur de la guerre, ou comment tenter de rassembler dans un pays déchiré. Un film emprunt d'une certaine pudeur, mettant en scène les espoirs et les croyances face aux réalités brutales du front.
Très fort. Très dur. Très bien réalisé et joué. Ça résonne longtemps. C'est toute l'humanité et les drames incessants des enjeux politiques et religieux qui se retrouvent dans ce film. Et l'art, et l'amour qui essaient de surnager entre tout ça. À voir