Pas dégueu le nouveau Candyman. Esthétiquement impressionnant, ce reboot sous forme de suite aborde les thématiques d'obsession et de paranoïa avec un certain brio. Quant à l'approche sociale et politique elle est terriblement actuelle.
Un film sans rythme ou les messages militants noir américains étouffe le film . Aucune tension et les scènes de meurtres sont insipide sauf une..... Les personnages n'ont aucun charisme . Film ennuyant au possible.
Il ne manquait plus que lui : le fameux Candyman. C’était le dernier des célèbres boogeyman qui ont illuminé les slashers dans les années 80 et 90 à ne pas avoir eu droit à son remake contemporain comme le Hollywood à court d’idées que l’on connait en pond à la pelle. Et si celui de « Massacre à la tronçonneuse » par Marcus Nispel était une claque intense et viscérale qui valait voire surpasser l’original, on ne peut pas en dire autant des autres. En effet, celui mettant en scène Michael Myers dans le dernier « Halloween » par David Gordon Green se défendait même s’il semble un peu surcoté (et les suites arrivent). A l’inverse, ceux concernant Jason Vorhees et Freddy Kruger laissaient quelque peu à désirer et marquaient nos esprits par leur velléité purement mercantile. Alors que vaut cette version, trente ans après, avec ce célèbre tueur afro-américain au crochet qui a été rendu célèbre et culte par le film de Bernard Rose au début des années 90 ? Et bien elle est pour le moins étonnante.
Le producteur Jordan Peele s’est emparé du sujet et qui mieux que lui pouvait redonner vie à cette légende horrifique du cinéma, avec le premier boogeyman de couleur vraiment reconnu. Lui qui est l’instigateur de films d’horreur politisés et très engagés était le candidat parfait pour ressusciter ce serial-killer afro-américain. Et on n’est pas déçu car cette relecture de « Candyman » se pare d’un fond bien plus profond qu’à l’accoutumée dans les slashers et les films d’horreur en général. On y parle de racisme, de gentrification des quartiers pauvres par et pour les blancs et, de manière plus surprenante et inattendue, de la façon dont l’art peut se servir de faits divers horribles pour se transcender. C’est aussi la raison pour laquelle ce film de genre plus pointu qu’à l’accoutumée pourra en laisser certains de côté. Ce qui s’attendaient à du gore, des meurtres à gogo et peu de réflexion vont en être pour leurs frais. Les autres se délecteront d’un film certes un peu bavard et chiche en effusions de sang pour une telle production mais qui se rattrape sur bien d’autres aspects.
Nia DaCosta, chaperonnée par Peele à la production donc, nous livre une œuvre parfois maladroite mais très surprenante, où l’esthétique et les choix artistiques décontenancent mais sont particulièrement aboutis et réussis. Il y a certes peu de meurtres, ce qui est un peu frustrant, mais la manière dont ils sont filmés est bluffante. Paradoxalement, elle parvient à rendre le gore et la violence beau et belle à regarder sans tomber dans le voyeurisme du torture porn à la mode. Graphiquement, c’est donc somptueux. Chacune des manifestations du croque-mitaine est mise en scène avec maestria et on se souviendra particulièrement de celui du meurtre de la critique d’art avec le travelling arrière qui part de l’immeuble. Un véritable cas d’école equi restera marqué dans les mémoires. Mais ceux de la galerie d’art ou dans les toilettes du lycée ne déméritent pas... Visuellement impeccable. Dommage que l’histoire entourant ce Candyman ressuscité pour l’occasion soit parfois un peu nébuleuse. Certains choix laissent aussi à désirer comme les légendes urbaines retranscrites en animation plutôt qu’en réel avec du gore pour satisfaire les afficionados du genre. Original certes mais un peu frustrant comme le film manque de sang et de frissons. En revanche, le générique d’introduction ainsi que la musique qui l’accompagne sont magistrales, et cela durera tout le film. C’est innovant et c’est vraiment agréable de voir un long-métrage horrifique sortir des sentiers battus de la sorte, avec du fond et un vrai univers visuel. Une bonne surprise donc même si les purs fans d’horreur pourraient être déçus par ces choix étonnants.
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La puissance évocatrice de Candyman fait exploser son propos de façon vertigineuse dans un film aussi terrifiant qu'il est brillant. Déjà parmi mes films préférés de l'année tant l'intelligence du script se voit transcendée par sa mise en scène symbolique à souhait.