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Tommick
1 critique
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5,0
Publiée le 13 septembre 2021
J'ai passé un agréable moment Je n'y croyais pas avant de me rendre à la séance et dois avouer que le film m'a emporté... Attention prévoyez un restaurant en sortant car il donne faim...
Raconter l’histoire du tout premier restaurant, en l’incarnant dans le personnage de Pierre Manceron, et en l’insérant dans la grande histoire de France, voilà le sujet du film d’Eric Besnard. Sur le papier en tous cas, l’idée est séduisante. Pendant presque 2 heures, Eric Besnard filme un homme passionné, certainement en avance sur son temps, qui retrouve le gout de son art pour le faire entrer dans une autre dimension. Rien de révolutionnaire (sans jeu de mot) mais au final le film fonctionne bien. La reconstitution est soignée, les décors du Cantal (sauvages et même un peu hostiles) sont bien mis en valeur. Je ne suis pas assez pointue en la matière pour savoir s’il y a quelques anachronismes sur les tables : tel fruit tropical est-il déjà arrivé jusque dans la Province Française ? Telle technique de découpe n’a-t-elle pas été inventée plus tard ? Et quid de cet abondance de mets et de denrées alors que les hivers 1987-89 ont été les plus rudes du siècle et que la famine sévissait partout en France ? Je me permets d’avoir quelques doutes devant ces détails qui mériteraient qu’on y regarde de plus près. Mais si on ferme les yeux sur ces petites choses, le film est agréable à suivre, pas trop long, bien illustré par une musique discrète mais bien choisie. On regrette néanmoins quelques scènes un tout petit peu caricaturales ou outrancières, spoiler: comme le banquet du début où les nobles invités du Duc de Chambord se comportent comme des abrutis écervelés et superficiels, on voudrait insister lourdement sur le côté « fin de race » qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Benjamin Lavernhe (qui incarne le Duc), et dans une moindre mesure Guillaume de Tonquédec (qui donne corps à son intendant, domestique zélé) ont beau apporter tout le talent dont ils sont capables, on reste malgré tout dans le registre de rôles caricatutaux, pas assez écrits et c’est dommage. De l’autre côté, Gregory Gadebois est, comme toujours, formidable de sobriété et d’efficacité et Isabelle Carré est très bien dans le rôle un peu ambigu de Louise. C’est d’elle que viendra le salut de Manceron, ça on le comprend d’emblée, et pourtant son rôle est plus complexe qu’un simple faire-valoir. spoiler: Elle cache un secret, elle dissimule et ment beaucoup, elle a une part de noirceur qui est bienvenue dans le scénario. Le scénario, puisqu’on en parle, cherche à faire de l’invention du restaurant un des symboles de la Révolution Française qui est sur le point de se déclencher : démocratiser la gastronomie en même temps que démocratiser tout le reste. Sur le principe, je dis : pourquoi pas ? Une Révolution comme la Révolution Française est l’aboutissement d’un cheminement qui est culturel et sociétal autant qu’il est politique ou économique. Seulement le film insiste lourdement sur ce fait, très lourdement surtout dans les dernières scènes. C’est encore une fois une vision assez naïve, assez scolaire de la Révolution Française, la vision d’une noblesse dégénérée qui n’a pas compris que les temps allaient changer, et d’un peuple conscient de sa force et pétris de purs idéaux d’Egalité, qui plus est au fin fond de la province française. La vision romantique et idéaliste de la Révolution Française est encore de mise dans l’inconscient français, je ne sais pas si on en sortira un jour… spoiler: En plus, le scénario n’avait nul besoin de ramer avec le courant comme il le fait en intégrant une femme révoltée contre sa condition ou un jeune homme tenté par le végétarisme ! On n’est pas très loin de l’anachronisme, là non plus ! Mais si on met son mouchoir sur ces petits bémols, on est quand même charmé par cet amoureux de la bonne chaire qui trouve sa voie en cuisinant pour tout le monde au lieu de ne cuisiner que pour un seul. Sans être un chef d’œuvre, « Délicieux » est quand même un bon moment de cinéma (qui met en appétit) sans prétention. A condition de ne pas prendre pour argent comptant tout ce qu’on voit à l’écran, on passe un bon moment devant ce film historico-gastronomique.
Belles images, de beaux paysages, une belle mise en lumière, un bon jeu d'acteur, donne envie de passer à table, pas forcément historique mais ce n'est pas le but, un bon moment à passer.
Une merveille qui tombe à pique en cette période difficile où on nous apprend à avoir honte de notre histoire alors qu'on peut en être fier. Merci à Grégory Gadebois et Isabelle Carré de nous rappeler que chaque humain à droit de manger à la même table et que le rapide et le prêt-à-manger ne valent pas la vrai cuisine artisanale.
Ancien boulanger, promu grace à son amour de la cuisine et à son talent, Pierre Manceron (Grégory Gadebois) travaille au service du duc de Chamfort (Benjamin Lavernhe). Mais l’orgueilleux maître queux est limogé pour avoir refusé de se plier au lourd protocole de la maison et avoir osé servir une mise en bouche à la pomme de terre et à la truffe à son maître et à ses invités. Dégoûté de la vie et de la cuisine, il reprend l’auberge de son père récemment décédé au fond du Cantal. L’arrivée de Louise (Isabelle Carré), qui lui demande de la prendre comme apprentie, lui redonnera progressivement goût à la vie et l’incitera à inventer le premier restaurant.
Avec une gourmandise communicative – et quelques libertés avec la réalité des faits – Eric Besnard nous raconte une page très politique de l’histoire de la gastronomie française : l’invention du restaurant. Jusqu’alors, les riches comme les pauvres mangeaient chez eux : les premiers trop grassement d’interminables banquets, les autres trop chichement des soupes maigres. Les relais de poste et les auberges se souciaient plus de la santé des bêtes que de l’appétit des voyageurs. Surtout, le strict cloisonnement social qui caractérisait la France de l’Ancien Régime rendait impossible que des convives de classes sociales différentes prennent leur repas ensemble.
Deux amies cinéphiles ont vu "Délicieux" et en ont fait deux critiques radicalement divergentes. La première encense ce "feel-good movie", l’interprétation parfaite de Grégory Gadebois et d’Isabelle Carré (qui, la cinquantaine approchant, porte crânement ses rides), l’excitation de nos papilles devant ces plats amoureusement mitonnés, la lumière de plans millimétrés qui rappellent la peinture de genre de Lupin Baugin. La seconde a la dent bien plus dure. Elle reproche à ce film d’être bien gentillet et trop manichéen. Elle dit même s’y être ennuyée. Elle le compare à d’autres oeuvres qui ont le même sujet ou la même atmosphère et qui étaient, chacune dans leur registre, autrement plus mémorables : "Ridicule" – que la scène d’ouverture copie sans talent – "Tous les matins du monde", "Le Festin de Babette"….
Ces deux opinions sont radicalement incompatibles. Et pourtant, dans une impossible posture (macronienne ?), je suis d’accord avec toutes les deux. La première aurait mis haut la main quatre étoiles à "Délicieux", la seconde une à peine, et encore…. Comme de bien entendu, ne voulant me fâcher avec aucune mais risquant de ne satisfaire ni l’une ni l’autre, j’en mettrai salomonesquement 2.5.
C’est du bon cinema.. il y a une intention de montrer la société d’avant la révolution française mais vue depuis la fenêtre d’un cuistot.. les comédiens sous jouent pour une fois, pas d’effets violemment assénés. Il ne me semble pas qu’Isabelle Carré signe une grande performance d’acteur mais bon..on aurait aimé la truculence de Catherine Frot par exemple. Gadebois c’est un Depardieu à 10% de jeu, intéressant mais un peu frustrant. Un film à voir même s’il manque un grain de folie et si la fin est un tantinet improbable.
La création du 1er restaurant français, à une époque où seule la noblesse a accès à la grande cuisine tandis que le peuple meurt de faim. Un "Saveurs du palais" se déroulant dans l'ère pré-Bastille. Une histoire de goûts, de transmission et de partage. Un épisode historique et gastronomique assez plaisant et appétissant, et accompagné d'une très belle photographie. 6,5/10.
Ni historiquement sérieux, ni vraiment vraiment trangressif, Délicieux est un peu tiède mais fait preuve, en particulier grâce à son casting, d’un charme suffisant pour nous faire passer un bon moment de divertissement.
Malgré de bons acteurs (hormis le rôle principal dont le regard vide ne laisse paraître aucune émotion) le scénario est plat, des longueurs et un rythme lent, une réalisation médiocre, et au résultat une grande déception pour ce film.
Hommage à la gastronomie, cette comédie sent bon .... Même si ce n'est pas la première invention du restaurant, c'est bien fait, c'est révolutionnaire (on en est pas loin !)... Très jolie fresque qui sait prendre son temps avec de bons acteurs ( G Gadebois, I Carre, B Lavernhe ou G de Tonquedec ) qui nous font savourer cet épisode essentiellement campagnard, en opposant la Noblesse au peuple pensant qu'elle seule pouvait apprécier la bonne chère, elle seule ayant capacité voire un don pour apprécier !!! Louise ( I Carre) en marquise revancharde n'est pas trop crédible, alors que P Manceron (G Gadebois) épouse parfaitement son personnage. Les images et gros plans sur les mets magnifiquement dressés ainsi que sur les visages superbes. De bonnes idées, pour garder les couleurs des légumes, ou dans l'ordre des mets à proposer, résonneront aux gourmets ainsi qu'aux professionnels. Très plaisant et "à point" pour déguster un week-end...!!**
Un film agréable à regarder pour les décors, pour la lumière, pour les paysages. Mais que de caricatures, de clichés! Le scénario certes ménage quelques surprises mais que d'invraisemblances! Les acteurs en tout point admirables, excellent et méritent un scénario plus travaillé!
Chef d'œuvre, où les acteurs jouent à la perfection, nous font oublier nos soucis et nous transportent dans une autre époque. L'histoire est superbement sublimée par l'ambuance qu' offre les magnifiques décors. A absolument regarder !
L'esthétique du film est magnifique! Plein de poésie, d'humour, le tout sur fond historique. Amateurs de sensations fortes et d'actions sur rythme effréné s'abstenir.
Un film qui met l'eau à la bouche et donne envie d'aller se restaurer en sortant. Un ventre mou à moment. Il y a de la surprises, il y a du panache. Pas de facilité de scénaristique. Un film plaisant et divertissant qui rappelle un fait historique.