Attention, le titre du film peut sembler prosélytique, Mais le film raconte une histoire d'amitié en Province au Japon, entre deux petits élèves d'une même école….il y a dans ce film un regard non pas sur la foi, mais sur la façon pour un enfant de la perdre ou non, quand le sort devient inacceptable...c'est un très joli petit film d'une heure quinze, qui trouve un ton ,juste, malgré des musiques censées apporter le mystère religieux dans l'esprit du spectateur...Ce n'est pas le meilleur du film assurément que cette musique souvent d'orgue….Les scènes de classe avec les professeurs sont souvent émouvantes….Le film baigne dans une sorte de lenteur et de sérénité qui se trouve à un moment ébranlée, et pour le spectateur c'est un choc, qui le rend témoin de ce drame pudique, mais d'une sobriété et d'une richesse, qui en font un petit bijou, pour ceux qui ne voudront pas s'enfermer dans des préjugés parfois trop faciles….je conseille vraiment
Voici un film qui relève autant de la curiosité que d'une véritable ambition. Un film d'une exceptionnelle brièveté (1h16), réalisé par un tout jeune homme, Hiroshi Okuyama (23 ans), sur un sujet étonnant et, disons-le, dérangeant. Yura est un petit garçon d'une dizaine d'années qui doit quitter Tokyo pour aller vivre chez sa grand-mère dans l'île peu hospitalière d'Hokkaido où il sera scolarisé dans un collège protestant. D'abord isolé, il fera un double apprentissage, celui de l'amitié avec un garçon de son âge et celui, plus étonnant, d'une relation passionnée avec le Christ qu'il découvre dans un pays où le christianisme est, on le sait, peu représenté. Seulement voilà : Jésus va apparaître à l'enfant comme un compagnon de tous les jours, curieusement réduit à l'état de miniature qui en fait une sorte d'animal de compagnie au comportement quelque peu fantasque. Présenté ainsi, le film peut apparaître comme un joli conte de Noël (il est du reste sorti en France le 25 décembre), or il n'en est rien. Un conte certes, mais d'une certaine cruauté, le scénario virant sur la fin à la tragédie. Le Christ ne sera pas le rédempteur souhaité, mais une marionnette bonne à éliminer. C'est que l'enfant a fait l'expérience de la mort de son ami. Le traumatisme est si fort - quoique non exprimé par des larmes (nous sommes au Japon et l'on sait se tenir) - que les certitudes de l'enfant n'y résisteront pas. Le film est inspiré d'un fait vécu par le cinéaste et l'on devine l'urgence qui a été celle de ce jeune homme qui a mis sa passion et ses compétences cinématographiques au service d'une expérience déterminante de sa vie. On ne peut que saluer la densité du scénario et du montage, mais aussi la qualité étonnante de la distribution, et tout particulièrement du jeu des deux enfants. Mais on sera également sensible à l'intense beauté des images et des plans parfaitement maîtrisés, qu'il s'agisse d'évoquer les repas chez la grand-mère ou bien les paysages enneigés de l'île d'Hokkaido qui nous amènent à penser à un autre "petit garçon", celui d'Oshima, dans un registre, il est vrai, fort différent mais tout aussi poétique.
Jésus, du débutant japonais Hiroshi Okuyama, n'a rien d'une toile de maître mais ressemble plutôt à une esquisse, chose normale considérant les 22 ans du cinéaste, au moment du tournage. Une œuvre sans doute en grande partie autobiographique, filmée à hauteur d'enfant, dont les adultes ne sont que des figures d'ordre et d'autorité. Jésus s'attache aux pas d'un jeune garçon taciturne qui découvre un nouveau lieu de vie et de scolarité et dont le rapport à la foi le confronte à des interrogations et à des espérances lesquelles pourraient bien être déçues. Le film est simple mais pas simpliste, réussissant assez bien à combiner les genres de la chronique ironique à la mélancolie jusqu'au drame, sans oublier une touche de fantastique narquoise, avec un Christ et des chuchotements. Rien d'époustouflant ni dans la mise en scène ni dans le scénario mais Okuyama maîtrise son ouvrage avec sérénité, semblant parfaitement savoir où il va. La cadre, la région de Nagano en hiver et une école catholique, ont également leur importance, assurant une certaine routine qui sera bouleversée lors de la tragédie qui viendra couper le film en deux. Il est encore trop tôt pour présumer de la carrière future du cinéaste japonais mais parier sur lui, avec sa sensibilité et sa délicatesse, n'a rien d'une hérésie.
Suite au décès de son grand-père, Yura, huit ans, et ses parents quittent Tokyo pour s'installer chez sa grand-mère. Bien qu'il ne soit pas pratiquant, Yura est inscrit dans une école catholique. Les rites qui en scandent le quotidien lui sont inconnus. Mais son intégration devient plus facile lorsque Jésus en personne lui apparaît, invisible de tout autre, et lorsque Yura se fait un ami parmi ses camarades de classe.
Sortir le 25 décembre un film intitulé "Jésus", il fallait oser !
"Jésus" est un film minuscule. Aussi minuscule que la figure de Jésus qui apparaît miraculeusement à Yura. Cette apparition aurait pu provoquer une série d'événements, comiques ou dramatiques. Mais Hiroshi Okuyama a refusé ces facilités scénaristiques pour n'en faire qu'un épiphénomène de la difficile intégration du jeune garçon à son nouvel environnement.
"Jésus" dure 1h16 seulement. Il ne s'y passe pas grand-chose sinon un drame qui coupe le film en deux et dont j'ai déjà trop dit.
"Jésus" est un film gracieux sur les amitiés enfantines, aussi délicat et poétique que les dessins animés de Miyazaki - les avions et les créatures chimériques en moins. Mais "Jésus" n'en est pas moins un film grave sur la foi interrogée à hauteur d'enfant.
À vingt-trois ans à peine, Hiroshi Okuyama signe son premier film. Il en a écrit le scénario, signé la photo, dirigé le montage. Son film pèche paradoxalement par excès de modestie. Mais y bruisse une petite musique qui donne envie de voir le suivant.
“Jésus” est le premier long-métrage du réalisateur japonais Hiroshi Okuyama seulement âgé de 23 ans. Le film est une petite fable qui suit un jeune garçon qui vit avec sa grand-père en campagne et qui est scolarisé dans un institut catholique. D’abord perplexe aux rituels chrétiens, le jeune garçon va voir Jésus lui apparaître lors d’une prière. Bien que cette apparition peut nous sembler naïve, le film est mis en scène de telle façon que nous avançons dans les pas et les pensées de l’enfant. “Jésus” pose alors une réflexion à hauteur d’enfant sur la foi. C’est un film doux qui traite d’une religion qui ne concerne que 1% de la population japonaise. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Comme premier long métrage, Jésus permet à son jeune réalisateur, Hiroshi Okuyama, de rassembler ses influences en une forme aboutie quoiqu’un peu trop chargée dans son esthétisation de la vie quotidienne : on pense au cinéma de Xavier Dolan, à celui de Hirokazu Kore-eda aussi, assaisonnés d’un soupçon de comique improbable avec son Christ en miniature qui ne tient pas en place et fait office de tête de lecture pour le tourne-disque cassé. Il signe une œuvre originale qui réussit à tenir ensemble ce qui d’habitude n’adhère pas : la mélancolie d’une amitié blessée, le drame social sur fond de différence de classes, le burlesque déjanté, l’initiation d’un jeune garçon au christianisme. Une fois le cadre scolaire et rigoriste posé, le réalisateur s’amuse à le faire imploser : la classe devient un observatoire à étoiles filantes puis un cimetière en puissance, la cour de récréation se mue en poulailler et terrain de football. L’amitié des deux élèves paraît remodeler l’espace, le percer de trous à la manière des paravents et de leur papier que le grand-père aimait tant traverser du doigt. Car c’est d’amitié que parle Jésus, de ce sentiment si fort qui unit deux êtres au point d’aller au-delà du visible, de percer les cloisons pour accéder à l’au-delà. La foi prévaut sur le symbole : l’essentiel est de se retrouver là-bas, plus tard, et d’être réunis pour toujours. Le Christ, pendant ce temps, peut bien surgir d’un coup de baguette magique et se mettre à danser ou à courir en soulevant son vêtement ; c’est un histrion, il amuse la galerie.
Un curieux film qui a des qualités cinématographiques propres aux asiatiques. Ce n'est pas un film pour adolescent malgré le fait que cela raconte le quotidien et le vécu de garçons assez jeunes et cela non seulement du fait de son caractère dramatique. Le soucis dans ce film est l'ambiguïté de la présentation d'un Jésus qui a tout d'une petit souris sans que l'on ait plus de sens donné à cette représentation. Alors qu'il y a une bonne présentation du christianisme on ne comprends pas ce que le réalisateur veut vraiment en faire. Il y a une dimension du spirituel notamment avec la présence de la mort mais elle n'a rien d'abouti et cela est bien dommage car il y avait un cadre assez bien ciselé avec beaucoup de bienveillance. Film autobiographique mais inachevé dans sa conception car un film qui aborde ces sujets avec une bonne maîtrise devrait avoir une lecture plus facile de l'ensemble et une conclusion autre qu'une dédicace qui en principe devrait être au début.
C'est le premier long métrage de ce très jeune réalisateur japonais (23 ans). Il réalise là un très joli petit film plein de grâce, de poésie et de métaphores réussies au service d'un bon scénario dont il est aussi l'auteur. C'est bien fait et bien interprété par les deux jeunes garçons qui jouent parfaitement dans ce film qui nous montre aussi les aspects particuliers de la société rurale japonaise et leur rapport à la religion.
Film inabouti, mauvais pitch. Je pensais que ce serait un peu amusant, ou au moins intéressant. "Dès lors, tous les souhaits de Yura se réalisent." Tu parles ! Il souhaite avoir de l'argent, sa grand-mère lui donne un billet de 1.000 yens (8 euros)... 2ème souhait : il voudrait avoir des copains, il en a un. Voila, c'est tout. Sauf si on considère que le drame qui arrive spoiler: (la mort du copain) est son 3ème souhait qu'il n'a pas voulu révéler... Sinon, on ne comprend pas pourquoi les parents ont quitté Tokyo pour venir à la campagne et mettent leur gamin dans une école catholique, et qu'ils n'ont jamais trouvé utile auparavant de lui parler de religion et de Jésus Christ, ni de lui apprendre le notre-père (10 lignes, ça s'apprend en une heure, à cet âge-là), pour qu'il ne soit pas ridicule dans son école !
Tout semble commencer bien pourtant, paisiblement, gentiment ; on se prend même à l’amitié sincère des deux gamins qui s’entraident, mais ce film emporte bientôt tout sur son passage. Il est d’une rare profondeur. Un enfant prend conscience que le monde soi-disant adulte ne l’est pas, tant il refuse la vérité des faits et tente des échappatoires. Ce n’est pas qu’un ressenti de l’enfance, dont ferait les frais, ici, le christianisme (pulvérisé). La vérité sort ici faiblement, doucement, (et bien sûr si cruellement) de la bouche de l’enfant : « Mais les prières n’ont servi à rien… » La question posée par ce film semble faire écho à ces paroles prêtées au Bouddha « Ne prenez pas refuge en des dieux qui meurent avec les civilisations qui les ont créés… ». Ce film va aussi loin que poser la faiblesse de nos réponses face à la vulnérabilité.