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Bruno Reidal, confession d'un meurtrier
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Thierry M.
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5,0
Publiée le 15 août 2022
Petit rappel pour les personnes reprochant au scénariste d'avoir tracé un portrait assez monotone du jeune criminel
Une personne aux prises avec des troubles de santé mentale est rarement très "coloré" (en dehors des personnes souffrant de bipolarité, ou de trouble de personnalité).
Ici, on dirait bien que le personne souffre d'un trouble de personnalité antisocial.
Pour avoir travaillé plus de 30 ans avec ce genre de patient, dans une unité médico-légale, laissez-moi vous sire que le personne rend très bien la réalité que vive ces personnes. Ils sont dans leur monde, ils répondent aux questions sans trop élaborer.
J'ai personnellement trouvé que ce film est hallucinant, vraiment. De montrer qu'au début du XXeme siècke, des psychiatres étaient déjà aussi bien formés pour poser des questions sur la masturbation, l'orientation sexuelle, les pulsions meutrières est tout simplement incroyable. Les psychiatres de nos jours ne semblent guère avoir bien évolués quant à leur méthode d'investigation diagnostique. La seule amélioration réside probablement plus dans les traitements, les molécules pharmaceutiques à prescrire selon le diagnostic posé.
Donc un énorme bravo au scénariste, et que dire du jeu de tous les Bruno, jeune et moins jeune. Quel talent de faire ce qu'ils ont fait devant une caméra, devant une équipe. C'est prodigieux.
Seul bémol qui est totalement subjectif et personnel. Suite aux décapitations par l'État Islamique il n'y a pas si longtemps, je me serai passé de voir des images aussi cru du meurtre.
Vincent Doré giffle le spectateur par la narration de ce fait divers auss glaçant que passionnant. C'est clinique et sobre, mais juste et brillant. Aucune visée moraliste, bon nombre de questions restent en suspens, mais cette mise en scène bouleverse et interroge.
Ce film parle des débuts de la criminologie. Le scénario est unique. Les dialogues sont soignés. La réalisation est très bonne. Le film nous plonge dans la France de la fin du 19e siècle avec toute la rudesse et la cruauté qu'elle pouvait générer. Il s'agit du portrait d'un meurtrier depuis son enfance jusqu'à son crime.
Un film lent sans intérêt avec des monologues insupportables Le film aurai pu duré 30 minutes sans ces silences de plusieurs secondes pour combler le manque d'imagination du réalisateur Et je parle pas des scènes de masturbation qui ne servent à rien !
Pour Bruno Reidal, le travail du réalisateur Vincent Le Port sur les archives de l’époque a été particulièrement intense, notamment sur les photos, pour aller chercher le souci du détail qui peut faire la différence à l’image : les postures, les visages, les coupes de cheveux. Sur écran, ce travail d’orfèvrerie est flagrant, tant le réalisme est partout et l’ambiance, qu’il s’agisse de la narration, des plans, de la musique est rapidement morbide et presque comme étouffante. Le film est une claque, une merveille horrifique d’intensité, et une plongée ahurissante dans la psychologie meurtrière.
Physiquement chétif, la tête sur le côté, doué à l’école et devenant une forme d’atypique, le tout dans une indifférence générale, c’est bien le grand drame de son existence qui va se jouer ici. Il va alors se dérouler sous nos yeux toute la tragédie de l’histoire de Bruno, dans une effroyable confusion entre la pulsion sexuelle et celle de mort. Dans un triptyque symbolique presque horrifique entre Sexe, Mort et Religion, Bruno va décharger ses carences et son trauma sur ce besoin irrépressible, et cette croyance mystique qu’il va prendre du plaisir dans la souffrance de l’autre.
C’est ici que le film est renversant, car nous sommes dans la tête de Bruno, et nous allons avec lui vivre pleinement cette dissociation, qui va au bas mot jouer sur nos nerfs. En effet, le geste abominable de Bruno, sans être excusé est ici expliqué et cet art de la nuance, sans jugement, sans parti pris du réalisateur va donner une intelligence profonde au film. La façon dont son crime va être disséqué par les médecins, n’est pas sans rappeler les tout premiers travaux sur la compréhension des mécanismes meurtriers vu dans la formidable série Mindhunter (2017) qui nous plonge au cœur de « l’unité des sciences comportementales ».
Un film qui justement, tant il est époustouflant, glaçant, perturbant comme une hypnose visuelle façon Gaspard Noé, peut après coup aller jusqu’à interroger sur le sens même de l’art en général et du cinéma en particulier. Car en fonction de votre sensibilité, une émotion peut vous saisir au plus profond de l’âme, du cœur et des tripes. Avec ce questionnement lancinant de se faire bousculer à ce point, est-il la marque de fabrique d’un chef d’œuvre ? Ou faut-il quand même autre chose. Chacun-e- sera juge. En tous les cas, on en sort potentiellement nous même dissociés, sonnés et semi-conscients. C’est de fait un incroyable film bouleversant de virtuosité qui fait vivre une expérience organique, qui interroge de façon vertigineuse sur la folie de la carence, du trauma, qui explique mais n’excuse pas, c’est du grand art…
Film bien construit et bien réalisé. Par contre, gros point noir historique : ne pas entendre un seul mot d'occitan alors que la majorité des scènes se passent dans la campagne du Cantal au tout début du siècle, c'est plus qu'improbable, c'est anachronique. Le français ne s'y imposera que bien plus tard. Dommage, ça gâche largement l'immersion.
Voila une oeuvre sombre de bout en bout. Bruno Reidal (Dimitri Doré) raconte à 17 ans ce qui l'a poussé à tuer un gamin de 12 ans. Ce film retranscrit bien l'esprit torturé de ce jeune homme à différentes étapes de sa vie. Malheureusement, Vincent Le Port nous sert de la masturbation à toutes les sauces pour expliquer (peut-être à juste titre) la jouissance exprimée à l'idée de faire souffrir les autres. Par contre, se déroulant au début du XXème siècle et connaissant le parcours de séminariste de Reidal, on assiste à une vraie réflexion sur le rôle et la pensée de l'Eglise à cette époque. Le genre type de film clivant qui peut fasciner ou provoquer le dégoût.
Premier long-métrage de Vincent Le Port, Bruno Reidal est une passionnante plongée dans la psyché d’un paysan de 17 ans s’étant rendu coupable de la décapitation d’un garçon de 12 ans, dans la France rurale de 1905. Se basant sur les mémoires du meurtrier, ce film à la maîtrise impressionnante brasse de nombreux thèmes intimes et passionnants, tels que la maîtrise de ses pulsions, la lutte contre soi-même, la possibilité d’expliciter ses sentiments, le rapport à la foi et la rhétorique religieuse, l’influence de son environnement dans la perception du monde et de la compréhension de son moi profond, la jalousie de classes… Avec un Dimitri Doré magistral dans le rôle principal. Un film sec et hypnotique, qui contient des séquences à la violence très crue, et qui retourne avec brio notre cerveau de spectateur. Époustouflant.
Un film âpre, exigeant , qui essaye de répondre à la question “quelles sont les racines du mal” à travers le portrait de ce jeune meurtrier prisonnier de ses addictions. On est ici aux antipodes du voyeurisme tapageur des séries Netflix sur des serial killers. L action se déroule dans le Cantal au début du siècle dernier. On n’est pas encombrés par l’habituelle et pénible reconstitution historique, on est d’emblée au cœur de cette communauté paysanne. De même pas de star, un jeu dépouillé. Le fill croule sous les références : Bresson , Tavernier, et se permet via un plan rapide d’évoquer la cour des prisonniers de Van Gogh Mais le plus passionnant est encore la voix off du jeune Bruno qui nous replonge dans son histoire, sur la base du récit que ses juges lui avaient demandé d’écrire pour leur permettre de mieux comprendre son acte de meurtrier.( car il s’agit d’un récit authentique) Très beau texte donc, qui fait tout le prix d’un film exemplaire.
Thème intéressant mais ça tourne un peu en boucle de A à Z et c'est bien dommage car il y avait les ingrédients pour en faire quelque chose de plus complexe et intéressants autour de cette histoire de sainteté d'esprit et de meurtre en pleine conscience
Terrible drame d'un jeune dément abandonné de fait par la misère des siens et le dogmatisme et la rigidité des institutions de l'époque. Interprétations et scénario remarquables.
Déjà une semaine que j'ai visionné ce film et difficulté à rédiger cette chronique... Sans doute car mon cœur balance. Comment le détester ? Impossible de l'aimer ? Est-ce que je parle du film Est-ce que je parle de Bruno Reidal ? Là est ma question ! Il est rare que je ne ressente aucune empathie pour un personnage. Il est vrai que la narration très importante et nous maintient dans une forme de distance. Un texte véridique, lucide, intelligent, un texte très fort. Et pourtant ce garçonnet, cet adolescent, ce jeune adulte ne me laisse(nt) pas insensible malgré la froideur des sentiments, la violence des actes , alors comment dire ? On peut le décrire comme intéressant même captivant. Noir, sombre, introverti. Une folie poétique peut-être ? où cruauté et beauté des images (superbes) se mêlent. Des scènes très rudes, j'avoue pour moi insoutenables. Impression étrange d'avoir aimé le film sans avoir apprécié cette histoire si dramatique, chargée de traumatismes. Bref indécise : je conseille pour la qualité de la photo, pour la construction de l'histoire et pour le jeu des acteurs petits et grands mais je déconseille aux âmes sensible certaines images peuvent choquer.