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TUTUR29
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4,0
Publiée le 23 février 2022
Les Ailes du désir est un très bon film mais il est assez particulier, dans la même veine que "Paris, Texas" de Wim Wenders. C'est très contemplatif et parlant, les dialogues ont un petit je ne sais quoi qui rend le film très poétique et intéressant, et ce malgré sa monotonie et son manque d'événements majeurs dans l'intrigue. Il faut donc réussi à rentrer dedans mais une fois fait, j'ai personnellement pris beaucoup de plaisir devant Les Ailes du désir.
Les anges qui nous survolent et nous accompagnent perçoivent nos pensées et nous comprennent. Bienveillants, ils tentent de nous aider mais sont parfois impuissants à le faire. Certains souffrent de leur immatérialité, privés des sens qui permettent de connaître et savourer le goût du café ou la caresse d'un être. Et ils peuvent tomber amoureux. Entre ce monde parallèle et le nôtre, celui du quotidien des hommes et de leur condition, Wim Wenders a réalisé une œuvre exigeante, d'une exceptionnelle puissance créatrice. Une œuvre avant tout poétique, mais aussi philosophique, voire métaphysique. Le conte qu'il propose est très original, le "merveilleux" côtoyant des beaux moments d'humanité et quelques pointes d'humour contenu. Au service de cet ambitieux projet, une mise en scène personnelle et inventive, par les choix des plans et le montage, justement primée à Cannes (où le film aurait dû avoir la palme) ; la bande son, remarquable, participant à l’ambiance créée. A propos de l’ambiance, la capacité de Wenders à transmettre celle d’une ville, Berlin, est remarquable. Un film extraordinaire, dans les différents sens du terme, qui s'adresse au cœur et -encore plus ? - à l'esprit, et fait éclore le sentiment d'élévation que peut donner l'amour.
Prix du meilleur réalisateur à Cannes en 1987, ces "Ailes du désir" sont un ravissement, tant pour la mise en scène, aussi inventive que brillante, quasi aérienne pour coller à son sujet, que pour son interprétation où Bruno Ganz et Peter Falk forment un duo inoubliable. Leur rencontre, au milieu du film, transporte celui-ci vers les sommets. Inventif, objectif, poétique, parfois dramatique, les "Ailes du désir" marquent le renouveau du cinéma allemand.
Un véritable chef-d'oeuvre. La mise en scène de Wim Wenders est très réussie. Le passage du point de vue des anges à celui des êtres humains est très habile, le personnage de Peter Falk mystérieux et on peut s'interroger sur la diégèse du film, à mi-chemin entre réalité et fiction. Le film est lent, rythmé par les pensées des personnages en voix OFF. On prend son temps, on regarde Berlin, une ville grise et triste (le Mur existe toujours), mais une certaine poésie se dégage de l'ensemble. Le "à suivre" à la fin amène une suite mais on m'a dit qu'elle était très décevante. Sinon, Les ailes du désir (Vive les traductions bidons!!!!) est un film poétique et beau, réussi à tous les points de vue.
Il y a des films qui ont besoin d'être lents. Les ailes du désir de par son sujet devait adopter un rythme calme et posé. C'est dans cette lenteur que Wim Wenders peut nous exposer une philosophie de philanthrope à la fois sur l'humanité entière et sur le Berlin qu'il aime tant. Deux anges qui ne sont pas vraiment gardiens puisqu'ils ne font que nous observer et s'extasient devant notre quotidien. L'un d'eux en vient à nous envier et puis finit par tomber amoureux. Le film n'est pratiquement construit que sur des monologues intérieurs et les interactions entre les deux anges et les autres personnes sont inexistantes. Le noir et blanc nous montre que les anges ne peuvent percevoir aucune sensations et qu'ils ne peuvent qu'en être admirés, ils visitent le monde et l'observe tandis que les humains bien entourés se renferment finalement dans leurs pensées. Si vous avez du mal avec les films ultra lent, limite soporifique, ne prenez pas des risques. Si vous n'avez pas peur et que vous voulez découvrir un beau film, n'hésitez pas. Les bonus sur le DVD sont aussi très intéressants.
Un chef d'oeuvre d'une telle intensité poétique qu'il laisse sans voix. Wim Wenders nous plonge dans une histoire fascinante, plein de réflexions des plus intéressantes sur le sens de l'existence, sur l'amour... Un film d'une profondeur inouïe, bercé par une mise en scene magistrale (prix de la mise en scene au festival de Cannes 1987). "Les Ailes Du Désir" est simplement magnifique, que ce soit sur le plan scenaristique, dans le fond, ou sur le plan visuel... Et impossible de rester indifférent face a la prestation des acteurs, et tout particulierement Bruno Ganz, tres tres touchant dans ce rôle.
Wim Wenders est un cinéaste intéressant à étudier car il fait partie des grands maîtres du cinéma européen . Ses films montrent comment arriver à de beaux résultats avec peu de moyens . "Les ailes du désir" est une réussite mais on ressent malgré tout qu'il y avait matière à faire mieux . Le vrai point fort c'est la mise en scène de Wenders qui parvient à donner à son film une réelle poésie (l'influence du génie Rainer Maria Riilke est évidente) , une beauté esthétique impressionante . On pense au traitement plus qu'intéressant du noir et blanc et des couleurs . On pense à la photographie superbe . On pense à plusieurs sécquences réussies , à de somptueux travellings , à des images marquantes . Seul point noir : le procédé des voix offs ne fonctionnent qu'à moitié . Car si il est intéressant d'avoir une sorte de grand mix de toutes les pensées des protagonistes , on sent qu'elles ont été improvisées . D'habitude cela ne me gène pas , loin de là , mais ici les pensées sont vraiment inégales , et ne parviennent que trop rarement à nous intéresser réellement . Ce côté improvisé gène également par moment , car l'on se dit que plusieurs scènes auraient pu être placées dans un autre ordre sans que cela ne change rien du tout . Il manque un fil conducteur . Le fond du propos est intéressant , marqué par le chiffre deux . Une dualité présente de bout en bout : les anges et les mortels , le noir et blanc et les couleurs , Berlin ouest et Berlin est , le réel et l'imaginaire . "Les ailes du désir" est un beau film réussit mais qui passe à côté du chef d'oeuvre qu'il aurait pu devenir . Dommage mais tant pis , ça reste un très bon film à voir sans hésiter
Cette étrange poésie, à travers laquelle Wim Wenders aborde des thèmes aussi divers et variés que l'humanité, l'amour impossible, la situation politique de Berlin coupée en deux ou bien encore la théologie, est d'une grande originalité dans sa construction narrative au rythme très lente, comme souvent chez le réalisateur, et surtout dans sa mise en scène qui sépare les points de vue sur le monde que peuvent avoir les anges, à travers une splendide photographie noire et blanche très contrastée, et les humains, dans des couleurs vives pleines de vie. Quant aux deux acteurs principaux, Bruno Ganz et Solveig Dommartin, ils sont géniaux dans leurs rôles d'êtres invisibles et impassibles ou d'humains déprimés retrouvant l'espoir au contact des anges. Peter Falk, lui aussi, est excellent dans son "propre rôle", il y incarne en effet l'acteur de Columbo en plein tournage à Berlin qui, en plus, se révèle ne pas être un humain comme les autres.
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0,5
Publiée le 21 avril 2021
Avant de commencer permettez-moi de dire que je ne suis pas étranger aux films longs et lents. Mes réalisateurs préférés sont Luis Buñuel ou Aki Kaurismaki pour n'en citer que quelques-uns. Les Ailes du désir est un pur film d'horreur. Comme vous l'avez probablement appris le film raconte l'histoire de deux anges qui errent dans les rues de Berlin et écoutent les pensées des gens. C'est amusant pendant quelques minutes mais cela dure plus de 90 minutes. Et les pensées que les anges écoutent sont inutiles, incroyables et sans aucun message important. L'un des anges tombe amoureux d'une mortelle et veut devenir lui-même un mortel et passer sa vie avec elle. Il est clair que le message principal du film est le suivant l'amour spirituel seul ne peut satisfaire pleinement même un ange. Dans un effort désespéré pour ajouter un caractère dramatique le réalisateur Wim Wenders le situe à Berlin une ville déchirée en deux morceaux par le mur et une ville qui a subi une grande destruction et une tragédie à la fin de la Seconde Guerre mondiale. D'accord l'histoire de Berlin et des Berlinois est dramatique mais elle ne devrait pas être présente dans ce film dont le point central est censé être le conflit interne d'un des anges causé par des sentiments envers une femme mortelle. À mon avis placer ce film à Berlin prouve non seulement que le réalisateur était conscient que son histoire principale est trop faible par elle-même mais qu'il devait rajouter un cadre dramatique pour la rendre sois disant intense...
Après un film comme Paris, Texas, Les Ailes du désir ne peut être que décevant. Esthétiquement, l'alliage de noir et blanc teinté ocre ou coloré ne produit pas l'effet poétique attendu, et le film se révèle d'une froideur presque désagréable. Les personnages sont touchants, mais le film paraît inachevé, ce qui est bien le plus grand défaut de toute l'œuvre de Wim Wenders.
Les Ailes du désir est lent. Lent. Mais à bien y réfléchir, Wim Wenders a trouvé comment parler de Berlin, la ville coupée en deux, avec malice et poésie. Les deux anges sont immortels et leur évolution en tant qu'ange est filmée en noir et blanc. Ils observent et écoutent les songes souvent philosophiques des badauds. Contrairement à la population qui s'échappe dans les livres (la bibliothèque), dans les airs (la trapéziste), dans les concerts, les anges eux, transcendent les frontières et l'espace vertical, ce qui est bien pratique à Berlin. Initié à la volonté de ressentir la réalité par Colombo (Peter Falk joue son propre rôle), Damiel (Bruno Ganz) traverse le mur. Et alors la couleur fût. Et s'il ne peut plus traverser les frontières, il peut vivre l'amour. C'est bien ce qui lui reste. Aussi, remis dans le contexte historique, le film est prophétique : sortit en 1987, le mur de Berlin tombe en 1989 et l'Allemagne se trouve réunifiée. Il est désormais possible d'entendre les songes de tous et de traverser les frontières. Des deux côtés de la frontière, on peut se voir et se toucher. Ce film coupé en deux, dans son fond (le passage de Damiel d'ange à humain), aussi bien que dans sa forme (le passage de noir et blanc à la couleur), peut donc presque être ressenti comme une analyse poétique de la situation à Berlin à la fin des années 80 : la population voulait muter et casser les frontières pour vivre et aimer la vie. Cela fait d'autant plus sens que Wim Wenders a consacré une bonne partie de sa carrière à la réalisation de documentaires
Film quasi-expérimental assez difficile à suivre. Surtout les dialogues de l'épilogue. Il y avait peut être un message à déchiffrer… On est très loin du fantastique Paris Texas, dont l'histoire et le scénario était claires, nets et précis. Là, je ne comprends vraiment pas.
J'aime beaucoup ce film qui est un sommet en matière de poésie. Le noir et blanc est ici magnifique et sert remarquablement une histoire romantique pleine de lyrisme. On s'attarde sur des questions existentielles à priori bêtes mais en réalité touchantes et angoissantes à la fois. L'oeuvre a un rythme calme, posé mais parfois trop lent aussi. La voix-off condense assez mal les émotions offertes à l'écran et atténue la grosse boule présente dans notre gorge. Esthétiquement, tout est superbe: on a rarement vu quelque chose d'aussi abouti au moins sur ce point. Mais les acteurs jouent de manière assez conventionnelle, et, malgré certains beaux passages, ils ont bien du mal à nous émouvoir. On préférera manifester de l'intérêt pour les questions amenées ici simplement et pour le traitement, à retenir.
Un des films les plus poétiques qui existent, expérimental de par sa mise en scène contemplatif et lente et de ses nombreux monologues philosophiques. Mais le plus intéressant dans ce chef d'oeuvre de Wenders, c'est bien sûr sa façon de filmer, faisant de chaque plan un véritable tableau. D'une beauté remarquable et par son scénario très original, les Ailes du Désir est vraiment à voir, ne serait-ce que pour l'interprétation surprenante de Peter Falk ou par ses longues séquences où les Anges suivent le quotidien et les pensées des mortels.